De nombreux indicateurs économiques, politiques et sociaux sont au vert, mais cela ne veut en aucun cas dire que l’objectif est atteint et qu’il faille dormir sur ses lauriers. Bien au contraire, pour un pays aussi ambitieux que le nôtre, le chemin ne fait que commencer, celui du développement bien sûr ; du développement pacifique et démocratique qui offre à chacun la possibilité d’évoluer, de s’épanouir et de contribuer à cette œuvre collective qu’est la reconstruction et la modernisation de l’Algérie. Cela ne va pas toujours sans difficulté quand on sait l’ampleur des défis, le poids des pesanteurs sociologiques, les lourdeurs bureaucratiques et aussi, disons-le, des facteurs exogènes aussi complexes qui demandent une gestion intelligente et appropriée.
Une démarche qui fait école
Si aujourd’hui encore, il serait exagéré de soutenir que l’Algérie a surmonté toutes les séquelles de la tragédie nationale qu’elle a traversée – ce que les officiels ne cachent pas du reste et n’omettent pas de le rappeler –, force est de constater que les résultats enregistrés ne relèvent pas de l’utopie. A commencer par la situation sécuritaire qui s’est substantiellement améliorée grâce à l’action efficace et déterminée des forces de sécurité, à la tête desquelles se trouve l’Armée Nationale Populaire (ANP), et au soutien concret et quotidien que leur a apporté une société qui rejette la violence et se sent impliquée dans l’œuvre de résistance à la destruction du pays. Grâce également à la démarche éclairée empruntée par les pouvoirs publics, à savoir que la solution à la violence ne résiderait pas uniquement dans un traitement strictement sécuritaire. Ainsi, le président Liamine Zéroual, dès son accession à la présidence de la République en 1995, a fait adopter une loi de la rahma (clémence) à l’issue de laquelle la porte du repentir est désormais ouverte aux éléments qui déposent définitivement les armes. Bien qu’aucun bilan chiffré n’ait été établi quant à sa mise en application, il n’en demeure pas moins que de nombreux terroristes ont saisi cette aubaine pour se livrer avec armes et bagages aux autorités. En 1999, en arrivant à la présidence de la République, Abdelaziz Bouteflika a trouvé le terrain balisé par son prédécesseur. Trois mois seulement après son investiture, la loi sur la concorde civile a été adoptée. Déterminé à poursuivre sa démarche de mener le pays sur le chemin d’une paix durable, il franchi un nouveau pas avec la signature du décret portant «grâce amnistiante» du 10 janvier 2000, édicté dans le cadre d’une vision globale : la réconciliation nationale. «Je ne saurais conduire le pays dans la voie de la reconstruction nationale et du développement dans le sens universel sans le retour de la paix et de la réconciliation nationale», n’a cessé de rappeler, en ce sens, le président de la République Abdelaziz Bouteflika. Réélu pour un second mandat, il soumet au peuple algérien, qui l’a adoptée par voie référendaire, la charte pour la réconciliation nationale, en septembre 2005, et donne des instructions fermes afin que toutes ses dispositions soient appliquées. Parce qu’il est porteur d’espoir, le concept de la réconciliation nationale fait école partout dans le monde. Nombre de pays en proie à des crises internes finissent par se rendre à l’évidence : le développement socioéconomique n’a de sens que par rapport à des normes universelles faisant loi dans les rapports entre nations et aucun pays n’a le moyen d’y adhérer, sans l’instauration d’un ordre permettant la promotion des valeurs de paix interne et de concorde parmi les citoyens.
Des résultats plus qu’encourageants
Les résultats enregistrés sur le terrain sont plus qu’encourageants du moment qu’un nombre appréciable d’éléments armés s’est rendu aux autorités et des milliers d’armes ont été récupérées. La commission chargée du dossier de réintégration a entamé son travail en mars 2006 pour l’achever en mars 2007 : entre 4500 et 5000 personnes licenciées ont été réintégrées. Outre l’insertion sociale des repentis, il faut peut-être rappeler que sur les 6 000 dossiers de familles de disparus ouvrant droit à une indemnisation, 5 500 ont déjà été traités, selon un premier bilan établi, il y a quelques mois, par la cellule juridique auxiliaire de la Commission nationale chargée de l’application de la charte pour la paix et la réconciliation nationale. Selon les mêmes sources, 25 000 dossiers sur 50 000 déposés pour bénéficier des dispositions de la loi sur la réconciliation nationale ont été réglés. De façon plus générale, à ce jour, entre 11.000 et 12.000 familles ont été indemnisées sur 17.000 familles touchées par la tragédie nationale. C’est dire que l’effort est réel et qu’au-delà des chiffres la volonté existe bel et bien de faire en sorte que les séquelles de la tragédie soient complètement effacées. Une grande victoire de la société algérienne qui a surmonté ainsi l’une des plus graves épreuves à laquelle elle a été confrontée depuis la libération du pays du joug du colonialisme. Il va de soi que pour être soutenue aussi massivement, cette politique de réconciliation a été accompagnée d’un ambitieux programme économique que certains observateurs n’ont pas hésité à qualifier, à juste titre du reste, de « Plan Marshall » vu l’importance des sommes mobilisées par les pouvoirs publics. Les deux plans de relance – totalisant plus de 160 milliards de dollars d’investissements publics en dix ans – décidés par le Président Bouteflika ont permis au pays de renouer avec la croissance et de mettre à niveau ses infrastructures dans tous les domaines. De grands chantiers initiés par le président de la République ont été ouverts et aussi bien l’industrie que l’agriculture sont devenues « un des moteurs de la croissance du pays ». Avec le constant souci de réformer les institutions de l’Etat et de rapprocher toujours plus l’administration du citoyen. L’importance accordée, dans tous programmes (soutien à la relance économique, soutien à la croissance, programmes spéciaux pour les wilayas du Sud et pour les wilayas des Hauts-Plateaux), à la question sociale réside dans cette forte conviction du président de la République que le développement est au service de l’homme et non le contraire. D’où les pas de géant enregistrés en matière de raccordement des foyers à l’eau potable (taux passant de 78 à 93%), au gaz naturel (de 31 à 41%), de raccordement des foyers ruraux à l’électricité (de 88,7 à 98,0% en 2008), la livraison de près d’un million et demi de logements (de 1999 à septembre 2008) alors que le taux de chômage a été réduit de façon substantielle passant de 29% en 1999 à moins de 11% en 2009, sans parler de l’engagement pris pour la création de 2 millions d’emplois, pour la période 2004-2009. Ceci pour dire que la reconstruction n’est pas une vue de l’esprit et que cela a été rendu possible grâce au retour de la paix et de la stabilité ainsi qu’au déploiement de la politique volontariste du chef de l’Etat qui entend consolider ces avancées majeures par un autre programme (2010-2014) doté d’une enveloppe de 150 milliards de dollars. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la réconciliation nationale est toujours en œuvre, toujours d’actualité. Et que si les forces de sécurité poursuivent le combat contre le terrorisme aidées par la vigilance constante de toute la société, l’Etat conserve la porte ouverte devant toute personne qui renoncera au crime terroriste pour revenir au droit chemin, revenir vers son propre peuple, revenir vers sa patrie qui est celle de tous les Algériens sans exclusion.
Un engagement constant et conséquent
Parce qu’elle conditionne en quelque sorte tout effort de développement durable, la question de la sécurité et de la stabilité demeure un enjeu majeur et relève de l’ordre du stratégique. L’Algérie, en maîtrisant cette donnée, a pu consacrer ses moyens et ses énergies à son développement, assurant par là même son retour sur la scène régionale et internationale. Son développement et sa stabilité autant que ses positions ne semblent pas arranger les affaires de certains pays que nous considérons comme d’importants partenaires et dont on souhaite vivement qu’ils puissent nous accompagner dans notre œuvre de reconstruction et de modernisation. Or, récemment, bien que sachant l’engagement permanent, constant et conséquent de notre pays dans la lutte contre le terrorisme, ces mêmes pays, la France et les Etats-Unis, pour ne pas les nommer, tentent de ternir l’image de l’Algérie, à travers des campagnes médiatiques menées par des succursales dites Organisations non gouvernementales (ONG) ou par des mesures de traitement restrictives de nos concitoyens à l’entrée de leur pays. C’est un procédé certes courant dans la pratique des relations internationales mais dont l’éthique est douteuse d’autant plus que cela vient de nations à prétention hautement démocratique qui se permettent de donner des leçons de démocratie, de liberté et de respect de droits de l’homme et donc porteuses de valeurs universelles. Un tel comportement, pour le moins inélégant qui se situe à l’autre bout de la simple éthique, ne peut que susciter davantage d’incompréhensions, même si, pour les observateurs avertis, cela ressemble bien à des pressions maladroites ou à des représailles à peine voilées, du fait que l’Algérie se montre déterminée à défendre avec force autant ses intérêts économiques que les domaines relevant de sa sécurité et de sa souveraineté. Seul un dialogue franc, direct et continu peut entretenir et engendrer une relation sereine à la mesure des intérêts de chacun et au bénéfice de l’ensemble ■