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N° 120 - Avril 2019

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Dossier

Abdelmalek Sellal dévoile les projets hydrauliques du programme quinquennal (2010 - 2014)

La sécurité alimentaire en ligne de mire

Nacer Zenati



C'est ce qui ressort en substance des explications fournies par le ministre des Ressources en eau, Abdelmalek Sellal, à l'émission Tahaoulet de la Chaîne I de la Radio nationale.
D'emblée, M. Sellal annonce une enveloppe financière importante, à la faveur du plan quinquennal (2010-2014), en voie de concrétisation. Une enveloppe financière qui permettra, selon les assurances du ministre, de mettre en œuvre la priorité tracée par le gouvernement dans le cadre de la réalisation de l'autosuffisance, voire de la sécurité alimentaire du pays.
Pour le ministre, ce nouveau projet s'oriente, en priorité et conformément aux recommandations du président de la République, vers « la consolidation de ce qui a été réalisé dans le cadre des différents programmes de développement depuis 1999 ». Pour lui, il s'agit de « mettre l'Algérie à l'abri de la crise hydrique » qui menace la majorité des pays touchés par les effets néfastes des changements climatiques.

Une nouvelle stratégie déclinée sur plusieurs axes

« Les efforts initiés en 2000 pour mobiliser les eaux de surface seront poursuivis », a indiqué le ministre, affirmant dans ce contexte que la politique menée par l'Etat en matière hydraulique s'articule sur plusieurs axes : l'exploitation « rationnelle » des eaux souterraines, les potentialités géothermales, l'édification des barrages et des retenues collinaires, les transferts d'eau potable, le dessalement de l'eau de mer et l'utilisation des eaux recyclées avec une technologie américaine dite de « quatrième degré », permettant d'utiliser cette ressource comme une eau potable, au lieu de ce qui se fait actuellement dans les stations de recyclage des eaux usées, dites de « 3e degré », faisant que ces eaux recyclées sont utilisées uniquement pour l'irrigation des arbres fruitiers ou l'irrigation des céréales.


Le ministre, qui a rappelé que les capacités de mobilisation des eaux de surface sont représentées actuellement par 65 barrages, a indiqué que « le nouveau programme quinquennal prévoit la réalisation de 19 barrages ».
M. Sellal a précisé, à ce sujet, que les travaux de réalisation de trois barrages ont débuté cette année à Jdiouia (Relizane), Djerda (Souk-Ahras) et Souk Thlatha (Tizi Ouzou).
S'agissant des grands projets de transfert d'eau potable, le ministre a mis l'accent sur le projet Ain Salah-Tamanrasset, qualifiant ce projet en voie de réalisation de « grand projet jamais réalisé en Algérie ». Il permettra en effet le transfert de 100.000 m3/jour sur une distance de 757 km, en double canalisation représentant 1600 kilomètres linéaires.
Il a expliqué l'opportunité de ce projet ayant mobilisé une enveloppe financière de 190 milliards de dinars, par l'impérieuse nécessité de sécuriser nos frontières du grand Sud et par le souci d'une justice dans la répartition de nos ressources en eau entre les différentes régions de notre vaste pays.
Le coup de lancement des travaux donné, en 2008, par le Président Bouteflika sera gardé dans la mémoire collective de cette région qui connaît une expansion à un rythme soutenu, de par la grandeur du projet et les besoins qu'il va satisfaire. Ce projet, dont la réception est prévue pour la fin de l'année 2010 et le début de l'année 2011, selon le ministre, permettra de « créer des zones de vie le long de la route nationale », appelée aussi transsaharienne.
Si le gouvernement a mis en œuvre une stratégie nationale pour la sécurité alimentaire à l'horizon 2025, le ministère des Ressources en eau a mis en place une politique visant la mise en œuvre d'une organisation allant jusqu'à 2040, a affirmé M. Sellal. Pour lui, l'avenir du pays se situe dans les hauts-plateaux. C'est ce qui explique que les nouveaux projets de barrages sont programmés dans cette région, à savoir, entre autres, Mascara, Médéa, Khenchela, Msila…
C'est dans ce contexte aussi que le ministre a annoncé le lancement imminent, dans le cadre du plan quinquennal, d'un nouveau projet de transfert d'eau potable souterraine depuis Oued Mhiguenen (El Menea) vers les wilayas de Djelfa, de Tiaret et M'sila. Ce projet, dont l'étude a été finalisée, permettra le transfert de 600 millions de m3.
Une partie de ces eaux sera utilisée, selon ce responsable, pour les besoins de l'agriculture.
D'autres études sont en voie d'être lancées et concernent toujours, selon le ministre, le transfert des eaux du nord de Bechar vers Naâma et Ain Safra, d'Ouargla, El Oued et Biskra, ainsi que du sud de Batna.
M. Sellal, qui a reconnu que les connaissances disponibles actuellement sur le rythme de renouvellement des eaux souterraines, sont insuffisantes, a plaidé pour une exploitation rationnelle de ces eaux.
Sur ce volet, il a souligné qu'il n'existe aucun problème avec les pays voisins, indiquant que des accords ont été signés pour l'exploitation des eaux frontalières. Il faut savoir sur cette question que 98 % des ressources en eau exploitées ou à exploiter sont nationales et celles qui nous lient aux pays voisins ne représentent que 2 %, selon les affirmations du ministre.

Vers l'exploitation des ressources géothermales

Ce qui est nouveau dans la politique d'exploitation des capacités hydrauliques nationales, a affirmé M. Sellal, « c'est la tendance à l'exploitation des potentialités géothermales ». Il a cité, à ce sujet, le lancement prochain des études pour l'exploitation du périmètre situé entre El Oued et Biskra.
L'optimisme affiché par le ministre en matière des capacités nationales de mobilisation des eaux est justifié par le fait que, pour la première fois de l'histoire du pays, des réserves stratégiques pour plusieurs mois ont été cumulées notamment, grâce aux barrages de Beni Haroun (Est), Koudiat Acerdoune (Centre) et Gargar (Ouest). Ce dernier est utilisé actuellement pour alimenter en eau potable Relizane, a précisé le ministre.
A propos du recyclage des eaux usées, M. Sellal a affirmé que les capacités existantes sont passées de 90 millions de m3/an, vers la fin des années 1990, à 750 millions de m3 /an actuellement, avec un recyclage effectif de 400 millions de m3/an. Ces ressources vont directement répondre aux besoins de l'agriculture.
Le programme quinquennal actuel prévoit la réalisation de 40 nouvelles stations d'épuration et de recyclage des eaux usées, avec une capacité de traitement d'un milliard de m3, soit les capacités de mobilisation de 10 barrages.
Le ministre a indiqué, par ailleurs, qu'un fonds américain est sollicité pour engager une nouvelle expérience au niveau de la station d'épuration et de recyclage d'Oran, la plus grande au niveau national, pour un recyclage au quatrième degré, ce qui transformera les eaux usées en eau potable. Des expériences similaires sont également prévues à Tlemcen, Sétif, Boumerdès, Bordj Bou Arreridj et d'autres wilayas du pays.
Actuellement, 115 stations d'épuration des eaux usées sont opérationnelles, permettant à l'Office national d'irrigation de passer de 150.000 ha de terres agricoles irriguées, en 2000, à 220.000 ha, aujourd'hui. Les capacités d'irrigation par la petite et moyenne hydraulique (eaux des puits) sont passées de 350.000 ha, à 915.000 ha depuis le début de l'année courante. Ceci n'englobe pas l'irrigation depuis les retenues collinaires, dont le nombre connaît une augmentation constante.
Le ministre, qui a affirmé qu'aucune augmentation n'est prévue pour le tarif du mètre cube d'eau, a néanmoins mis l'accent sur les avancées réalisées dans le domaine de la distribution de l'eau potable dans la capitale et certaines villes où des contrats de gestion déléguée ont été concrétisés notamment, à Alger, Oran et Annaba. En attendant l'amélioration du service public dans ce domaine et la couverture par l'Algérienne des eaux de l'ensemble du territoire national, le prix de l'eau potable ne connaîtra aucune augmentation, a encore rassuré M. Sellal■



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