Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 79 - Oct 2014

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Dossier

Algérienne des viandes rouges (Alviar)

Promotion et structuration de la profession

Par Leïla Boukli

L’Algérie n’a jamais disposé d’abattoir industriel moderne. Pour pallier ce manque, l’Etat a investi dans la réalisation de complexes dotés de toutes les activités à vocation de distribution grand public. Cette vision futuriste sur le moyen et long terme, qui permet d’encadrer la profession pourvoyeuse de protéines contenues dans les viandes rouges, est née en 2008 avec la création d’une SPA, Alviar, opérationnelle en mars 2010.

 

A l’instar de nombreuses autres filières créées à la même période, elle régule le marché pour le compte de l’Etat, crée de l’emploi, fait face aux besoins des populations en viandes. Mais aussi a pour activité le traitement et la commercialisation pour son propre compte, l’acquisition et l’abattage d’ovins et de bovins, la prestation d’abattage et traitement de viande pour le compte de tiers, sans omettre l’assistance aux éleveurs en période de sécheresse particulièrement. Sami Ben M’hidi, économiste dans le secteur depuis 1984, à la tête de la société, explique qu’en amont, en dehors du leur propre élevage, les futurs complexes auront pour mission d’encadrer les éleveurs par des conventions annuelles qui les mettront à l’abri de la convoitise des intermédiaires et de réguler le marché en viandes ovine et bovine ; en aval, en sus de la commercialisation déclinée selon les besoins du client (barquettes, découpe, détail, carcasse…), les complexes créées pourront commercialiser les dérivés des bêtes tels que abats, peaux etc. En un mot, ils transforment et valorisent la viande et les autres parties, les rendant plus attractives et aux normes internationales avec pour credo la satisfaction du client… La Société de conditionnement des viandes (Socov) complétera ces complexes par la modernisation de la chaîne de production qui transforme les viandes en conserves, cornet-de-beef, bœuf en sauces, plats cuisinés, casher, pâtés de viandes, merguez…

Investissement à réaliser en 26 mois
L’Etat a ainsi investi dans la réalisation de trois complexes d’abattage des viandes rouges, avec une capacité de 40.000 tonnes /an, soit 1,5 million de têtes dont 60.000 bovins. Deux sur les trois projetés ont déjà démarré, dans des zones de production au service des éleveurs. Quant au troisième abattoir, celui de Annaba, cédé par résolution du Conseil de participation de l’Etat en concession, il a fait l’objet d’une réhabilitation.
Ces abattoirs, en relation avec des centres d’élevage, implantés à Bougtob à l’Ouest dans la wilaya d’El Bayadh, à Ain M’Lila dans la wilaya de Oum El Bouaghi et à Hassi Bahbah dans la wilaya de Djelfa, une zone steppique, permettront de fédérer les éleveurs entre eux et autour de ces complexes, reliés avec des centrales à viandes dotées de toutes les activités à vocation de distribution grand public. La finalité est de structurer les éleveurs qui deviennent, nous dit Sami Ben M’hidi, nos partenaires à part entière, par le fait qu’ils seront les pourvoyeurs de cheptels pour le compte des abattoirs. Ce sont des complexes à vocation régionale, qui coifferont, chacun, les wilayas limitrophes à vocation agropastorale essentiellement et seront en relation directe avec les éleveurs. Ces complexes vont faire aussi de la régulation, toujours dans l’idée de faire du profit et de substituer la production nationale à l’importation, avec une bonne image de marque, obtenue par un contrôle strict et l’agréage de tous les produits sous label made in Algeria.

Fermes d’élevages
Au nombre de 10, là aussi on les retrouve disséminées sur le territoire national : Souk Etnine (Bejaia), Birtouta (Alger), Ain Ouessera (Djelfa), Tadjmount (Laghouat), Sidi Nadji-Berroughia (Médéa), Driss Amor (Biskra), Taâdmit (Djelfa), Bougtob (El Bayadh), Si N’aili (Tiaret), Laatar Khemissi (Khenchela). Cette politique de filières, en termes d’organisation a donné à ce jour des résultats probants. En termes d’organisation des filières liées aux viandes rouges pourvoyeuses de protéines, elles maintiennent l’autonomie en matière de sécurité alimentaire, puisque, à l’heure actuelle, les viandes rouges qui connaissaient une rareté sur le marché ont augmenté ces dernières années, préservent l’activité d’élevage aux éleveurs frappés de plein fouet par le développement et la tentation de sédentarisation aux dépens du maintien de l’activité traditionnelle. Celle-ci risque d’être abandonnée, si leur effort pour l’écoulement de leurs marchandises et le maintien de leurs revenus n’est pas soutenu. Avec ces filières, ils ont la satisfaction du travail bien fait, aux normes sanitaires réglementaires, avec une traçabilité du produit, des bureaux vétérinaires disponibles, une hygiène et un écoulement assurés, une étude d’impact… Tout un programme et au regard de l’urbanisation des agglomérations algériennes, ils pourront approvisionner les éventuelles grandes surfaces ouvertes aux quatre coins du pays à l’horizon 2014.

L. B



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