Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 120 - Avril 2019

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Dossier

Un bilan historique

LE PRESIDENT BOUTEFLIKA DELIVRE L’ALGERIE DE SA CRISE DU LOGEMENT

Par Mohamed MEBARKI



Les nouvelles villes de Sidi Abdallah (Alger), Bouinan (Blida), Ali Mendjeli (Constantine), Hamla (Batna) et Boughezoul (Médéa), les pôles urbains intégrés de Boukhalfa et Oued Falli (Tizi Ouzou), Gdyel et Messerghine (Oran) entre autres projets d’habitat d’envergure initiés à travers le pays, constituent un exemple édifiant de la politique avant-gardiste appliquée par l’Algérie dans le domaine du logement et de l’aménagement du territoire. De nombreux spécialistes s’accordent à affirmer qu’à ce rythme, le pays n’est pas uniquement en phase de combler les déficits, mais se trouve en pole position pour mettre fin à la précarité urbaine conformément aux normes prescrites par les organisations internationales affiliées à l’ONU. En moins de deux décennies, le logement précaire et de fortune a perdu du terrain, au sens propre et au sens figuré. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, au moment où certains pays développés connaissent un retour significatif de cette forme d’existence aléatoire qui touche aujourd’hui des milliers de personnes aux ressources limitées, l’Algérie est entrée de plain-pied dans une phase décisive pour éradiquer définitivement ce symptôme de la mal-vie. Et les indices sont là pour confirmer cette tendance : rien qu’en ce qui concerne l’année 2016, l’Etat prévoit la livraison de 350 000 logements tous types confondus, après avoir livré 318 000 logements en 2015. Indubitablement, l’Algérie est l’un des rares, si ce n’est pas le seul pays au monde qui a consenti autant d’efforts afin de répondre concrètement à cette question sensible. Loin des discours et des programmes électoralistes servant comme couverture à de sordides ambitions personnelles – il s’agit d’un phénomène qui n’épargne aucun pays y compris les démocraties occidentales –, le logement n’a pas été seulement au centre d’intérêt de tous les gouvernements qui se sont succédé depuis l’indépendance, mais il a aussi agi comme un facteur de mobilisation et de ralliement des énergies.

La plaie des années 80
A peine sortie d’une longue nuit coloniale, l’Algérie a eu à faire face aux conséquences terribles d’un des plus horribles déplacements de populations de l’histoire de l’humanité. C’est un fait historique. En plus des dizaines de milliers de familles qui avaient fui les douars livrés aux bombardements et au napalm, l’Etat algérien dut faire face aussi au retour du Maroc et de Tunisie d’un nombre impressionnant de réfugiés, qui a leur tour sont venus s’installer dans la périphérie des grandes villes et des principaux centres urbains. C’est, dans ces conditions extrêmement difficiles que des centaines de bidonvilles ont été « annexés » à un paysage urbain étouffant sous le poids d’une population en détresse. Certes, des programmes de construction de logements décents ont été initiés et lancés entre 1962 et 1982, mais cela n’a pas suffi à atténuer un phénomène qui allait en s’amplifiant, plongeant ainsi le pays dans une profonde et grave crise du logement. Ni la cession des biens de l’Etat ni les différents politiques d’auto-construction n’ont réussi à renverser une tendance négative dont les conséquences sur le plan social étaient désastreuses. Les causes du décalage entre l’offre et une demande explosive sont multiples et leur identification dans le détail ne pourrait se faire en deux ou trois articles de presse. A titre de rappel, mais aussi d’exemple, le montage de toutes pièces, et ce n’est nullement un jeu de mots ; l’expansion et l’éradication, au début des années 1980, du bidonville Gorias s’étendant de Diar El Mahçoul jusqu’à El Harrach a fait l’objet de sérieuses études universitaires élaborées par des spécialistes en architecture et en urbanisme. L’érection du bidonville Mahiedine, son éradication et la construction de la salle Harcha firent l’objet d’analyses et de commentaires pointus. Durant les années 1980, la plaie causée par l’habitat précaire s’est aggravée davantage lorsque l’Algérie s’était retrouvée sous le diktat des institutions financières internationales. Frappé de plein fouet par la crise financière, le pays s’est retrouvé en cessation de payement et n’arrivait pas à honorer ses engagements envers ses créanciers. L’Etat avait même été obligé de prendre des décisions impopulaires en procédant au déplacement de centaines de familles de la capitale vers leurs wilayas d’origine, mais ces mesures n’avaient rien changé à la donne. Alger, Oran, Constantine, Annaba et une dizaine d’autres villes croulaient sous le poids effarant d’une population ghettoïsée dans des bidonvilles que le terrorisme allait utiliser comme bases arrière à son plan de destruction. Ironie du sort, des milliers de familles rurales qui avaient fui la pression des groupes armés et l’insécurité sont venues compliquer une situation intenable en s’installant dans des conditions très précaires au niveau des bidonvilles existants. A la fin des années 1990, et à titre indicatif, la ville de Constantine était ceinturée par plus de 17 000 baraques. A Alger, la situation était pire. A Oran, à Batna ou même à Tiaret ou Jijel, le contexte n’était pas meilleur.

2016, l’année de tous les espoirs
Le déficit en logement dépassait les 3 millions. Enorme ! Aujourd’hui, le déficit est estimé à 550 000 demandes dont une partie a été réglée par l’attribution des terrains dans le Sud et les Hauts plateaux, a récemment affirmé Abdelmadjid Tebboune, ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville. En effet, depuis que le peuple algérien a élu Abdelaziz Bouteflika, président de la République en
1999, « nous avons pu livrer près de 2,8 millions de logements à travers l’ensemble des wilayas du pays », affirme Abdelmafjid Tebboune. Comment l’Etat a-t-il pu enregistrer un tel résultat qui mérite bien plus qu’une réflexion ? Une partie de la réponse est contenue dans une des déclarations faites par Tebboune : « 1,1 million de logements tous segments confondus sont en cours de réalisation dont 575 000 logements sociaux, 150 000 logements ruraux et 85 000 logements socio-participatifs et logements promotionnels aidés », a affirmé dernièrement le ministre qui a tenu à souligner la détermination de l’Etat à mettre un terme définitif à un des problèmes majeurs de l’Algérie indépendante. Concernant les 125 000 logements en cours de réalisation dans la wilaya d’Alger, Abdelmadjid Tebboune a insisté sur le fait qu’ils seront prioritairement affectés aux souscripteurs AADL de 2001 et de 2002 qui recevront leurs préaffectations avant le mois de juin prochain, alors que le surplus sera destiné aux souscripteurs de 2013 qui recevront leurs préaffectations avant la fin de l’année en cours. Mobilisé H24, Abdelkader Zoukh,  wali d’Alger, est mieux placé que quiconque pour parler de l’extraordinaire transformation sur le plan urbain que connait la capitale. L’histoire retiendra incontestablement le fait qu’il aura été un opérateur dynamique et un acteur principal dans le processus de réhabilitation d’une ville qui a repris ses couleurs et son rang. Alger, une capitale sans bidonville, ce n’est nullement une vue de l’esprit, mais une réalité qui s’impose même aux plus sceptiques. Pour ce qui est des souscripteurs des autres wilayas, les décisions de préaffectations sont déjà prêtes, et les souscripteurs AADL 2001-2002 des wilayas de Batna, Skikda, Mostaganem, SBA, Oran, Blida, Tipasa sont d’ores et déjà assurés de les recevoir avant le mois de mars 2016. Située dans son contexte original, cette déclaration traduit à elle seule les énormes progrès réalisés par un pays qui a consacré jusqu’à aujourd’hui 63 milliards de dollars pour résorber la crise du logement et en finir de façon irréversible avec l’habitat précaire. « Aucun mètre-carré du programme d’habitat prévu dans le cadre du programme quinquennal 2015-2019 ne sera touché ou impacté négativement par les fluctuations actuelles des marchés pétroliers », avait tenu à rassurer le ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville au cours d’une réunion de travail tenue dernièrement à Constantine.

Des preuves en béton et en acier
Considérée comme la troisième ville d’Algérie sur le plan démographique, la ville du Vieux rocher s’apprête elle aussi à abriter une grande opération de relogement qui va toucher plus de 7000 familles, dans le cadre de la résorption de l’habitat précaire. Issues pour la majorité des vieux quartiers de Belouizdad, Kitouni Abdelmalek, Souika, la Casbah et les bidonvilles d’El Berda I, II et III, ces familles prendront possession de leurs nouveaux logements situés au niveau de la nouvelle ville Ali Mendjeli. Dans le même contexte, 6000 logements publics locatifs situés dans la nouvelle ville Ali-Mendjeli et dont le taux de réalisation a atteint 70% seront attribués avant la fin de l’année. A Tébessa, à Khenchela, à Ouargla, à Sidi Bel-Abbés, à Bejaïa, à Ghardaïa et à Annaba comme partout ailleurs, des opérations similaires sont programmées pour l’année en cours. Une année 2016 qui marquera certainement l’histoire de l’Algérie avec des lettres en or ; une année à inscrire dans les annales des réalisations « pharaoniques » de ce siècle où plus de la moitié de la planète est en butte à des crises endémiques, en dépit de l’existence de moyens matériels et humains suffisants. Et surtout une année où l’Algérie va quitter la case des pays à bidonvilles.
Abdelmadjid Tebboune, qui vient de rencontrer, à Alger, Cristina Amaral, la représentante résidente du programme des Nations unies pour le développement (PNUD), a saisi cette opportunité pour donner à la fonctionnaire onusienne un aperçu d’ensemble  sur les aspects de développement qui ont marqué le pays dans divers domaines, notamment dans le secteur de l’habitat, de l’urbanisme et de l’aménagement des villes, ainsi que la prise en charge par l’Etat des préoccupations exprimées par les catégories sociales à faible revenu. Appelée à approfondir une coopération à long terme avec l’organisation onusienne, l’Algérie vient d’acquérir le droit de parler haut et fort de toutes les questions qui rentrent dans le cadre de l’amélioration de la condition humaine et citoyenne. C’est un fait indéniable qui repose sur des preuves en béton et en acier, et un état des lieux fort prometteur. Il s’agit sans l’ombre d’un doute d’un événement historique à enseigner dans les écoles ; dans quelques mois, l’Algérie sortira de l’ornière des solutions d’urgence dans le domaine du logement. Cette performance est assimilée par de nombreux Algériens à une seconde indépendance, ce qui n’est nullement exagéré, au vu des résultats enregistrés en moins de vingt ans. On ne construit pas une démocratie sur des ruines. Bouteflika n’a fait qu’appliquer ce principe logique et rationnel, car le reste, tout le reste n’est que de la politique politicienne, propre aux démagogues et autres baratineurs qui ont fait des droits de l’Homme un fonds de commerce et une couverture médiatique à leurs sordides affaires.
M. M.



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