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N° 107 - Août 2017

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Dossier

Les participants plaident pour une relance Ă©conomique vigoureuse

Face au recul de la rente pétrolière

Par Farid HOUALI



A l’issue des travaux et des débats de cette réunion, les participants ont convenu «de renforcer et d’encourager les instruments alternatifs et innovants de financement de l’économie, à l’instar du marché financier et du partenariat, qui constituent un levier important dans le domaine de l’investissement». En matière de création d’activités, ils ont recommandé d’éviter le recours à la duplication d’activités similaires et le phénomène de saturation enregistré dans certaines filières. Dans ce sens, ils ont préconisé de s’orienter vers des segments de production et de services insuffisamment exploités tels que l’agriculture et l’agroalimentaire, les énergies renouvelables, le fret, l’ingénierie et les études, les TIC, le tourisme domestique et d’autres domaines qui contribuent considérablement à la démarche de diversification de l’économie nationale. De son côté, le Secrétaire général de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), Abdelmadjid Sidi-Saïd a estimé que cette réunion tripartite constitue une «démarche civilisationnelle» qui demeure importante pour la stabilité sociale. Selon M. Sidi-Saïd, la conjoncture économique actuelle impose un renforcement de la confiance en l’entreprise, publique ou privée, pour l’asseoir définitivement en tant qu’acteur du développement. «Le moment est venu pour favoriser l’éclosion d’une dynamique d’investisseurs innovants et de porteurs de projets ambitieux pour faciliter la ré-industrialisation de l’Algérie», note-t-il. Le patron de la Centrale syndicale a par ailleurs plaidé pour «la défonctionnarisation de l’économie nationale». «Aujourd’hui, il est plus que nécessaire de defonctionnariser l’économie nationale, de libérer l’initiative et de restituer ses lettres de noblesse à l’entreprise et à son manager», a considéré le secrétaire général de l’UGTA. Mettant l’accent sur l’importance d’asseoir une «souveraineté nationale en termes économiques» à travers la libération de l’investissement, M. Sidi Saïd a estimé que le tutorat doit «accompagner et non se substituer à l’entreprise», appelant, dans ce sens, pour un «épanouissement de l’investissement sans contraintes, conformément aux orientations des pouvoirs publics». L’objectif, a ajouté le même intervenant, était de «construire un véritable tissu industriel», basé sur une coopération permanente entre les différents intervenants concernés par ce dossier.   Pour le SG de l’UGTA, la crise économique et financière mondiale doit constituer un «stimulant» pour optimiser les capacités nationales dans le domaine industriel, affirmant qu’outre le soutien de l’Etat, «il faut également la mobilisation de l’ensemble des acteurs pour dynamiser l’industrie nationale selon une vision productive de richesse et d’emplois».  Les présidents des organisations patronales ont rappelé de leur côté leur soutien aux mesures prises par le gouvernement pour faire face à la crise des prix des hydrocarbures, tout en louant les «avancées considérables» réalisées dans le cadre de la politique économique qui encourage l’investissement productif et l’exportation hors hydrocarbures. Ils ont réitéré leurs propositions se rapportant à la réforme de l’administration, au financement de l’investissement, au foncier industriel rappelant la nécessité de mettre en œuvre la nouvelle vision économique pour assurer les meilleures conditions de développement pour l’entreprise. Le Premier ministre a dans le même contexte, appelé les responsables d’entreprises publiques à prendre plus d’initiatives dans leur gestion en vue de trouver de nouvelles sources de financement pour créer de la richesse. «Il faut entreprendre davantage. Certes nous avons réalisé des choses, mais nous attendons encore plus de vous», a-t-il indiqué à l’adresse des managers lors des débats de la 20e réunion de la tripartie, qui regroupe le gouvernement, le syndicat et le patronat. Pour Abdelmalek Sellal: «Il faut changer les mentalités et aller chercher d’autres sources de financement de nature à créer de la richesse». Le Premier ministre a rappelé, par la même occasion, aux managers d’entreprises publiques les mesures prises par le gouvernement en «enlevant les obstacles bloquant l’essor des entreprises, notamment la dépénalisation de l’acte de gestion».  Insistant sur la nécessité d’exporter le produit national, M. Sellal a indiqué que l’Algérie «possède les capacités nécessaires pour réussir un tel pari», ajoutant que «le marché africain est à la portée de la production nationale».

La rationalisation de la dépense publique
Le ministre des Finances Hadji Baba Ammi a affirmé, de son côté, qu’un meilleur encadrement de la dépense publique et le raffermissement des cours pétroliers contribueront à atténuer la tension sur les équilibres budgétaires. Dans son intervention lors de la réunion de la tripartite, le ministre des Finances a avancé qu’il était prévu, en 2017 une croissance en volume hors hydrocarbures de 3,8% sous l’effet de la variation de plusieurs secteurs économiques. Il a ainsi précisé que la croissance devrait atteindre 5% dans l’industrie, 4,8% dans l’agriculture ainsi que dans les services marchands et 4,6% dans le BTPH. Selon lui, ces perspectives de 2017 soulignent la nécessaire poursuite de la rationalisation des dépenses publiques, de la modernisation de l’administration fiscale, et de l’amélioration de la croissance par l’encouragement de l’investissement productif. Au titre de l’année 2016, a-t-il poursuivi, les principaux indicateurs de l’économie nationale ont évolué dans un contexte économique et financier mondial marqué par des niveaux faibles de croissance de l’investissement et d’inflation. Dans ce sens, il a considéré que l’économie algérienne qui a affiché un taux de croissance de 3,7% en 2016 témoignait d’une «résilience remarquable» malgré la baisse des revenus extérieurs. Au plan du comportement des grands agrégats budgétaires à fin novembre 2016, il est à constater une stabilisation des dépenses de fonctionnement et une relative contraction des dépenses d’équipement, qui a permis une réduction significative de 29% du déficit du Trésor par rapport à fin novembre 2015, a-t-il précisé. Le financement du déficit du Trésor a été assuré par le recours à la mobilisation de l’Etat des ressources intérieures, notamment le Fonds de régulation des recettes (FRR), et l’argent mobilisé dans le cadre de l’emprunt national de la croissance économique, selon lui. Concernant les recettes fiscales en prévision de clôture de 2016, elles s’élèvent à 3.075,5 milliards dinars, dont un montant de 511,1 milliards de dinars représente les recettes affectées aux collectivités locales et aux Fonds spéciaux. Néanmoins, il a observé que l’année 2016 s’était toutefois caractérisée par un repli de la liquidité globale des banques qui est passée de 1.832,6 milliards de dinars à fin décembre 2015 à 992,1 milliards de dinars à fin septembre 2016. Malgré ce contexte de baisse de liquidités bancaires, les crédits à l’économie ont enregistré, à fin septembre 2016, une croissance de 10%. Ce niveau de croissance a été porté par la combinaison des mouvements à la hausse aussi bien des crédits octroyés au secteur public (+10%) que par ceux destinés au secteur privé (+9%). Lors de cette 20e réunion de la tripartite, Abdesselam Bouchouareb, ministre de l’Industrie et des Mines, a indiqué dans son intervention que les efforts de son secteur se concentraient sur la politique de développement des filières. Il s’agit aussi, a-t-il ajouté, d’engager un processus d’encouragement de l’investissement productif et de promotion de la production nationale en s’appuyant sur le partenariat à l’international. Selon le ministre, les efforts déployés commencent à produire leurs effets en termes d’impact sur la facture d’importation et en termes d’élargissement des capacités de production. Dans le même cadre, dans son message à l’occasion de la Journée internationale de la Femme, le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a affirmé que les défis qui se posent aujourd’hui à l’Algérie dictent en premier lieu la nécessité de libérer le pays de sa dépendance aux hydrocarbures et de bâtir une économie diversifiée dotée d’un potentiel compétitif. « Cela exige de nous tous, peuple et Etat, davantage d’efforts et de sérieux afin de bâtir une économie diversifiée doté d’un potentiel compétitif pour pouvoir brillamment, aller de pair avec le monde d’aujourd’hui et assurer la pérennité de nos choix sociaux séculaires », a écrit le Président Bouteflika dans son  message lu en son nom par Imene Houda Feraoun, ministre de la Poste et des technologies de l’information et de la communication, lors d’une cérémonie présidée par le Premier ministre Abdelmalek Sellal.  Le chef de l’Etat a rappelé les effets des stupéfiants et autres fléaux sociaux sur les jeunes et la société, ce qui, a-t-il encore précisé, «nous dicte et, aux mères en particulier, de redoubler d’efforts pour prémunir nos enfants, garçons et filles, de ces dangers et participer, aux côtés des autres composantes de la société, à la réhabilitation du sens civique en s’écartant de la violence et en rétablissant la fraternité, l’entraide et la quiétude dans nos quartiers et à travers le pays». Et d’ajouter: «En troisième et dernier lieu, les foyers de tension et l’instabilité que connait notre voisinage et où ont foisonné le terrorisme et le crime transfrontalier représentent un défi sécuritaire qui menace encore notre pays».
 
 F. H.



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