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N° 120 - Avril 2019

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Actualités

Plusieurs projets de développement local inspectés

Le Premier ministre Abdelmalek Sellal ŕ Tébessa

Par Soulef Biskri



C’est sur le tarmac de l’aéroport Cheikh Larbi Tebessi que le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, a entamé sa visite de travail dans la wilaya de Tébessa. A l’intérieur d’une tente, dressée pour la circonstance en ce lieu, il a suivi attentivement, entouré des neuf ministres qui l’accompagnaient (Intérieur et des Collectivités locales, Transports, Travaux publics, Enseignement supérieur, Jeunesse et des Sports, Agriculture, Commerce, Habitat et Ressource en eau), un exposé sur le développement de la ville et une présentation du projet de renforcement des infrastructures de l’aéroport. Ce dernier, budgétisé à hauteur de 1, 5 milliard de dinars, vise la consolidation de la piste principale (3000 x 45 m), de la voie de circulation (1358 x 25 m) et du parking avions et des bretelles, ainsi que la construction des bandes stabilisées et d’un réseau d’assainissement sur 2750 mètres linéaires. Le chantier devait être livré en 2012, mais a connu, selon l’exposant, un retard considérable à cause des grèves cycliques du personnel. «Ce projet doit être achevé, au plus tard, au premier trimestre 2014 », a intimé M. Sellal, qui a suggéré alors l’idée de donner à l’infrastructure le statut d’aéroport international dès lors que la piste principale, au cours d’homologation, est conçue pour l’atterrissage des gros porteurs. « Si le besoin de réaliser une nouvelle aérogare se faisait ressentir, il faut l’exprimer au ministère concerné», a instruit M. Sellal.

Extension de la wilaya par la création de 5 pôles urbains
L’homme et son équipe ont été édifiés, par la suite, sur le projet d’extension de la ville, qui sera formalisé par la création de cinq pôles urbains. Contrairement à Alger, Oran, Constantine et Annaba, le problème de rareté d’assiettes foncières ne se pose pas dans cette région d’extrême Est. 2504 hectares, dont 1057 relevant juridiquement du domaine privé, ont été dégagés pour donner plus de volume à la wilaya. Des plans et des croquis des interventions envisagées pour développer Tébessa (construction de nouvelles cités intégrées, réaménagement des places publiques et axes structurants, édification des équipements publics…) ont été montrés au Premier ministre. « Nous avons demandé 11 milliards de dinars pour mettre à exécution ces projets. Notre gros souci est la réhabilitation des sites anciens », a soutenu un responsable municipal.  «Tout l’accompagnement financier sera assuré par les pouvoirs publics. Mais il faut veiller à récupérer, dans les plus brefs délais, la ville de Tébessa qui a un nom et une histoire », a répondu M. Sellal. La délégation gouvernementale s’est déplacée ensuite vers l’exploitation agricole Allouche Mohamed Laïd à Bekaria. Démarré en 2009, ce périmètre agricole de 33 hectares serait totalement opérationnel, selon son exploitant, dans trois ans. Déjà la moitié de la superficie est irriguée et devra bientôt donner ses premières semences. En outre, l’exploitation possède un forage ; un bassin et un hangar de 900 mètres carrés où devrait être installée une chambre froide. A cet endroit, le Premier ministre a remis, symboliquement, une dizaine d’actes de concession à des agriculteurs. Il n’a pas manqué, néanmoins, d’interpeller les autorités locales sur ce qu’il a considéré comme une anomalie, donner 2500 hectares en concession à uniquement 300 exploitants alors que la superficie aurait pu être partagée entre dix fois plus de bénéficiaires. Il les a exhortés, en conséquence, à «délivrer les concessions agricoles à plus de personnes et dans de plus brefs délais. Il faut permettre aux jeunes d’investir dans le travail de la terre en supprimant les entraves bureaucratiques ».
Au point de l’inauguration d’un centre commercial, autrefois géré par l’Entreprise de distribution des Galeries algériennes (ex-EDGA) et réhabilité dans le cadre de l’éradication du commerce informel, Abdelmalek Sellal a remis des décisions d’attribution de locaux à des jeunes de la région. Il a exprimé, à l’occasion, l’urgence d’organiser les marchés à bestiaux dans cette wilaya, frontalière avec la Tunisie, qui n’en possède que sept.  Il a marqué, aussi, la nécessité d’accélérer le mouvement de résorption du commerce informel. A Tébessa, 43 marchés sauvages, dans lesquels 775 opérateurs activent, existent encore, bien que les autorités de la ville soient parvenues à réhabiliter 21 espaces de vente, récupéré et distribué 483 locaux appartenant à divers organismes (AADL, OPGI…), réalisé un marché de gros de fruits et légumes de 60 stands, 6 marché de détail et 18 marchés hebdomadaires.

2000 places pédagogiques supplémentaires à l’université
Vers 10h30, la délégation est arrivée à l’université de Tébessa, qui offre 2000 places pédagogiques. L’ensemble architectural, réalisé en un bloc semi-circulaire de quatre étages, est structuré en deux ailes : un bloc administratif et des espaces pédagogiques (40 salles de classes, une Bibliothèque, deux salles de lectures de 500 places chacune, une salle internet doublée d’une partie dédiée aux activités multimédia, six amphithéâtres et trois foyers). Ce pôle universitaire, articulé autour de six facultés où sont déjà inscrits 14.500 étudiants, renforcera les capacités d’accueil de la wilaya par les 8000 places pédagogiques de Boulhaf Dyr, en projet à quelques dix kilomètres du chef-lieu de Tébessa. A la cité de 586 logements publics locatifs de Hammamet, le Premier ministre a eu un coup de gueule, en visualisant un ensemble d’habitations collectives, implanté sur un terrain vague, sans espaces verts, sans commerces, sans équipements. Le résultat du projet, qui a coûté à l’Etat près de 943 millions de dinars, n’est pas à la hauteur des attentes des pouvoirs publics, qui conçoivent les cités sous une forme intégrée. « J’en ai assez. Là où je vais, je vois la même chose », a déploré Abdelmalek Sellal, s’insurgeant contre la réalisation d’un pôle résidentiel sans l’accompagner d’aucun équipement de service ou de structures socioculturelles et d’activités sportives. A la cité des 250-Logements de Djebel Anoual, où il a supervisé l’état d’avancement du chantier de réhabilitation du tissu urbain, il est revenu à la charge, jugeant impératif de « miser sur la qualité des travaux et des matériaux, de créer des espaces verts en rompant avec les formes invariablement triangulaires qu’on leur donne ». Le constat immuable, fait de ville en ville, qu’il visite depuis le mois de novembre 2012, a incité le Premier ministre a décidé de soustraire l’élaboration et la mise en œuvre des plans directeurs d’aménagement et d’urbanisme (PDAU) aux responsables locaux. Ils seront désormais soumis préalablement à l’approbation du ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville.

Transformation chimique du phosphate, un projet phare
Au siège social de Ferphos, l’une des plus importantes entreprises minières en Algérie, Abdelmalek Sellal a eu droit à une présentation détaillée des nouvelles orientations données à l’activité de la société, qui opère dans une ville qui possède des réserves en ce minerai avoisinant, les deux milliards de tonnes. Jusqu’alors, Ferphos se limitait à produire et à exporter du phosphate brut. Elle consent, actuellement, un investissement de 2,2 milliards de dinars, dont plus de la moitié dans la construction d’une usine à Oued Keberit dans la wilaya de Souk-Ahras, pour transformer le phosphate en acide phosphorique et en phosphate di ammonium. Ce projet, une fois finalisé, permettrait, selon l’exposé d’un cadre de l’entreprise, au pays de satisfaire les besoins de l’agriculture en engrais mais également d’exporter un produit fini. Les objectifs à moyen et long termes assignés à ce programme sont comme suit : production de 6 à 7 millions de tonnes de phosphate brut par an entre 2017 et 2020 et environ 10 millions de tonnes au-delà de 2020. Il s’agit surtout d’obtenir de 4 à 5 millions de tonnes annuellement de phosphate transformé chimiquement entre 2017 et 2020 et 8 millions de tonnes chaque année au-delà de 2020. L’autre but visé est de parvenir à exporter 2 millions de tonnes de phosphate brut par an. Intervenant à la fin de la présentation, Abdelmalek Sellal a rappelé qu’un contrat de partenariat est en cours de négociation avec un groupe qatari pour l’exploitation du phosphate à Tébessa. « L’usine de transformation de phosphate relève d’une décision du gouvernement algérien qu’il faudra exécuter quelles que soient les conditions », a-t-il affirmé.
Enième halte dans le programme de cette journée, l’inauguration du système d’alimentation en eau potable de la ville de Tébessa à partir du barrage d’Ain Dalia. Ce projet, qui a coûté 93 millions de dinars, servira les besoins en eau potable d’une population égale à 70.000 habitants. Dans un premier temps, les volumes transférés se limiteront à 4.500 m3. Ils augmenteront, en quelques mois, à 15.000 m3. Le Premier ministre a jugé utile de réaliser de nouveaux forages, en vue d’atteindre les besoins de la ville, estimés à 41.000 m3/jour.
Au terme de sa visite, le Premier ministre a annoncé que la wilaya bénéficiera d’un programme de développement additionnel assorti d’un budget de 40,56 milliards de dinars. Cet argent permettra la construction de 4.000 logements aidés, l’achèvement des travaux de rénovation du réseau d’alimentation en eau potable, le raccordement du réseau de gaz de ville, la réalisation de quatre polycliniques et leurs équipements, la réhabilitation de plusieurs établissements scolaires, l’ouverture de 46 cantines scolaires et deux demi-pensions. L’enveloppe budgétaire complémentaire servira, en outre, à la réhabilitation du village ancien de Youkous, à l’aménagement de la forêt récréative de Taga, ainsi qu’à l’extension du réseau de fibre optique et à la modernisation du service public. A ce propos, Abdelmalek Sellal s’est montré intéressé par le centre d’accueil des citoyens au siège de la wilaya. Les applications numériques créées et mises en ligne sur le site web de la wilaya offrent aux administrés une démarche souple et moderne pour introduire leurs demandes d’audience et requêtes, transmettre le courrier aux différentes administrations par le net, demander des pièces d’état civil… Elles permettent de souscrire plus facilement aux offres de la wilaya en matière de logement, Calpiref, délivrance du permis de construire…  Cette expérience concluante est à reconduire ailleurs.
 S. B.



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