Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 73 - Avril 2014

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Portrait

Abdelmalek Sahraoui, président-directeur général du groupe Promo Invest :

«Le climat de l’investissement en Algérie est très encourageant aussi bien pour les investisseurs locaux qu’étrangers»

Par Mahmoud Aziri

Dans la perspective de développer davantage l’économie algérienne, les pouvoirs publics mettent à la disposition des investisseurs locaux et étrangers tous les moyens matériel et humain pour favoriser le climat des affaires dans le pays. Ce point de vue est largement partagé par Abdelmalek Sahraoui, président-directeur général de Petroser. Pour lui, «le climat de l’investissement en Algérie par rapport aux mesures incitatives initiées par les pouvoirs publics est très encourageant aussi bien pour les investisseurs locaux qu’étrangers». Ce constat, a-t-il expliqué au cours d’un entretien accordé à El-Djazair.com, reflète la «sincérité» de l’État à promouvoir l’investissement qu’il soit national ou étranger.
                                                                                                                                                                                                              

Il est tout à fait normal, a jugé M. Sahraoui, que cette panoplie de mesures soit accompagnée par un ensemble de lois, portant notamment sur les prises de participation, visant à préserver l’intérêt national. Justement, depuis quelques années, plusieurs mesures ont été introduites pour régir les investissements étrangers en Algérie. La plus importante d’entre elles, ayant soulevé plusieurs débats, concerne la participation des entreprises algériennes dans des projets d’investissement étranger à hauteur de 51%. Contrairement à ce qui se dit dans les milieux des affaires étrangers, cette loi, selon notre interlocuteur, ne freinera jamais l’élan de l’investissement du moment que d’autres pays avant l’Algérie l’ont appliquée, notamment ceux du Golfe, obligeant ainsi l’homme d’affaires étranger à s’associer avec un opérateur local. «Il existe des opérateurs étrangers qui, même si la loi sur les prises de participation n’existe pas, préfèrent trouver des associés économiques locaux avec qui ils partagent beaucoup de points, notamment, la richesse.» Tout en qualifiant ce patriotisme économique de la part des pouvoirs publics de «légitime», M. Sahraoui a indiqué que c’est une «preuve qu’il existe une étude approfondie des intérêts de l’économie nationale dans la démarche de l’État. Cette démarche reflète également sa vision, à moyen et long terme, pour garder un contrôle sur les investissements et préserver les richesses de l’Algérie. Chaque pays a ses spécificités, donc, il est tout à fait normal que le pays hôte oriente les hommes d’affaires qui veulent s’y installer», a-t-il dit.

«L’environnement des affaires en Algérie est favorable puisque tous les secteurs sont vierges» 
Le marché algérien, tous secteurs confondus, aux yeux de cet homme d’affaires, est un véritable eldorado pour les investisseurs. Selon sa vision, «l’Algérie dispose d’un environnement économique très favorable du moment que tous les secteurs d’activités, qu’ils soient dans l’industrie ou dans les services, sont vierges. À cela viennent s’ajouter les potentiels humains, naturels et financiers que le pays compte», a-t-il expliqué. En effet, l’Algérie dispose de plusieurs ressources naturelles, dont les plus importantes sont le pétrole et le gaz, leurs recettes lui permettent d’avoir une importante rente. S’ajoute la politique suivie par le gouvernement, depuis quelques années, dans les secteurs de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur ayant permis au pays de constituer une importante masse de main-d’œuvre et d’intellectuels qualifiés. Cependant, a-t-il nuancé, la problématique des «mentalités» des différents acteurs chargés de la mise en œuvre du plan de développement et d’investissement initié par les pouvoirs publics entrave, en quelque sorte, son application sur le terrain dans les délais. «Les lois existent. Malheureusement, les mentalités ne s’adaptent pas avec la réalité du terrain. Ce défaut constitue un facteur bloquant pour l’investisseur. On n’a pas le choix. On doit s’adapter à cette réalité», a-t-il dit. Mais sur ce point, M. Sahraoui, tout en évoquant les différents contextes traversés par l’Algérie depuis les années 1990, s’est montré optimiste, et ce, dans la mesure où il a évoqué le facteur temps avant que le changement dans les mentalités ne puisse s’opérer. Toutefois, M. Sahraoui a relevé un nombre important de progrès réalisés dans le volet investissement depuis les années 2000. «Il faudra un peu de temps aux différents acteurs chargés de l’application des nouvelles lois en matière d’investissement, notamment dans les administrations, pour s’acclimater avec les nouvelles pratiques. Il ne faut pas oublier que l’économie algérienne a fonctionné durant plusieurs décennies avec un système. Elle est passée à un autre système tout à fait différent du premier. Entre les deux, le pays subi la décennie noire qui a sérieusement entravé le développement de l’économie nationale. L’insécurité dans le pays durant cette période a, en effet, dissuadé les investisseurs qu’ils soient étrangers ou locaux d’investir le marché algérien. C’est très difficile donc de voir un changement rapide et direct dans le comportement de tous les acteurs du secteur économique. Après le retour de la sécurité, les gens commencent à voir les opportunités d’investissement que l’Algérie leur offre», a-t-il dit.

«Si l’investisseur est visionnaire, il n’y a pas de raison pour que son projet ne réussisse pas»
Pour injecter son argent dans un secteur économique, selon notre interlocuteur, l’homme d’affaires doit avoir l’ambition, la vision et des perspectives d’investissement à long terme. Pour lui, «les opportunités d’investissement se font à moyen et à long terme. Les gens veulent tirer le maximum dans un temps réduit. C’est une erreur», a-t-il constaté. «Si l’investisseur est ambitieux et visionnaire, il n’y a pas de raison pour que son projet ne réussisse pas dans un environnement économique comme celui de l’Algérie.» Pour étayer ses propos, M. Sahraoui a pris comme exemple l’intérêt porté par les hommes d’affaires américains pour le marché algérien. «L’intérêt exprimé par les investisseurs américains pour le marché de l’Afrique du Nord, en particulier algérien, est le résultat des analyses établies par des experts américains qui ont conclu que l’Algérie dispose d’importantes potentialités», a-t-il relevé. Concernant les lois de finances ayant soulevé un tollé général dans le monde des affaires, M. Sahraoui a indiqué qu’elles n’ont aucun effet négatif sur le développement des investissements. Il les considère comme une protection pour l’indépendance de l’économie nationale. «Quand l’État promulgue une nouvelle loi, il est tout à fait normal qu’il y ait des mécontents. Nous, au niveau de notre groupe, on a, certes, enregistré des contraintes, mais uniquement dans les mentalités de certaines personnes qui travaillent dans les administrations. La défaillance n’est pas dans l’administration en elle-même. Un président, un ministre ou un responsable ne peut pas changer les mentalités du jour au lendemain. Donc, il faut savoir être patient. L’autre problème qui freine en quelque sorte l’application des lois est l’absence  d’une culture d’investissement en Algérie qui nous permette de nous adapter rapidement avec les lois, les tendances et les bonnes pratiques qui donnent à leur tour des choix d’investissement dans différents secteurs. Les opérateurs économiques peuvent critiquer les lois, mais on ne doit en aucun cas oublier que chaque investisseur doit créer un climat d’affaires au niveau de son entreprise et son entourage. La bonne gouvernance n’est pas uniquement une affaire des pouvoirs publics elle compte aussi sur l’apport des entreprises », a-t-il conclu.

«Les acquis obtenus par le FCE dans la dernière tripartite sont positifs»
Abordant justement, au cours de cet entretien l’apport des entreprises algériennes dans la promotion et l’amélioration du climat des affaires en Algérie, notamment à travers leur association, M. Sahraoui a dressé un bilan plutôt positif des réalisations du Forum des chefs d’entreprises (FCE). Pour étayer ses propos, il a évoqué les acquis obtenus dans la dernière tripartite, notamment, à travers l’allégement de la dette fiscale et le rééchelonnement des impayés avec les banques. «Le FCE a également proposé un ensemble de réformes économiques visant à sortir le pays de la dépendance aux hydrocarbures. Ces objectifs ont été arrêtés à travers le dialogue qui reste ouvert et constituera un nouveau tournant qui s’inscrit dans la continuité», a-t-il précisé. Invité à commenter le deuxième rapport d’évaluation semestriel de l’indice du FCE pour la performance de l’entreprise algérienne, présenté au début du mois d’avril dernier, relevant que «l’amélioration du climat des affaires et de l’environnement économique et légal de l’entreprise ne bénéficie pas d’une attention appropriée de la part des autorités économiques», M. Sahraoui a indiqué que bien qu’il soit membre de cette organisation patronale, cet avis engage l’équipe qui a été sollicitées pour l’élaboration du rapport validé par l’instance de gouvernance du FCE . Sur sa lancée, M. Sahraoui n’a pas manqué de mettre en exergue le rôle «important» joué, ces derniers mois, par le Conseil national économique et social (CNES) qui a «fait le tour de l’Algérie et rencontré les responsables locaux et l’ensemble des associations. Ces actions démontrent, encore une fois, l’ouverture du dialogue et la volonté de l’Etat à régler tous les problèmes même internes», a-t-il noté.  

Une pointure en matière d’investissement
En matière d’investissement, M. Sahraoui est très bien placé pour en parler, et ce, dans la mesure où il est à la tête d’un important groupe de plusieurs sociétés employant 2180 personnes. En parfait «visionnaire», cet homme d’affaires est devenu, en quelques années seulement, une référence dans les investissements dans plusieurs secteurs d’activités agriculture, énergie, hydraulique, travaux publics, bâtiment et services divers). l'aventure a commencé pour cet homme d'affaires en 1997, il ya de cela 15 ans lorsqu'il a décidé de fonder Petroser, un groupe énergétique spécialisé dans la commercialisation  des carburants et bitume et  production des lubrifiants. Un exemple à méditer !.
M. A.



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