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N° 107 - Août 2017

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Dveloppement Local

Une aisance financière pour une meilleure prise en charge des préoccupations citoyennes

Assemblée populaire communale de Dar El Beïda

Par Farid HOUALI



S’étalant sur une surface de 33 kms², Dar El Beida compte quelque 100 000 habitants. Ce chiffre qui n’était que de  18 000 en 1987 est passé à 43 000 en 1997 puis à 80 000 en 2008. En effet, Dar El Beïda, est passée d’une simple bourgade au début des années 1980 à une zone urbaine par excellence ces dernières décennies. Des lotissements et des zones d'activité ont proliféré sur le territoire de la commune à une cadence record. L’ensemble a fait que Dar El Beida a un cachet particulier, celui de la deuxième plus riche commune algérienne après celle de Hassi Messaoud (Ouargla). Son budget qui ne dépassait pas les 290 millions de dinars en 2005, est passé à 870 millions de dinars en 2007. « Il se situe actuellement entre 3,24 et 6,00 milliards de dinars», affirme dans sa déclaration le président de l’APC Lyes Gamgani à El Djazaïr.com. La principale ressource est la TAP (Taxe sur l’activité professionnelle). Notre entrevue avec le P/APC de Dar El Beida a été une occasion de lever le voile sur toutes les actions entreprises au niveau de la municipalité dans le cadre de l’amélioration du cadre de vie des citoyens. Pour notre interlocuteur, en tout cas, il n’y a aucun doute à ce propos. « Dar El Beïda s’est complètement métamorphosée », affirme-t-il d’entrée. Fruit du hasard ? Assurément pas. « Au lendemain de notre prise de fonctions à la tête de l’APC, nous nous sommes engagés en tant qu’élus à traduire nos promesses de campagne en une réalité sur le terrain. L’on ne se contentait pas uniquement du discours. Pour nous, en premier lieu, il fallait faire de notre commune la destination privilégiée des opérateurs économiques », soutient-il. Pour ce faire, la procédure administrative a  été revue. Ainsi, il a été mis un terme à toutes les pratiques bureaucratique qui pouvaient faire fuir les investisseurs. D’ailleurs ces derniers ne se déplacent plus à l’APC pour un quelconque document. Au contraire, c’est un représentant de l’APC désigné à cet effet qui va à leur rencontre et ainsi prendre en charge leurs doléances. « Avec le temps, cela a été une bonne publicité pour la commune. On est tout le temps sollicité par des opérateurs économiques qui voudraient bien, de leur côté s’y installer. A tout cela, vient s’ajouter également la stabilité qu’a connue notre Assemblée communale depuis son élection », se félicite-t-il. Les fruits de cette démarche sont visibles. « Bon nombre d’entreprises activent sur le territoire de la commune dont, un des opérateurs de téléphonie mobile qu’on a pu convaincre de délocaliser son siège social pour l’implanter à Dar El Beïda depuis 2009 », relève-t-il. Idem pour une entreprise mondialement connue dans le domaine des installations téléphonique. « Siégées à Dar el Beida, ces entreprises sont tout le temps accompagnées par nos services dans tous les domaines », assure Lyes Gamgani. Autrement dit, les communes dites déficitaires ne doivent plus compter sur les Plans communaux de développement (PCD). Il faut aller vers les entreprises et les opérateurs économiques. Ces derniers, convaincus que tout sera mis à leur disposition dans n’importe quelle commune, ils y viendront assurément. Il y va du développement local, de ce fait du bien-être des citoyens. Avec les excédents, l’APC de Dar El Beida contribue dans l’intercommunalité ainsi que dans les fonds de wilaya. A citer à ce titre sa contribution dans le projet de ravalement de façade, initié par Abdelkader Zoukh,  wali d’Alger, ainsi que  dans la voirie et l’entretien des routes. «Autrement dit, nous sommes en train de concrétiser sur le terrain notre programme tracé au début du premier mandat, soit depuis l’année 2007. Pour nous, il s’agit de la continuité dans le développement local dans plusieurs secteurs, une des priorités que nous nous sommes fixées depuis notre prise en charge des destinées de l’APC puisque notre effort portait sur l’urgence de prendre en charge toutes les préoccupations affichées par les populations comme la réalisation et la rénovation des réseaux, des routes, des éclairages publics, des infrastructures sportives et de loisirs pour la jeunesse, le transport, le ramassage scolaire, l’assainissement des eaux usées, ainsi que l’amélioration de la qualité des services ainsi que l’hygiène», explicite Lyes Gamgani qui évoque d’ambitieux programmes confectionnés pour sa municipalité en s’inscrivant « totalement dans la démarche » de l’actuel wali d’Alger Abdelkader Zoukh.

Les défis relevés du logement et du développement local
La commune de Dar El Beïda enregistre selon son premier responsable, une demande « importante » en matière de logement estimée à 5000 demandes toutes formules confondues. Cependant, malgré  son aisance financière, il se trouve que la commune est confrontée à une épineuse problématique. « Étant une commune saturée, il est impossible d’engager le moindre projet de construction sur son territoire », déplore le P/APC. Comme solution, il a été décidé de réaliser des projets en partenariat avec des communes voisines telles que Ain Taya et Bordj el Kiffan. Un  partenariat, gagnant-gagnant. L’APC de Dar El Beïda dispose des moyens financiers, ces communes-là, s’engagent de leur côté à fournir des assiettes foncières. Au final, le procédé serait bénéfique pour les deux côtés puisque, une fois achevés, un quota de ces logements sera destiné aux demandeurs de l’APC. Toutefois, cette réflexion ne pourrait malheureusement être concrétisée dans l’immédiat en l’absence d’actes de propriété des terrains affectés à cette opération. « Nous ne disposons plus de terrains vierges. Aussi, nous espérons l’élaboration d’un texte réglementaire autorisant les APC à acquérir des terrains en dehors du territoire de la commune pour les constructions. Ainsi nous nous passerons complètement de notre quota au niveau de la wilaya qui sera additionné à une commune déficitaire », estime Lyes Gamgani. Néanmoins, les opérations de relogement enregistrées au niveau de la wilaya d'Alger en 2016 ont permis l'éradication de plusieurs points noirs qui ternissaient l'image de la commune à l'instar des sites d'El Hamiz. Ce site était occupé par environ 1 800 familles. Le P/APC de Dar El Beida n’omet pas à l’occasion de « saluer » l’effort des services de la wilaya d’Alger dans ce sens,  à leur  tête, le wali Abdelkader Zoukh, qui a « tenu ses engagements ». «L’actuel wali d’Alger a sa vision d’une capitale digne de ce nom. Je dirais même que le wali d’Alger a tenu sa promesse en traduisant tous ses engagements faits auparavant, sur le terrain lui qui s’était engagé  au lendemain de son installation à redonner son véritable visage à Alger mais et surtout faire d’Alger, une capitale sans bidonvilles», soutient l’édile. Lyes Gamgani, dans le même contexte, rappelle que le chef de l’exécutif de la wilaya d’Alger a fait de l’environnement « une priorité». « La sauvegarde de l’environnement et l’amélioration du cadre de vie des administrés s’inscrivent dans l’agenda de nos priorités. Pour ce faire, il convient de noter que la commune est dotée de tout le matériel et outillage nécessaires pour la prise en charge de l’hygiène et de l’environnement », note-t-il encore. Les premiers résultats sont déjà visibles sur le terrain, le déploiement des agents de la régie est pour ainsi dire remarquable, aucune cité de la commune n’est épargnée par les opérations de nettoyage et d’assainissement. Les habitués des quartiers, rues et ruelles de la commune le confirmeront. Toujours s’agissant de la question environnementale, les autorités locales de la commune de Dar El Beïda se sont attelées ces derniers temps, à venir à bout des fosses septiques, notamment celles d’El Hamiz qui comptait jusqu’en 2007, pas moins de 5400 fosses. « Elles constituaient un véritable danger pour la santé publique d’où l’urgence d’intervenir », assure à ce propos le P/APC de Dar El Beïda. Et afin de permettre l'expansion et la fonctionnalité des réseaux d'égout, un collecteur principal d'Oued Bakora a été réalisé à cet effet. Un projet initié par le ministère des Ressources en eau et de l’Environnement. En conséquence, tous les branchements d'égouts anarchiques opérés par les particuliers sont supprimés pour une meilleure protection de l'environnement. Par ailleurs, toujours selon les affirmations du premier responsable de l’exécutif communal, une opération de grande envergure a été lancée au niveau de tous les quartiers de la commune afin de remplacer toutes les conduites d'AEP existantes par d'autres en propylène. « En matière du développement local, l’APC de Dar El Beida a beaucoup avancé. Qu’il s’agisse de l’assainissement, de l’AEP, du gaz de ville, de route et éclairage, tous les réseaux sont réalisés à 100 % », assure Lyes Gamgani. « Au niveau de l’ancienne ville de Dar El Beïda à titre illustratif, on est en train de réhabiliter le réseau AEP hérité de l’ère coloniale. Le projet avance bien », ajoute-t-il. Abordant l’aménagement des quartiers, Lyes Gamgani assure que les travaux ont touché plusieurs cités et lotissements, notamment le boulevard Md Khemisti, les boulevards de l'ALN et Mouloud Feraoun. A El Hamiz, les aménagements ont porté particulièrement sur la voirie et les trottoirs à la cité Fatma N'Soumer, colonel Amirouche et la cité Krim Belkacem. Reste cependant quelques travaux de réaménagement au niveau du quartier Benkhlil relevant avant cette date de l’APC des Eucalyptus. 

Écoles et routes : satisfecit général
La Constitution algérienne garantit le droit à l’enseignement pour tous. Il est obligatoire à partir de l’âge de six ans. La réalisation et l'entretien des établissements scolaires et la prise en charge du transport scolaire et la restauration rentraient dans les prérogatives des communes en vertu d'un décret exécutif n° 16-266. La commune de Dar El Beida qui compte 19 écoles primaires, huit collèges et trois lycées, n’en fait pas exception. « Pour nous, le secteur de l’éducation est d’une importance capitale », assure dans ce cadre le P/APC de Dar El Beïda notant que l’état des écoles réparties sur le territoire de la commune est satisfaisant. Elles ont toutes bénéficié de travaux de réhabilitation et d’entretien. A noter dans ce sillage, les travaux d’extension pour certaines écoles, telles que l’école primaire Slimane-Amirat et Abane-Ramadane. « Leur image a vraiment changé, elles sont pour la plupart dotées de cantines scolaires », soutient-il. Le transport scolaire est assuré pour l’ensemble des élèves sur une distance de 30 km. Une vingtaine de bus sont mobilisés à cet effet. Aussi, aux dires de Lyes Gamgani, toutes les écoles de Dar El Beida sont dotées de l'outil informatique, data-show et télévision, ainsi que l'Internet. « L’APC est à l’aise financièrement, alors je ne vois pas d’inconvénients à ce que nos enfants soient scolarisés dans de bonnes conditions », assure-t-il. Le fonds de solidarité des collectivités locales a alloué 15,25 milliards de dinars en 2016 à l'entretien des écoles primaires et la prise en charge des cantines scolaires. Un budget de 136,6 milliards de dinars avait été consacré entre 2007 et 2015 à cet effet. Le Fonds a dédié en 2016 une enveloppe financière de 6 milliards de dinars au transport scolaire, soulignant que le parc des communes à travers le territoire national comptait 7 414 bus réservés au transport scolaire dont 2 166 bus exploités par des privés en vertu d'une convention avec les communes à raison de 5 bus pour chaque commune. Quant à la réalisation de nouveaux établissements, cela relève d’une éventuelle demande dans ce sens exprimée par la tutelle. Néanmoins, vu les nouvelles cités qui voient le jour sur le territoire de la commune, il est question de deux nouvelles écoles primaires au niveau de Hai Bouchekir à titre illustratif. « Il est primordial de suivre l’évolution démographique de sa commune qui enregistre une moyenne de 600 mariages/an », souligne Lyes Gamgani.
Autre volet d’une extrême importance : la circulation routière. Le fait d’être desservi par une ligne ferroviaire n’a pas épargné au centre-ville de Dar El Beida notamment des bouchons souvent interminables. Chose tout logique sachant que la commune abrite bon nombre d’institutions. Pour en finir et de ce fait fluidifier la circulation, il a été réalisé quatre grands projets. Le premier est un accès vers le boulevard Krim-Belkacem à partir de la rocade Sud en entrée et sortie. Le deuxième est une sortie de la cité des 1100 Logements Chaâbani vers Alger et Ben Aknoun. Le troisième a été réalisé au lotissement Les Jardins (sens giratoire). Le quatrième comprend la réalisation d'une trémie reliant la localité d'El Hamiz à Dar El Beïda par la rocade sud. «Ces projets ont permis d'ores et déjà de désengorger le centre-ville de Dar El Beïda », se réjouit le P/APC.

De nouvelles structures sportives en projet
Une aisance financière couplée à une vision clairvoyante des élus locaux font que Dar El Beïda connaît une dynamique dans tous les domaines. Outre le logement, la question environnementale, la prise en charge des établissements scolaires et la circulation routière, plusieurs projets de réalisation de structures dédiées aux activités sportives et aux loisirs éducatifs ont été lancés par l’APC. «Dans le cadre du programme de l’APC, nous avons lancé les travaux de réfection et de réaménagement de quatre stades se trouvant dans le périmètre de la commune. Les travaux portent sur plusieurs aspects, notamment la pose de gazon synthétique et le réaménagement des gradins et des vestiaires », a relevé dans ce sens le P/APC Lyes Gamgani pour qui, il est impératif de « renforcer les équipements publics devant soustraire la frange juvénile à la rue et à ses méandres». Dans le détail, il s’agit de la réalisation de six terrains de proximité qui viendront s’ajouter aux stades déjà existants.
« Tous les projets seront réalisées aux normes exigées », selon l’édile. Le tout pour un montant de 40 millions de dinars. «Avec la réception de ces terrains de proximité nous pourrons répondre aux besoins des jeunes de la commune », se félicite notre interlocuteur qui rappelle qu’une fois opérationnelles, ces infrastructures « permettront d’élever le niveau de la pratique sportive, d’une part, et d’autre part, d’offrir plus de commodités aux jeunes sportifs». Mais sans doute, le projet qui fera la fierté de la municipalité, une fois réceptionnée, serait la piscine olympique dont l’appel pour sa réalisation a été signé. «L’enveloppe allouée au projet a été dégagée sur les fonds communaux. Cette structure ne sera pas consacrée exclusivement à la natation, mais également aux activités de loisirs éducatifs et récréatifs », estime le P/APC.

L’administration locale à l’ère du numérique
Le processus de modernisation de l'administration en Algérie connait ces derniers temps une accélération sans précédent à travers une série de mesures visant l'amélioration du service public par l'allègement des procédures administratives, la décentralisation de l'établissement des documents biométriques et la généralisation de l'administration électronique. « Ces mesures, qui entrent dans le cadre de la nouvelle stratégie du gouvernement, visent à humaniser l'administration en la rapprochant davantage du citoyen et en assurant des prestations de service public de qualité », assure dans ce contexte Lyes Gmagani, président de l’APC de Dar El Beïda. Il s'agit en effet, de procéder à la simplification des procédures et des démarches administratives notamment celles liées au secteur de l'Intérieur et des Collectivités locales. A ce titre, des décisions ont été prises pour développer la e-administration à travers l'activation du registre électronique de l'état civil, la réduction des délais d'élaboration et de délivrance du passeport biométrique et le lancement de l'élaboration de la carte d'identité nationale biométrique. Délivrés auparavant au niveau des daïras, les documents d'identité (carte nationale et passeport biométrique) sont dorénavant établis au niveau des communes, dans le cadre de la nouvelle stratégie du gouvernement, l'opération de décentralisation ayant déjà été mise en application dans plusieurs wilayas du pays. « Cette décentralisation a pour but d'éradiquer notamment les phénomènes de la bureaucratie et la corruption, selon la nouvelle stratégie, qui met en avant l'impératif de lutter, sans relâche, contre ces fléaux et ce à travers le processus de modernisation enclenché », soutient encore notre interlocuteur. «Le service de l'état civil est entièrement informatisé. Les citoyens obtiennent leurs documents sur place», relève le chef de l’exécutif communal. Ainsi, les actes de décès et de mariage sont délivrés séance tenante, ce qui facilite considérablement les démarches administratives des citoyens. D’ailleurs notre passage au niveau de la commune a coïncidé avec une visite d’une délégation de l’administration locale française. « Une visite qui rentre dans le cadre du partenariat stratégique entre les deux pays », dit plus explicite le P/PAC de Dar El Beïda qui citée en exemple la décentralisation de la délivrance du permis de conduire. 

Un chef d’œuvre architectural
Le tribunal de Dar El Beïda inauguré en janvier dernier, par Tayeb Louh, ministre de la Justice, garde des Sceaux, répond aux attentes des justiciables et des citoyens dans le cadre du programme du président de la République Abdelaziz Bouteflika dans son volet modernisation de la justice. Dans le cadre de l’allégement de la masse de travail du tribunal d’El Harrach, celui de Dar El Beida va regrouper 4 grandes communes en l’occurrence Bab Ezzouar, Mohammadia, Bordj El Kiffan et Dar El Beïda. Un soulagement. «Cette institution va permettre d’assurer une qualité de service et de prestation à la hauteur des attentes des citoyens, loin de toutes entraves bureaucratiques» avait indiqué le ministre. Pour le P/APC, la mise en service de ce nouveau tribunal vient à point nommé. « Il vient diminuer la pression que connaissait celui d’El Harrach », se félicite le maire. Ce tribunal est doté de 4 salles d’audience, chacune de 350 personnes ainsi qu’une salle pour les mineurs, de 78 bureaux et des cellules donnant sur des salles d’audience. Il est également doté d’un système de vidéoconférence, qui permet aux magistrats d’auditionner directement les témoins sans avoir à les faire déplacer. Un guichet unique et une salle des archives, une salle de réunions et d’autres pour les avocats seront aussi disponibles dans ce bâtiment de six étages. Le coût global du projet est de 1,3 milliard de dinars.
 
F.H.



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