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N° 117 - Nov 2018

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Dveloppement Local

Dune simple bourgade coloniale un ple denvergure

Wilaya de Boumerdes

Par Meriem ALI MARINA



Située à 45 km à l’est d’Alger, Boumerdes, dont le charme du littoral est irrésistible, est considérée comme l’une des destinations les plus prisées de la majorité des touristes du centre du pays. Ils étaient quelque 10 millions la saison passée. La wilaya de Boumerdes aspire aujourd’hui à vivre un avenir prometteur, après s’être relevée d’un séisme dévastateur, qui a sévèrement freiné son élan de développement. Le séisme du 21 mai 2003, qui n’est plus qu’un mauvais souvenir, est surtout considéré, aujourd’hui comme une tragédie qui restera gravée à jamais dans les annales de la région, au vu des lourdes pertes subies : 1391 morts, 3444 blessés, près de 100 000 logements détruits, et autres dommages non quantifiables. Mais le défi de la reconstruction fut relevé et les blessures occasionnées par la catastrophe ont été pansées, grâce à la volonté politique de l’Etat, couplée à un formidable élan de solidarité nationale.

Rocher Noir, siège du Gouvernement provisoire algérien
La ville de Boumerdes (ex-Rocher Noir), érigée depuis 1984 au rang de wilaya, a connu en un demi-siècle des mutations profondes qui l’ont complètement transformée, en la faisant passer de simple bourgade coloniale à un pôle de développement d’envergure, occupant une place de choix sur l’échiquier national, de par sa proximité de la capitale et sa position de plaque tournante entre plusieurs wilayas. Etymologiquement, Boumerdes, ainsi dénommée à l’indépendance du pays, renvoie à son érudit Sidi Ali Ben Ahmed Ben Mohamed El Boumerdassi, fondateur de la zaouïa Ouled Boumerdes, qui a rayonné sur la région. Mais l’existence de cette région comme centre de vie remonte à la préhistoire, comme l’attestent certains vestiges archéologiques que l’ont peut trouver encore de nos jours dans certaines localités, telles que Dellys, Tagdempt et Zemmouri, citées par certains explorateurs, à l’image d’El Idrissi et de Thomas Shaw. Rocher Noir doit sa notoriété au fait que le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), présidé par Abderrahmane Farès, y avait installé son siège. C’est là également que fut hissé, pour la première fois, le drapeau de l’Algérie indépendante. Rocher Noir était un centre de regroupement de colons disposant de fermes, notamment viticoles, et d’une grande caserne abritant la Légion étrangère de l’armée coloniale. Situé au centre de l’actuelle ville de Boumerdes, le siège du GPRA a été reconverti, dans les années 1960, en bureau de l’Institut national des hydrocarbures (INH), avant de servir de siège au rectorat de l’université de Boumerdes. Boumerdes fut occupée par l’armée française en 1844, après une série d’expéditions menées par le maréchal Bugeaud.

Des atouts au service d’une ambition
Aujourd’hui, le développement de cette wilaya de plus 800 000 habitants est axé surtout sur la valorisation de ses potentialités touristiques, agricoles et halieutiques. Les investissements dans le secteur du tourisme ont généré la construction de 20 établissements hôteliers, 9 camps familiaux et 9 camps de jeunes. Les projets en cours, destinés à consolider les infrastructures existantes, portent sur la réalisation de 15 hôtels, l’aménagement de 11 zones d’extension touristique, avec en prime une perspective de création, à l’horizon 2025, de 8 zones touristiques. Parmi ces zones, participant à la diversification du produit touristique local, ce responsable a cité la ZET d’Ammale destinée au développement du tourisme thermal, alors que les ZET de Khemis El Khechna, Larbaatache et Naciria seront destinées à la promotion du tourisme sportif et de montagne, et celles de Legata et Zemmouri à la valorisation du patrimoine culturel de la région. Il est également question de la création prochaine de quatre parcours pour promouvoir la destination Boumerdes. Des études ont été en effet lancées dernièrement en vue de la création de quatre parcours destinés à la promotion et au renforcement de la destination touristique de la wilaya de Boumerdes, selon le directeur local du tourisme et de l’artisanat. Ces parcours touristiques sont prévus au niveau du barrage El Hamiz et de sa base de vie (dans la commune de Larbaatache), du barrage de Beni Amrane, de la forêt «Assouf» de Dellys, ainsi que du vieux port de Dellys, a précisé à l’APS Zoulim Nour, signalant que les travaux de réalisation sont programmés pour 2015. Les opérations d’aménagement de ces parcours, inscrites au titre du plan directeur d’aménagement touristique de la wilaya, engloberont, outre la réalisation d’espaces verts pour les familles et d’aires de jeux pour les enfants, des réseaux d’éclairage public et d’eau, en plus de l’aménagement d’accès vers ces sites. Toujours au titre des efforts de promotion de la destination touristique de Boumerdes, il y a lieu de souligner le lancement «imminent» d’études pour la réhabilitation de 12 plages autorisées à la baignade, dans le cadre du programme complémentaire 2014, qui s’ajoureront à huit autres ayant bénéficié d’opérations similaires en 2013, au titre du présent quinquennat. Tous ces projets n’ont pour objectif que d’amener le plus grand nombre possible d’opérateurs à investir dans la wilaya, en vue d’y relever les capacités d’accueil et le niveau des prestations touristiques, pour les adapter au flux sans cesse croissant d’estivants et de touristes optant annuellement pour cette wilaya du littoral.

Une vocation agricole par excellence
Dans le domaine agricole, les efforts entrepris pour le développement du secteur ont permis de réhabiliter plusieurs filières agricoles qui ont propulsé la wilaya, entre autres, à la première place, au niveau national, en matière de production viticole, et à la troisième place pour la production des légumes. Pour le conditionnement des produits agricoles, la wilaya dispose d’une capacité de stockage de 200 000 m3 de pommes de terre, en plus des potentialités qu’elle recèle pour le stockage d’autres produits de large consommation, dont un projet de deux complexes destinés, l’un pour le stockage des céréales et l’autre, pour le stockage de produits agricoles divers. Dans le secteur de la pêche, la wilaya, qui possède trois ports de pêche de renommée nationale (Dellys, Zemmouri et Cap Djinet) où activent quelque 3000 marins pêcheurs, se lance par ailleurs dans la création d’une zone d’activités dédiée aux métiers de la pêche d’une superficie de 20 ha dans la région de Zemmouri. La pêcherie de la wilaya, rappelle-t-on, permet, bon an mal an, aux quelque 400 embarcations de pêche de capturer entre 12 000 et 15 000 tonnes de poissons par an, de sardine notamment.

Pour mieux prendre en charge les préoccupations des populations locales
Boumerdes a bénéficié d’un important soutien financier de l’Etat pour son développement. A titre indicatif, plus de 150 milliards de dinars lui ont été alloués durant la période allant de 2008 à 2012. Pour l’exercice 2013, elle a bénéficié d’une cagnotte globale de 9 milliards de dinars, pour le financement d’opérations de développement programmées au titre des plans sectoriels et des plans communaux de développement. En somme, la wilaya de Boumerdes à la tête de son exécutif Kamel Abbès, a bénéficié d’une enveloppe financière globale de 350 milliards de dinars entre 1999 et 2013 pour soutenir son action de développement. Outre cette enveloppe, une dotation spéciale de près de 80 milliards de dinars a été affectée aux travaux de réhabilitation dus au séisme du 21 mai 2003, selon un bilan d’activités de la wilaya, pour l’exercice 2013, exposé durant la dernière session ordinaire de l’APW. A cela s’ajoute un programme complémentaire de 36 milliards de dinars attribué, à la wilaya, à l’issue de la visite du Premier ministre, Abdelmalek Sellal, en février dernier. L’enveloppe financière allouée à la wilaya, durant ces quinze dernières années, a permis l’inscription de quelque 6 596 opérations, dont 5 743 ont été réalisées, à ce jour, alors que 853 sont en cours de l’être, est-il rapporté dans le bilan présenté. Une priorité a été accordée, dans la répartition de ces projets, aux secteurs économique et industriel, à l’éducation et à la formation, est-il signalé. Le programme d’action de l’exercice 2013 a été particulièrement orienté vers le parachèvement des chantiers des projets en cours, et l’assainissement de la nomenclature des projets inscrits. L’opération a donné lieu à l’affectation d’une enveloppe complémentaire de près de 1,5 milliard de dinars, à la réévaluation de 46 opérations de développement. Pour l’exercice 2014, la réalisation en cours de nombreux projets a nécessité l’inscription d’un nouveau programme de développement de plus de sept milliards de dinars, destiné à la concrétisation de 91 opérations de développement, dans différents secteurs, parallèlement à un autre programme de plus de cinq milliards de dinars, pour les besoins de réévaluation de 82 autres opérations.

Le relogement pour effacer les stigmates du séisme du 21 mai 2003
Au lendemain du séisme du 21 mai 2003, les autorités locales de Boumerdes ont été confrontées à une épineuse question : le relogement. Des efforts ont été consentis depuis. Une enveloppe de plus de 78 milliards de dinars a été mobilisée pour soutenir l’effort de reconstruction. Un programme de 8000 logements a été destiné au recasement des sinistrés, en plus de la réhabilitation de près de 86 000 habitations, ainsi que le financement d’opérations de réhabilitation de divers services et infrastructures publics. Le fait de reloger tous les sinistrés prend plus de temps mais, maintes opérations de relogement ont été enregistrées à travers les localités de la wilaya ces derniers temps. Dernière en date : un quota de 1 002 logements publics locatifs (LPL) a été attribués le 14 avril dernier à travers six communes de la wilaya de Boumerdes, où les heureux bénéficiaires ont emménagé dans leurs nouvelles demeures avec l’aide des services des APC concernées. Ces logements, attribués à des familles qui résidaient auparavant dans des habitations précaires ou des chalets, se repartissent à raison de 200 unités au niveau de la commune de Khemis El Khechna, 100 à Taourga, 342 à Ouled Moussa, 200 à Dellys, 110 à Si Mustapha et une cinquantaine à Legata. Une deuxième opération similaire est programmée dans les trois prochains mois, pour l’attribution de 4.335 autres logements LPL, à travers 16 autres communes de la wilaya . Ces logements seront attribués dans les communes de Khemis El Khechna (1100), Boumerdes (280), Tidjelabine (110), Corso (253), Ouled Hadadj (500), Boudouaou El Bahri (283), Hammadi (250), Larbaâtache (150), Souk El Had (136), Issers (40), Chaâbat El Ameur (104), Zemmouri (200), Naciria (350), Baghlia (300), Dellys (229) et Ben Choud (50). Tous les sites d’implantation de ces logements ont été dotés de tous les équipements nécessaires, dont des espaces verts et des structures administratives et sportives.

Réouverture de la RN 24 : un défi
La wilaya de Boumerdes, a beaucoup souffert du terrorisme ayant contraint dans la plupart des cas, ses populations à aller s’exiler sous d’autres cieux. Grâce aux efforts de tous, notamment des services de sécurités, « la peur » n’est qu’un mauvais souvenir de ce côté de notre belle Algérie. Au jour d’aujourd’hui, les habitants y compris des contrées les plus enclavées de la wilaya de Boumerdes circulent librement et en toute quiétude. Preuve en est : la réouverture de la RN 24 reliant Boumerdes à Tizi-Ouzou via cap Djinet et Dellys (littoral) – fermé à la circulation pendant près de vingt ans – constitue en fait un défi. C’est également un message fort adressé aux fanatiques islamistes qui s’étaient improvisés maîtres des lieux. Début 1994, les groupes islamistes du GIA notamment dictaient leur loi à travers beaucoup de localités de la wilaya de Boumerdès. L’axe routier Tigzirt - Boumerdès, via Dellys, était fortement déconseillé pour les automobilistes. Le danger terroriste était tel sur cet axe, que les autorités ont décidé de quasiment le fermer à la circulation pendant près de vingt ans. La sérénité retrouvée, ce tronçon a été rouvert à la circulation en décembre 2011. Cette réouverture a été accueillie avec joie par les populations locales. La décision prise lors d’une visite sur les lieux par Dahou Ould Kablia, alors ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, est considérée comme salvatrice par les différents opérateurs économiques de cette région littorale à vocation essentiellement touristique. Les populations concernées espèrent ainsi un renouveau économique. Car, faudrait-il le noter, la fermeture de cet axe de la RN24 a engendré un étouffement économique pour bon nombre de villes. Pis encore, cette fermeture a engendré d’autres maux qui viennent se greffer à ceux déjà connus des populations locales. De par sa vitalité, cet axe n’a jamais été déserté. Les populations ont bravé à chaque fois les menaces terroristes. L’acheminement des aides, via ce même tronçon au lendemain du séisme de 2003 vers les localités les plus touchées, reflète, en somme, son importance. Deux ans après, soit en 2005, lors de la tempête de neige qui a touché cette région et beaucoup d’autres, c’est ce même axe routier qui avait été utilisé pour s’approvisionner en gaz butane et en denrées alimentaires. C’est vraiment un raccourci. Un raccourci qui contribuera assurément à rapprocher les citoyens des wilayas limitrophes, des plages de la wilaya de Boumerdès.

M. A. M.



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