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N° 120 - Avril 2019

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53e anniversaire de la DGSN

La police algérienne accčde au rang magistral

Par Mohamed MEBARKI



Ribouh n’avait pas encore atteint trente ans quand deux tueurs psychopathes qui le guettaient depuis des heures devant la maison de ses parents, située dans un quartier chaud de Constantine, lui ôtèrent la vie avec une charge de mahchoucha – fusil à canon scié – manœuvrée à bout portant. Il était policier. Je ne me souviens pas de son grade, mais je me rappelle sa silhouette sympathique. Il ne portait pas d’uniforme. Il était détaché au cabinet du wali. Tous ceux qui l’avaient connu témoignent de sa droiture exemplaire. Son souvenir et celui de ses autres collègues tombés au champ d’honneur pour la défense de l’Algérie, des six policiers de la rue Bouzrina à Alger, pris dans la nuit du 9 au 10 février 1992, dans une embuscade meurtrière tendue par des « Afghans », aux neufs agents de l’ordre assassinés, le 13 avril 1993, à M’sila, demeurent encore vivaces et leur sacrifice résiste toujours aux effets amnésiants du temps. J’avais déjà évoqué ces scènes horribles dans un autre article comprenant d’autres décors plombés par la douleur et la colère comme par exemple cet impressionnant cortège funèbre traversant Bab El Oued, portant en son sein la dépouille mortelle d’un jeune policier, accompagné jusqu’à sa dernière demeure, sous le feu nourri des kalachnikovs pointés vers le ciel, par des collègues refusant de céder devant le poids du deuil paralysant et du fatalisme dans sa forme la plus rétrograde. J’aurais aimé aborder le sujet sur la police sous des auspices moins tristes, mais le contexte régional actuel, avec le drame libyen et la tragédie tunisienne qui se déroulent tout au long des frontières Est du pays, m’ont vite rappelé à l’ordre républicain et à quel prix cet ordre avait été acquis et maintenu. Dès lors, il m’a été impossible de contourner cette page d’histoire écrite avec le sang versé par tous les Algériens qui ont lutté contre le terrorisme ; et d’en parler aujourd’hui, au moment même où la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), célèbre son 53e anniversaire alors qu’elle se trouve dans une dynamique de progrès accélérée. Tout en ayant les yeux braqués sur l’évolution professionnelle de ce corps et tout ce qu’elle exige et implique comme mesures et programmes de développement, le général-major Abdelghani Hamel garde en mémoire ces années folles durant lesquelles la DGSN a payé le prix fort. Il était en première ligne. Et il est le mieux placé pour savoir que le meilleur hommage que l’on puisse rendre à ces valeureux policiers disparus dans la tourmente de la tragédie nationale, est de perpétuer leur mémoire et leur sacrifice, en inculquant cette précieuse expérience opérationnelle aux nouvelles générations de la DGSN.

Des postes clés ont été confiés à des universitaires compétents dans leurs filières respectives. A la base, le niveau d’instruction est tiré vers le haut par une formation adéquate. 
 
Dans les écoles de police, à l’intérieur des commissariats, durant des opérations ou des contrôles de routine, et à l’occasion des différentes manifestations publiques, des officiers aux agents administratifs, tout le monde est conscient du défi à relever et des acquis à préserver. A l’image de l’Algérie, la police est, elle aussi, venue de loin, très loin. On se rappelle bien cette période durant laquelle la DGSN avait frôlé de justesse la dislocation s’il n’y avait pas eu ce sursaut d’orgueil de toute une institution, traduit par le geste auguste d’un Ali Tounsi qui s’était incliné humblement devant l’appel du devoir en acceptant de diriger un corps ciblé par le terrorisme et meurtri par un deuil permanent, au moment où des dizaines de cadres prenaient le chemin de l’exil. Si El Ghouti aurait pu, lui aussi, évoquer mille et une raisons pour se soustraire à cette charge dont le poids a fait plier tant de volontés. Mais il ne l’a pas fait, préférant adopter la même attitude qu’il avait eue lorsqu’il avait rejoint le maquis pour la première fois durant la guerre de libération nationale. Aujourd’hui, le processus de modernisation amorcé par feu Ali Tounsi a atteint des niveaux appréciables, et cela dans tous les domaines, grâce à l’esprit de continuité caractérisant l’action de son successeur, le général-major Abdelghani Hamel. Celui-ci a, tout en ayant le mérite de reconnaitre publiquement les efforts de son prédécesseur, procédé à un profond diagnostic avant la mise en œuvre de son programme. Prenant à contre-pied les spéculations extravagantes de certains analystes embrigadés, le général-major Abdelghani Hamel n’a pas seulement valorisé le travail effectué par le colonel Ali Tounsi, mais il a réussi à donner un second souffle au processus de modernisation, en apportant des correctifs graduels à l’organisation des différents services de la DGSN, au programme de formation et à la prise en charge sociale des policiers. Sa première épreuve fut la mise à niveau intellectuelle qui a été accompagnée d’un rajeunissement remarquable. Des postes clés ont été confiés à des universitaires compétents dans leurs filières respectives. A la base, le niveau d’instruction est tiré vers le haut par une formation adéquate. Tous ces efforts structurels et pédagogiques sont menés simultanément aux missions opérationnelles, de la circulation routière à la lutte contre le terrorisme et au crime sous toutes ses formes. Un élément auquel la presse n’accorde pas souvent d’importance : la couverture spatiale du territoire évoluait sans cesse et atteignait un taux digne des grands pays. « La police au service du citoyen », ce slogan a été absorbé par une société qui reprenait peu à peu ses esprits, après avoir échappé à un incendie meurtrier provoqué par des mains criminelles. Les rapports société civile-police ont connu une nette amélioration dans un climat de confiance et de compréhension.

La police est là ; et pas seulement là. Elle est en voie d’acquérir méthodiquement tous les instruments matériels et professionnels qui font actuellement la notoriété des polices des pays les plus avancés.


Ce ne sont pas de simples détails, mais des indices fiables que chaque Algérien est en mesure de constater quotidiennement, un peu partout en Algérie. Dans la rue ou au niveau des établissements publics, la présence d’une police aux allures impressionnantes et bien équipée est devenu un élément de grande portée sociale. La police est là ; et pas seulement là. Elle est en voie d’acquérir méthodiquement tous les instruments matériels et professionnels qui font actuellement la notoriété des polices des pays les plus avancés. Elle possède aujourd’hui sa logistique de pointe, ses spécialistes et ses chevronnés qui ont déjà fait leurs preuves sur le terrain. Ses succès remportés contre les réseaux du crime et des milieux de la délinquance parlent pour elle. Elle est classée au rang de la 5e police dans le monde par Interpol. Son professionnalisme et sa discipline sont reconnus à travers des forums internationaux consacrés à la coopération policière régionale. Les mouvements de foules engendrés par la contestation sociale ont bien été exploités par les puissantes ONG pour ternir son image sur le plan international, mais la réalité les a obligés à se retenir par moments. Je me rappelle cette phrase répétée plusieurs fois par le général-major Abdelghani Hamel, lors de ses interventions publiques. « Je préfère qu’il y ait des blessés dans les rangs de la police que parmi les citoyens qui manifestent ». Investi de la lourde tâche de préserver et de consolider la respectabilité d’un corps chargé de mettre en œuvre un des principes fondamentaux contenus dans la charte universelle des droits de l’Homme dont la sauvegarde de la sécurité des biens et des personnes n’est que le paravent, le général-major Abdelghani Hamel qui n’est pas du genre à fuir ses responsabilités a bloqué toutes les issues devant les colporteurs de rumeurs, les manipulateurs et les accusateurs attitrés qui ont fait du domaine des droits de l’Homme un fonds de commerce et une couverture presque parfaite aux fauteurs de troubles professionnels. Lors de toutes les manifestations, les forces antiémeutes se sont distinguées par leur discipline sans faille et leur respect exemplaire des directives, en privilégiant le dialogue à l’usage des moyens répressifs conventionnels, pourtant autorisés, lorsque l’ordre public est sérieusement menacé. Quand il évoque les troubles à l’ordre public, il ne fait pas de dissertations inutiles. Il informe, donne des chiffres et laisse le débat à propos des niveaux de la répression aux autres. Il y a eu 3163 blessés dans les rangs des forces de maintien de l’ordre dont 148 éléments dans un état jugé grave en 2012. Cette nouvelle approche sécuritaire qui applique scrupuleusement les lois de la république et tient compte des impératifs imposés par les droits de l’Homme, a apporté un argument sérieux à l’Etat de droit. Ceux qui considèrent le régime comme une sphère qui nous échappe ont toujours eu une attitude de « réticence » vis-à-vis d’une police aux ordres, selon leur point de vue. 

La police algérienne est devenue une valeur ajoutée à la citoyenneté. Si elle est aujourd’hui dans ses meilleurs moments, elle le doit aussi à la loyauté républicaine de ses éléments et à la lucidité de ses chefs. 


Lorsqu’en octobre 2014, des éléments appartenant aux forces antiémeutes ont protesté sur la voie publique, Ghardaïa, dans la capitale et à Constantine, ils ont vite tiré les conclusions : un pilier du régime donne des signes de faiblesse. J’ai lu ; nous avons lu des dizaines de commentaires allant dans ce sens. Apparemment, c’est la définition du mot régime qui les a détournés de la bonne orientation. Mais c’est nous, le régime. Je ne fais pas de politique ; je raconte ce que je vis ; ce que nous vivons tous, à travers une multitude de situations. L’école, l’administration et la santé publiques, la sécurité et la voirie ; c’est bien nous. Le commerce, le transport, l’économie, le sport et les loisirs, c’est encore nous. Sans ce nous que resterait-il dans le pays ? La doctrine appliquée par la police algérienne est à décrypter à travers cet ancrage. La DGSN est un facteur de stabilité dans un monde qui bouge. Sa mobilisation permanente pour le maintien de la tranquillité publique, en milieu urbain, dans les stades, et aux abords des enceintes, est vécue quotidiennement par tous les citoyens. Ce n’est qu’un témoignage exprimé par un citoyen qui se considère comme un composant microscopique de ce corps appelé régime. La police algérienne est devenue une valeur ajoutée à la citoyenneté. Si elle est aujourd’hui dans ses meilleurs moments, elle le doit aussi à la loyauté républicaine de ses éléments et à la lucidité de ses chefs. Un personnel de plus en plus étoffé sur tous les plans qui entretient des rapports quasi permanents avec la société ; un personnel qui croit aux vertus du travail consciencieux, et un état d’esprit partagé par tous les Algériens. Pour revenir aux fameuses journées des 14 et 15 octobre 2014, de toutes les images, j’en ai retenu deux. La première concerne la discipline exemplaire qui a marqué l’événement. Au même moment, l’institution policière était en place et fonctionnait normalement. En aucun moment, l’Etat n’a fait allusion à des plans B et C. Quelle conclusion faudrait-il en tirer ? La seconde a trait à l’amorce du dialogue et aux conclusions qui ont mis tout le monde d’accord. Tous les Etats modernes se sont forgés lors de ces épreuves et s’en sont sortis grandis par l’expérience d’un vécu social aux mille dimensions. L’Algérie et la police algérienne ne font pas exception. 
M. M.



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