Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 119 - Fev 2019

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Le général-major Abdelghani Hamel

Le républicain et le patriote passionné

Par Mohamed MEBARKI



Aux Etats-Unis, où l’insécurité est endémique depuis la naissance de cette nation, la police n’a jamais cessé d’être un filon intarissable aux auteurs de romans policiers et à l’industrie cinématographique. A l’instar des films de guerre réalisés à la gloire de l’humanisme et de la supériorité technologique revus et corrigés par l’Oncle Sam, le cinéma américain a aussi permis à la police US d’entrer dans la légende. En Amérique, des milliers d’auteurs de romans policiers et de scénaristes produisent quotidiennement des dizaines de manuscrits qui véhiculent pratiquement le même message : la bavure est individuelle, et les graves dépassements s’inscrivent tous dans le registre de la raison d’Etat. Sous la bannière de la plus puissante démocratie, l’Establishment a toujours veillé à ce que les symboles demeurent au-dessus de tout le monde, quitte à censurer, en achetant le silence ou en vouant aux gémonies l’intrépide auteur. Mais à la différence de ce qui se pratique ailleurs, les Yankees y mettent les formes les mieux appropriées. Les Américains ont donc inventé l’iconographie policière et le reste du monde n’a trouvé rien à redire. Le roman noir et le film policier sont, en réalité, loin d’être une vulgaire marchandise destinée uniquement à divertir un large public aux ambitions culturelles limitées. Ils procèdent d’une démarche intellectuelle réfléchie et mise en œuvre, à des fins psycho-sociales et idéologiques, par des stratèges du conditionnement des foules.

Le temps des Ninjas
Qu’en est-il chez nous où ce genre de création est presque inexistant ? Pourquoi l’Intelligentsia algérienne n’a-t-elle pas investi ce champ qui ne manque pas de thèmes porteurs ? Est-ce la crainte de se voir « étiqueté » d’intelligence avec son propre Etat ? Est-ce la peur de se voir « indexé » comme un « porteur d’eau » au régime ? Drôle d’attitude que celle adoptée par certains écrivains bien de chez nous qui se sont délectés en suivant pas à pas The Mentalist et le Retour des incorruptibles, séries policières américaines, et qui tissent en même temps mille et une justifications pour ne pas parler de la police algérienne. Et pourtant, ce ne sont nullement les sujets qui manquent. Ils n’ont qu’à remonter le temps jusqu’au début de la décennie rouge sang où mille et une histoires vraies racontent la bravoure et le don de soi pratiqués quotidiennement par des policiers bien de chez nous. Des histoires à faire pleurer d’émotion la planète entière sont enregistrées sur le registre d’une police qui a prouvé sur le terrain qu’elle n’était pas, comme l’aurait souhaité le terrorisme, le maillon faible du système de sécurité nationale. Les images des premiers Ninjas de l’Office national de répression du banditisme (ONRB), un corps d’élite formé par les meilleurs éléments de la DGSN et des services de renseignements, sont toujours présentes dans les esprits. Ce service n’avait pas tardé à acquérir une solide réputation dans le cadre de la lutte antiterroriste, au milieu d’un contexte international marqué par l’embargo décidé contre l’Algérie par des pays du monde dit libre. La lutte menée par l’ONRB contre les forces de l’obscurantisme et les réseaux mafieux constitue, à elle seule, un précieux patrimoine que les intellectuels ont le devoir de pérenniser dans des œuvres qui serviront de jalons et de repères à nos enfants, à nos petits-enfants et à nos générations futures. Durant les années « sanguines », l’héroïsme a porté tous les uniformes de l’Algérie ; la tenue militaire, la blouse blanche du médecin et de l’enseignant, la combinaison du pompier, le style débraillé du journaliste et l’uniforme de la police, entre autres. Ciblée par les premiers coups de feu, la police algérienne a non seulement résisté, mais a réussi à s’adapter à la nouvelle donne, en comptant d’abord sur ses propres ressources, et ensuite grâce à l’engagement sans réserve manifesté par l’ensemble des éléments d’un corps qui a tant donné à l’Algérie. Rien, absolument rien n’empêche les romanciers algériens de donner forme à un inspecteur Derrick algérien. Les Allemands l’ont fait à la gloire de la police allemande. Pourquoi ne le ferons-nous pas en hommage à ces hommes de la DGSN qui ont traqué la bête immonde jusqu’à ses derniers retranchements ?

L’empreinte du général-major
Nous savons aujourd’hui plus que par le passé que l’impact psychologique de la fiction est dix mille fois supérieur à celui des discours et autres écrits dominés par la morosité d’un ton « trop sérieux ». La fiction, lorsqu’elle est orientée par des cerveaux cohérents, pourrait apporter des réponses claires aux questions les plus obscures de la stratégie. Elle pourrait servir de lien affectif entre les différentes catégories sociales, en réveillant les meilleurs sentiments de chacun. Si les Américains ont pu, souvent sur la base de scénarios montés de toutes pièces, créer toute une anthologie au profit de leur police et de leurs services de renseignements, les Algériens n’ont qu’à interroger la mémoire d’un peuple qui a vécu et a vu l’Algérie revenir de très loin, escortée par ses moudjahidine de Novembre 1954, ses soldats et ses policiers. Ils trouveront mille et une légendes à raconter. Diabolisée par les sbires du FIS et ses satellites, la police algérienne a su resserrer les rangs assez rapidement pour livrer la bataille de toutes les batailles contre les fossoyeurs de l’Algérie. Dès 1992, elle n’est plus seule sur le terrain ; l’armée, les vétérans de la lutte de libération ainsi que les forces vives de la nation sont à ses côtés. La rupture entre elle et la société n’a pas été consommée comme le souhaitaient les ennemis de l’Algérie. Dirigée par un ancien du MALG, le colonel Ali Tounsi, jusqu’en 2010, la DGSN a connu une véritable métamorphose sur les plans structurel, logistique et opérationnel, durant la décennie rouge, et après le retour progressif de la paix et de la sérénité. A partir de 2004, la normalisation de la situation, qui a largement contribué à l’émergence de nouvelles préoccupations et de nouvelles attitudes sociales, a engendré de nouveaux défis liés principalement aux missions de maintien de l’ordre public, face auxquels la police a opposé un dispositif légal et républicain. Nommé en juillet 2010 à la tête de cette institution, le général-major Abdelghani Hamel a pris les choses en mains dans des circonstances exceptionnelles profondément marquées par l’assassinat d’Ali Tounsi. Vite, très vite, il a imposé son style et sa démarche : rigueur et discipline. En moins de deux ans, il a réussi à introduire graduellement son plan de modernisation et à insuffler un air de jeunesse dans un corps appelé plus que jamais à s’adapter à la nouvelle conjoncture. Son empreinte est désormais visible à travers l’ensemble de la structure policière.

Un homme au fait des enjeux et des défis
 Dans les commissariats, au niveau des points de contrôle, à l’intérieur et aux alentours des établissements publics, en ville, lors des manifestations publiques, le professionnalisme est toujours présent. Les rapports entre la police et les citoyens sont généralement empreints de civisme ; cela a même été remarqué lors de contestations sociales. Attendue au niveau de ce « virage » par les différentes associations et autres organisations non-gouvernementales des droits de l’Homme, la police algérienne a réussi à déjouer tous les plans des bookmakers du pire, en assurant le maintien de l’ordre et en enregistrant le minimum de « dégâts ». Elle est sortie « presque » indemne du face-à-face avec les émeutiers de Ghardaïa. Le général-major Abdelghani Hamel, qui connaît parfaitement cette région, a pesé de tout son poids et de son autorité, allant jusqu’à faire endurer à ses éléments de douloureuses épreuves, afin de préserver les vies humaines et les droits humains. Une position contraignante sur les plans physique et mental qui allait déboucher en octobre 2014 sur un mouvement de contestation qui avait mobilisé quelques dizaines de policiers à Ghardaïa. Il a fallu que le mouvement soit relayé à Alger pour que des dizaines d’interprétations, alliant savamment des bribes de vérité à des montagnes de contre-vérités, étouffent les véritables raisons liées aux conditions de travail, en ciblant personnellement le directeur général de la sûreté nationale. Des publications paraissant en France, dont l’une avait, à une certaine époque, évité l’asphyxie financière grâce à l’argent de la publicité « offerte » par des compagnies algériennes, montent sur le trapèze et risquent alors une marche dangereuse sur le fil de la manipulation. L’évènement est inédit et les médias nationaux et étrangers n’en réclamaient pas plus pour en faire un roman policier truffé d’intrigues, de luttes de clans et de mauvais coups. C’est la rançon due à la liberté d’expression, et le chef de la police algérienne a fait amende honorable, en la réglant « rubis sur l’ongle ». Nullement perturbé par le délire des uns et les extrapolations des autres, le DGSN est demeuré maître de la situation. En fin de compte, le dialogue a payé et aucune purge n’a été menée. Car, fidèle à son image d’homme consciencieux, le général-major Abdelghani Hamel ne s’est pas trop attardé sur le menu fretin de l’actualité. Il est vite allé au fond des choses pour comprendre le mécanisme déclencheur d’un tel malaise, et identifier le traitement indiqué. Un comportement qui démontre, on ne peut mieux, que la police algérienne est solidement attachée aux principes républicains et à la culture d’Etat, que les apprentis-sorciers ont occultés, au risque de paraitre ridicules, mais que certains journalistes algériens ont pleinement saisis dans toute leur dimension. A l’instar de ses prédécesseurs, Ahmed Draïa, El Hadi Khediri, M’hamed Tolba et Ali Tounsi, il s’est conformé à la loi et au règlement. Pour le reste, ce sont les avancées notables réalisées par la DGSN qui parlent en son nom.
 
M. M.



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