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N° 103 - Fev 2017

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Le Président Bouteflika a fait d’Alger métropole de la Méditerranée

Abdelkader Zoukh sur tous les fronts

Salim FAROUK

Alger, surnommée El Bahdja (la joyeuse) ou El Mahroussa (la bien-gardée) est une ville au charme incontestable dans le bassin méditerranéen, qui ne demande qu’à être encore plus mise en valeur, écrivait sur ces mêmes pages Marek Skolil, ambassadeur/chef de délégation de l’UE en Algérie. En effet, le processus de développement d’une ville est à la fois humain, social, urbain, culturel, économique et sécuritaire. D’autant que l’urbanisation est un indicateur sur l’état de développement de toute société. De par son histoire, son patrimoine architectural particulier et sa position stratégique en Méditerranée, la ville d’Alger recèle le potentiel d’une grande métropole à même de constituer un pôle de développement national et régional. Seconde ville en Méditerranée – après Barcelone – en termes de densité humaine, Alger a depuis l’indépendance du pays vu croître ses besoins et apparaître nombre de projets sans réelle cohérence ni vision prospective. Depuis l’indépendance, Alger est confrontée à une explosion démographique significative à laquelle il fallait répondre par la réalisation de très nombreuses infrastructures qui n’ont pas toujours le temps d’obéir à des critères de cohérence, de qualité et de pérennité, ayant abouti à des constructions inachevées desservies par des routes menant nulle part. Des quartiers d’habitation dépourvus d’espaces publics et de services de proximité. Le trafic automobile en plus de polluer l’environnement bloque le développement. Aussi, les pouvoirs publics sur orientation du Président Abdelaziz Bouteflika ont décidé de doter Alger, à l’instar des grandes métropoles, d’un plan stratégique porteur d’une vision d’ensemble proposant des solutions concrètes. Certes son approche est complexe et de longue haleine mais réalisable. C’est ainsi que des projets prioritaires ont été engagés. Destinés à transformer radicalement l’image d’Alger pour en faire un moteur de développement tertiaire de l’Algérie, ces projets sont l’essence même de ce projet d’ensemble à même de faire d’Alger une ville emblématique ouverte sur le monde qui se mue tout en restant elle-même. L’objectif est de faire d’Alger une ville jardin qui met en valeur toutes les potentialités de son site exceptionnel, faire d’Alger une ville de mobilité et de proximité pour que l’on se meuve avec aisance, faire d’Alger une ville sécurisée contre les risques naturels et technologiques, et sécurisante, faire d’Alger une ville compétitive attirant les investissements hors-hydrocarbures. Un objectif assujetti à la modernisation de la gouvernance.

Le Plan directeur d’aménagement et d’urbanisme
Pour ce faire, les pouvoirs publics ont d’abord concentré, dans une première étape et dans l’urgence les efforts en la matière sur trois axes : - éradication frontale de l’habitat précaire ; - réhabilitation des logements susceptibles de l’être ; - réalisation à un rythme soutenu et accéléré de logements neufs pour reloger les familles, à même de dégager les assiettes foncières susceptibles d’accueillir de nouveaux projets structurants. En outre, un Plan directeur d’aménagement et d’urbanisme de la ville d’Alger (PDAU) définissant le projet de la wilaya à l’horizon 2030 a été adopté. Couvrant le centre historique et la périphérie, l’aménagement de la baie, la politique de l’habitat et celle des nouvelles technologies de l’information et de la communication, cet instrument de gestion de l’espace répond à trois exigences. Une exigence de cohérence en fédérant les politiques sectorielles de l’Etat autour d’un projet de territoire où la synergie s’impose. Une exigence post-opérationnelle car l’aménagement d’Alger exige du temps. C’est pourquoi le PDAU s’organise autour de quatre échéances pour réaliser les projets (2015-2020, 2020-2025, 2025-2030, 2030-2035). Une exigence règlementaire ou le PDAU définit des normes efficaces et universelles pour une meilleure qualité. En effet, embellissement de la capitale, fin de l’aménagement de la baie, nouveaux centres urbain la requalification de la périphérie de la wilaya d’Alger sont les grandes lignes du Plan directeur d’aménagement et d’urbanisme de la ville d’Alger (PDAU). Aussi comprend-il 82 projets structurants fonctionnant comme un levier du développement harmonieux et durable du territoire stimulant un processus effectif de régénération des centres urbains. Le PDAU comprend aussi l’aménagement « des terrasses du port, le grand aquarium d’Alger, la réhabilitation du centre historique et de la Casbah, la création de nouveaux pôles d’habitat intégrés, des écoles professionnelles, des piscines, figurent aussi parmi ses projets urbains ». D’ores et déjà, le PDAU a permis la réalisation de plusieurs opérations (embellissements et aménagement d’Oued El Harrach, promenade des Sablettes, aménagements des espaces verts et les axes routiers emblématique, relogement des habitants des bidonvilles et éradication de ces habitations précaires). Le PDAU doit, à terme, permettre aux habitants de la capitale, un déplacement aisé et un transport structuré et efficace.

Un plan s’étalant à l’horizon 2035
Cette approche qui consiste à faire d’Alger un «hub» reliant le monde et l’Afrique à la Méditerranée se fixe pour objectifs de générer de nouvelles formes de richesse, d’attirer les investissements étrangers et d’offrir des espaces de services à même d’ancrer le statut de carrefour. Car la bataille du tertiaire en Algérie ne peut être vaincue qu’à Alger. Cette lutte peut aider à opérer la transition d’une économie basée sur les hydrocarbures vers une économie moderne ouverte sur le monde. En effet, la restructuration urbaine peut générer de nouvelles formes de richesses. C’est pourquoi la codification de l’utilisation de l’espace permettra l’aménagement d’une grande ville polycentrique qui cherche à désengorger l’hypercentralité en la répartissant vers de nouveaux centres urbains structurés et structurants. D’ailleurs, le PDAU comporte 27 projets structurants concernant l’habitat, la cohésion sociale et territoriale. Il comprend notamment le réseau routier fondamental appelé macro-maillage, le programme de réhabilitation du centre d’Alger et les différents pôles d’habitat intégrés. Les grandes étapes d’exécution du PDAU qui s’étale jusqu’à l’horizon 2035, sont définies comme suit:
La première étape qui a débuté en 2007 et s’étalera jusqu’à 2020 concerne l’embellissement de la capitale (plan stratégique du développement et d’embellissement de la wilaya d’Alger).
Entre 2020 et 2025 seront accomplis l’aménagement de la baie et les nouvelles polarités ou centralités urbaines.
Entre 2025 et 2030, l’accent sera mis sur la requalification de la périphérie, c’est-à-dire la réalisation de la cohérence et l’équilibre urbain entre les 57 communes de la wilaya d’Alger.
Enfin entre 2030 et 2035 sera accomplie la consolidation de tout le territoire, c’est-à-dire l’achèvement du grand projet et la consolidation urbaine.
Ainsi, ce plan accorde une attention particulière à l’idée du développement de l’Algérie hors de la manne pétrolière et gazière, ce qui implique le développement du secteur des services. Le quartier d’affaire de Bab Ezzouar, les universités réalisées (les facultés de médecine et de droit) et la transformation des quartiers qui les entourent constituent un bon exemple de ces ambitions.

Les grands projets structurants
La restructuration du tissu urbain de la capitale entre dans le cadre de la stratégie de développement d’Alger, qui comprend, entre autres, le plan d’aménagement de la baie d’Alger, qui vise à transformer la capitale en une « perle de la Méditerranée ». Cette stratégie entre dans le cadre d’une vision globale à très long terme destinée à restructurer, d’une manière progressive mais durable, la ville d’Alger. De la reconquête du front de mer au réaménagement de quelques quartiers, en passant par la structuration de la périphérie, le plan lumière, le macromaillage en transports en commun, le boulevard urbain, la ceinture des agriparcs et autres promenades, sont autant de projets structurants initiés à même de faire d’Alger une métropole méditerranéenne à l’instar des villes comme Marseille et Barcelone. Pour faire d’Alger l’écométropole de la Méditerranée, ville attractive agréable à vivre et fière de son identité, il est nécessaire de repenser les relations entre Alger et son port, d’ouvrir la ville sur la mer, reconquérir les espaces portuaires et recréer le lien entre la ville et la mer. Par ailleurs, le Plan bleu (mer propre, un trait de côte retrouvé), un plan vert (préserver le poumon forestier, valoriser les cœurs agricoles et rétablir un maillage vert) et le plan blanc feront d’Alger la ville des mobilités et des proximités. On ne peut évidemment parler de baie d’Alger sans évoquer oued El-Harrach. La nouvelle vision prévoit de structurer le nouveau centre de gravité de la métropole algéroise autour de son embouchure à travers des équipements prestigieux que sont la Grande-Mosquée, le musée d’Afrique, et pour bientôt l’aquarium d’Alger.

Alger, métropole sans bidonvilles
Tandis que l’opération d’éradication de l’habitat précaire se poursuit à Alger, une exposition, intitulée « Alger, première capitale africaine sans bidonvilles » a été organisée le 24 octobre 2016 au siège des Nations unies à New-York, en marge d’un évènement de haut niveau sur « Le nouvel agenda urbain et l’avenir des villes » , qui s’est tenu le 25 octobre 2016 à l’ONU et au cours duquel Abdelkader Zoukh, wali d’Alger, a animé une conférence sur les actions menées par la wilaya d’Alger pour l’éradication des bidonvilles. L’expérience de la wilaya d’Alger en matière de relogement était donc à l’honneur et ses actions présentées comme « une avancée historique dans la réalisation des objectifs de développement durable à l’horizon 2030 ».  Les chiffres sont positifs: le nombre global des familles relogées depuis le lancement des opérations de relogement en juillet 2014 a atteint près de 46.000 familles à la fin de la quatrième phase de la 21e opération de relogement qui a débuté en septembre 2016. Ainsi, par exemple, en octobre 2015,  «Erramli», l’un des plus grand bidonvilles de la capitale, situé dans la commune de Gué-de-Constantine a été évacué et 4500 familles ont été relogées. Cet effort d’éradication de l’habitat insalubre à travers des programmes de relogement massifs sera poursuivi jusqu’à la résorption totale du phénomène des bidonvilles vers la fin 2017. Pour ce faire, le ministère de l’Habitat mise sur l’accélération du rythme de réalisation de logements. Il aurait fallu construire près de 350 000 logements sur l’ensemble du territoire national au titre de l’année 2015 pour satisfaire cet objectif. Ce nombre important de logements réalisés est atteint en dépit du contexte économique difficile que traverse le pays qui a vu ses revenus pétroliers baisser de moitié. Toutefois, le programme du secteur de l’habitat, classé prioritaire dans le plan gouvernemental, n’a pas été touché par les nouvelles mesures budgétaires.

Une ville ouverte sur le monde
Le contexte moderne de mondialisation et de métropolisation, ainsi que sa position stratégique au sein du bassin méditerranéen occidental, ont imposé à la capitale algérienne la mise en place récente d’une conception de développement à même de devenir une ville ouverte sur le monde. Le grand intérêt que portent les organismes internationaux aux projets de développement de la ville d’Alger est encourageant et tout à fait normal.
S. .F



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