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N° 109 - Nov 2017

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Mustapha Guitouni l’affirme :

« L’Algérie n’importera plus de carburant à l’horizon 2020 »

Par Farid HOUALI



Pays producteur et exportateur de pétrole, l’Algérie importe, malheureusement, de nombreux produits dérivés du pétrole. Les carburants et produits pétroliers pèsent lourdement sur la facture à l’importation. De l’ordre de 2 milliards de dollars consentis annuellement, cette facture d’importation des produits raffinés (essence) pourrait bien s’avérer quelque peu salée, eu égard au contexte d’amenuisement de la finance publique provoqué par la chute des prix du pétrole, mais aussi compte tenu de l’orientation des pouvoirs publics où la réduction des importations est l’un des objectifs inscrits en première ligne porte justement sur la réduction des importations. Une tendance qui devrait être rectifiée à l’horizon 2020 à la faveur de la réhabilitation de la raffinerie d’Alger, dont le date de réception est prévue pour octobre 2018, qui devrait permettre d’augmenter de 35% les capacités de raffinage de cette unité laquelle avait traité 2,8 millions de tonnes (Mt) par an d’hydrocarbures en 2014, comme l’a affirmé Mustapha Guitouni, ministre de l’Énergie, à l’occasion de sa visite d’inspection et de travail dans la wilaya d’Alger. Au cours de cette sortie, le premier responsable du secteur de l’Energie, accompagné de Abdelkader Zoukh, wali d’Alger, du PDG de la Sonatrach ainsi que des cadres de son département ministériel, a précisé que l’Algérie produit actuellement 11,5 millions de tonnes (Mt) par an de carburants, contre une consommation globale de 15 Mt/an, alors que le déficit (3,5 Mt/an) est comblé par l’importation pour un montant de deux (2) milliards de dollars/an. Le ministre de l’Énergie a ajouté que la consommation nationale en carburants avait connu une augmentation annuelle de 7% ces dix dernières années, un accroissement induit à la fois par l’amélioration du pouvoir d’achat des citoyens, l’augmentation du parc automobile national ainsi que les prix bas des carburants. Pour répondre à cette demande en hausse continue, l’État a alors décidé de la réalisation de deux autres nouvelles raffineries à Hassi Messaoud (5 mt/an) et Tiaret (5 mt/an) dont la réception est prévue pour 2020. Selon le ministre, les capacités globales de raffinage de l’Algérie devront être portées à 40 mt/an à l’horizon 2021 à la faveur de la réalisation de nouvelles raffineries et de la réhabilitation de celle d’Alger. Sur ce point, le ministre de l’Énergie assuré que l’Algérie serait autosuffisante en carburants et pourrait même exporter à partir de 2020, soit après l’entrée en service des nouvelles raffineries. Le ministre a également évoqué un « ambitieux programme » d’augmentation des capacités de stockage des carburants, permettant de passer d’environ 7.000 m3/an stockés annuellement à environs 2 millions m3/an en 2020, soit une période d’autosuffisance de 30 jours au lieu de 12 jours actuellement. Lors de sa visite, Mustapha Guitouni, a, par ailleurs, inauguré quatre postes électriques au niveau de Bordj El Kiffan (60/30 KV), de la nouvelle ville de Sidi Abdallah (60/30 KV), d’Ain Benian (220/60 KV) et de Staoueli (60/30KV). Toujours dans la commune de Aïn Benian, le ministre de l’Energie s’est rendu sur les lieux du lancement des travaux de renforcement de l’alimentation en gaz naturel. Ces travaux devraient permettre d’alimenter en gaz naturel de nombreux foyers et de garantir un réseau fiable sans aucune dégradation. « La réception doit impérativement être assurée en octobre 2017 », a insisté le ministre. 

Le raffinage doit se faire en Algérie
A la raffinerie de Sidi R’Zine (Baraki), le ministre de l’Energie n’a pas caché son mécontentement quant au taux d’avancement des travaux qui ne dépassent pas les 80%. « Le projet n’avance pas au rythme souhaité. Il n’est pas normal que le projet dont il est question, mis en chantier en 2009, n’ait pas encore été achevé », a déploré le ministre. A cet effet, s’adressant au P-DG de la Sonatrach notamment, Mustapha Guitouni a exigé un suivi «particulier » du chantier à la traîne depuis 2010 déjà. « Quelle que soit la raison, un chantier de cette envergure ne devrait en aucun cas être à l’arrêt. », a recommandé le ministre, qui a soutenu que  toute les contraintes, soulevées auparavant, notamment le manque du personnel, devraient être prises en charge sur le terrain car les difficultés de réalisation doivent être réglées sur place mais pas après cumul. «. Je demande à ce qu’il y ait une cellule de suivi 24/24 au niveau de la raffinerie. Il faudrait qu’on arrête d’importer », a-t-il insisté. D’ailleurs, le mécontentement quant au grand retard pris dans la réalisation de la raffinerie d’Alger, « un ouvrage stratégique pour l’Algérie » s’est vite traduit par la décision prise par Abdelmoumen Ould Kaddour, P-DG de Sonatrach, de relever de ses fonctions le chef du projet chargé de la rénovation de ladite raffinerie pétrolière. Dans le même cadre, le ministre de l’Énergie a exhorté la société chinoise, chargée des travaux de réhabilitation et d’extension de ladite raffinerie pétrolière, d’accélérer les travaux et de renforcer ses effectifs pour réaliser le projet dans les délais impartis. « C’est un projet national stratégique pour l’Algérie. Les délais de réalisation doivent donc être respectés. Faute de quoi, les pénalités de retard prévues dans le contrat seront appliquées », a insisté le ministre en s’adressant aux responsables de la société China petroleum Engineering and construction (CPECC). Outre l’objectif de satisfaire le marché national en matière de dérivés d’hydrocarbures, le lancement des activités de raffinage aura sans doute son impact en matière de valeur ajoutée à l’économie nationale, de création de richesse et d’emploi. C’est un pas de plus vers l’autosuffisance énergétique, l’accroissement des capacités de raffinage, l’augmentation des revenus pétroliers et la construction d’un hub énergétique. Depuis l’année dernière, l’Algérie ne cesse d’investir dans la mise à niveau de ses installations de production ainsi que ses périmètres de pétrole et de gaz. C’est le seul pays africain qui maintient un rythme croissant d’investissements depuis le début de la chute des prix du pétrole.

La maintenance de A jusqu’à Z
Outre la visite du projet de raffinerie d’Alger, le ministre s’est également rendu au centre de maintenance des aéronefs de la compagnie aérienne nationale Tassili Airlines (filiale de Sonatrach). Filiale à 100% de Sonatrach, Tassili Airlines dispose de moyens humains et matériels pour développer une maintenance aéronautique répondant aux normes internationales à travers son centre de maintenance, situé à Dar El Beida (Alger). Ce centre, réceptionné en 2010, par la compagnie aérienne TAL, regroupe une centaine d’ingénieurs et de techniciens supérieurs en aéronautique, formés en Algérie. Il permet d’assurer la maintenance en engineering, d’une flotte composée de 12 aéronefs dont la capacité va de 37 à 155 sièges. A l’occasion, le ministre de l’Énergie a appelé les responsables de TAL à « coopérer avec la compagnie Air Algérie pour un échange d’expériences », en relevant, par ailleurs, l’obligation de Tassili Airlines de conquérir le marché africain. Tassili Airlines a été créée en mars 1998. La compagnie concentre l’essentiel de ses activités au profit du secteur pétrolier en opérant des charters et navettes aussi bien en domestique qu’en international. Les activités principales de Tassili Airlines sont les vols charters pour la société pétrolière Sonatrach et ses filiales, les compagnies pétrolières internationales et le travail aérien à travers sa filiale « Tassili Travail Aérien ». Plus récemment, Tassili Airlines a étendu son réseau au service du grand public pour des vols charters internationaux et le transport régulier national et international.
 F. H.



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