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N° 108 - Oct 2017

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Le Président Bouteflika nomme Ahmed Ouyahia à la tête du gouvernement

Le retour de l’homme de la situation

Par Tahar MANSOUR



Nommé par le président de la République Abdelaziz Bouteflika au poste de Premier ministre, Ahmed Ouyahia est chargé de mettre en œuvre une feuille de route qui permettrait à l’Algérie de redéployer son économie vers d’autres sources et sortir de la crise actuelle causée par l’effondrement des prix du pétrole qui constituent 98% des recettes de l’Algérie. Il doit dans ce cadre inciter et aider les entreprises nationales, publiques, privées ou mixtes, à se développer afin de réduire les importations et se tourner vers l’exportation hors hydrocarbures, seule garante de l’indépendance économique du pays.
« C’est à cette fin que le Conseil des ministres a adopté en août 2016 une démarche budgétaire destinée à restaurer, à moyen terme, l’équilibre des finances publiques. Devant le Conseil des ministres réuni en juin 2017, le président de la République a confirmé au Gouvernement la nécessité de poursuivre la démarche de rationalisation des dépenses budgétaires », est-il souligné dans le plan d’action mis en ligne sur le site web officiel du Premier ministre. Se référant aux instructions du chef de l’Etat, notamment celles émises lors du Conseil des ministres en août 2016, prohibant tout recours à l’endettement extérieur, le gouvernement Ahmed Ouyahia veut promouvoir à titre exceptionnel des financements internes non conventionnels, qui pourraient être mobilisés pendant une période de transition financière. S’agissant du financement non conventionnel, Ahmed Ouyahia a estimé que les puissances occidentales ont eu recours à ce type de financement, qui consiste pour le Trésor public à emprunter directement auprès de la Banque centrale, afin de permettre aux pouvoirs publics d’éviter un effondrement de l’économie et de maintenir la dynamique de la croissance. L’introduction du financement non conventionnel est prévue dans le projet de Loi portant amendement de la loi sur la monnaie et le crédit adopté par le Conseil des ministres. «Le financement non conventionnel sera mis en œuvre à titre exceptionnel, pour une période transitoire de cinq années, et permettra au Trésor d’emprunter directement auprès de la Banque d’Algérie, pour faire face au déficit budgétaire, convertir certaines de ces dettes contractées auprès de Banques ou d’entreprises publiques, et alimenter le Fonds national de l’investissement de sorte qu’il puisse concourir au développement économique», lit-on dans le document. Ainsi, le Premier ministre se donne un délai de cinq ans pour rétablir l’équilibre budgétaire. L’objectif est d’assurer la soutenabilité de la dépense publique, de réformer la gestion de la dépense publique, d’assurer une répartition équitable des transferts sociaux au bénéfice de la population, de stimuler l’activité économique et de restaurer, à moyen terme, l’équilibre du budget de l’Etat. D’ailleurs, le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a, d’ores et déjà, adressé une instruction à tous les membres du gouvernement, aux walis et à l’ensemble des groupes industriels leur demandant de veiller à l’application de la disposition relative à la préférence nationale dans les commandes publiques.

L’urgence des réformes économiques
La réforme de l’économie nationale est le premier objectif auquel devra s’atteler le gouvernement Ahmed Ouyahia afin de sortir le pays de la crise qu’il traverse depuis la chute des prix du pétrole en avril 2014. Une urgence réaffirmé par le Premier ministre Ahmed Ouyahia lors de la rencontre préparatoire de la tripartite. En effet, il prévoit une catastrophe économique car : « Si nous consommons 25 milliards de dollars durant les trois prochaines années, il ne restera rien dans les caisses en 2020 », a-t-il averti, tenant là un discours nouveau pour tous, réaliste et franc. Dans ce cadre, le Premier ministre a tenu à associer tout le patronat national afin de booster l’économie nationale hors hydrocarbures et d’essayer de la sauver d’une sombre perspective. Ainsi, le Plan d’action comporte une série de mesures portant sur la réforme du système de financement des projets d’investissements pour le rendre plus apte à la mise en œuvre d’une redirection salvatrice de l’économie nationale. Cette réforme ne pourra être efficiente qu’avec une autre réforme, celle du système bancaire afin d’encourager la création rapide de petites et moyennes entreprises dans le but de dynamiser les secteurs producteurs de richesses et de plus-value tout en évitant le recours massif à l’importation. Toujours dans le même objectif, le Plan prévoit l’encadrement des investissements pour les diriger vers les secteurs clés de l’économie nationale, comme l’agro-alimentaire et la transformation des produits énergétiques et miniers. La production locale de nombreuses pièces est aussi visée afin d’augmenter le taux d’intégration des véhicules assemblés en Algérie, avec toujours comme corollaire la réduction des factures d’importation.
Adopté en Conseil des ministres du 6 septembre 2017 sous la présidence du Président Abdelaziz Bouteflika, le Plan d’Action du premier ministre Ahmed Ouyahia se veut dans la continuité du programme du Président Bouteflika et s’emploiera à asseoir une économie diversifiée en tenant compte de la conjoncture actuelle, très difficile financièrement, et des engagements du Président quant à la politique sociale du pays. Depuis sa prise de fonction, Ahmed Ouyahia ne cesse de répéter que les acquis sociaux des citoyens ne seront en aucune façon touchés mais que le gouvernement recherchera des sources de financement diversifiées pour répondre aux besoins d’investissements, de programmes sociaux et de sortie de crise.
C’est dans ce sens que le plan d’action du gouvernement, se basant sur le programme du Président et sur le nouveau modèle de croissance adopté par le conseil des ministres en juillet 2016, comporte les actions à entreprendre :

Sécurité, stabilité et unité du pays
Devant les dangers menaçant l’Algérie de toutes parts, l’instabilité aux frontières, la forte baisse des recettes pétrolières, les flux migratoires qui influent sur la paix intérieure et les tentatives de déstabilisation visant notre pays, Ahmed Ouyahia a préféré commencer l’énoncé de son plan d’action par la préservation de cette triptyque, condition sine qua none de l’engagement des autres mesures, politiques, économiques, sociales. Dans les faits, le Plan tend à consolider la démocratie par l’organisation d’élections locales dans les meilleures conditions et dans la transparence totale. Le volet promotion de l’Etat de droit et de la bonne gouvernance est aussi pris en charge par la poursuite de la mise en place des réformes déjà engagées ou en voie de l’être. C’est toute la vie nationale qui est concernée par ces mesures tendant à l’amélioration des conditions de vie des citoyens dans tous les domaines.
La consolidation de la démocratie se poursuivra aussi par la mise en œuvre des lois induites par les nouvelles dispositions constitutionnelles contenues dans le texte portant révision de la constitution, par la promotion des droits de l’homme, le renforcement de la démocratie pluraliste, la poursuite de la réforme de la justice et la consolidation du droit à l’information et de la liberté de la presse par la promotion et l’amélioration de la régulation de l’espace médiatique national dans toutes ses composantes. Le gouvernement devrait mettre en œuvre une loi qui préservera le droit des citoyens à l’information en permettant aux médias d’obtenir les informations, les documents, les statistiques mais dans le respect de la déontologie, de la vie privée, des droits d’autrui, des intérêts des entreprises et des exigences de la sécurité nationale.
Alors que la loi organique relative aux partis politiques sera aussi révisée afin de l’adapter à l’esprit et à la lettre de la Constitution révisée, le gouvernement mettra en application les nouvelles dispositions constitutionnelles à travers des lois concernant notamment la protection des données à caractère personnel, le droit à l’obtention d’informations, aux réunions, aux manifestations publiques, aux expropriations pour utilité publique, et aux conditions de saisine du Conseil constitutionnel d’une inconstitutionnalité d’une loi.
Les droits de l’homme sont aussi au menu du Plan d’action du gouvernement qui se chargera de la promotion continue des droits de l’homme, en fournissant son soutien et sa collaboration au Conseil national des droits de l’Homme dans ses missions d’alerte précoce, ses investigations en cas d’atteinte à ces droits et la sensibilisation de la société.
Toujours dans le cadre de la consécration de l’Etat de droit, le gouvernement poursuivra les réformes destinées à l’amélioration de la gouvernance territoriale et administrative en renforçant notamment la décentralisation dans tous les domaines de la puissance publique, en procédant à la révision du code communal et de wilaya pour le renforcement des pouvoirs locaux et la clarification de leurs compétences en plus du lancement de l’intercommunalité. Il y aura aussi la promotion du rôle économique des collectivités locales en les dotant des instruments à même de les aider à promouvoir l’investissement sur leurs territoires.

Intensification de la croissance
Ce sont aussi les directives du président de la République qui insiste sur ce sujet par l’amélioration du climat des affaires grâce à des facilités plus grandes et à la levée des contraintes bureaucratiques qui minaient toute approche économique fiable et empêchent le lancement d’investissements qui auraient pu éviter à l’Algérie la crise financière dans laquelle elle se débat depuis 2014. Cette intensification de la croissance se fera aussi grâce à la promotion de l’investissement étatique, mixte et privé dans tous les secteurs, au soutien au développement agricole et rural en général et à la valorisation du développement local (petite et moyenne entreprise entre autres).
Dans le but de faire face de manière transitoire à la crise financière qui frappe le pays, le financement interne non conventionnel sera autorisé pour une période de cinq années et permettra donc au Trésor public d’emprunter directement auprès de la Banque d’Algérie pour faire face au déficit budgétaire, convertir certaines de ses dettes et alimenter le Fonds national d’investissement pour qu’il puisse concourir au développement économique et à l’intensification de la croissance prônée par le Plan d’action.
En parallèle à ce financement non conventionnel, le gouvernement œuvrera à la rationalisation des dépenses publiques pour restaurer l’équilibre budgétaire dans un délai de cinq années. Dans cette optique, le redressement des finances publiques auquel tend le gouvernement aura pour principaux objectifs d’assurer la soutenabilité de la dépense publique, de réformer la gestion de cette dernière, de répartir équitablement les transferts sociaux au bénéfice de la population et de stimuler l’activité économique.
Une réforme de l’administration fiscale est aussi envisagée avec une amélioration des recouvrements des recettes locales. Afin d’arriver à une rationalisation des dépenses publiques, le Plan d’action prévoit trois axes : la maîtrise de la dépense publique, l’amélioration de la collecte des ressources fiscales ordinaires et l’amélioration de la gestion du domaine public de l’Etat.
Concernant le recours au financement non conventionnel qui n’est prévu que pour une période transitoire de cinq années, il sera destiné exclusivement au budget d’investissement qui devra « répondre rationnellement aux besoins du développement humain, à la réalisation des infrastructures et à l’accompagnement du développement et de la croissance ».
Enfin, une réforme du système bancaire devrait être menée en passant par l’adaptation du cadre législatif et réglementaires le régissant, en poursuivant la modernisation du système de paiement, en renforçant les systèmes d’information des banques, en réduisant les délais d’examen des dossiers de crédit et en optant pour une dynamisation accrue du marché du crédit.

Poursuite de la politique sociale de l’Etat
Le plan du gouvernement adopté par le conseil des ministres prévoit aussi la poursuite de la politique sociale de l’Etat qui se traduit par la réforme du système éducatif et de formation, réforme déjà engagée sur le terrain et qui sera maintenue dans le même sens, la poursuite aussi de la réforme du système de santé pour le rendre plus performant. La résorption du déficit en logements (sociaux et autres) est un autre objectif contenu dans le plan d’actions du gouvernement ainsi que l’amélioration du cadre de vie des citoyens dans tous ses secteurs. La promotion de l’emploi, la jeunesse et la culture bénéficieront d’une attention particulière de la part du gouvernement qui veillera à la mise en place d’une politique claire et efficiente dans ce sens. Tout cela sans oublier la justice sociale et la solidarité nationale envers toutes les couches démunies ou celle aux besoins spécifiques qui font partie intégrante du plan d’action du gouvernement.
Mise en place d’une communication dynamique
C’est là aussi une instruction ferme du Président Bouteflika qui a exhorté tous les membres du gouvernement à utiliser une communication dynamique claire pour expliquer le sens véritables des réformes qui seront engagées dans tous les domaines et y faire adhérer la société pour atteindre les objectifs tracés, « surtout en cette phase où le pays est confronté à de nombreux défis ».
Ainsi, et à la lecture du contenu du Plan d’action du gouvernement ainsi que des directives du président de la République, il ressort que l’Algérie traverse une période financièrement difficile qui oblige tous les Algériens à se serrer les coudes et aux responsables à tous les niveaux d’engager des actions concrètes afin de réorienter l’économie nationale vers une nouvelle direction basée sur la création de biens et services hors hydrocarbures en privilégiant la création de petites et moyennes industries et en investissant dans les secteurs porteurs de richesses.
Plusieurs réformes seront engagées, surtout dans le secteur des finances, afin de l’adapter à la nouvelle donne économique où il est nécessaire d’éviter les arcanes de la bureaucratie bancaire qui décourage toutes les volontés d’investissements de quelque nature qu’ils soient.
Il y a aussi le volet social qui ne saurait être délaissé car il est garant de la paix intérieure et de la participation active de toutes les couches de la population à l’édification d’une économie alternative qui sortirait le pays de sa dépendance vis-à-vis des hydrocarbures, sources de revenus devant disparaître dans un proche avenir.
Enfin, et comme l’a fait remarquer le Président de la République, la communication doit être de mise car elle permet à tous de comprendre et d’adopter les mesures, toutes les mesures, qui viendraient à être prises par le gouvernement, toujours pour le plus grand bien de la Nation algérienne.
T. M.

Ministère de l’Industrie et des Mines :  confié à Youcef Yousfi en remplacement de Mahdjoub Bedda. C’est un comeback qu’a effectué Youcef Yousfi qui a déjà occupé le même poste à plusieurs reprises entre les années 1997 et 2015 alors qu’entre 1999 et 2000 il a été ministre des Affaires étrangères. D’août 2000 à mai 2001, Youcef Yousfi a été ministre délégué auprès du chef du gouvernement et a assuré l’intérim du Premier ministère de mars à avril 2014.

Ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville : échoit à Abdelwahid Temmar en remplacement de Youcef Chorfa. M. Temmar se retrouve dans son élément puisqu’il a été Directeur de l’Urbanisme de la wilaya d’Oran puis au niveau du ministère de l’Habitat. Juste avant sa nomination à ce poste, M. Temmar était wali de Mostaganem.


Ministère du Commerce : c’est Mohamed Benmeradi qui remplace Mohamed Saci au poste de premier responsable de ce ministère très sensible qui touche directement à la vie des citoyens et de la Nation. M. Benmeradi a fait partie de plusieurs gouvernements en qualité de ministre après avoir occupé le poste de Directeur général du domaine national. Il a été ministre de l’industrie, de la PME et de la Promotion de l’investissement en mai 2010 puis, en septembre 2012, il est ministre du Tourisme et de l’Artisanat.



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