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N° 114 - Juin 2018

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Pr Tahar Hadjar, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique

« Plus de 40 000 startups seront créées »

Par Tahar MANSOUR



La vocation première de l’université demeure la mise à disposition du secteur socioéconomique et de l’administration des compétences de haut niveau nécessaires à leur bonne marche et à leur développement, tout en participant à la mise en valeur des résultats de la recherche scientifique qui répond à leurs besoins et à leur demande en matière de développement. Dans ce contexte, le Pr Tahar Hadjar, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, estime, lors de son intervention à l’occasion de l’ouverture de la Conférence nationale des universités organisée au niveau du Centre de recherche en anthropologie culturelle (Crasc) d’Oran en présence du Dr AbdelhafidAourag, directeur général de la recherche scientifique et du développement technologique, des recteurs des universités et des cadres du secteur, qu’il faudrait à l’université intégrer cette relation parmi ses missions prioritaires en instaurant des ponts relationnels dans les deux sens. Grâce à cette relation exceptionnelle entre l’université et son environnement socioéconomique, les deux partenaires sont gagnants, l’université en offrant à ses étudiants diplômés des postes de travail en adéquation avec leur formation, les entreprises en bénéficiant d’un encadrement de haut niveau formé selon les besoins exprimés et participant donc au développement rapide de l’entreprise. « Le partenariat que nous mettons en place entre l’université et le secteur socioéconomique englobe la formation primaire, la formation continue, la formation alternative et l’offre de services et de conseils. Elle pourra aussi comprendre la recherche-développement (R&D), le transfert technologique ainsi que la création d’entreprises et le soutien à l’investissement créatif », a conclu le ministre.

Entreprenariat et startup, une nécessité absolue
Le Pr Tahar Hadjar a tenu à mettre en place l’entreprenariat en tant qu’activité aux côtés de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique au sein d’une opération interactive avec le monde socioéconomique et culturel. Afin d’y arriver, il est préconisé de mettre impérativement en place un environnement propice à la création et à l’entreprenariat par le biais d’incubateurs, de startups et de plateformes technologiques tout en veillant à la mise en place d’un système informatique chargé de la diffusion des informations et des documents et de leurs échanges. Dans ce cadre, il annonce un programme gouvernemental visant à la création de 40 000 startups durant les années 2017 et 2018. Ce programme constitue une chance pour tous les établissements universitaires qui doivent en profiter en créant des incubateurs tout en permettant aux diplômés des universités de créer leurs propres entreprises. D’autant, a-t-il souligné, que l’intégration de l’entrepreneuriat comme activité universitaire, tout comme l’enseignement et la recherche, est aujourd’hui une nécessité. « «Il est impératif d’introduire l’entreprenariat à l’université à côté de l’enseignement et de la recherche dans le cadre d’une interaction avec l’environnement social, économique et culturel», a insisté le ministre tout en ajoutant que le programme gouvernemental a pour objectif de booster l’économie nationale en vue de réaliser des moyennes de croissance supérieures en s’appuyant sur les ressources humaines et financières disponibles au niveau national.

Près de 1,7 millions d’étudiants
Evaluer la rentrée universitaire de l’année 2017/2018, évaluer les travaux réalisés par la recherche scientifique, présenter le bilan de l’enseignement supérieur et évaluer la relation entre les établissements d’enseignement supérieur et les entreprises économiques sont les principaux objectifs de la Conférence nationale des universités organisée le 29 octobre 2017 au CRASC (Oran)
Lors de la présentation du bilan de la rentrée universitaire 2017/2018, Pr Hadjar a indiqué que l’université algérienne a accueilli cette année 32900 nouveaux bacheliers, portant ainsi le nombre total d’étudiants à près de 1,7 millions. Ce nombre très important a pu être atteint grâce à la réception de 37000 nouvelles places pédagogiques sur les 80 000 prévues, portant ainsi le nombre total à 1 400 000 à travers le territoire national. L’hébergement n’est pas en reste puisqu’il a atteint 700 000 lits, après la réception dernièrement de 22 000 unités sur les 45 000 prévues. L’encadrement a été porté à plus de 60 000 professeurs dont 20% sont de grade magistral, 2836 ayant été recrutés cette année.

Une numérisation globale de tous les actes de gestion
Abordant le volet des inscriptions des nouveaux étudiants, Pr Hadjar a annoncé, lors de son discours inaugural, que 66% ont été orientés vers leur premier choix alors que 96,98% l’ont été vers au moins l’un des quatre choix portés sur leurs fiches. Ce bilan positif est le résultat de l’utilisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) par le biais de la plateforme Progress qui a concerné cette année, et pour la première fois, des étudiants étrangers. Le ministre a insisté sur la généralisation de ces procédés qui ont permis l’inscription à distance avec tout ce que cela laisse supposer comme déplacements, lenteur, perte de temps, etc. La recommandation de généralisation du système numérique revenait d’ailleurs comme un leitmotiv dans le discours du ministre. L’utilisation des NTIC a aussi permis une centralisation salvatrice des données au niveau du ministère mais « c’est juste une centralisation des données et non de la décision qui reste du ressort des établissements universitaires pour des raisons pratiques », a précisé le ministre. Mais « nous savons tous que la numérisation du système d’orientation et d’inscription demeure très complexe pour l’enseignement supérieur, donc, nous ne doutons pas, malgré les résultats positifs que nous avons atteints, que notre système a encore besoin d’améliorations et de corrections constantes pour essayer d’atteindre les objectifs tracés. Pour ce faire, nous avons préconisé et tenu nombre de rencontres périodiques régionales et nationales », a aussi annoncé le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Toujours dans le même cadre, Pr Hadjar a instruit les recteurs et responsables des établissements d’enseignement supérieur à continuer la numérisation de tous les actes de gestion, comme le suivi du cursus des étudiants, de la carrière professionnelle et scientifique des enseignants chercheurs, la gestion administrative et financière, ainsi que de la gestion des projets de recherche et des œuvres universitaires. Il a aussi demandé à tous les dirigeants des établissements d’enseignement supérieur et des œuvres universitaires de prendre toutes les dispositions afin de former le personnel nécessaire à la mise en œuvre des différentes plateformes numériques.
Pour ce qui est des changements d’universités pour diverses raisons, il a été enregistré plus de 20 000 demandes qui ont été traitées en un laps de temps assez court mais  « il faut différencier une demande de changement d’une université à une autre et une demande de changement de filière qui est assimilée à une nouvelle inscription », a aussi tenu à préciser Pr Tahar Hadjar.

Activités culturelles et sportives
Après avoir constaté une nette reprise des activités culturelles et sportives du monde estudiantin depuis l’année écoulée, avec la tenue de nombreuses manifestations à travers le territoire national consistant en des compétitions sportives, échanges culturels, de tourisme, des universités d’été, Pr Hadjar a rappelé qu’un nombre important d’étudiants en a bénéficié, ce qui a raffermi les liens de fraternité entre les étudiants des différentes régions. Ces rencontres ont aussi un impact positif sur la vie en commun et renforcent le sentiment d’appartenance à la nation algérienne. Il a donc exhorté les responsables des universités et des œuvres universitaires, au vu de ces résultats, à continuer sur la même lancée, tout en donnant l’importance qu’il faut aux activités créatrices et aux talents des étudiants. Il leur a aussi demandé de veiller à une utilisation optimale de toutes les infrastructures culturelles et sportives dont ils disposent et même signer des conventions avec les autres secteurs afin que les étudiants puissent utiliser leurs infrastructures.Pour rappel, les recteurs et directeurs des établissements universitaires avaient reçu, au courant de l’année dernière, une note du ministère de tutelle pour la création d’un championnat universitaire national mais  « aucun recteur n’a, selon ma connaissance, pris cette initiative à ce jour, et la question reste posée », a fait remarquer le ministre.
Une conférence nationale des œuvres universitaires
Dans le même sillage, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a annoncé la tenue, au début de l’année 2018, d’une conférence nationale sur les œuvres universitaires tendant à l’amélioration des œuvres offertes aux étudiants et à la promotion de la vie estudiantine dans le milieu universitaire. Cette conférence permettra d’engager des réformes profondes pour enraciner la notion de service public de cette institution.

Signature d’une convention entre le Cerist et l’OPU
En marge de la Conférence nationale des universités, une convention a été signée entre le Cerist et l’OPU pour la création d’une bibliothèque numérique qui pourra être consultée en ligne par les étudiants et comportera tous les titres dont ils auront besoin pour leurs recherches et leurs mémoires. Cette bibliothèque pourra être consultée gratuitement par les étudiants pour les deux derniers mois de l’année en cours (novembre et décembre). Une convention sera signée à partir de 2018 pour les modalités d’inscription.

Le dialogue, comme meilleure issue de sortie de crise
A la fin de son intervention, le ministre a appelé les recteurs et les responsables des différents établissements sous tutelle à privilégier le dialogue avec tous les partenaires sociaux afin de régler tous les différends qui viendraient interférer sur la bonne marche de l’institution universitaire. 
  T. M.



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