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N° 118 - Dec 2018

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Dans l’objectif de la refonte du développement local

Les walis appelés à s’impliquer d'avantage

Par Farid HOUALI



L’élaboration d’une nouvelle vision économique et la modification des modes de fonctionnement et de régulation constituent « un défi à relever » pour les pouvoirs publics, compte tenu de la conjoncture actuelle marquée par une baisse continue des cours du pétrole. Dans son allocution prononcée à la clôture des travaux de la rencontre gouvernement-wali, le 29 novembre dernier, le Premier ministre Ahmed Ouyahia a été aussi clair que précis à ce propos estimant que l’aboutissement des efforts de l’Etat relatifs à la rationalisation de ses dépenses reposait sur l’efficacité de la gestion des programmes de développement au niveau local d’une valeur globale de 13 500 milliards de dinars, en évitant les retards qui induisent la réévaluation. «Si nous voulons maîtriser les situations financières et promouvoir la rationalisation des dépenses, j’appelle les walis au même titre que les ministres à se contenter actuellement de la mise en œuvre de ce qui est inscrit et à veiller à l’appliquer au meilleur rythme», a insisté Ahmed Ouyahia qui a fait savoir que la loi de finances 2019 prévoit un montant de 500 milliards de dinars consacrés à la réévaluation des projets en raison du retard cumulé dans les projets. Aussi, a-t-il plaidé pour la prise en charge de la maintenance des structures et des infrastructures réalisées dans le cadre des programmes de développement quinquennaux. «Il est attendu de vous à titre d’exemple de visiter les hôpitaux qui souvent manquent de quelques équipements. Avec ce petit effort mais substantiel, nous pouvons améliorer l’exploitation des structures publiques et répondre aux aspirations des citoyens», a poursuivi le Premier ministre qui a estimé nécessaire d’exploiter les clauses des marchés publics pour réduire les coûts des offres des entreprises en charge des projets publics. « Il était inadmissible de réduire les prix des matières premières comme le ciment et le rond à béton alors que les coûts des contrats demeuraient en leur état », a souligné le Premier ministre précisant que « nous devons être convaincus que notre destin à tous en tant qu’Etat, gouvernement, entrepreneurs est commun. Nous devons être solidaires les uns les autres pour préserver les deniers publics». Aussi « les walis sont invités à proposer des programmes locaux qui s’intéressent aux préoccupations quotidiennes du citoyen et assurent d’importants projets à l’image des chemins communaux et des infrastructures sportives, culturelles et approximatives», a soutenu le Premier ministre. Á ce propos, le Premier ministre a affirmé que cette démarche était traduite par les affectations des programmes du développement local de 60 à 100 milliards de dinars. Aussi, il a appelé à formuler des propositions relatives aux projets de développement destinés aux wilayas du Sud, des Hauts-Plateaux et de la bande frontalière, lesquelles nécessitent davantage d’efforts eu égard à leurs spécificités géographiques et aux enjeux stratégiques. Le Premier ministre a mis l’accent, également, sur le rôle des walis dans la promotion des investissements en promouvant le potentiel économique que recèle chaque wilaya et éliminant tout obstacle bureaucratique entravant les projets d’investissements, faisant savoir que l’Etat a décidé de transférer la gestion d’investissements aux walis en ce qui concerne les projets dont la valeur ne dépasse pas les 10 milliards de dinars tout en les chargeant, aussi, de la réalisation des zones industrielles et de la gestion du foncier industriel.

Du développement local en question
Evoquant la croissance démographique, le Premier ministre Ahmed Ouyahia a affirmé que l’augmentation du nombre des habitants en Algérie d’un million d’habitant/an requérait le déploiement davantage d’efforts pour assurer les conditions de scolarisation, d’emploi des jeunes et de promotion du logement rural. Au sujet de la scolarisation, le Premier ministre a annoncé la poursuite du dégel des projets de réalisation des écoles outre l’interdiction de construction des cités sans structures scolaires.
Quant à l’emploi, il a exhorté les walis à faciliter le lancement des projets des jeunes en consacrant des espaces pour leurs investissements au niveau des zones industrielles en cours de réalisation. Concernant le logement, Ahmed Ouyahia a mis l’accent sur l’impératif d’orienter la densité démographique, concentrée actuellement au niveau des villes (70%), vers les régions rurales notamment à travers la promotion du logement rural. Aussi, a-t-il appelé à afficher davantage d’intérêt à l’urbanisme tout en recourant aux promoteurs immobiliers privés dans la réalisation des projets de logement. «Nous devons être disposés psychologiquement pour traiter avec les promoteurs privés de la même manière que nous traitons avec les entreprises publiques pour leur permettre de réaliser des projets avec un cahier des charges, des facilitations et un prix acceptable».

Les TIC, l’agriculture et l’industrie au service du développement local
Plusieurs ministres se sont succédé, à l’ouverture des travaux de la rencontre gouvernement-walis, pour mettre en exergue les actions entreprises et le nouveau modèle de croissance économique pour une meilleure gouvernance. Dans sa communication lors de la rencontre, la ministre de la Poste et des TIC a exhorté les walis à participer à la «couverture immédiate» des nouveaux axes routiers en réseau de télécommunications et à la réalisation des canaux nécessaires au déploiement de la fibre optique lors de l’ouverture de routes tout en les incluant dans les cahiers des charges des différents projets. S’agissant du secteur de l’agriculture, le rôle des walis dans l’augmentation des surfaces agricoles exploitables a été souligné par Abdelkader Bouazghi, ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche.
Dans son allocution, le ministre a en effet exhorté les walis à «adopter la politique qui prône l’augmentation des surfaces agricoles exploitables, à travers la promotion de l’investissement privé, le soutien et la libération de toutes les initiatives et énergies créatives, la facilitation des procédures et la levée des obstacles auxquels sont confrontés les producteurs et les opérateurs économiques, notamment les jeunes et la femme rurale».
Il a également appelé à «lever le défi» inhérent à l’augmentation des surfaces irriguées à 2 millions d’hectares, à travers la mobilisation des ressources hydriques conventionnels et non conventionnels, la réalisation de périmètres d’irrigation et la sensibilisation des agriculteurs à l’utilisation des techniques modernes d’irrigation. Quant au ministre de l’Industrie Youcef Yousfi, il a affirmé que les walis étaient appelés à assumer un plus grand rôle dans la vie économique notamment dans la facilitation des flux des investissements locaux et l’accompagnement des porteurs de projets. «Outre ses missions en matière de gestion de son territoire, la wilaya est appelée, aujourd’hui et plus que jamais, à assumer un rôle vital dans la vie économique au sein des directions de wilayas, en étant à l’écoute des préoccupations des opérateurs publics et privés et à travers la levée des obstacles qui entravent leurs projets, dont l’obtention du foncier, des crédits bancaires et des mécanismes de mise à niveau technique et de gestion».  Consacrer la décentralisation est devenu «une condition sine qua non» pour concrétiser les objectifs de développement durable (ODD) et garantir un développement économique cohérent et équilibré entre les différentes instances du pays, a estimé le ministre. Dans ce contexte, il a souligné que le développement des territoires relevait directement des «responsabilités des walis», avec l’appui des représentants des administrations centrales au niveau local.

Veiller sur les conditions de scolarisation des élèves
Le défi le plus important auquel fait face le secteur de l’éducation à l’horizon 2035 est d’atteindre une école de qualité. Pour ce faire, le recadrage opéré dans la mise en œuvre de la réforme du secteur de l’Education nationale « s’est imposé suite aux évaluations du système éducatif à l’échelle nationale et internationale », a indiqué Nouria Benghabrit, ministre de l’Education nationale, dans son allocution à l’ouverture des travaux de la rencontre gouvernement-walis. Elle a souligné que cette rencontre «constitue une opportunité pour réaffirmer et partager avec les premiers managers de la ville, nos défis, notre vision, notre démarche», ajoutant que «l’obligation étant de créer un écosystème favorable à la mobilisation et à l’engagement éducatif». Et bien entendu, les walis sont appelés à y contribuer à l’échelle locale comme réaffirmé par le ministre de l’Intérieur. Noureddine Bedoui a en effet appelé l’ensemble des walis à veiller personnellement sur les conditions de scolarisation des élèves du primaire, et à placer cette question «en tête des priorités», notamment après l’injection de 83 milliards dinars dans la réhabilitation de ces établissements scolaires sur la Caisse de solidarité et de garantie des collectivités locales.
Le ministre a dans, ce contexte, évoqué les conditions de scolarisation dans nombre de wilayas, déclarant à l’adresse des walis et des présidents d’Assemblées populaires communales (P/APC) : «Vous êtes appelés à vous mobiliser personnellement afin de placer cette question en tête des priorités.» «Dans le cadre du projet d’une école de qualité pour la préparation d’une génération maitrisant les nouvelles techniques lui permettant d’assumer ses responsabilités envers sa nation et sa société, veiller au bon fonctionnement de cette école constitue l’une des missions des collectivités locales», a-t-il soutenu.
Revenant sur nombre de carences enregistrées en phase d’évaluation de cette année, le ministre de l’Intérieur a fait état d’un «programme urgent» s’étalant sur trois ans pour prendre en charge les écoles primaires.

Des fonds d’investissement pour le développement
Abderrahmane Raouya, ministre des Finances, a révélé, quant à lui, « la faible utilisation des Fonds d’investissement et des deux Fonds du Sud et des Hauts plateaux », annonçant la prise de mesures pour intensifier et améliorer l’utilisation de leurs ressources. L’utilisation des 48 fonds d’investissement institués en vertu de la loi de finances complémentaire 2009 et doté chacun d’un milliards de dinars reste «faible», a indiqué Abderrahmane Raouya soulignant l’existence d’une grande marge pour améliorer leur performance. Seuls 4,9 milliards de dinars de ces fonds ont été utilisés, jusqu’à septembre 2018, pour financer 80 projets productifs dans 29 wilayas à travers le pays, sachant que ces fonds, réunis, représentaient une capacité de financement de 48 milliards de dinars à leur création. Pour réactiver ces fonds, le ministre a rappelé que la convention les régissant a été amendée pour introduire de nouvelles mesures, sans les préciser. Le ministre a fait le même constat concernant l’utilisation des ressources du Fonds de développement du Sud et le Fonds de développement des Hauts-plateaux, financés respectivement à hauteur de 2% et 3 % par la fiscalité pétrolière. «L’utilisation de ces deux fonds reste limitée et ne permet pas leur optimisation pour le développement des régions concernées», a-t-il indiqué.  Il a fait savoir, dans ce sens que deux amendements ont été introduits au projet de loi de finances 2019 visant à élargir l’utilisation de ces Fonds et à prendre en charge des dépenses liées au développement humain en vue d’améliorer les conditions de vies dans les wilayas du Sud et des Hauts-plateaux. Le ministre a rappelé que jusqu’au mois de septembre 2018 les ressources du Fonds du développement du Sud s’élevaient à 118 milliards de dinars et celles du Fonds du développement des Hauts plateaux à 205 milliards de dinars.
Evoquant le développement local et les moyens de son financement, le ministre a affirmé que «la décentralisation est désormais un choix incontournable», soulignant que l’actualisation du Code des investissements publics a permis aux collectivités locales d’adapter les programmes d’investissement public. Il a précisé, dans ce sens, que 34 clauses relatives aux services publics de base ont été amendées pour passer de la gestion centralisée à la gestion décentralisée.
F. H.



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