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N° 118 - Dec 2018

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Stabilité du marché pétrolier mondial

L’Algérie, une « major » de l’équilibre énergétique

Par Smail ROUHA



Les pays OPEP et non OPEP participant à la Déclaration de coopération, dont la Russie, ont annoncé une baisse commune de leur production de 1,2 million de barils afin de redresser les cours du pétrole, revenant, ainsi en quelque sorte, à l’accord d’Alger de décembre 2016. Cet objectif sera réparti à hauteur de 800.000 barils quotidiens pour les quatorze pays de l’OPEP et de 400.000 pour ses dix partenaires dont la Russie, a précisé l’organisation lors d’une conférence de presse qui s’est tenue à son siège, à Vienne. Un accord général de coopération entre l’OPEP et les pays non membres de l’OPEP sera signé dans trois mois en Arabie saoudite, a indiqué à Abu Dhabi Suhail al-Mazrouei, ministre de l’Energie des Emirats arabes unis. « A la fin du mois de mars, le document sera prêt à être signé », a déclaré l’actuel président de l’OPEP. Aujourd’hui plus que jamais, l’OPEP s’emploiera davantage à approfondir le dialogue avec les pays consommateurs de pétrole, au regard de l’importance du contexte économique mondial actuel. Sans doute, l’une des priorités est d’assurer l’équilibre du marché, en préservant les intérêts des uns et des autres. Il s’agit surtout de permettre aux pays producteurs de préserver les revenus provenant de la production de pétrole et, en même temps, d’assurer la sécurité des approvisionnements énergétiques des économies mondiales. D’ailleurs, c’est à juste titre que les membres de l’OPEP et le reste des pays producteurs ont œuvré en faveur de la stabilité du marché pétrolier. Certes, le marché pétrolier est fortement lié aux facteurs de la géopolitique, du commerce international, de la valeur du dollar, des incertitudes et des conflits régionaux, de la production du schiste à faible coût, du développement des énergies alternatives, mais il n’en demeure pas moins que l’Algérie aura joué, selon Mustapha Guitouni, ministre de l’Energie, un rôle primordial dans le rapprochement des positions entre les pays présents à la 175e réunion de l’OPEP, notamment entre Saoudiens et Emiratis d’un côté, et Iraniens de l’autre, avant de parvenir à la décision de retirer du marché pétrolier 1,2 million de barils/jour pour six mois.

Un rôle de médiateur et de consensus 
Disposant de facteurs objectifs l’habilitant à jouer un rôle de « leader » dans les fora internationaux, à savoir sa position stratégique, sa superficie et les ressources dont elle recèle outre ses performances économiques et l’intérêt qu’elle accorde à la justice sociale, l’Algérie reste soucieuse de jouer un rôle stabilisateur à la faveur des relations exceptionnelles qu’elle entretient avec ses partenaires. Prônant constamment une approche de coopération privilégiant la concertation et le dialogue entre l’ensemble des pays exportateurs, qu’ils soient membres ou non de l’OPEP, l’Algérie a multiplié les démarches dans l’objectif de faire converger les positions. Dans le cadre de ses efforts, Mustapha Guitouni, s’est, en prévision de la tenue de la 12e réunion du comité ministériel conjoint de Monitoring Opep et non Opep (JMMC) à Vienne, s’est entretenu avec ses homologues, Suhail Al-Mazrouei, ministre de l’Energie émirati et Président de la conférence de l’OPEP, Manuel Salvador Quevedo Fernández, ministre vénézuélien du Pétrole, et Bijan Zanganeh, ministre iranien du Pétrole, sur la situation du marché pétrolier. Des entretiens ayant permis d’accorder les violons.
Aussi, les observateurs internationaux reconnaissent-ils le rôle positif de l’Algérie dans le règlement des différends commerciaux. En effet, l’Algérie a toujours joué un rôle important dans la stabilisation du marché pétrolier, avait souligné Mohamed Sanusi Bakindo, Secrétaire général de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, lors de la rencontre « Algeria Future Energy», organisée par Sonatrach au Centre international des conférences (CIC). Rappelant que, ces dernières années, l’Algérie a fortement contribué à l’OPEP, notamment, en abritant les différentes réunions de l’OPEP-Non-OPEP, qui ont porté sur la stabilisation des prix du baril et du marché en général, Mohamed Sanusi Bakindo a estimé que les réunions de 2008 à Oran, de 2016 et 2018 à Alger, ont été d’une grande importante dans la stabilisation du marché et les décisions qui ont été prises ont été reconnues par la communauté internationale, tout en précisant que « l’Algérie a été un point focal dans la stabilisation des prix du baril». L’Algérie et, à sa tête, le Président Abdelaziz Bouteflika ont joué un « rôle distingué » au sein de l’OPEP pour la stabilité du marché pétrolier au profit des producteurs et des consommateurs, a déclaré Souhail Mohamed Al Mazraoui, en marge de la réunion du Comité ministériel de suivi de l’accord de réduction de la production pétrolière des pays OPEP-non OPEP (JMMC), pour rendre hommage au Président Bouteflika. « Grâce à sa sagesse et à son leadership, le Président Bouteflika trouve toujours des solutions pour ramener la stabilité du marché pétrolier », a-t-il ajouté. A ce propos, Piers Curran, directeur chez Amplify Trading, une société de formation en trading et finance, et M. Anthony Cheung, professeur à la Nottingham Business School et Trent University London, et également  directeur dans cette même société, ont relevé que malgré la domination dans la production de certains pays de l’OPEP tels l’Arabie saoudite, l’Irak ou l’Iran, l’Algérie sera toujours un élément influent au sein de l’OPEP. De son côté, Elias Boukrami, expert et directeur des programmes pétrole, gaz et finances à la faculté de Business et Management de la Regent’s University London, a rappelé que l’Algérie avait joué un rôle important dans le rapprochement OPEP-Russie, qui a réussi à influer positivement sur les prix du pétrole. Ces experts ont également estimé que l’Algérie pourrait s’imposer, à long terme, dans une nouvelle cartographie énergétique et de minerais avec son potentiel considérable en énergies renouvelables, minerai de fer, phosphates et uranium.

Un potentiel énergétique important 
« L’Algérie entend développer ses capacités de production d’énergies pour satisfaire les besoins de son développement national mais aussi pour contribuer davantage à l’approvisionnement du marché mondial », a affirmé le Premier ministre Ahmed Ouyahia dans son allocution d’ouverture des travaux du sommet «Algeria future energy» organisé, sous le haut patronage du Président Abdelaziz Bouteflika, au Centre international des conférences, en présence de Mustapha Guitouni, ministre de l’Energie, et de Abdelmoumen Ould Kaddour, président directeur général de la Société nationale pour la recherche, la production, le transport, la transformation et la commercialisation des hydrocarbures Sonatrach.
Appelant à faire de ce sommet, un rendez-vous annuel pour les acteurs et intervenants des industries hydrocarbures mondiales, Mustapha Guitouni, dans son discours de clôture de cet événement, a mis en exergue « les bons résultats » réalisés depuis 2017 par la Sonatrach, en l’occurrence depuis la nomination de Abdelmoumen Ould Kaddour à la tête du groupe. Une « entreprise phare » qui « veut se positionner en tant qu’acteur majeur dans le secteur».
A ce titre, rappelant les « grands efforts » consentis par l’Algérie en matière d’investissements dans le secteur de l’énergie, Mustapha Guitouni déclarera sa satisfaction des deux groupes nationaux relevant de son secteur que sont Sonatrach et Sonelgaz. Ce sont des « entreprises phares, dira-t-il, fruits justement de ces efforts », et qui « multiplient les investissements en partenariat en Algérie, et de plus en à l’étranger ». Aussi, qualifiant d’« ambitieux » le programme de développement de la Sonatrach, mis sur pied par son P-DG Abdelmoumen Ould Kaddour, à travers sa stratégie 2030 qui porte sur « des investissements innombrables et des partenariats solides », le ministre s’est réjoui du lancement en 2017 d’une dizaine de projets tant dans le domaine du gaz que celui du pétrole en partenariat ou en association aussi bien avec des entreprises nationales qu’avec des majors internationales. Troisième producteur de pétrole en Afrique, premier exportateur de gaz, disposant d’un potentiel huile et surtout gazier important, d’une riche expérience dans le domaine de la commercialisation du gaz sur les marchés internationaux, et dans le financement des investissements pétroliers, l’Algérie a de quoi forcer le respect et attirer les investissements.

Diversification, innovation et investissement
Selon certains experts et spécialistes, les réserves mondiales en hydrocarbures devraient connaitre un tarissement à l’horizon 2030. Dans le même sillage, pour d’autres spécialistes, les années 2030 seront marquées par le pic de la production d’hydrocarbures qui ne pourrait dépasser les 100 (MBA) milliards de barils /an, alors que la dépendance énergétique au même horizon, des USA (68,5%) de l’Europe (68,6%) de la Chine (73,2%)… ira en s’accroissant, ce qui ne manquera pas de générer de nouvelles tensions et de nouveaux conflits à l’échelle planétaire. C’est dans un tel contexte que le cabinet international CWC Group a organisé le Sommet international sur l’énergie, « Algeria Future Energy » sous le thème « Diversification, innovation et investissement » et auquel ont pris part les géants mondiaux de l’industrie des hydrocarbures et des énergies renouvelables. Et du fait que l’Algérie verra sa demande interne en énergie croître de 20% à l’horizon 2040,  selon les prévisions du Premier ministre Ahmed Ouyahia, il est impératif de renouveler et de diversifier les  ressources énergétiques du pays, d’une part, et, d’autre part, de développer de nouveaux débouchés pour la production d’énergie nationale, ce qui nécessite de consentir davantage d’efforts et d’investissements en vue d’augmenter les capacités de transports des gazoducs vers l’Europe dans le but de promouvoir l’exportation de l’énergie solaire. Les recommandations du sommet ont mis en exergue la volonté de l’Algérie de renforcer le potentiel du pays en hydrocarbures conventionnel et non conventionnel, en plus de l’amélioration de l’arsenal pétrochimique en aval, et l’option prise pour le solaire dans le cadre d’une diversification énergétique dans le renouvelable. Ces recommandations ont été axées sur l’impératif « d’encourager l’ensemble des ressources énergétiques du pays ainsi que d’améliorer l’attractivité de l’exploration et de l’exploitation du domaine minier national ».  Mustapha Guitouni a insisté, lors de ce sommet, sur la nécessité d’agir « sur tous les leviers afin d’attirer le maximum d’investissements sur l’ensemble de la chaîne de valorisation des hydrocarbures » même si l’Algérie prévoit d’investir 75 milliards de dollars sur la période 2018-2022 dans le secteur énergétique pour augmenter les recettes en devises du pays.
S. R.



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