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N° 123 - Oct 2019

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Approvisionnement en gaz de l’Europe du sud

L’offensive de Sonatrach

Par Salim FAROUK



La Sonatrach (Société nationale pour la recherche, la production, le transport, la transformation, et la commercialisation des hydrocarbures) reste parmi les plus importantes compagnies pétrolières dans le monde, une position qui s’explique par une maitrise de toute la chaine de valeurs du pétrole et du gaz. Pour preuve, le renouvellement de ses contrats à long terme arrivés à expiration pour une durée, certes, plus raccourcie de 10 années, contre 20 à 25 ans auparavant. En effet, Sonatrach vient de signer un accord avec le groupe énergétique italien Ente nazionale per l’enrgiaelecttrica (ENEL) pour le renouvellement du contrat de vente/achat de gaz naturel portant sur un approvisionnement, via le gazoduc Enrico Mattei, de 3 milliards de mètres cubes par an, pour une durée de 10 ans à partir de 2020, dont deux années optionnelles. Un accord paraphé par Ahmed Mazighi, vice-président de Sonatrach en charge de l’activité commercialisation, et Claudio Machetti, directeur commercial du groupe ENEL, en présence de Rachid Hachichi, Président-directeur général de Sonatrach. En outre, deux accords portant sur le renouvellement du contrat de vente/achat de gaz naturel ont été signés le 16 mai entre la Compagnie nationale des hydrocarbures et le groupe italien ENI. Il doit permettre à l’Algérie de continuer de livrer du gaz à l’Italie jusqu’en 2027. Cette opération doit permettre à l’Algérie d’asseoir sa position sur le marché italien et de demeurer l’un de ses principaux fournisseurs. Pour rappel, le groupe énergétique national a également renouvelé récemment un contrat avec le Portugal en plus d’un contrat signé en 2018 avec l’Espagne et la Turquie. Sonatrach et la Société Portugaise GALP Energia ont procédé à la signature des accords portant sur l’approvisionnement en gaz naturel du marché portugais pour un volume de 2.5 Gm3/an (milliards de mètres cube par an). A travers ces accords, Sontrach et Galp prolongent d’une durée de 10 années supplémentaires leur partenariat historique. En juin 2018, Sonatrach avait, par ailleurs, paraphé des accords portant sur le renouvellement des contrats de vente et d’achat de gaz naturel à destination de l’Espagne avec la compagnie Naturgy, anciennement Gas Natural Fenosa, et ce, jusqu’en 2030 pour 8 milliards de m3 par an. En septembre 2018, Sonatrach avait en outre signé avec la société publique turque spécialisée dans l’importation de gaz naturel, Botas, un avenant à un contrat gazier datant de 2014 en vue d’augmenter le volume de gaz naturel liquéfié (GNL) exporté par l’Algérie à 5,4 milliards de m3/an, contre 4,4 milliards de m 3/an. Ce contrat entré en vigueur cette année expirera le 1er octobre 2024. Par ces renouvellement Sonatrach vient d’apporter à ses partenaires plus d’assurances quant à la fiabilité des fournitures de gaz et à l’investissement qu’elle a consentis et qu’elle continue à consentir dans le but de poursuivre la cadence des exportations.

 Un fournisseur fiable

Présent à la cérémonie de signature de l’accord, Rachid Hachichi a mis en exergue le fait que la conclusion de cet accord est « le fruit des efforts de Sonatrach qui consacre, depuis des années, beaucoup d’énergie et de ressources à la problématique du renouvellement de ses contrats gaziers de long terme » ajoutant que ces deux accords permettent à Sonatrach d’ « assurer un nouveau replacement de douze (12) milliards de m3/an de gaz au profit de l’Italie pendant une dizaine d’années à partir de 2020 » tout en soulignant que « grâce à ce nouveau contrat, Sonatrach pourra maintenir et consolider sa place en tant que fournisseur fiable de gaz à l’Europe du Sud ». En dépit de la rude concurrence à laquelle est soumise la commercialisation du gaz, Sonatrach est devenue, dans cette partie de l’Europe, le fournisseur le plus respectueux de ses engagements en termes de livraison de gaz. Des engagements salués par ses partenaires comme en témoigne la déclaration de Claudio Machetti,  directeur commercial du groupe ENEL, qui a affirmé que l’Algérie demeure le principal fournisseur de gaz naturel pour ENEL. Pour rappel en 2018, les exportations gazières de Sonatrach ont atteint 51,5 milliards de m3 dont 75% transportés par gazoduc et 25% expédiés sous forme de GNL. Le gros de ces volumes a été écoulé sur le marché européen, essentiellement en Italie (35%), en Espagne (31%), en Turquie (8,4%) et en France (7,8%). Sonatrach dispose de trois gazoducs internationaux pour une capacité totale de 52 milliards de m3 par an, le gazoduc Transméditerranéen (Transmed, 32,5 milliards de m3) appelé aussi gazoduc Enrico-Mattei reliant l’Algérie à l’Italie à travers la Tunisie. Les livraisons commerciales à partir de ce gazoduc ont commencé à partir du mois d’avril 1983. Le gazoduc Maghreb Europe (GME, 11,5 milliards de m3) appelé aussi gazoduc Pedro-Duran-Farell reliant l’Algérie à l’Espagne à travers le Maroc à partir duquel, les débuts des livraisons commerciales ont commencé au mois de novembre 1996 et, enfin, le Medgaz (8 milliards de m3), gazoduc reliant directement l’Algérie à l’Espagne opérationnel depuis mars 2011. Ce qui démontre que la première destination du gaz algérien reste le marché européen. Une position que Sonatrach n’est pas prête à céder en attendant d’autres débouchés.

A la conquête de nouveaux marchés

Bien au-delà de la question des prix et de celle de l’offre et de la demande, l’explosion de l’industrie des hydrocarbures non conventionnels, ainsi que l’évolution de la courbe de l’offre et de la demande, incitent aujourd’hui les producteurs traditionnels de gaz, notamment l’Algérie, à revoir leurs stratégies de commercialisation et les orienter vers des marchés plus porteurs, particulièrement dans le bassin asiatique. Le marché européen ne semble plus aussi attrayant pour l’industrie gazière. Et Sonatrach entend bien saisir toutes les opportunités qu’offre le marché asiatique afin de combler la baisse des exportations vers l’Europe. Alors que la consommation mondiale de gaz naturel enregistre une croissance importante, soutenue par une forte demande, notamment de l’Asie-Pacifique, l’Algérie travaille à conquérir ces nouveaux marchés. « Nous devons également aller à la conquête de nouveaux marchés tant qu’ils sont en phase de croissance. Nos regards se tournent vers l’Asie, mais aussi vers l’Afrique, et l’Amérique Latine » a indiqué, à ce sujet, Rachid Hachichi, P-DG de Sonatrach, dans son intervention au 6e symposium de l’Association algérienne de l’industrie du Gaz (AIG) inauguré par Mohamed Arkab, ministre de l’Énergie, au centre des Conventions d’Oran sous l’intitulé générique «Le gaz naturel au centre de la diversification énergétique», soulignant que « l’Algérie doit profiter du paysage gazier mondial et tirer profit de sa situation géographique exceptionnelle au cœur de la Méditerranée et aux portes de l’Europe, entre les Amériques et l’Asie, et sur le continent africain » pour « aller à la conquête de nouveaux marchés tant qu’ils sont en phase de croissance» qui s’ouvrent en Asie, en Afrique et en Amérique latine. En effet, «la part du gaz dans la balance énergétique mondiale augmentera nécessairement et, en 2040, cette ressource répondra à 24% de la demande, contre 22% actuellement, et se placera en deuxième position devant le charbon et derrière le pétrole», rappelle Rachid Hachichil, en tenant compte de la hausse de la consommation provenant des pays asiatiques comme la Chine, avec 445 milliards de m3 prévus entre 2016 et 2040, ou l’Inde, avec 120 milliards de m3 pour la même période. Des pays qui seront contraints à importer massivement cette ressource, car leur production ne pourra pas répondre à la demande exprimée ce qui les amènera à « massivement importer du gaz pour subvenir à leurs immenses besoins en progression continue ». Selon un rapport sur le marché du gaz naturel de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la consommation mondiale devrait, en effet, enregistrer une croissance moyenne de 1,6 % par an jusqu’en 2024 : 4% dans la région Asie-Pacifique, 2,7% en Afrique, 2% au Moyen-Orient, 1% en Amérique du Nord et 1,2% en Amérique latine. Le rapport prévoit que des pays comme l’Inde, le Pakistan et le Bangladesh contribuent également à l’augmentation de la consommation en gaz naturel. « La recherche de nouveaux accords et la prolongation de nos contrats existants (…) consolident notre position d’acteur majeur sur la scène énergétique européenne », a ajouté Rachid Hachichi en soulignant l’intérêt de Sonatrach pour les nouveaux marchés d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine.

S. F.

Première entreprise économique en Afrique pour 2019

Sonatrach tient toujours la dragée haute

La compagnie nationale des hydrocarbures Sonatrach reste en tête des meilleures entreprises économiques africaines pour 2019. C’est ce qui ressort du classement établi par la revue de Jeune Afrique, paru dans son 50e édition. Ainsi, en dépit des effets de la baisse des prix du pétrole et de la croissance, Sonatrach demeure dans le haut du classement des plus importantes et grandes entreprises et compagnies africaine en 2019. Sonatrach demeure ainsi, l’une des compagnies énergétiques les plus importantes du monde, représentant au moins 30% du PIB national et possédant d’importantes parts de marché dans la livraison de gaz naturel en Europe. En dépit de toutes les critiques, la Sonatrach fait partie des plus grandes sucess-stories du continent. Ainsi, Sonatrach reste parmi les plus importantes compagnies pétrolières de la planète, une position qui s’explique par une maitrise de toute la chaine de valeurs du pétrole et du gaz. La société possède des dizaines de milliers de kilomètres de canalisations qui transportent le pétrole et le gaz, tant en interne qu’en externe. Elle possède des gazoducs qui lui permettent de satisfaire la demande d’une partie de l’Europe en gaz naturel (essentiellement France, Espagne, Italie). Ces gazoducs passent par la Tunisie ou encore le Maroc pour atteindre l’un des marchés du gaz les plus dynamiques du monde. Dans le nord de l’Afrique, des pays comme la Tunisie ou le Maroc bénéficient également du gaz algérien. Grâce aux compétences de Sonatrach, l’Algérie est le premier producteur africain de gaz naturel, le 9e du monde avec plus de 100 milliards de mètres cubes extraits en 2017. Elle est aussi le troisième producteur africain de pétrole brut (1,5 millions b/j) derrière le Nigéria et l’Angola. En 2017, un rapport de la Banque mondiale indique que la société pèse 58,7 milliards de dollars.



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