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  N° 30 - Sep 2010
 
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Spécial/TIC

L’autre tâche rude à assurer
L’Internet en Algérie
Par Massinissa Benlakehal

Toute économie nécessite l’appui des technologies de l’information et de la communication dans son développement, entre autres une structure importante en matière de connectivité Internet. La stratégie e-Algérie 2013 est d’emblée l’ambition du gouvernement algérien. Composée de treize points, elle vise à arrimer l’Algérie à la société de l'information et de l'économie du savoir.


Ce plan multisectoriel a été développé pour définir les objectifs à atteindre et les actions à mettre en œuvre pour les cinq prochaines années.  Le constat fait sur le déploiement de l’Internet dans le pays reste en deçà des attentes. Le développement des TIC reflète entre autre l’état des différents acteurs économiques et sociaux. Pour cela, l'Etat accorde une importance particulière à la généralisation de l’usage des technologies nouvelles, notamment à travers l’informatisation et la connectivité des administrations publiques. Ceci étant qu’elles apporteront une contribution énorme, voire une transformation complète dans les modes d’organisation et de travail des administrations. Outre renforcer l’économie nationale, des entreprises et de l’administration.

Ce plan vise par ailleurs, à moderniser les capacités d’éducation, de recherche et d’innovation, à faire émerger des grappes industrielles des télécommunications et accroître l’attractivité du pays. Les sites Internet des institutions et entreprises économiques manquent encore d’imagination et de contenus pertinents. Il est évident qu’il reste beaucoup à faire en la matière. Faut-il dire, le développement de l’Internet est en train de s’opérer en Algérie mais reste insuffisant compte tenu des besoins et des opportunités économiques existants.

 Le site du ministère de la Poste et des TIC, à titre d’exemple, s’est relooké, un lifting complet. La stratégie e-Algérie 2013, a été soumise au grand public pour enrichissement, en première page d’accueil du même site. En outre, d’autres institutions, à l’instar de celle-ci, se sont mises dans le train en marche, en créant, développant et alimentant en continu leur sites web, à l’exemple de l’Assemblée populaire nationale, du ministère de la Justice, des douanes, de l’Education nationale etc.

Le challenge ADSL

L’Algérie continue d’accuser un retard considérable dans le domaine de la connectivité à la toile mondiale et notamment dans la production de l’information via Internet. Le faible taux d’accès à Internet est dû à plusieurs facteurs, entre autre, à l’absence d’une vision stratégique globale quant au développement des technologies de l’Internet, se penchant sur des objectifs clairs et fixés. En outre, le développement des sites Internet à contenu numérique localement accessible, qui continue de faire défaut. Le pays ambitionne de se positionner sur l’aligné des autres émergents en matière de nouvelles technologies de l’information et de la communication.

La volonté y est, certes, mais la tâche reste dure, et les étapes, restant à franchir en la matière, ne sont pas aussi simples qu’elles ne semblent, remarquant que l’Algérie s’accroche mal au train de la modernité et du développement notamment en termes d’accès et de connectivité à l’Internet. Des perturbations et coupures fréquentes surviennent démontrant de ce fait, qu’il reste encore du chemin à parcourir avant de rattraper le retard cumulé et connu en matière de  modernisation des infrastructures de l’accès à l’Internet dans le pays. En dépit, bien évidement des efforts et moyens octroyés à cet effet dans le cadre des différents projets initiés par les pouvoirs publics. Les prix d’accès et d’abonnement à l’ADSL et selon les mêmes propos du ministre des PTIC, M. Bessalah « sont encore trop chers, du fait qu’ils représentent 1/10 du SMIG»  pour le débit le plus bas du marché, soit 256 kbits. Ayant pour ambition d’atteindre les six millions de foyers connectés au réseau ADSL, il n’est pas moins évident que la tâche reste rude à juger par les incontournables obstacles enregistrés dans le domaine de l’Internet dans notre pays.

Le coût encore élevé, comparativement au pouvoir d’achat, des abonnements à l’Internet, et du matériel informatique, fait que les algériens ne seront pas satisfaits de sitôt. « Une révision des prix est plus que nécessaire », souligne le ministre. La baisse de 50% était certes une décision courageuse mais elle ne s’en est pas allée sans conséquent.

Nombreuses étaient les ISP (Internet Service Provider), pour ne pas dire pratiquement toutes, à en avoir payé le prix, à l’exemple de Djaweb, filiale d’Algérie Télécom, qui est dissoute aujourd’hui. A ce sujet, Nouar Harzallah, premier responsable de l’EEPAD, nous fera savoir que « Cette décision a engendré d’importantes pertes aux providers, puisque cette décision n’a pas été suivie d’une baisse par Algérie Télécom sur la bande passante en faveur des ISP ». Et d’ajouter «C'est-à-dire qu’on achète à 100 % pour vendre à 50% ». Pour dire que s’accordant sur les propos recueillis près des ISP, la dite décision était certes d’un poids « politique », mais elle a amplement pénalisé les fournisseurs. Elle a entre autres, aggravé le différend existant entre Algérie Télécom et les fournisseurs,  et surtout, indique-t-on, la coupure de la connexion Internet dont ont été victimes les clients de ces derniers.

Se basant sur une étude détaillée, établie au troisième trimestre de 2008, par les responsables de trois (03) fournisseurs d’accès à l’Internet (ISP), à savoir Anwar Net, Vocal One et IcosNet, il est démontré l’état réel de l’Internet en Algérie. En outre, elle identifie les principaux leviers à actionner pour permettre le développement de l’outil Internet dans le pays, proposant par ailleurs des solutions adéquates, pouvant redresser concrètement le secteur en question. Selon la même étude, les indicateurs macro-économiques sont favorables pour une croissance éminente du secteur. « Il faut aujourd’hui, profiter de ce vent favorable pour développer la croissance des secteurs contribuant en priorité au bien-être social durable », indique-t-on dans la même étude.

Cependant, l’on souligne l’importance de raccorder les ménages au haut débit, d’interagir avec les nouvelles technologies et d’assurer à la jeunesse une place prépondérante dans le monde du numérique, lequel se trouve être en évolution permanente. Ceci dit, l’Algérie ne doit en aucun cas échapper au train déjà à grande vitesse, qu’est celui qui est aujourd’hui considéré comme « la troisième révolution industrielle ».

La fracture numérique

Le fossé numérique, et en dépit de tous les efforts émis, semble selon les experts du secteur encore loin d’être comblé. Autrement dit, la fracture numérique continue de subsister. Dans cet esprit, les ISP (Internet service provider) rencontrées concèdent à dire qu’ « il est nécessaire ’instaurer un environnement et des conditions de marché viables », à l’exemple du fournisseur Anwar Net qui dira que d’« ouvrir le marché à la concurrence équitable et loyale est l’une des solutions». Le tout principalement dû à la décision des autorités de réduire de 50% les prix d‘accès à l’Internet, d’où les retombées, nous explique notre interlocuteur, sont désastreuses. « Il est important de signaler que le secteur du haut débit connaissait des problèmes graves depuis le début, notamment des problèmes liés à la discrimination en termes d’accès aux ressources et à l’infrastructure essentielle détenue par AT, la baisse de 50% n’a fait qu’empirer des problèmes graves, déjà existants. Il était impossible pour nous d’établir des services d’accès haut débit sur la base de ces données, ça aurait été suicidaire pour notre entreprise » affirme-t-on chez Anwar Net. Lequel fournisseur indique par ailleurs, qu’il est temps de s’affranchir et d’ouvrir les portes du marché du haut débit. A cet effet, il nous dira : « Nous pensons, que seul le jeu de la concurrence libre, saine et loyale dictera à terme la baisse des prix du haut débit, et non les décisions qui ne sont pas basées sur la réalité économique des coûts, la résultante étant cette année la faillite de Djaweb et les difficultés rencontrées par les autres ISP ». Fort est de constater que le marché concurrentiel remet la balance en ordre, et permet entre autres un équilibre de ce dernier. Notre interlocuteur précisera qu’« en effet, le jeu de la libre concurrence place  l’utilisateur au centre des offres, c’est lui qui prime les meilleures et sanctionne les moins bonnes, nous avons vécu cet exemple dans le secteur du mobile, il est judicieux de le reproduire dans le haut débit ». Les conséquences n’étaient pas des moindres, entre autres les difficultés. Pour sa part, M. Harzallah, à ce sujet, dira : « concernant les difficultés auxquelles notre entreprise est confrontée, je cite les prix élevés des liens d’interconnexion et autres prestations facturées par Algérie Télécom ainsi la TVA. Sur le problème de la TVA, je veux expliquer que cela nous cause des difficultés au niveau de la trésorerie par le fait qu’on facture nos prestations et services à 7 % alors que les prestations acquises auprès d’Algérie Télécom nous sont facturées à 17% et ce, contrairement à la loi de finances 91. A tire illustratif, à décembre 2008 l’impact de la TVA était de 500 millions de dinars : ce qui pouvait réduire de façon significative notre dette vis-à-vis de nos fournisseurs ».

Faut-il dire alors que les fournisseurs d’accès Internet nagent dans des eaux troubles ? C’est dés lors l’interrogation qui se révèle être de point à voir les difficultés multiples auxquelles les ISP se trouvent confrontées. Les obstacles sont d’autant présents pour les fournisseurs que pour l’Etat, tout au long de ce chantier d’Internet. Pour preuve, le premier responsable de Anwar Net, nous dira qu'« Il est à noter que le marché du haut débit en Algérie reste inexploré et recèle des possibilités de développement et de création de valeur  considérables pour peu qu’il soit correctement adressé en termes d’investissements et actions adéquates, aussi il est nécessaire et urgent de mettre en œuvre un espace économique viable et favorable au développement de ce genre de services ».

L’Internet est, à chaque jour, un chantier qui nécessite d’être suivi. L’Algérie et à l’instar du reste du globe ne peut se passer de cette technologie révolutionnaire. Le nombre de 4,5 millions d’internautes algériens se verra augmenté vu les différents projets initiés pour permettre l’immersion du marché local encore pas saturé. Mais pour arriver au bout de tous les projets, faut-il d’abord que tous s’y mettent.




 

Portrait
Le combat libérateur n’a pu être déclenché et être mené à son terme que grâce aux sacrifices de tout un peuple et à l’engagement indéfectible de sa jeunesse formée...