Ce concept, peu connu des gens encore, permet d'introduire la société dans une ère en pleine expansion et où les technologies nouvelles y jouent un rôle des plus considérables. Ces dernières contribuent à l'édification d'un « monde intelligent ». L'exemple du passeport et de la carte d'identité biométriques informatisés, n'est que la preuve, parmi tant d'autres, de la volonté de l'Etat de concrétiser ses projets.
Par définition, le concept de la biométrie désigne dans un sens très large l'étude quantitative des êtres vivants. Parmi les principaux domaines d'application de la biométrie, on peut citer l'agronomie, l'anthropologie, l'écologie et la médecine. L'usage de ce terme se rapporte de plus en plus à l'usage de ces techniques à des fins de reconnaissance et d'identification, le sens premier du mot biométrie étant alors repris par le terme biostatistique.
En d'autres termes, il s'agit de l'analyse mathématique des caractéristiques biologiques d'une personne, destinée à déterminer son identité de manière irréfutable. C'est une nouvelle technique, qui utilise certaines caractéristiques du corps humain. Il est possible de distinguer par exemple, la rétine, la forme de la main, l'iris, et bien évidement les empreintes digitales.
Les techniques d'identification par la biométrie servent principalement à des applications dans le domaine de la sécurité, comme le contrôle d'accès automatique; un tel dispositif étant qualifié de système de contrôle biométrique. Elle permet, donc, de gérer les accès de sites sensibles, en exerçant un contrôle sur les entrées et sorties. La biométrie peut présenter un certain nombre d'avantages, sécurité accrue des données, protection et lutte contre la fraude ou le vol d'identité, non transmissibilité des données, identification positive, plus de confort, etc. Par ailleurs, elle a un potentiel substantiel comme technologie de protection de données en sécurisant l'accès à celles-ci.
Ce mode d'identification des personnes est extrêmement fiable puisque son taux d'erreur est proche de zéro. Ce qui fait que le marché de la biométrie est en pleine expansion. On peut, d'ores et déjà, noter son utilisation dans différents sites tels les bâtiments publics, les aéroports, même les bureaux et autres accès à des emplacements et édifices officiels et de haute sécurité.
Que ce soient les badges, cartes, mots de passe, ces identifications peuvent être utilisées pour usurper l'identité d'un tiers. La biométrie, elle, permet l'identification d'une personne par des caractéristiques uniques qui lui sont propres. Ce mode de fonctionnement permet d'identifier intrus ou fraudeurs. Adaptée à Internet, la biométrie permet notamment de filtrer les accès aux sites commerciaux et aux intranets. La biométrie peut être l'alliée de la vie privée en permettant de sauvegarder notre identité et l'intégrité des données. Trois catégories de technologies biométriques peuvent être distinguées, à savoir, analyses biologiques (odeur, sang, salive, ADN…), analyses comportementales (façon d'écrire, de marcher…) et analyses morphologiques (empreintes digitales, forme de la main, forme de l'iris…)
Certes, en informatique, aucune situation n'est sûre à 100%. Néanmoins, il est évident que la généralisation de cette pratique, permet à ces nouveaux documents biométriques d'être plus sûrs. A l'opposée, la falsification est beaucoup plus facile avec les documents actuels.
L'exemple de l'usage de cette technologie pour faciliter la vie à des handicapés moteurs ou tout simplement à tout autre individu, a fait ses premiers pas dans le monde. Il s'agirait des maisons intelligentes, où tout fonctionne à l'aide de la reconnaissance vocale. Faire marcher une télévision, une lumière, une porte ou un appareil à l'aide de la reconnaissance vocale, a fait ses preuves. La biométrie connaît un intérêt économique sans précédent depuis le début des années 80. Les précurseurs en la matière sont bien évidemment les américains. Ils se positionnent désormais comme leaders sur ce marché. L'Europe arrive juste derrière, avec un chiffre d'affaires qui a atteint près de 159 millions d'euros en 2006, d'après l'expertise du cabinet Frost & Sullivan. En France, le marché de la biométrie est peu développé du fait d'un très petit nombre d'acteurs français spécialisés. Deux groupes se partagent actuellement ces valeurs économiques : SAGEM, leader mondial de l'empreinte digitale ou encore la société THALES qui intègre des systèmes biométriques.
Aujourd'hui, l'Asie se positionne comme premier consommateur. Les USA se classent en deuxième. Les revenus mondiaux de l'industrie biométrique, sont colossaux. En 2002, ils étaient de l'ordre de 133.4 millions de dollars et de 427.5 millions de dollars, en 2004. A partir de 2005, cette industrie est partie en flèche, avec 1.5 milliard de dollars de revenus. En 2006, ils ont atteint 1.847 milliards de dollars, pour se voir encore une fois pratiquement quadruplés avec 4.639 milliards de dollars de revenus enregistrés. Les revenus des gouvernements sur les applications biométriques, sont d'environ le tiers des montants.
Les premiers prototypes de terminaux de traitement automatique d'empreintes digitales, arrivent dans le milieu des années 1970, et les premiers produits commerciaux mis sur le marché au début des années 1980. Ces terminaux seront utilisés dans un premier temps pour du contrôle d'accès et/ou de gestion du temps pour clients du type «organisation gouvernementale » (ex. les prisons).
La création d'une base de données nationale et centralisée pour les empreintes, et autres informations personnelles et techniques des citoyens, ne peut que s'avérer utile. En effet, la mise en place de cette nouvelle base centralisée, permettra, en cas d'extrême urgence, dans le cas d'une catastrophe quelle qu'elle soit, d'aider à rechercher des citoyens, à titre d'exemple. La question de la conservation et du stockage des éléments biométriques étant d'extrême importance, mérite une attention particulière. Cette structure nationale qui sera gérée par un organisme ou une commission nationale qualifiés relevant de l'unique autorité de l'Etat, dans toute sa souveraineté, aura pour mission de s'assurer et garantir le respect des droits et libertés fondamentaux lors de l'utilisation de ces données biométriques. Le passeport biométrique informatisé (autrement appelé : e-passeport) sera constitué d'un livret contenant une page de renseignements personnalisée, des pages destinées aux visas et autres endossements, mais avec en plus un module électronique. Cette puce, non apparente, renferme des informations sur le titulaire du passeport, sur le passeport lui-même et sur l'autorité qui émet ce titre. La puce en question utilise la technologie RFID (Radio fréquence identification). Il est à signaler que les passeports français, britanniques et américains utilisent un chip RFID.
A noter que certaines données seront lisibles à l'œil nu. Il s'agit entre autres des informations personnelles sur le détenteur de la lettre «P» indiquant le type du document ou encore le numéro de la carte nationale d'identité électronique du titulaire, l'image numérisée de la photographie de celui-ci et l'image numérisée de sa signature manuscrite.
Quelques-unes parmi ces informations figurent également sur la partie informatique lisible grâce à un dispositif spécial. En effet, on trouve parmi les données et les informations transcrites dans la zone de lecture optique, lisibles par des machines appropriées la lettre «P» précisant le type du document, le code désignant l'Etat (ex. DZ pour l'Algérie) et le nom, le prénom, le code de la nationalité, le sexe et la date de naissance du titulaire. Seront également inscrits, le numéro et la date d'expiration du passeport et celui de la carte nationale d'identité électronique.
Le passeport biométrique informatisé, comme la carte d'identité, sont établis pour une durée de validité maximale bien déterminée, non prorogeable. Des prescriptions sont faites par l'OACI pour le passeport unipersonnel, même pour les enfants mineurs. Lorsqu'il est délivré à un mineur, sa durée de validité est différente de celle d'un adulte. A titre exceptionnel, et lorsqu'il n'est pas possible pour un demandeur de passeport biométrique, d'attendre l'établissement dudit passeport, pour des impératifs à caractères humanitaire, médical, professionnel ou autres, il peut être délivré un passeport provisoire d'une courte durée de validité et bien définie.
L'Organisation de l'Aviation Civile Internationale (OACI) a fixé comme dernière échéance du lancement du Passeport Electronique et Biométrique pour l'ensemble des ses membres le 1er avril 2010 et l'échéance de retrait définitif de la circulation dans le monde du passeport non électronique et non biométrique à l'horizon 2015