Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 73 - Avril 2014

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Finance

Union des assurances et réassurances

Evolution et performance de l’assurance algérienne

Par R

Le marché algérien des assurances a connu plusieurs étapes difficiles qui ont marqué l'organisation et la discipline du marché algérien des assurances au lendemain de l'indépendance de l'Algérie. Devant, la mise en place du nouveau cadre institutionnel et de ses objectifs opérationnels et ce à un moment où le mouvement universel de recentrages stratégiques, il est impératif de reformuler intelligemment les projections commerciales, notamment, pour régénérer les forces internes du marché au profit de la croissance.

 

De la période 1962 à 1995
Des priorités d’ordre économique, social et institutionnel exigeant des solutions urgentes parmi lesquelles la promotion sociale des populations ayant souvent vécu en marge du progrès, l’habitat précaire, les mouvements migratoires, la mise en valeur des terres, la coopération internationale, les plans de développement économique et les programmes spéciaux au profit des wilayas pour asseoir les bases d’un meilleur et authentique équilibre régional ont fortement marqué l’évolution de l’activité d’assurance. La réalisation des programmes de développement s’est traduite en effet par une forte poussée de la demande d’assurance en relation avec l’importance des investissements productifs consacrés aux secteurs de l’industrie, de l’agriculture, de l’habitat, des infrastructures routières, de la santé, de l’éducation, des transports  etc.   
Toutes ces évolutions à caractère politique, économique et social ont remis en cause les concepts traditionnels de l’organisation du marché dès lors qu’ils ne correspondent plus aux impératifs des plans nationaux de développement dont la réalisation implique la contribution de tous les acteurs potentiels à l’effort collectif de développement économique et à la promotion sociale. Par ailleurs, le départ massif après 1962 des assureurs étrangers impliquait nécessairement une nouvelle stratégie d’organisation du marché en créant de nouvelles entreprises d’assurance de statut national pour pallier le désengagement d’opérateurs étrangers.
C’est dans un tel contexte que l’Etat, en tant qu’autorité de régulation, a engagé la mise en œuvre de nouveaux dispositifs d’ordre institutionnel pour accélérer l’accès au marché d’opérateurs nationaux et assurer l’articulation des mécanismes et instruments concourant au succès de cette réforme :
1- institution de la cession légale ;
2- création de la CAAR et de la SAA (Société d’économie mixte) en 1963 et renouvellement des agréments aux deux mutuelles existantes, à savoir la CCRMA et la MAATEC ;
3- transfert des assurances accidents du travail à la CNAS (21 janvier 1966) ;
4- monopole de l’Etat sur les assurances (mai 1966) ;
5- création de la Compagnie centrale de réassurance (CCR) ;
6- spécialisation des entreprises d’assurances (décision du MF n° 828 du 21/05/75 à effet au 1er janvier 1976).
Concrètement, toute activité d’assurance est subordonnée à un agrément du ministère des Finances conformément à la loi 63-201 et cette obligation a entraîné le départ massif des entreprises étrangères exerçant en Algérie à l’exception de 14 qui ont sollicité et obtenu leur agrément en même temps que la CCRMA, la SAA et la MAATEC.
Mais trois ans plus tard, soit le 27 mai 1966, une nouvelle réforme d’importance stratégique a mis fin au libéralisme par l’institution du monopole de l’Etat sur les assurances avec pour corollaire le retrait aux entreprises étrangères de toute forme d’exploitation des opérations d’assurance en Algérie et la nationalisation des parts égyptiennes dans le capital de la SAA, soit 39%.

Du monopole de l’Etat
Ce dispositif répond au souci des pouvoirs publics de promouvoir une réforme globale et cohérente des institutions financières pour en faire un instrument de développement économique et social par la mobilisation de ressources dédiées au financement des investissements productifs, à la croissance économique et au progrès social.

De la spécialisation des entreprises d’assurances
Traduite en chiffres, l’activité des entreprises d’assurances en Algérie s’est soldée par une masse de primes et de réserves techniques d’une importance telle qu’après les premières mesures prises par les pouvoirs publics d’instituer le monopole de l’Etat, une autre décision non moins stratégique devait intervenir en 1976 pour normaliser et discipliner le marché algérien des assurances dont le taux de croissance annelle risquait de déboucher sur un dépassement des capacités de maîtrise au double plan technique et financier.
En effet la spécialisation des entreprises répondait à trois impératifs fondamentaux :
a) - attribuer l’exclusivité d’exploitation des activités de réassurance à la CCR dont la création répondait également au souci de compenser, par le jeu des acceptations de réassurance à l’étranger, le transfert de devises engendré par nos propres besoins de placement sur le marché international de la réassurance et de consolider ainsi notre balance de paiements ;
b)- restructurer le marché national des assurances dans une perspective de spécialisation d’activité de trois autres entreprises :
- la SAA et la CAAR, la première détenant désormais le monopole des souscriptions en automobile, incendie et risques simples, risques divers ainsi que les opérations d’assurances sur la vie, la seconde étant chargée exclusivement de l’exploitation des opérations portant sur les risques lourds : incendie risques industriels, RC produits, RD décennale, transport maritime et aérien, tous risques chantiers, engineering etc.     Cependant la CAAT s’est vue confier les assurances transports à partir de 1986 tandis que la CNMA continuait à souscrire exclusivement les opérations d’assurances agricoles et que la MAATEC poursuivait également son activité d’assurance au seul profit du personnel relevant du secteur de l’éducation et de la culture ;
c) - La phase de spécialisation étant ainsi réalisée, le contrôle de l’Etat devient par conséquent plus efficient dans tous les domaines où son intervention paraîtra utile :
1 - Contrôle technique : politique des coûts = tarification, calcul des réserves et provisions techniques.
2 - Contrôle juridique : législation et réglementation générale des opérations d’assurance, codification et contrôle d’application des lois et règlements auxquels sont assujetties les entreprises d’assurance en matière d’organisation, de fonctionnement et de gestion.
3 - Contrôle financier : contrôle de conformité des écritures comptables, délais et procédure de transmission des bilans, politique d’orientation des placements et dépôts de réserves et provisions, contrôle des mouvements de l’épargne, contrôle fiscal etc.
La réforme des structures du marché national qui marque une nette délimitation des responsabilités dans les différents secteurs d’exploitation de nos entreprises allait fondamentalement bouleverser l’essentiel des données qui ont jusque-là caractérisé les concepts d’organisation et de gestion.
Cette réforme a remis en cause le modèle d’expérience sur lequel se sont articulées la définition et la mise en œuvre des moyens matériels, humains et financiers en relation avec les impératifs de gestion des portefeuilles d’activités des assureurs.
La spécialisation impliquait inéluctablement la solution de problèmes multiples et variés en relation directe avec les effets pratiques résultant de la spécialisation.
C’est ainsi que dans une première étape les dirigeants et responsables des entreprises devaient affronter, avec des moyens sans commune mesure avec la taille des engagements et des responsabilités de leur nouvelle mission, les dures épreuves qui préfiguraient les conditions dans lesquelles devaient être résolus :
- les opérations de transfert réciproque des portefeuilles d’activités de la CAAR et de la SAA en fonction de leurs nouvelles attributions ;
- le transfert parallèle d’un lourd contentieux sinistres à charge d’en assurer l’instruction et la liquidation.
De tels enjeux ont suscité la prise de conscience des responsables des deux sociétés pour repenser leur modèle d’organisation face aux impératifs prioritaires de :
· formation et encadrement de haut niveau ;
· extension et amélioration des structures d’accueil, développement du réseau de distribution et, en un mot, décentralisation au sens des textes portant gestion socialiste des entreprises (GSE) ;
· gestion technique : souscriptions des contrats, tarifications, instruction et règlement de sinistre, réassurance, contrôle de gestion permanent des réseaux ;
· évaluation et gestion comptable et financière pour les adapter aux nouvelles méthodes d’études budgétaires et d’analyse financière ;
· politique commerciale devant inaugurer, par un effort de créativité, d’innovation et de changement, la diffusion de nouveaux produits à codifier sous des programmes d’enquête et de planification ;
· gestion informatique = mise en place d’un plan directeur informatique cohérent devant déboucher sur le choix et la définition des informations à traiter, leur standardisation, leur utilisation et la rationalisation de leur traitement.
C’est ainsi que des programmes d’actions à moyen et long terme présupposant la définition et la finalité des objectifs globaux ont été engagés par les entreprises en fonction des problèmes généraux qui en résultent et des changements de l’environnement économique et social (marché, structures, technologie, comportements humains). De tels changements devaient être abordés avec une approche aussi réaliste que scientifique, une aptitude et une discipline nouvelle, une organisation et des moyens matériels et humains à la mesure des objectifs de croissance attendus du marché.
Ainsi, pour la période 1964 à 1994, les sociétés et mutuelles d’assurances ont relevé le défi en privilégiant notamment l’action sur le réseau pour optimiser les niveaux de production à la dimension des enjeux et des impératifs de rentabilité.
En effet, la progression spectaculaire du chiffre d’affaires réalisé par les sociétés et mutuelles est passée de 71 millions de dinars en 1964 à près de 10 milliard de dinars en 1994.
Pour la même décennie, la masse des provisions techniques a évolué comme suit :
· les réserves pour risques en cours estimées à la clôture de l’exercice 1964 à 18 millions de dinars ont été évaluées à 1 816 millions de dinars au terme de l’année 1994 ;
· les provisions pour sinistres à payer ont progressé durant la même décennie de 44 millions de dinars à 10 625 millions de dinars ;
· les réserves mathématiques d’un montant de 1 million de dinars en 1965 sont passées à 338 Millions de dinars en 1994.
Durant la même période, les fonds propres ont évolué de 23 millions de dinars en 1964 à près de 6 milliards de dinars en 1994
Ces quelques chiffres témoignent de l’intensité de l’effort collectif soutenu par le secteur public durant la période précédant la réforme introduite par l’ordonnance 95-07 relative aux assurances et modifiées par la loi 06-04 du 20/02/2006, sans toutefois omettre de souligner que l’effectif est passé de 489 en 1964 à 9 151 en 1995.
· Enfin l’organisation du réseau est structurée autour de :
- 4 unités en 1964 et 49 unités en 1995,
- 16 bureaux de souscriptions directs ou bureaux locaux en 1964 et 602 en 1995.
- 111 intermédiaires en 1964 et 181 en 1972 (fin du recours aux intermédiaires).

L’autonomie des entreprises et la levée de la spécialisation
C’est à partir de janvier 1990 que les trois entreprises nationales SAA, CAAR et CAAT ont évolué sous le régime de l’autonomie des entreprises en même temps que fut levée la spécialisation. Cette dernière mesure n’a pas manqué de soulever l’épineux problème de reconversion et d’adaptation aux nouvelles réalités du marché local qui doivent les conduire, en raison du caractère interactif et de la complexité même des problèmes clés, à l’étude de nouvelles solutions durables qu’imposent à nouveau les impératifs d’une reformulation de leurs options au plan tant institutionnel qu’opérationnel. De plus, les entreprises nationales d’assurances et de réassurance ne pouvaient en même temps évoluer en marge des turbulences et des transformations à caractère universel induites par les crises économiques et monétaires récurrentes et leurs prolongements sur le marché local.
En effet, la stabilité traditionnelle des équilibres techniques et financiers des entreprises d’assurances continue encore de nos jours d’être menacée par les effets de la mondialisation, en rappelant aussi que depuis la fin des années 1990, les fusions et acquisitions ont sensiblement relevé la taille des grands groupes internationaux, leur capacités d’expertise et leurs forces de vente.
C’est dans un tel contexte marqué par une dégradation des termes des échanges économiques où l’activité d’assurance subit l’impact d’un environnement économique fluctuant et incertain qu’à été introduite une profonde reforme en 1995 portant notamment ouverture du marché algérien aux entreprises d’assurances étrangères. La loi 95.07 du 25/01/1995 modifiée et complétée par la loi 06/04 du 26/02/2006 en fixent les conditions et modalités d’agrément ainsi que les règles de gestion et de fonctionnement.

Ouverture du marché algérien
C’est un champ thématique à la fois lourd et complexe eu égard à la dimension de la nature et de la portée des reformes politiques et économiques qui ont marqué l’évolution du marché algérien, tant au plan institutionnel qu’au niveau de son organisation nouvelle et de ses autres représentations.
Nous situons, en rapport avec l’évolution des fondamentaux de l’économie algérienne, les caractéristiques dominantes de notre marché et plus particulièrement les principaux axes du programme d’action initié par le ministre des Finances.

I- L’évolution du marché : points clés Période 1995-2010
a) Au plan politique et économique :
- la volonté politique vers l’économie de marché, pour promouvoir une authentique stratégie de développement de production et de richesse en assurant la discipline et les règles de l’économie marchande ;
-  la prise en charge des impératifs de coordination des équipements et outils de production.
Effort orientés vers l’investissement productif pour engager les instruments d’une stabilité de croissance durable et progression de l’emploi.
§ Identifier et diversifier les vecteurs et les sources de progression des indices de production, notamment les secteurs hors hydrocarbures : l’agriculture, BTP et la PME etc. ;
- engager les réformes utiles à la participation active du secteur financier au processus de développement productif. Toutes ces réformes ont marqué :
- une bonne évolution des indices macro-économiques ;
- une performance macro-financière, c’est-à-dire un excédent global résultant d’une bonne tenue et une viabilité de la balance de paiements et de bonnes réserves de change ;
- le remboursement anticipé de la dette extérieure de l’Algérie ;
- une forte progression de l’activité agricole, avec une production record de 68 millions de quintaux de cultures vivrières en 2009, et la production animale ;
§ Expansion des programmes de dépenses publiques en soutien à la croissance.

b)- Au plan juridique et institutionnel (assurances)
Textes fondamentaux : loi 95.07 et loi du 26/02/06 et textes subséquents modifiant et complétant l’ordonnance 95.07 portant libéralisation du marché.

II- Ouverture du marché : défis et enjeux
L’ouverture du marché national aux assureurs nationaux et étrangers, certains pourvus de fortes capacités financières et de modèles de gestion performants, favorisera, dans une large mesure, l’évolution des indices de développement des opérations d’assurance en Algérie.
La diffusion de produits mieux adaptés, moins coûteux, un service de qualité globale dû à une maîtrise de gestion de risques, que de riches expériences ont forgées, apparaissent comme principaux vecteurs d’expansion de l’activité commerciale.
L’amenuisement progressif des limites d’assurabilité, l’apparition de risques majeurs ou émergents de grande amplitude, tels les risques écologiques, climatiques, sanitaires et de responsabilité, qui rythment l’évolution de l’activité d’assurance, impliquent à la fois une forte capacité d’engagement et une haute technicité.
Sous ce rapport et en l’état actuel, seules les grandes entreprises d’assurance pourraient, par une disponibilité de compétences de haut niveau, proposer des offres d’assurance compatibles avec les exigences d’ordre technique et financier dans la prise en charge de ces risques.
De plus, sous l’influence de courbes d’expériences, les assureurs, grâce à des modèles d’organisation fortement consolidés dans l’activité d’assurances vie, santé, prévoyance et capitalisation, vecteurs potentiels de croissance de l’épargne privée, pourraient engager des stratégies de placements de produits vie en adaptant les instruments de compétitivité aux besoins de la demande.
Là aussi, l’ouverture du marché marquera incontestablement un impact positif dans le développement de l’activité d’assurance de personnes que les assureurs nationaux sont en phase de promouvoir en s’appuyant sur les réformes et de dispositifs incitatifs initiés par l’Etat pour optimiser l’action de développement de l’assurance vie.
A ce stade de l’analyse, les assureurs crédités d’une capacité dynamique pourraient augmenter la productivité globale de l’économie en favorisant l’émergence d’un processus de croissance par l’action sur les facteurs clés d’inertie qui freinent la progression des niveaux de notre production en assurance vie et non-vie.
En effet, dans un but d’optimisation des ressources et des instruments de la performance, les acteurs pourront déployer, de façon massive et en choisissant ce qui se fait de mieux, les modèles favorisant l’accès à des voies nouvelles dans la stratégie d’exploitation du marché.
L’action sur la structuration de l’offre, l’efficacité marchande sous-tendue par une vitesse de réaction aux changements de l’environnement pour modifier les conditions d’insertion au climat des affaires, l’action sur l’intermédiation devraient valider une démarche stratégique des opérateurs nationaux et étrangers.
La pertinence des hypothèses qui sous-tendent leurs choix stratégiques, le repérage des signaux susceptibles de remettre en cause la validité de leurs options pour s’engager dans un processus de croissance cohérent et vertueux, l’investissement dans la modernisation des systèmes de gestion s’avèrent également comme forces potentielles aptes à tirer le secteur des assurances dans un enchaînement dynamique au service de l’utilité collective.
En considérant que toute production excédentaire du marché profite, pour une large part, aux assureurs les plus entreprenants, il n’en demeure pas moins que l’Etat en tirera également des avantages significatifs à travers la TVA, l’IBS, l’importance et la diversité des encours de placement en représentation des engagements réglementés.
Dès lors, le relèvement des niveaux de production reste l’objectif prioritaire de l’ouverture du marché afin que l’industrie de l’assurance, au-delà de la relation de stabilité et de sécurité qu’elle véhicule, puisse s’insérer graduellement en adéquation avec l’évolution des indicateurs macro-économiques dans les circuits des institutions financières nationales et internationales.
Les assureurs pourraient tirer profit de la disponibilité de leviers de croissance, là où l’assurance bénéficie d’un contexte et d’un environnement économique favorable riche en opportunités, considérant le fait que c’est l’Algérie qui présente le plus fort potentiel de croissance parmi les pays voisins.
Aussi, dans la mesure où l’action des assureurs à capitaux nationaux et étrangers, participera substantiellement au relèvement significatif des niveaux de souscription multibranches, le pari pour l’ouverture du marché national serait gagné, d’autant que des formes de partenariat stratégique se nouent de plus en plus entre les assureurs des deux rives de la Méditerranée.
De telles hypothèses suggèrent une convergence et un alignement des intérêts de l’Etat et des assureurs dans la mesure où leur contribution procéderait de leur engagement à soutenir le processus de rationalisation et de développement de l’assurance en Algérie qui sont la finalité même de l’ouverture du marché.
De ce point de vue, tous les modèles de contrôle de l’Etat privilégient, au-delà des normes de solvabilité et de gestion prudentielle, la performance économique de l’activité d’assurance.
La disponibilité de compétences pour l’innovation et la création devrait nourrir, au mieux, leurs stratégies et les ajustements qu’appellent les enjeux économiques, les règles de la compétition et l’évolution de l’environnement professionnel.
L’effet de taille des nouveaux entrants sur le marché porteurs d’une stratégie adossée à une logique volontairement spéculative et créditée de fortes capacités d’influence sous-tendues par de multitudes combinaisons de ressources s’avère comme mise à l’épreuve de l’aptitude des assureurs locaux à s’adapter aux lois de la compétition et à l’évolution rapide de l’environnement commercial où les cycles d’innovation deviennent de plus en plus courts.
L’impact des mutations induites par toutes ces évolutions et le poids des enjeux devront justifier cette option dont l’objectif devrait placer les entreprises d’assurance du secteur public dans un positionnement plus favorable pour contenir la poussée de la concurrence.
D’autres choix pourraient également prévaloir dans la mesure où ils devront marquer, par une interprétation des tendances lourdes des marchés internationaux, un nouveau style de pilotage des projections stratégiques et des mécanismes devant consolider une dynamique d’expansion du marché qui a connu en 2010 une progression remarquable des résultats de production comparés à ceux de l’année précédent l’ouverture du marché.
En effet, le chiffre d’affaires et passé de 10 milliards de dinars en 1994 à 86 milliards de dinars en 2011. Un tel résultat ne doit pas pour autant occulter la disponibilité sur le marché d’un riche potentiel économique non encore assuré.

III- Programme de réformes du secteur financier
Initié par le ministre des Finances, ce programme tend vers une orientation et une mise en œuvre des actions futures du marché pour une stratégie de rationalisation et d’optimisation des indices de croissance de l’activité d’assurance.
Susciter l’émergence d’initiatives propices à la créativité, à l’innovation et à la construction de nouveaux modèles d’expansion commerciale et consolider les règles de bonne gouvernance, tels sont résumés ci-après les principaux objectifs du programme :
- associer toutes les institutions, associations et acteurs potentiels au processus de mise en œuvre d’outils d’analyse pour conduire les réformes du secteur financier ;
- engager les forces d’encadrement du marché dans une démarche globale de suivi et d’évaluation des résultats des réformes institutionnelles dédiées à la performance des indices de rentabilité et d’équilibre des opérations d’assurance ;
- promouvoir une stratégie d’alliances et de partenariat, vecteur de transfert de savoir-faire technique et de recentrage stratégique ;
- choix de partenaires disposant de potentiels complémentaires pour accroître la rentabilité à long terme ;
- favoriser toutes les formes d’intégration de nouveaux acteurs nationaux ou étrangers (succursales, cabinets de courtage) ;
- renforcer les dispositifs spécifiques à la solvabilité des assureurs et la protection des intérêts des assurés et victimes ;
- libération totale du capital minimum exigé des entreprises d’assurance vie et non-vie» ;
- élargir l’activité exploratoire des assureurs vers la construction de nouvelles structures de l’offre d’assurance adaptée aux besoins des prospects ;
- impliquer le marché dans le processus de mutualisation des risques liés aux catastrophes naturelles dans le cadre de l’obligation d’assurance ;
- modernisation des systèmes d’information intégrés et valorisation de la fonction actuariat ;
- constitution des structures de supervision et de contrôle des procédures de changement d’actionnariat ;
- mise en place d’une centrale de risques (supervision et gestion statistique du marché) ;
- mise en place du bureau de tarification ;
- séparation institutionnelle à partir de 2011 des assurances de personnes et des assurances dommages ;
- création de l’agence de lutte contre la fraude ;
- révision des règles de gestion prudentielle ;
- promotion de la distribution multicanal (bancassurance) perçu comme vecteur potentiel d’extension de l’activité assurantielle ;
- introduction de mesures fiscales incitatives (loi de finances 2009) au titre des placements financiers à long terme à caractère d’épargne ;
- promotion de l’assurance assistance et assurance caution ;
- relèvement des capacités de rétention du marché en contexte local ;
- création de l’école des hautes études d’assurance en Algérie en septembre 2010.
Il est bien évident que l’état d’équilibre et des choix déterminants restent exposés à l’influence de multiples facteurs. Aussi, sont-ils soumis à des processus répétés d’ajustements dès lors que le primat de la profitabilité marque le mouvement universel de l’économie de marché : ceci exige un pilotage des projets et des modèles opérationnels de suivi devant assurer le succès des réformes et positionner le marché algérien dans le concert des institutions financières internationales.
C’est dire que l’optimisation des équilibres technico-commerciaux et macroéconomiques reste conditionnée par la vitesse de réaction face aux incertitudes et turbulences souvent difficiles à anticiper.
La promotion des compétences et des cellules expertes disponibles reste cependant conditionnée par un investissement sur le capital immatériel pour conduire sous l’autorité scientifique de la recherche les modules d’enseignement supérieur spécifiques à l’assurance, telle est la mission de l’Ecole des hautes études d’assurance.

L’Ecole des hautes études d’assurance
L’accord algéro-français signé à Paris le 7 mars 2008 par le ministre algérien des Finances et son homologue français, dans le cadre du règlement du contentieux algéro-français sur les assurances, vieux de 40 ans, a marqué la volonté des deux parties à promouvoir, dans le domaine financier, une relation d’échanges et de coopération multiforme, notamment en matière d‘assistance technique, de formation et de mise à niveau des entreprises d’assurance et de réassurance. Un comité mixte algéro-français de pilotage du projet à été mis en place pour examiner et entériner les propositions portant sur la validation des cursus et des modulations des volumes horaires préparant aux diplômes des deux cycles : centre de hautes études d’assurance (CHEA-niveau doctorat) et master (étudiants titulaires BAC + 4/5 en activité ou pré-recrutés).
L’Ecole des hautes études d’assurance aura également pour mission de promouvoir une authentique intégration aux programmes de coopération et d’échanges transfrontaliers, notamment avec d’autres instituts spécialisés, où nos cadres compléteront au plan de la recherche leur capital expérience et leur potentiel intellectuel et scientifique.
En contexte local, des stages de professionnalisation des cadres seront également pris en charge à la demande des entreprises d’assurance ou d’autres secteurs d’activité.
De fait, la création de celle-ci figure au premier rang des priorités du plan de réformes du secteur financier (assurances) initié par le ministre des Finances. Elle est constatée sous forme d’une SPA au capital de 28 millions de dinars, soit une participation de 2 millions de dinars pour chacune des 14 entreprises d’assurance.
Aux termes de la convention conclue avec la FFSA, les diplômes sont labellisés par le Conservatoire national des arts et métiers (CNAM-Paris).
Comme tout vivier de production intellectuelle, cette école aura pour vocation à consolider le potentiel de compétences évolutives, des actifs de connaissances, de savoir-faire technique et leur intégration dans le cycle d’analyses des évolutions de l’environnement et du progrès scientifique au service de la stratégie de développement du marché et de synergies productives.
Cela étant, le programme d’actions engagé dans le cadre des réformes du secteur des finances initié par le ministre des Finances connaît dans sa phase opératoire un niveau de réalisation conforme à nos prévisions.
L’approfondissement des analyses pour promouvoir une dynamique prospective du marché traduit la volonté de tous les assureurs, réunis au sein de l’UAR, à soutenir l’effort pour la construction de grands projets de développement de la performance du marché national.
Cette ambition doit être perçue, au-delà des résultats de production, comme un ensemble cohérent de solutions résultant de choix décisionnels pertinents pour relever les ratios de rentabilité, le niveau de pénétration de l’assurance et in-fine l’exploitation de toutes les opportunités de croissance et de modernisation des systèmes de gestion en phase avec l’évolution des métiers de l’assurance et de l’environnement économique national et international.



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