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N° 117 - Nov 2018

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Hydraulique

70 barrages et 16 transferts et adductions en gestion

Agence nationale des barrages et des transferts (ANBT)

Par Soulef Biskri



Ces quatorze dernières années, l’Algérie a consenti de gros investissements dans la construction des barrages. Quarante infrastructures ont été réalisées, ramenant ainsi à 68 le patrimoine géré par l’Agence nationale des barrages et transferts (ANTB). Chaque ouvrage a coûté au Trésor public entre 100 et 150 millions d’euros, selon M. Baraki, directeur du contrôle, de la maintenance et de l’exploitation à l’ANTB. Pour dire l’ampleur de l’effort financier apporté par l’Etat en à peine trois quinquennats, dans la finalité de mieux sécuriser le pays en matière d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation par la mise en place d’un maillage structurant de systèmes hydrauliques. En 1962, le parc hérité de l’époque coloniale se limitait à 13 barrages d’une capacité de stockage de 454 millions de m3. De l’indépendance à 1999, trente ouvrages ont été construits, portant la capacité de mobilisation des eaux de pluie à 2,5 milliards de m3. Actuellement, 68 barrages sont en exploitation, à l’échelle nationale, d’une capacité de 7,1 milliards de m3. Les réserves emmagasinées, au 21 juillet 2013, s’élevaient à 5,4 milliards de m3. Ce qui représente un taux de remplissage de 78%. « 2012 a été une année exceptionnelle avec un pic d’apport pluviométrique. Nous sommes très à l’aise, si l’on se réfère aux années 2000, durant lesquelles l’Algérie a connu un stress hydrique énorme. Une dizaine de barrages étaient complètement vides et le reste remplis à moins de 50% », a rappelé M. Baraki. La consommation annuelle du pays en eau brute est d’environ 1,5 milliard de m3. Les volumes stockés, à ce jour, suffiront donc amplement pour trois années, même sans aucune chute de pluie de saison. Une perspective fortement improbable. « Nous sommes dans une situation confortable en eau de surface », a réitéré notre interlocuteur qui cite le dessalement de l’eau de mer, qui procure un quota supplémentaire de 900 millions de m3. « D’ici deux à trois ans, le programme fonctionnera à l’optimum. Nous puiserons moins des réserves de barrages », a-t-il ajouté. Malgré une conjoncture fortement favorable, l’ANTB ne freine pas la dynamique sur laquelle elle s’est placée depuis plusieurs années. Elle tend à augmenter davantage les capacités de stockage de la ressource en eau superficielle et à la préserver. A l’horizon 2015, vingt projets seront livrés. Il s’agit de 12 barrages d’une capacité de 1078,6hm3, de deux adductions d’une longueur de 315 kilomètres, de cinq transferts étendus sur 253 kilomètres et d’un tunnel long de 3,6 kilomètres. Par des opérations de désenvasement et de surélévation des barrages, l’Agence gagne en capacité de mobilisation des eaux de pluie. Ces actions ont conduit, à titre illustratif, à un gain de 70 millions de m3 au barrage Ghrib, de 7 millions de m3 à Béni Amrane et d’un million de m3 à Foum El Gueis. Des projets de même ordre sont envisagés à Bouhnifia et Foum El Gherza. L’ANTB s’est fixé comme objectif, sur instigation du ministère de tutelle, de dégager, durant le prochain quinquennat, 45 millions de m3 de vase. Les cadres de l’ANTB mettent en évidence, par, ailleurs les réalisations accomplies en matière des systèmes hydrauliques, notamment dans le segment transferts. « C’est un système unique. Peu de pays se permettent de transférer l’eau sur plus de 500 kilomètres. Cela relève d’un volonté politique », relève Ali Madani, directeur général adjoint. En 2001, l’Agence a pris en charge la mise en place de 24 transferts. Une quinzaine, d’une longueur de 710 km, est achevée. Sept transferts, d’une longueur de 561 km sont en cours de réalisation et deux autres (32 km) sont en lancement. Cinq systèmes sont considérés comme structurant au niveau régional. Le plus grand – celui de Béni Haroun – fournira à terme 504 millions de m3 à six wilayas (Batna, Khenchela, Mila, Oum-El-Bouaghi, Constantine et Jijel). Celui de Koudiat Acerdoun améliorera la couverture des besoins en AEP des populations de Bouira, Tizi-Ouzou, Msila et Médéa ainsi que l’irrigation de 19 000 ha des Issers et de la Mitidja. L’Agence assure, en outre, le suivi technique de vingt études de faisabilité de barrages, proposés à la construction pendant le prochain quinquennat (2014-2019), aussi bien que l’expertise et la validation des études des retenues collinaires.
L’Agence nationale des barrages et des transferts (ANBT) a été créée en 1985 par décret exécutif n° 85-163 en tant qu’établissement public à caractère administratif. Quelques années plus tard, elle change de statut juridique pour devenir entreprise à caractère industriel et commercial. Ses missions s’articulent essentiellement autour de la mobilisation de la ressource en eau pour l’AEP et l’irrigation ; des interventions d’auscultation et de contrôle technique et de l’entretien des ouvrages de mobilisation et des transferts ; des études techniques ; de la mise à jour de l’état des réserves d’eau exploitables et de procéder aux mesures périodiques de contrôle de qualité des eaux, dans le cadre de la gestion de la ressource en eau dont il a la charge…
S. B.



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