Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 117 - Nov 2018

Go

Hydraulique

Cap sur le renforcement et la scurisation de lAEP

Direction des ressources en eau de Constantine

Par Smail ROUHA



Si le problème de l’eau se posait, dans les années 2000 avec acuité dans toutes les villes d’Algérie, il l’était un peu plus dans la wilaya de Constantine en raison de sa climatologie et de son relief. Aujourd’hui, le problème ne se pose presque plus. En effet, l’alimentation quotidienne en eau potable a enregistré, ces dernières années, une nette amélioration dans la wilaya de Constantine, affirme Ali Hammam, directeur des ressources en eau de la wilaya de Constantine. Si, durant les années 1990, le débit distribué était de 121 000 m3/j, principalement des nappes de Boumerzoug, Hamma Bouziane et du barrage Grouz, ne contribuant qu’à 50% de la demande en eau, il est passé actuellement à 320 000 m3/j grâce aux efforts consentis par l’Etat durant les années 2000 à 2012 ou un montant de 25 milliards de dinars a été investi dans le secteur des ressources en eau. Ce qui a permis d’améliorer la situation de l’AEP, notamment depuis la mise en service du système Béni Haroun. Pour preuve, la dotation quotidienne en eau potable par habitant, dans la wilaya, est passée de 94 litres/jour en 1999 à 190 litres /jour actuellement, précise Ali Hammam, soulignant que cette évolution, tant en ville qu’en zone rurale, a été rendue possible grâce à la concrétisation de plusieurs projets ayant permis la mobilisation des ressources hydrauliques, le transfert d’eau à partir des barrages et l’extension du réseau d’alimentation. L’augmentation de la capacité de stockage des barrages en exploitation a également permis de renforcer la disponibilité en eau potable et à étendre la superficie des périmètres irrigués, selon le même responsable.
Tandis que le raccordement AEP est passé, pour la même période, de 78% à 96%. En outre, le même responsable indique que la wilaya de Constantine est, présentement,  couverte à 76%, soulignant que la généralisation de l’approvisionnement en H 24 de l’ensemble des communes, d’ici à 2014, est «l’une des missions prioritaires » des services de l’hydraulique de la wilaya. A Constantine-ville, le taux d’AEP en H 24, actuellement de 79 % atteindra les 100 % « dès la fin de 2014 » avec le parachèvement de plusieurs opérations en cours de réalisation, notamment la construction de 2 réservoirs d’une capacité globale de 100 000 m3, à Ali Mendjeli (El Khroub) et à la cité El Gammas (Constantine). Il y a lieu de rappeler que la longueur du réseau d’AEP dépasse les 2 000 km pour un réseau d’assainissement de 1200 km pour un volume d’eau rejeté de 254 944m3/j dont 34 176 m3/j épurés, alors que les 229 réservoirs d’eau potable ont une capacité de 218 000 m3. La wilaya de Constantine dispose de 67 stations de pompage d’eau potable et de 30 barrages en exploitation, d’une capacité globale de 35.000.000 m3. Pour les besoins de l’hydraulique agricole, la wilaya de Constantine dispose de 17 retenues d’une capacité totale de 7937 Hm3/j.

Un investissement de 35,5 milliards de dinars
Pour répondre aux besoins sans cesse croissant en eau potable, un investissement de l’ordre de 2 milliards de dinars dans le cadre du nouveau programme 2014, devant couvrir les besoins financiers de 8 opérations. Ces opérations viendront s’ajouter aux 33 engagées durant l’année 2013 pour un montant de 15,699 milliards de dinars. Ces programmes permettront d’améliorer la distribution d’eau potable( fréquence en plage horaire), l’amélioration des capacités de production et de stockage d’eau potable, l’amélioration du cadre de vie du citoyen par l’élimination des rejets à ciel ouvert et dans les cours d’eau ainsi que l’augmentation des capacités des réservoirs d’eau destinées à l’irrigation, précise le directeur des ressources en eau de la wilaya de Constantine. D’ailleurs, un programme visant à mettre fin aux coupures d’alimentation en eau potable et aux fuites d’eau dans plusieurs quartiers de la wilaya, plus fréquemment dans les communes à forte densité de population, a été récemment lancé.
D’autres actions de réhabilitation et de renouvellement des réseaux des centres urbains, comme Ain Smara, Ain Abid, Constantine et Khroub, y compris les nouvelles villes Ali Mendjeli et Massinissa, sont également au programme. Certes, les investissements engagés par les pouvoirs publics pour l’amélioration en eau potable ont permis l’amélioration des paramètres socioéconomiques, mais il n’en demeure pas moins que des efforts supplémentaires doivent être consentis pour satisfaire les besoins en eau des nouveau programmes d’habitations, à l’instar de l’extension de la Nouvelle Ville Ali-Mendjeli, ainsi que les communes et zones (sud et nord de Constantine) déficitaires et nécessitant un renforcement en ressources auxquelles il faudra ajouter les besoins des nouvelles zones industrielles projetées.  Pour répondre à ces besoins, la direction des ressources en eau de Constantine avait proposé, en janvier 2012, lors de la visite du ministre des Ressources en eau, l’inscription d’un projet d’envergure pour le renforcement et la sécurisation de l’AEP de la wilaya de Constantine pour un montant de 9,5 milliards de dinars. « Le projet consiste à la réaffectation de la ressource locale à partir de Boumerzoug et Hamma Bouziane et la projection d’une nouvelle conduite d’amenée à partir du barrage Beni Haroun (Nord) un nouveau couloir ave une station de traitement à Beni H’midène et passant par Hamma Bouziane ainsi qu’une station de refoulement vers Djebel Ouehche par la mobilisation d’un nouveau apport d’AEP de la wilaya de Constantine à l’horizon 2050», détaille Ali Hammam. L’objectif est d’atteindre un débit supplémentaire de 200 000 m3/j, la sécurisation de l’AEP, l’augmentation des capacités de stockages à travers la wilaya par des réservoirs de 10 000 à 100 000 m3 pour assurer une autonomie en cas d’incident de 48 heures à court terme et de 24 heures à long terme. Ce projet permettra également d’assurer une alimentation H24 de la wilaya et subvenir aux besoins en eau des projets des nouvelles habitations en cours de réalisation et projeter à long terme. Dans ce contexte, un nouveau barrage réservoir à Beni H’midène d’une capacité de 100 Hm3 est proposé dans le cadre du plan quinquennal 2015-2019. 

L’assainissement, l’autre priorité
D’autre part d’importants projets sont lancés par la SPA-Seaco dans le cadre de son plan de développement, notamment l’étude du schéma directeur d’assainissement ainsi qu’un schéma directeur d’eau potable sur la wilaya de Constantine à l’horizon 2040. La réhabilitation des réseaux d’AEP sur 140 km, la réhabilitation de la station de traitement de Hammam Grouz, la réhabilitation du champ captant de Hammma Zaoui et la réalisation d’une station de décarbonisation du champ captant de Hammam Zaoui, sont également au programme de la Seaco, révèle Ali Hammam. Dans le cadre du développement en matière d’assainissement et de protection contre les inondations, la wilaya de Constantine compte inscrire trois nouvelles stations de d’épuration (STEP) à Zighoud Youcef d’une capacité de 100 000 éq/hab, à la Nouvelle Ville Ali Mendjeli (260 000 eq/hab) et à El-Khroub (650 000 eq/hab). D’autres STP sont également proposées dans le cadre de la sauvegarde de l’environnement et de la préservation de la santé publique par l’élimination des risques sanitaires engendrés par les eaux usées traversant le tissu urbain de la ville de Constantine et la dépollution des cours d’eau de la wilaya. Comme il est prévu la mise en place de système d’épuration pour l’ensemble des communes de  la wilaya. Pour ce faire, quatre nouvelles STEP pour un montant de 9 milliards de dinars sont programmées à Ain-Abid (100 000 eq/hab), Ibn Badis (50 000 eq/hab), Beni H’midène (50 000 eq/hab) et à Ain Smara (100 000 eq/hab), dans le cadre du plan quinquennal 2015-2019. Ainsi, la réutilisation des eaux épurées a une place de choix dans l’extension de la surface irriguée. D’ailleurs, les études pour l’utilisation des eaux épurées dans l’irrigation de 200 ha à partir de la future STEP de la Nouvelle Ville Ali-Mendjeli sont entamées ainsi que l’étude de 20 autres retenues collinaires. En outre, 6 autres retenues collinaires par années sont proposées dans le plan quinquennal 2015-2019.

L’aménagement des Oued Rhumel et Boumerzoug
Dans le cadre de la manifestation «Constantine, capitale de la culture arabe 2015», une enveloppe de 4 milliards de dinars a été octroyée au secteur de l’hydraulique pour le financement de l’aménagement des Oueds Boumerzoug et Rhumel. Le projet revêt un intérêt capital pour la ville de Constantine qui souffre d’un problème récurrent de glissement de terrain, notamment à proximité des berges du Oued Rhumel. Les moyens dégagés permettront le calibrage de l’oued Rhumel sur le segment reliant ce cours d’eau à l’oued Boumerzoug sur une distance de 21 km.Ce calibrage, qui consistera, notamment à traiter les talus et à réaliser des berges en béton armé, permettra également de mettre fin aux problèmes de glissements de terrain qui affectent particulièrement les habitations situées près de ces deux oueds. Le programme  de développement du secteur de l’hydraulique donnera également lieu au traitement des rejets d’assainissement des oueds Rhumel, Boumerzoug et M’harouel (cité Boussouf, à Constantine). D’autres opérations de calibrage des oueds Stambouli, dans sa partie reliant les communes de Zighoud-Youcef et de Didouche Mourad, Zeghdoud à Hamma Bouziane et Begrat dans la commune d’Ibn Ziad sont en cours.
Dans le cadre de cette opération, des travaux de confortement des berges et de traitement des talus seront menés. L’essentiel des travaux d’aménagement de cet oued sera concentré aux abords du quartier Rahmani Achour (ex-Bardo). Le projet de réalisation du parc citadin au sein de la zone du Bardo, en plein cœur de la ville comporte un jardin botanique d’un linéaire de 2,2 km représentant le « Chemin des gorges » appelé aussi « chemin de l’eau » et l’aménagement de la rive droite de l’Oued Rhumel notamment en cascades et forêt. Ce qui valorisera  l’image urbaine de la ville et mettra à la disposition de ses habitants un véritable havre de verdure et de détente. S’étalant sur une surface de 65 ha, le parc se compose de trois zones. La première est réservée à l’exécution d’un jardin botanique. La deuxième, d’un linéaire de 2,2 km, représente le Chemin des gorges, appelé aussi Chemin de l’eau. La dernière parcelle de 7 ha, située sur la rive droite de l’oued Rhumel, verra un aménagement en cascades et en forêt. Ainsi, grâce au projet d’aménagement du Rhumel, il sera possible d’assurer un plan de prévention dans le cadre de la gestion des eaux, de garantir des espaces de repos et de loisirs sains et de prévenir la dégradation des patrimoines culturels, naturels afin d’assurer leur durabilité au même titre que la cascade artificielle à l’intérieur du jardin tropical du Bardo ainsi que d’autres installations hydrauliques à même de faire revivre le dynamisme et la santé sur l’ensemble de Constantine ; de faire des Oueds Rhumel et Boumerzoug des espaces sains et sûrs.
S. R.



Articles de la même rubrique

Du même auteur

Par Smail ROUHA

Les plus lus

L’Algérie avant tout
AMMAR KHELIFA.

Energie renouvelables
Par Farid HOUALI.

Télécharger version PDF

Version PDF

Special Wilaya D'Alger

Version PDF

Special Wilaya De Annaba

Version PDF

Special Habitat version PDF

Version PDF

Special Habitat (english version)

Version PDF