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N° 109 - Nov 2017

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Hydraulique

Un plan spécial inondations pour Alger

En visite de travail dans la capitale, Hocine Necib annonce

Par Farid HOUALI



Le 10 novembre 2001, de dévastatrices inondations alimentées par un violent orage ont dévalé, en flots puissants et continus, des hauteurs du quartier de Bab El Oued, tout le long de la route du Frais Vallon, emportant sur leur passage des centaines de véhicules et se soldant par la mort de plus d’un millier de personnes et de dizaines de disparus. Ce jour-là, les flots tumultueux descendant des hauteurs de cet important quartier d’Alger se sont scindés en trois puissants torrents charriant cadavres et matériaux divers et s’engouffrant avec violence dans des maisons avant de terminer leur course meurtrière dans la mer toute proche.
« Il y avait des centaines de corps, certains disloqués, flottant à la surface de l’eau », se souviennent encore certains témoins ayant vécu cette terrible tragédie. Afin de parer à de nouvelles catastrophes et d’éviter à cette région et ses zones limitrophes d’autres dégâts que pourraient causer les intempéries, le traitement des bassins versants et la correction torrentielle des oueds par des moyens mécaniques (gabionnage des lits et des berges), est  impératif. Hocine Necib ministre des Ressources en eau, qui effectuait une visite de travail dans la capitale, le 14 octobre courant, a d’ailleurs annoncé le parachèvement, d’ici à mars 2018, d’importants projets d’assainissement et de collecteurs pour la capitale, notamment le grand collecteur s’étalant de Bab El Oued à Baraki et qui «contribuera à arrêter définitivement les inondations ». « Les risques d’inondations qu’encourent les communes algéroises peuvent être jugulées à plus ou moins long terme », a en effet assuré Hocine Necib. Pour ce faire, il est notamment question, selon le ministre, de  la mise en œuvre de plusieurs collecteurs, dont le plus important est celui allant du quartier de Bab El Oued jusqu’à Sidi R’zine, dans la commune de Baraki. «Cet ouvrage, qui permettra la récupération des eaux usées et des eaux pluviales de plusieurs communes, est en cours de réalisation, avec un taux d’avancement de 50% » a encore dit le ministre des Ressources en eau qui a évoqué par la même occasion un autre collecteur, dont le projet est en cours d’étude. Ce dernier s’étalera jusqu’à la Pointe Pescade. « La  direction de wilaya de l’hydraulique, qui chapeaute ce dispositif préventif, se penche, depuis quelque temps, sur l’élaboration de ce projet en vue de protéger les localités rurales contre les risques d’inondation », a explicité Hocine Necib. Ce projet viendrait s’ajouter à d’autres en « étude » dans les communes d’Ouled Chebel, Birtouta et Tassala El Merdja, alors que d’autres seront lancées dans les communes des Eucalyptus et Sidi Moussa. Aussi faudrait-il le souligner, la Direction des forêts et de la ceinture verte de la wilaya d’Alger a élaboré un programme d’intervention par des actions de stabilisation et de confortement des terrains, de maintien des terres, de réception des eaux de pluie et leur écoulement. Cette opération prévoyait le traitement de dix oueds répartis sur quatre communes à savoir, Oueds Deux-Moulins, Oueds Puits des Zouaves, Oueds la Vigie, Oued Rejel El Affroun, Oued Grand Rocher II et Oued Belvédère. La même opération concerne aussi Oued Cimetière, Oued Scotto Nadal, Oued Belvèdere affluent Ouest et enfin, Oued Rdjel El Affroun affluent Est. Le traitement  des lits et berges d’oueds par gabionnage  entrant dans le cadre de la réduction de la vulnérabilité de la zone urbaine de Hammamet, Rais Hamidou, Oued Koriche et Ain Benaine , a permis d’atténuer  les effets des crues torrentielles en canalisant les eaux pluviales ainsi que la protection des sols contre les glissements de terrains. La consistance de cette opération, porte sur l’étude et le suivi, le gabionnage  des  lits  d’oueds, le gabionnage  des berges  d’oueds, le géotextile ainsi que la plantation forestière. Par ailleurs, la Direction des forêts et de la ceinture verte de la wilaya d’Alger a élaboré un programme d’intervention par des actions de stabilisation et de confortement des talus, de maintien des terres, de réceptions des eaux de pluies et leur écoulement.  Afin de parer à des nouvelles catastrophes et d’éviter à ces impacts et ses zones limitrophes d’autres dégâts que pourraient causer les intempéries, tels que les affaissements et éboulés des talus, le traitement des talus est impératif par gabionnage en assurant la protection et la contribution à l’embellissement du site. Cette opération prévoit le traitement de cinq talus à travers six commune, talus d’El Achour (cote rocade sud), talus de la radiale des Annassers, site Triolet, talus Sidi Yahia et le talus de Ouled Fayet.

La problématique du rejet des eaux usées résolue à l’horizon 2020
Lors de sa visite de travail dans la capitale, le ministre des Ressources en eau, Hocine Necib, a assuré que la problématique de rejet des eaux usées dans le milieu naturel, notamment en mer, à Alger sera résolue à l’horizon 2020. « A l’horizon 2020, aucune goutte d’eau usée n’ira en mer ou dans tout autre milieu naturel, et ce par souci de préserver l’environnement et les eaux sous terraines et de protéger la santé des citoyens », a en effet affirmé le ministre relevant que  cet objectif « stratégique » sera concrétisé grâce aux projets de grands collecteurs et aux stations d’épuration d’eaux usées, notamment la station de Zeralda qui sera réceptionnée fin 2017, l’extension de la station de Reghaia, la mise en service de la station de Beni Messous et l’extension de la station de Baraki. Pour ce faire, le premier responsable du département des Ressources en eau a exhorté  les entreprises en charge de la réalisation de stations d’épuration et de grands collecteurs à « adapter leurs programmes en fonction de cet objectif ».  Accompagné du wali de la wilaya d’Alger, Abdelkader Zoukh, le ministre a inspecté le projet d’un collecteur d’eaux usées s’étendant de la Sablette à Caroubier sur une longueur de 2,6 km et devant être réceptionné en mars 2018.  Ce projet s’inscrit dans le cadre de la réalisation de la « ceinture de sécurité » qui vise à protéger la capitale des risques d’inondations conformément au plan d’orientation portant tous les projets structurants pour faire face à ce phénomène. Cette ceinture comprend cinq projets de pose de collecteurs d’eau allant de la commune de Rais Hamidou à Caroubier en passant par Bologhine, Bab El Oued et Tafourah. Ces collecteurs seront ensuite reliés à la station d’épuration des eaux usées de Baraki.

L’aménagement d’Oued El-Hararch en phase finale
Le ministre des Ressources en eau a également inspecté les projets d’aménagement d’Oued el Harrach et Oued Ouchayeh, sachant que les oueds sont l’une des causes principales des inondations à Alger. Concernant le projet d’aménagement d’Oued El Harrach, Hocine Necib a révélé que le taux d’avancement des travaux a atteint 76%, ajoutant que le projet devrait être livré en juin 2018. Le ministre a annoncé en outre le lancement des travaux d’assainissement des eaux de oued à travers deux chantiers en attendant l’ouverture prochaine d’un troisième, ce qui permettra une transformation progressive de l’oued en espace navigable. Il sera question également d’injecter les eaux assainies à la station de Baraki, dans oued el Harrach au niveau de Bentalha à raison de 90.000 m2/jour. Outre «sa dimension environnementale et sa capacité de contenir la problématique des inondations, le projet de Oued el Harrach a permis l’aménagement de près de 140 hectares dont une partie sera réservée aux opérateurs économiques pour la réalisation de projets touristiques, hôteliers et de loisirs», a fait savoir le ministre notant qu’il s’agit de 156 unités qui déversent des eaux polluées dans Oued el Harrach, réparties sur quatre zones industrielles dont 56 ont été soumises à l’obligation d’effectuer un prétraitement des eaux au niveau de leurs unités industrielles.  En contrepartie, 24 entreprises ont refusé de s’y conformer, tandis que le reste des entreprises mettent en place les équipements nécessaires à l’opération. Selon le ministre, les entreprises concernées ont été mises en demeure, affirmant que les pouvoirs publics «n’hésiteront pas à appliquer la loi». Plusieurs actions ont été menées pour l`assainissement d`oued El Harrach qui était le «réceptacle» de toutes sortes de déchets y compris les déchets solides et les rejets industriels. Une première opération appelée « opération jasmin» a été menée avec l’introduction d’un gel désodorisant pour atténuer l’odeur nauséabonde au niveau de l`embouchure de l’oued. Un travail de fond a été entamé parallèlement, par la prise en  charge de tous les rejets domestiques par une station d`épuration à Baraki pour améliorer sensiblement la qualité de l’eau dans l’oued. La wilaya d’Alger a aussi «pris sur ses épaules» la problématique des rejets industriels tout en sensibilisant les entreprises afin qu’elles se munissent de stations d’épuration et traitent leurs rejets industriels avant de les jeter dans l’oued.  Avant même son achèvement total, Oued El Harrach attire d’ores et déjà un intérêt particulier de plusieurs investisseurs qui ont manifesté leur désir d`investir dans ces espaces, Cet  oued deviendra certainement un pôle d’attraction et de loisirs et surtout un pôle  économique d`exception.  Les différents aménagements qui ont été réalisés entraîneront forcement un grand intérêt de la part des différents investisseurs. Ces investissements seront pris en charge par la wilaya d`Alger en partenariat avec les investisseurs dont un nombre d`entre eux se sont déjà  manifestés avant même la fin de ce projet.

F. H.



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