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N° 120 - Avril 2019

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Energie

Sonatrach se lance dans l’offshore

Conformément à sa stratégie SH 2030

Par Smail ROUHA



« Notre groupe Sonatrach doit impérativement réussir son entrée dans le XXIe siècle et l’implémentation de «SH 2030 » la propulsera sans aucun doute parmi les entreprises pétrolières les plus performantes, et nous en avons les moyens », estimait Abdelmoumen Ould Kaddour, président-directeur général du groupe Sonatrach. Afin de mener à terme ce projet, Sonatrach a adopté une stratégie basée, entres autres, sur un nouveau processus de développement des capacités du groupe aussi bien en amont qu’en aval. Parmi les objectifs de la SH 2030, le développement des ressources offshore en Méditerranée sur 100 000 km2 de surface.  D’ailleurs, Sonatrach devrait entamer la prospection offshore cette année avec un premier forage prévu durant le deuxième semestre de l’année en cours. C’est ce qu’a annoncé le groupe pétro-gazier à Houston lors de la XIIe édition du Forum algéro-américain sur l’énergie. Le site ciblé pour ce premier forage a été révélé. Il est délimité au large de la côte Est entre Béjaïa et Skikda. « On va bientôt avoir la première exploration forage pour l’offshore. C’est très intéressant pour nous. C’est certain, il y a du potentiel. D’après les études préliminaires, il y a de très bonnes perspectives.  Maintenant, il faut qu’on attende encore de voir. Mais je pense que dès l’année prochaine, on commencera à faire les premiers forages », affirmait Abdelmoumen Ould Kaddour, P-DG de la compagnie nationale des hydrocarbures Sonatrach, lors d’un point de presse tenu à l’issue de la présentation du rapport annuel de l’Organisation des pays exportateurs du pétrole (Opep) sur les perspectives mondiales du marché pétrolier. Pour l’Algérie, ces nouveaux forages sont devenus plus qu’une alternative au pétrole extrait sur la terre ferme (onshore). En effet, la hausse récurrente du brut et les avancées technologiques dans le domaine de l’exploitation en mer offrent plus de possibilités et de marges aux compagnies pétrolières. Pour ce faire, le groupe Sonatrach, en difficulté en matière d’exploration, tente en fait de susciter l’intérêt des grandes entreprises américaines dont certaines sont connues pour leur savoir-faire dans les technologies marines.

Ainsi, l’acquisition des données sismiques 2D et 3D sera achevée au premier semestre en cours, alors que les volumes associés à ce premier puits sont estimés à plusieurs trillions de mètres cubes de gaz biogénique, a indiqué Youcef Khanfar, directeur des nouvelles ressources au groupe Sonatrach, lors d’une session du forum consacré au potentiel offshore en Algérie. Salah Mekmouche vice-président amont du groupe Sonatrach, précise que le bateau qui va mener la campagne sismique marine au large de Béjaïa et Skikda va arriver de Malte au plus tard fin mars. L’interprétation des données sismiques récoltées prendra, quant à elle, trois mois. La côte ouest du pays est aussi susceptible de contenir du pétrole, avec une extraction prévue à plusieurs millions de barils pour le premier puits qui sera foré dans cette région du pays. Youcef Khanfar a précisé que l’analyse des données sismiques 2D de la côte est suggère une similitude entre ces réserves et le méga gisement offshore, de Zohr découvert en Egypte. Evalué à près de 30 trillions de mètres cubes de gaz, le gisement de Zohr, devrait permettre à l’Egypte de répondre à une bonne partie de ses besoins en gaz sur plusieurs décennies. Ce méga gisement devrait redonner une indépendance gazière à l’Egypte et la placer au cœur du hub gazier de l’est de la Méditerranée. Selon Abdelmoumen Ould Kaddour, l’ensemble des partenaires actuels de Sonatrach comme Anadarko (Etats-Unis), Total (France), Eni (Italie) et Statoil (Norvège) « sont intéressés à se joindre à Sonatrach pour pouvoir développer l’activité du forage en offshore en Algérie ». Actuellement, la prospection des littoraux est et ouest est menée en partenariat avec le Français Total et l’Italien Eni. Pour rappel, Sonatrach a signé en octobre 2018 deux accords avec les groupes pétroliers français Total (Zone d’intérêt ouest sur une superficie de 9.336 km2) et italien Eni (Zone d’intérêt est sur une superficie de 14.965 km2) en vue d’évaluer les éventuelles ressources pétrolières offshore en Méditerranée. Les accords signés à Alger concernent l’exploration et l’évaluation du potentiel pétrolier du bassin offshore algérien dans ses parties orientales et occidentales. Ils portent sur « l’acquisition de données sismiques 3D, le traitement sismique et leurs interprétations », selon un communiqué de Sonatrach. L’Algérie, qui tire 60% de ses ressources budgétaires et 95% de ses ressources en devises du pétrole, cherche à enrayer le déclin de sa production. « Ensemble, avec Sonatrach et Total, nous allons avoir l’opportunité d’explorer les eaux profondes du offshore algérien, une zone virtuellement inexplorée, où Eni pourra apporter son expérience en Méditerranée orientale et sa panoplie de technologies avancées d’exploration », a déclaré le PDG d’Eni Claudio Descalzi, selon un communiqué de l’entreprise italienne. Tandis que Patrick Pouyanné, PDG de Total, a précisé que son groupe « apporte sa technologie, son savoir-faire » en vue d’identifier les potentialités, puis de forer avec le groupe ENI deux puits, respectivement, à l’est et à l’ouest du pays. Voulant tirer le meilleur parti des ressources qu’offre la Méditerranée, et du potentiel hydrocarbure plus précisément, l’Algérie a délimité un territoire sur lequel elle exercera sa souveraineté, au-delà des eaux territoriales afin de développer l’exploration et l’exploitation du pétrole et du gaz en offshore. Dans ce sens une Zone économique exclusive (ZEE) a été instituée au large des côtes algériennes qui permet à l’Algérie d’y exercer ses droits souverains et sa juridiction conformément aux dispositions de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982, notamment sa partie V. La ZEE en question concerne l’espace maritime allant de la zone frontalière du Maroc, à l’ouest de l’Algérie, jusqu’à la zone frontalière de la Tunisie, à l’est du pays. Cette action vise à promouvoir le secteur de la pêche mais surtout à explorer le gaz et les hydrocarbures.   « D’après le droit de la mer, une ZEE est un espace maritime sur lequel un Etat côtier exerce des droits souverains en matière d’exploration et d’usage des ressources. Elle s’étend à partir de la ligne de base de l’Etat jusqu’à 200 miles marins (environ 370 km) de ses côtes au maximum. Au-delà, il s’agit des eaux internationales », précise le décret.

 

S. R.

 



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