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| Le cheikh des chouhada du Khroub |
| Ammar Djeffal dit « Ammar Laazizi » |
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Si Ammar Djeffal est né en 1909 au douar Ouled Aziz, dans la région de Karouiya au sein d’une modeste famille d’agriculteurs. Il fait ses premiers pas à l’école coranique du village. Adulte, il complétera ses connaissances à la zaouïa Hamlaouia fondée au XVe siècle. De ce pôle du savoir, point de rencontres de uléma de renom venus des quatre coins du pays et de la Zitouna de Tunis, il reçoit un enseignement religieux. Le fiqh, la foi, le hadith, l’exégèse, la langue, la grammaire et la syntaxe sont autant de thèmes dans lesquels il excellera. En 1940, il s’installe à El Khroub, y ouvre un magasin et intègre les rangs de l’Etoile-Nord africaine puis du Parti du peuple algérien (PPA) jusqu’aux massacres de mai 1945. Il est arrêté et emprisonné une première fois à Constantine pour « activités subversives ». Cette arrestation ne fait que consolider sa détermination à poursuivre son combat. Et c’est ainsi qu’il ira grossir les rangs du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD) jusqu’en 1953. Au lendemain du déclenchement de la guerre de libération, il sera chargé de coordonner les actions entre les dirigeants du FLN et la base militante d’El-Khroub. Lors de la grève générale des 8 jours en 1956, le rôle prépondérant qu’il a à jouer pour le respect du mot d’ordre de grève par les commerçants lui vaut d’être à nouveau arrêté. Relâché dans un piteux état, il décide d’aller rejoindre l’un de ses proches en France, mais garde le contact avec le pays d’où il reçoit par l’intermédiaire de son frère Tayeb des informations codées en chaoui. A l’automne 1956, aidé par de jeunes Algériens enrôlés par l’armée française pour le service militaire obligatoire, il parvient à prendre possession d’une importante quantité d’armes d’une caserne militaire, connue sous le nom de caserne des Sénégalais, qu’il fait parvenir aux moudjahidine de la région d’El Héria. Arrêté, torturé de nouveau, il est relâché faute de preuves, ce qui ne l’empêchera pas de défier une seconde fois l’occupant en soutenant une autre grève. Si Ammar Laazizi est arrêté une troisième et dernière fois et remis aux mains des services du 2e bureau dirigé par le tristement célèbre sous-lieutenant Guy Serra. Après sa mort, son domicile sera mis à sac et sa famille molestée. Le nom de Si Ammar Laazizi aurait été lâché sous la torture par un des membres d’une cellule militante du faubourg d’El Khroub, dont la majorité a été exécutée■ Ce témoignage a été tiré du recueil Aperçu succinct sur le parcours d’un martyr de la lutte de libération nationale cheikh chouhada du Khroub, le martyr Si Ammar Djeffal dit « Si Ammar Laazizi» (1909-1957), écrit par Mohamed Gourmat et Mohamed-Lamine Bestami. Les deux auteurs invitent les chercheurs à faire sortir de l’anonymat les nombreux chouhada et moudjadine dont l’héroïsme et les sacrifices restent à ce jour méconnus ■ | |
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