Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 106 - Juil 2017

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Sport

« Mettre le sport au service du développement harmonieux de l’Homme »

Mustapha Berraf, président du Comité olympique algérien

Par Leila BOUKLI



Lové au sein d’un parc bien entretenu du quartier de Ben Aknoun, sur les hauteurs d’Alger, l’édifice abrite le Comité olympique algérien, considéré par les pouvoirs publics et le mouvement sportif national et international, comme étant la plus haute autorité morale du sport algérien. Nous y sommes attendus par Mustapha Berraf. Pour atteindre son secrétariat, nous traversons un hall, où trônent entre autres les photos en médaillon de nos différents champions olympiques toutes disciplines confondues et à l’entrée, à même le sol, celle du baron Pierre de Coubertin, fondateur du CIO. Nous entrons de plain-pied dans une immense salle de réunion. Là, faisant face à un tableau représentant, un lion – message subliminale rappelant les qualités que doivent avoir les athlètes de haut niveau : grâce, puissance, noblesse, force –, les portraits des différents présidents, certains élus d’autres désignés, dont celui de notre hôte, Mustapha Berraf.
Souriant, il nous accueille avec la simplicité des grands. Nous remarquons sur les murs, mis à part le portrait du chef de l’Etat, ceux de Juan Antonio Samaranch, cet ami de l’Algérie à Mombassa en 2001, et de Jacques Rogge, deux présidents du COI, posant avec lui. Au premier coup d’œil, de par sa stature, on s’aperçoit que c’est un ancien athlète en basketball. Il est vrai qu’à seulement 16 ans, alors qu’il faisait partie du club de l’ASPTT, il est appelé à intégrer l’équipe nationale. A 20 ans, il se distingue en devenant le 4e meilleur marqueur au championnat d’Europe de 1974 ; il sera sélectionné en équipe continentale. Il a de plus, un diplôme d’entraineur 3e degré de la Fédération internationale de basketball de haut niveau. Il devient, basketteur international de 1971 à 1984, président de la Fédération algérienne de basketball pendant trois mandats consécutifs. Il a été élu président du Comité olympique algérien pour trois mandats en 1996-1998, 2001-2004 et 2005-2009 et réélu président du Comité olympique et sportif algérien, en mars 2013 à ce jour.
Il occupe aussi actuellement le poste de premier vice-président de l’Association des comités nationaux olympiques d’Afrique (ACNOA), chargé du règlement des conflits et des relations internationales et est membre depuis 2014 du Conseil exécutif de l’Association des comités nationaux olympiques (ACNO). Une composante du monde du sport, provenant d’horizons divers que son côté relationnel a mis à profit pour faire bénéficier l’Algérie des votes des pays amis de la Méditerranée.
Nous rappellerons qu’en 2018, notre pays va abriter les Jeux africains de la jeunesse et qu’Oran sera chargé d’organiser les jeux méditerranéens en 2021. Mustapha Berraf est titulaire de l’Ordre du mérite de l’ACNOA, de l’ACNO et du CIO, il est aussi Citoyen d’honneur de plusieurs villes dont Oran. Grand esprit sportif, malgré ses succès, il n’a pas la grosse tête, bien au contraire et s’attelle à véhiculer les valeurs olympiques, autrement dit inculquer cette philosophie de vie exaltant et combinant en un ensemble équilibré les qualités du corps, de la volonté et de l’esprit. Alliant le sport à la culture et à l’éducation, l’olympisme se veut créateur d’un style de vie fondé sur la joie dans l’effort, la valeur éducative du bon exemple et le respect des principes d’éthiques fondamentaux universels. C’est ainsi qu’il lutte contre le dopage ; s’attelle à former par élaboration entre autres, d’un programme de perfectionnement afin, dit-il, de répondre aux grands défis du sport mondial. Il a beaucoup travaillé pour mettre à la portée du grand public les exploits des athlètes en participant à la création du Musée du sport et de l’olympisme à Alger.
Homme déterminé, d’une énergie débordante, il ne fait pas moins de 12 à 14h de travail quotidiennes. On lui doit, nous disent certains de ses collaborateurs, la santé financière actuelle du COA.
« Le sport c’est du management et de la gestion », avance ce diplômé de commerce international.
Ouvert, moderne, homme de son temps, ce père de deux enfants, se bat pour que les femmes aient des quotas au niveau des fédérations. Depuis son arrivée, nous dit-on, il y a 14% de femmes dans la composante de l’AG, intégrée par cooptation et élection.
Il est donc l’initiateur de leur insertion à l’assemblée générale du COA, ce qui s’est concrétisé par la présence en tant que membre de l’exécutif de Hassiba Boulmerka et de Benida Merah Nouria, dont il est très fier. « Nous sommes le seul exécutif à avoir deux championnes olympiques en tant que membres. »
Très proche des autres, il dit aimer les athlètes qui le lui rendent bien. Lors de notre entrevue, nous en avons rencontré certains venus simplement lui rendre visite. Des aboiements nous surprennent. C’est son chien Sam, un malinois athlète aussi dans le genre canin puisque c’est l’un des plus grands coureurs de sa catégorie. « Le meilleur ami de l’homme » s’exclame-t-il le caressant.
L’année passée a été décrétée par l’AG du Comité olympique comme année pour la promotion de la femme par le sport. Il ne laisse pas passer l’occasion et fait réaliser un spot, qu’il nous montre, concernant la violence contre les femmes avec les fonds propres du comité olympique. On y voit une jeune femme en larmes, les yeux au beurre noir, pleines d’ecchymoses et un champion de boxe à la mine rébarbative, interpeller l’auteur de ce massacre en lui disant : « Allé, viens me frapper à moi ! »

Son enfance et sa famille
La famille Berraf est originaire d’Alger où est né un 21 février 1954 Mustapha qui grandi entouré des siens, dans le quartier du Champ-de-Manœuvre. Très proche de sa famille maternelle, lui qui vient au monde, l’année du déclenchement de la révolution, se souvient, quelque peu ému que cette maison familiale, du côté maternelle, une ferme pleine d’animaux, sise à Fort-de-l’eau, dont il garde de merveilleux souvenirs d’enfance, abritait l’hôpital souterrain de l’ALN. Son oncle Daoud Aissa dit Si Ali est un ancien chef de groupe des résistants du commando Ali Khodja. Tous deux sont tombés au champ d’honneur un 11 octobre 1956. Quant à son cousin Mohamed Daoud, champion de boxe présent le jour de l’attaque, blessé, il arrive à s’évader. Rattrapé, il est mis en prison dans une des geôles aménagées au sein même de l’hôpital Mustapha, mais de là aussi il s’évade, pour prendre le maquis. En mars 1962, il décide de venir voir sa femme, espagnole, et ses deux enfants. L’OAS le crible de balles. C’est dans ce climat patriote, qu’est élevé à Alger, le jeune Mustapha. Il y fait tout son cursus scolaire étayé par des titres de champion, cadet, junior, senior. Il a été champion d’Algérie scolaire cadet au CEM Sékou-Touré de Sidi M’Hamed ; champion Junior lors de la Coupe d’Algérie au lycée Abane-Ramdane ; champion d’Algérie universitaire avec UMC contre les Sciences économiques.
Très jeune, il développe donc des aptitudes certaines pour le sport, mais fera cependant des études supérieures en Commerce international à l’Institut national des sciences commerciales de Ben Aknoun, obtient un DES de l’Ecole supérieure en marketing et gestion de Bruxelles et un diplôme en assurance et réassurance. Il est néanmoins, titulaire d’un 3e degré Haut niveau CIO/FIBBA en basketball.
Mustapha Berraf a une longue carrière derrière lui. Il a occupé plusieurs hautes fonctions. Député RND à l’Assemblée populaire nationale de 2002 à 2012, consultant pour le Conseil national d’étude et d’analyses pour la population et le développement de 1998 à 2001, il est parallèlement inspecteur au Ministère du tourisme et de l’artisanat; président de l’Association nationale des supermarchés : directeur général adjoint et cadre supérieur de l’Office national du lait de 1975 à 1981 ; directeur général de l’Office du Complexe olympique de 1992 à 1994, directeur général des résidences d’Etat et de l’Entreprise de gestion touristique (EGT) de Club-des-Pins de 1994 à 1996.
Aujourd’hui, il a démissionné de toutes ses fonctions électives politiques et vit de sa retraite de député.  « Le sport je le fais par esprit de bénévolat et de volontariat ».
Son challenge, refonder le sport algérien au niveau des fédérations ayant des potentialités, afin de répondre aux grands défis du sport mondial mais aussi, sa grande ambition est de mettre le sport au service du développement harmonieux de l’Homme en vue de promouvoir une société pacifique, soucieuse de préserver la dignité humaine, comme prôné dans la charte du CIO.
 
L. B.



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