Après les actions de fond entreprises pour mettre notre police au diapason des grands corps de sécurité dans le monde moderne, nous avons donc choisi, dans le souci de modernisation des mentalités, de créer la police de proximité afin de la faire participer au grand redressement national par des contacts fructueux avec les populations, premières concernées et bénéficiaires de la lutte contre la petite criminalité par les corps de sécurité. Cette police de proximité, laborieusement mise en œuvre, a eu à lutter contre les inerties du corps de la police puis, progressivement a gagné en maturité devant les premiers résultats enregistrés sur le terrain. Nos succès, constats et résultats, nous ont fait adopter un adage : « Le citoyen est la base de la sécurité, la police n'en est que l'instrument. » L'apport massif de la femme policière a été décisif, car le corps de la police a pu bénéficier de toutes les qualités de notre gent féminine, déjà connue pour sa rigueur, son engagement et son esprit de sacrifice durant la guerre de libération. Les programmes donc d'action de la Sûreté nationale, favorisés par des formations adaptées, des recrutements sélectifs et l'engagement des cadres de la Sûreté nationale à cette nouvelle vision de leur rôle dans l'instauration d'une société moderne « sécurisée », nous ont permis de devenir un exemple dans le monde arabe et même pour les pays qui passaient pour être en avance dans la modernité. La femme policière s'est imposée, je peux le dire, par son travail, son sérieux et son efficacité. Elle a fait honneur aux chahidate et aux moudjahidate qui ont été les premières à applaudir cette initiative.
La modernisation de la Sûreté nationale a été également une action d'envergure dans les préoccupations du ministère de l'Intérieur, d'autant que les résultats attendus ne pouvaient être acquis que par les acquisitions et l'utilisation des techniques scientifiques pour les investigations policières et pour l'administration de la preuve devant les tribunaux. Ces avancées dans la science et la modernité ont, du même coup, ôté toute occasion ou motif d'utilisation de la brutalité pour l'obtention des aveux auprès des individus arrêtés pour des raisons de crimes et délits. C'est ainsi que très rares sont les cas ou des délinquants ou suspects arrêtés se plaignent d'avoir subi des violences dans nos structures opérationnelles.
Les associations des droits de l'homme sont là pour témoigner après visite inopinée de nos structures opérationnelles ou auditions des délinquants traduits devant nos juridictions.
La modernisation suit un rythme rapide pour acquérir toutes les techniques en vogue dans les structures des polices modernes. Cette modernisation facilite les grandes actions de la Sûreté nationale que ce soit les actions préventives, offensives ou celles des analyses et des actions de prospective. En outre, nos cellules de veille sont à l'affut de toute nouveauté susceptible de faciliter les actions de la Sûreté nationale.
Je terminerai pour conclure par un adage typiquement algérien :
« Si tu veux garantir une année, plante du blé.
Si tu veux garantir une décennie plante un arbre.
Si tu veux garantir un siècle, forme un homme .»
Ali Tounsi
Cet article, écrit par le défunt directeur de la Sûreté nationale, le colonel Ali Tounsi dit Si Ghouti, devait être publié en ouverture d'un dossier consacré à la police de proximité.
Le titre initial de l'article était « Le mot de la fin ». Le directeur de publication d'El Djazaïr.com, Ammar Khelifa, avait suggéré au défunt de changer de titre, en proposant : « La police de proximité au service des citoyens». L'argument avancé par M. Khelifa est que le DGSN aurait d'autres « mots et messages » à faire passer dans le magazine qui s'intéresse de près aux changements opérés au sein de cette institution depuis une décennie. Le défunt accepta, non sans défendre le premier titre, en disant que c'est le mieux indiqué. Nous reproduisons l'article en question avec le titre initial « Le mot de la fin…» ■