Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 121 - Juin 2019

Go

DGSN

Marc Pasotti, commissaire divisionnaire, attaché de sécurité intérieure (ambassade de France en Algé

« L’observation objective de l’évolution de la DGSN et des impulsions données par son patron correspond parfaitement aux standards d’une police moderne. »

Par Leïla Boukli



Dans l’ entretien qu’il accordé à El Djazaïr.com, Marc Pasotti, commissaire divisionnaire, attaché de sécurité intérieure à l’ambassade de France à Alger, revient sur la récente visite à Paris du général-major Abdelghani Hamel, directeur général de la Sûreté nationale, à l’invitation de son homologue français, Frédéric Pechenard, directeur général de la police nationale française (DGPN), invitation remise à la faveur de la visite de Claude Guéant, ministre français de l’Intérieur, en Algérie. « Très sincèrement, notre souci est de valoriser nos relations ; valoriser la police algérienne, parce que tous les efforts accomplis par cette police, ses cadres et le directeur général de la sûreté nationale, méritent d’être connus, notamment chez nous, en France. Pourquoi je vous dis cela, parce que tous les partenaires de nos services que je sollicite pour la coopération se trouvent à Paris. Il s’agit donc de leur faire comprendre dans quel sens vont la sûreté nationale et la gendarmerie d’ailleurs. » Marc Pasotti parle d’échanges positifs dans les axes de discussions, tout comme de la convergence des préoccupations. Il se dit heureux d’être en Algérie, parle de conditions de travail optimales, voire extraordinaires. Il évoque, au passage, l’expérience incontestable de l’homme, son charisme en plus, sa vision stratégique, sa capacité d’écoute, son humanisme, sa volonté d’élargir l’horizon intellectuel de ses cadres en leur donnant une vision de sciences politiques de leur environnement en matière de sécurité. Et raconte : «M. Hamel, entouré du personnel de protection et de conduite, a pris la peine, une fois sa visite terminée, de remercier et de saluer tous le monde. Cela dénote beaucoup de choses et renseigne sur la personnalité de l’hôte. »

 

Parlant de lui et de sa mission en Algérie, Marc Pasotti dit : « Je suis arrivé le 9 septembre el Algérie, et depuis je suis à ce poste d’attaché de sécurité intérieure. Dans ce cadre, ma mission est de préserver, d’accroître si possible la coopération entre les principaux piliers du ministère de l’Intérieur, dans le domaine de la sécurité intérieure. Je dis pilier, parce que non seulement vous avez la DGSN, la sûreté nationale, vous avez la police, mais également vous avez la sécurité civile, équivalent chez vous de notre Direction générale de la Protection civile (DGPC), et bien sûr la gendarmerie. En France, depuis peu, la gendarmerie est placée sous tutelle du ministère de l’Intérieur, alors qu’ici, en Algérie, la gendarmerie, comme en France à l’époque, dépend à 100% de la Défense nationale ; d’où l’originalité, c'est-à-dire que mes interlocuteurs sont tantôt au ministère de l’Intérieur, tantôt au ministère de la Défense et c’est ce qui explique pourquoi mon adjoint est un colonel de gendarmerie française. Ce qui nous permet de travailler en binôme sur tous les tableaux. »
Abordant le volet de la coopération entre les corps constitués algériens et français, l’attaché de la sécurité intérieure français relève que « cette coopération est importante. Elle était importante avant même que je n’arrive. C’est une coopération soutenue et ancienne. Pour ce qui est de la DGSN, l’accord entre les deux polices, qui date de 2003, est à moderniser. Cette proposition émane d’ailleurs du Directeur général de la Sûreté nationale. C’est pour lui apporter, peut-être, un complément sur certains volets. On a idée de tout moderniser. Pourquoi ? Parce que l’observation objective de l’évolution de cette DGSN et des impulsions qui sont données par son patron correspond parfaitement aux standards d’une police moderne. On peut citer par exemple toutes les communications et autres dispositions qui ont été prises pour améliorer la relation police-population. Cela est perceptible non seulement dans les mots, mais également sur le terrain. Et cela a été perçu à Paris dans les échanges avec le directeur général ».
Pour que les conversations soient axées au-delà de la gestion démocratique des foules, Abdelghani Hamel a rendu visite non seulement à son homologue, mais aussi à plusieurs services. Il a été reçu à la préfecture de police par le préfet Michel Gaudin, Christian Lambert, préfet du département de la Seine-Saint-Denis. Des échanges positifs ont eu lieu sur la prévention, la neutralisation, le désamorçage en amont des ferments de violence par la négociation, le dialogue, sur les autres stratégies qui permettent le maintien de la cohésion sociale, l’emploi, l’aide sociale, les associations, le tissu urbain, l’action policière urbaine dans la ville, la reconquête pacifique de certains territoires par les patrouilles… « La délégation algérienne a été intéressée par ce qui a été dit, parce que ça allait dans le sens de la politique suivie», souligne le commissaire divisionnaire Pasotti.
Les droits de l’Homme, souvent évoqués par les deux directeurs généraux, ne sont pas en reste. Dans la continuité de cet échange et lors d’une démonstration de gestion démocratique des foules, le grand souci du DGSN est le désamorçage des conflits dans l’espace public, les moyens mis en œuvre pour éviter l’usage de la force et la capacité des forces de l’ordre à subir, sans réagir à la provocation.
Marc Pasotti fait remarquer à ce sujet que, pour Abdelghani Hamel, l’efficacité de cette police dépend de son éducation. Il souligne la volonté basique du DGSN d’accroître la durée de la formation et le nombre des formations spécifiques pour s’adapter à la criminalité, toutes formes confondues. Le DGSN a un défi à relever : faire passer le nombre de policiers de 178.000 à 220.000, à l’horizon 2014. « A noter que l’Algérie a l’outil pédagogique adapté pour faire face à cette formation continue des nouveaux recrutements, alors qu’en France absorber un tel nombre de nouveaux venus est impensable, vu le nombre d’infrastructures existantes dans l’Hexagone », nous dit notre interlocuteur.
En Algérie, l’outil pédagogique, les infrastructures d’enseignements, dit-il,
sont adaptés pour faire face non seulement à la formation continue des personnes déjà recrutées, mais aussi à la formation des nouveaux venus.
La présence aux côtés de Abdelghani Hamel, du directeur des enseignements et des écoles, démontre que la formation est aussi une priorité fondamentale de la modernisation de la DGSN qui a la volonté d’élargir l’horizon intellectuel de ses cadres. Elle forme ses hommes à d’autres matières que les méthodes classiques de sécurité, en un mot, elle leurs donnent les outils pédagogiques pour avoir une vision plus humaine, pour comprendre et aller au fond des choses. « C’est un vrai défi. C’est un axe fort de notre coopération bilatérale. La formation et les échanges sur la pédagogie elle-même sont déclinés sur l’ingénierie pédagogique, terme que nous utilisons entre nous. Autrement dit, des formations sur les outils pédagogiques eux-mêmes ; formation sur les nouvelles technologies, sur les nouvelles formes de criminalité. C’est une caractéristique de la stratégie algérienne, vis-à-vis de la DGSN. »
La communication a aussi été un sujet très porteur, tout comme la place de la femme dans les services de police. On sait que la féminisation n’est pas une thématique abandonnée dans les discours et actes du général-major Abdelghani Hamel. Il a le souci de la parité et de la justice, dans ses services ; d’où le taux du recrutement féminin relativement élevé, note l’attaché de la sécurité intérieure de l’ambassade de France.
« Tout cela mène, ajoute-t-il, à une intensification des échanges tantôt ici, tantôt là bas. »
Une remarque pour finir : « Lors de leur déplacement en Algérie, les experts française savent que l’exigence de formation est de très haut niveau et les questions sont extrêmement pointues. Ils ne viennent pas pour des généralités. Pour arriver à ce niveau, il y a incontestablement l’expérience, la vision stratégique, la grandeur de l’homme. »
On peut dire que le pragmatisme des échanges a prévalu lors de cette visite et que le général-major Abdelghani Hamel a laissé une excellente impression chez toutes les personnes rencontrées. Charisme oblige !
 L. B.



Du mĂȘme auteur

Par Leïla Boukli

Les plus lus

Saison estivale
Par Farid HOUALI.

Télécharger version PDF

Version PDF

Special Wilaya De Annaba

Version PDF