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N° 80 - Dec 2014

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DGSN

Unité aérienne de la Sûreté nationale

La fierté de la Sûreté nationale

Par Salim FAROUK

L’Unité aérienne de la Sûreté nationale basée à Dar El-Beïda est un service d’appui aérien. Sa mission consiste à récolter et à transmettre des informations aux équipes sur le terrain à même de leur permettre de gagner du temps. Grâce à des hélicoptères ultrasophistiqués, à des pilotes expérimentés, à des spécialistes de la reconnaissance aérienne et à des techniciens, cette unité est apte à venir en aide aux services de police de jour comme de nuit. Au total, ce sont une centaine de personnes qui composent l’unité pour qui, chaque appel, est une urgence. Gestion des mouvements de foules, des manifestations sportives, régulation de la circulation routière, visites officielles, transport de matériels, accompagnements et escortes… Telles sont, entre autres, les missions assignées aux policiers de l’Unité aérienne de la Sûreté nationale (UASN). Appelée à jouer un rôle prépondérant dans la nouvelle politique de modernisation du corps préconisée par la Direction générale de la Sûreté nationale, l’UASN vient d’être renforcée par l’acquisition de dix nouveaux appareils de type Agusta A 109 LUH de fabrication italienne. Par ailleurs, 25 pilotes et 25 techniciens viendront renforcer les rangs de cette unité à l’horizon 2014/2015.

 

Décollage dans cinq minutes. Cinq minutes, c’est le temps minimum qu’il faut à un hélicoptère de l’Unité aérienne de la Sûreté nationale pour s’envoler vers une mission. Cinq minutes, c’est aussi le temps qu’il faut au lecteur d’El-Djazaïr.com pour comprendre le quotidien de l’Unité de la police basée à Dar El-Beida: quatorze hélicoptères (quatre Ecureuil AS 355 dont deux équipés de caméras Wescam 16S1000 et deux autres destinés au transport d’éléments d’intervention et aux missions de liaison), dix Agusta A109 LUH et une centaine d’hommes. Des techniciens et surtout des équipages d’hélicoptère répartis en pilote et officier de vol tactique. L’un tient le manche, l’autre observe grâce à des caméras thermiques infrarouges ce qui se déroule au sol. Autant d’informations immédiatement transmises aux équipes actives sur le terrain. Et du ciel, on en voit de belles et en tout genre! De la chasse à un fuyard dans les rues d’Alger à l’escorte de personnalités en passant par la gestion des manifestations sportives ou la régulation de la circulation routière. Un tour d’horizon tout bénéfice pour le service de la Sûreté nationale, démontrant ainsi toute son utilité et la palette de ses activités, entre protection civile et chasse aux délinquants. Tout un travail accompli par une armada d’hommes, spécialisés chacun dans son domaine, pour permettre à un hélicoptère (Ecureuil ou Agusta) d’effectuer une mission de surveillance du trafic routier, de suivre des véhicules suspects ou encore d’intervenir sur les lieux des opérations lors des manifestations publiques.
Inaugurée en 2003, l’Unité aérienne de la Sûreté nationale située à Dar El Beïda a pour vocation la surveillance des axes routiers, des manifestations publiques. Dans le cadre de ses missions, elle est chargée principalement de la surveillance et de la régulation du trafic routier et de la recherche des véhicules et des personnes suspects en coordination avec les services concernés et en associant les moyens technologiques, terrestres et aériens, afin de rendre l’intervention des forces de police plus rapide et plus efficace. Ses prérogatives s’étendent également à la couverture aérienne des manifestations et des événements (qu’ils soient sportifs ou autres) qui se déroulent dans la capitale afin de veiller à tout débordement qui pourrait nuire à la sécurité. Il y a lieu de souligner que le fait d’arme de ce système reste la retransmission en direct de l’inauguration de Tlemcen, capitale de la culture islamique au niveau des centres des opérations de la DGSN, la rencontre footballistique, à Annaba, entre l’Algérie et le Maroc dans le cadre des éliminatoires de la CAN 2012 et récemment la couverture des obsèques de l’ancien Président Chadli Bendjedid.
Réception de quatre hélicoptères dernière génération
Pour une meilleure efficacité, l’Unité aérienne de la Sûreté nationale (UASN) s’est renforcée par dix autres hélicoptères ultrasophistiqués et de grande capacité de type Agusta A109 LUH. Quatre de ces hélicoptères de dernière génération, réceptionnés à l’occasion de la célébration du jour de la fête de l’indépendance, embarquent une technologie de pointe très sophistiquée de marque italienne (Agusta A109 LUH), produits par la société italo-anglaise AgustaWastlan (AW), révèle le commissaire divisionnaire, Djamel Younsi, directeur de l’Unité aérienne de la Sûreté nationale. Ces hélicoptères porteront à quatorze le nombre total d’appareils de la DGSN. La flotte actuelle en comprend quatre dont deux sont équipés de caméras et deux autres destinés au transport d’éléments d’intervention et aux missions de liaison.
La particularité de ce produit aéronautique est la transmission en temps réel des données enregistrées par l’appareil à la salle des opérations, grâce à un système numérique de haute technologie, souligne notre interlocuteur. « Agusta A109 LUH » sera utilisé par les services de la sûreté nationale dans des opérations de surveillance mais aussi de support aérien aux unités en poste au sol.
Il faut savoir que la police algérienne s’est dotée de ce type d’appareils pour leur rapidité et leurs performances techniques, comparés aux quatre hélicoptères de marque Ecureuil qu’elle possède dont deux sont équipés de caméras et les deux autres destinés au transport d’éléments d’intervention et aux missions de liaison. La différence entre ces deux types d’appareils est technique, souligne le commissaire divisionnaire Djamel Younsi qui a pris part au début des années 1990 à l’élaboration du dossier de création de l’Unité aérienne de la Sûreté nationale.
A titre d’exemple et en matière de performance, Ecureuil, qui ne possède que quatre places, peut parcourir une distance allant jusqu’à 600 km, alors que Agusta A109 LUH (6 places) peut aller jusqu’à 900 km. En outre, le système de télésurveillance héliporté pour assurer la transmission vidéo en temps réel est composé de 3 stations : une de longue portée (160 km), une de moyenne portée (50 km) et une autre de courte portée (10 km) montée sur un sac à dos. La caméra MX15 d’Agusta A109 LUH, qui a un système de transmission en temps réel vers le centre des opérations, est configurée avec quatre capteurs très perfectionnés. Elle comprend une caméra de jour couleur EO à angle large haute définition, une caméra thermique infrarouge avec zoom à lentilles de Fresnel, une caméra HD monochrome couleur de jour de faible luminosité à angle étroit et illuminateur laser à large divergence, a-t-on expliqué sur place. Agusta A109 LUH, qui peut transporter jusqu’à 317 kg, intervient dans la surveillance et la localisation, la descente en rappel et la descente en rapide, avec une vitesse de croisière de 285 km/h et une autonomie de 964 km. « Le projet des nouvelles acquisitions est le fruit des efforts fournis par le général major-DGSN qui a mis tous les moyens nécessaires pour que la police algérienne dispose de cet outil de travail de haute technologie qui sera d’un grand apport pour assurer la sécurité des citoyens et de leurs biens », a déclaré le directeur de l’Unité aérienne de la Sûreté nationale. Il est à préciser que cette nouvelle flotte est destinée également à usage régional, en attendant l’ouverture officielle des unités ariennes régionales, à Sétif et à Oran.

8000 véhicules scannés quotidiennement
Pas moins de 155 véhicules recherchés ont été récupérés ces deux dernières années par les éléments de la DGSN grâce au système de lecture automatique des plaques d’immatriculation (LAPI), intégré sur un véhicule de la Sûreté nationale mis à la disposition des services de la Sûreté de wilaya d’Alger. Ce dispositif, qui permet de contrôler en moyenne 8000 véhicules par jour, sera prochainement généralisé aux hélicoptères relevant de l’UASN, ce  qui permet de contrôler en moyenne 8000 véhicules par jour.
Une formation de haut niveau
Pour mieux maîtriser ces types d’appareils, la DGSN a envoyé, dans le cadre du contrat signé avec la société italo-anglaise, 20 pilotes en formation en Angleterre, dont le premier groupe de 10 éléments terminera son cycle de formation ce mois de novembre 2012 alors que pour le second il le sera en février 2013. Le commissaire divisionnaire Djamel Younsi a fait savoir que «12 autres pilotes sont en formation pratique à Batna ». Elle est suivie d’une formation militaire depuis le mois d’octobre dernier d’une durée d’une année. «Dans le cadre du programme de formation avec le commandement des forces aériennes, nous avons un projet de formation de 30 pilotes à raison de 10 pilotes par an», a-t-il signalé. La formation concerne également, a souligné ce responsable, 50 techniciens en aéronautique ainsi que le recyclage de tous les techniciens existant dans différents domaines, pour mieux assurer la maintenance des nouveaux appareils. En perspectives, il est prévu la formation à l’horizon 2015 de vingt pilotes et à l’horizon 2014 de vingt-cinq techniciens en aéronautique. Il y a lieu de signaler que la DGSN envisage, à court terme, de former ses propres pilotes sélectionnés parmi les officiers, tandis que les techniciens de la maintenance sont déjà formés à Blida.
Une maintenance totalement algérienne
La maintenance des appareils est assurée par le personnel qui compte 29 techniciens (dont 21 spécialisés en moteur-cellule), 7 aides mécaniciens ; tous ont été qualifiés par les constructeurs Eurocopter et Turbomeca, pour prendre en charge à différents niveaux la maintenance des hélicoptères. Une gestion informatisée des opérations de contrôle, de réparation et celle des stocks de pièces de rechange sont suivies par tous ces techniciens qui font preuve d’une rigueur absolue dans le respect des consignes de sécurité des appareils. Actuellement, les techniciens de l’UASN assurent seuls la maintenance des hélicoptères. L’unité dispose également de différents services tels que les bureaux du contrôle des systèmes électrique et mécanique, ceux du suivi et de la maintenance, du contrôle des stocks, de l’informatique et de la cartographie.
Le service « cartographie », la fierté de l’Unité
Avant tout, il est nécessaire pour tout pilote de disposer de fonds de cartes assez détaillés pour mener à bien sa mission. Il faut savoir que le besoin lorsque l’on vole est de visualiser et de détecter aussi bien les zones aériennes que les reliefs à même de permettre aux hélicoptères de se poser sans problèmes. Pour ce faire, les ingénieurs-pilotes de l’Unité ont élaboré une cartographie détaillée du sol en assemblant image par image. Grâce à leur savoir-faire et à leur persévérance, ils ont pu, au fil du temps, géoréférencer vingt-six wilayas tout en créant une plateforme de données géographiques des régions urbaines. Cette opération, qui s’élargira aux wilayas restantes, consiste à actualiser quotidiennement les données, au regard des projets d’envergure réalisés dans les grandes villes du pays qui nécessitent la modification des données.
Deux unités à Sétif et à Oran
Deux unités aériennes de la Sûreté nationale (UASN) seront bientôt mises en place l’une à Sétif, et l’autre à Oran dont la réception est prévue à l’horizon 2014. Ces unités disposeront d’une partie des quatorze hélicoptères, dont certains sont équipés de cameras de télésurveillance, relevant actuellement de l’unité aérienne centrale de la Sûreté nationale à Alger. Ces futures UASN seront notamment appelées à assurer la protection des personnes et des biens, à surveiller et à réglementer le trafic routier, à effectuer les transferts des éléments d’intervention sur les lieux des opérations et à assurer des évacuations sanitaires. En outre, à l’instar d’Alger et d’Oran, la ville des Ponts sera bientôt dotée d’un dispositif de vidéosurveillance qui sera installé sur les principales artères et aux différents lieux publics de la ville.
S. F.



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