Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 81 - Dec 2014

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Douanes

Les douanes de l’aéroport d’Alger

Le bouclier de l’économie nationale

Smail Rouha

L’image des douaniers vérifiant uniquement les coffres des voyageurs aux frontières du pays relève du passé. Désormais, les douaniers sont partout et leur activité ne se limite pas à des contrôles de routine. Ils sont présents sur tout le territoire algérien, mais certains pôles nécessitent des moyens et une vigilance renforcée. C’est le cas de l’aéroport international Houari-Boumediene d’Alger où le transport aérien est considérable. Un lieu propice à d’éventuels trafics ! Avec ses 6 millions de passagers et près de 3 millions de tonnes de fret aérien chaque année, l’aéroport international Houari-Boumediene est une infrastructure importante, où 400 agents des douanes travaillent jour et nuit pour lutter contre les trafics et la contrebande. En période estivale, les douaniers ne chôment pas. Leurs outils : flair et technologie. Chaque jour, des centaines de passagers venus des quatre coins du monde entrent dans le pays par les portes de l’aéroport international Houari-Boumediene (AHB). En possession de marchandises pas toujours licites. Drogues, plantes et animaux protégés par la convention de Washington, contrefaçons, cigarettes de contrebande, sommes d’argent considérables, le service de douanes, sous la direction de Dahmane Guemras, chef divisionnaire des douanes à l'aéroport Houari-Boumediene d'Alger, ne chôme pas. A fortiori en période de vacances où ses 400 agents doivent faire face à l’affluence des vols à un rythme soutenu tout en restant discret. « Tous les voyageurs transitant par l’aéroport d’Alger n’ont pas d’intentions malveillantes », souligne Dahmane Guermas. Aussi, les agents douaniers font tout leur possible pour que le voyageur, aussi bien au départ qu’à l’arrivée, puisse accomplir les formalités d’usage sans sentir la moindre gêne. Une devise que tout douanier fait sienne. De ce fait, une grande sérénité se dégage en dépit des centaines de voyageurs que déversent les avions à toute heure de la journée. Les opérations de contrôle commencent dès l’enregistrement ou le déchargement des bagages. L’autre outil utile est le scanner, complété par des logiciels douaniers détectant la poudre, le tabac, les billets de banque. « Tous les bagages des voyageurs passent aux scanners juste après leur enregistrement. Ces scanners sont ce qu’il y a de mieux dans le monde. Ils sont d’une précieuse efficacité pour détecter des matières entrant dans la composition d’explosifs», indique le chef divisionnaire des douanes qui précise que « rien ne lui échappe. Sauf si le douanier ne veut rien voir». L’inspection minutieuse permet de détecter tous les contenus suspects. « Les colis à problèmes sont tenus sous surveillance jusqu’à leur passage à la douane près des portes de sortie de la salle d’arrivée », indique Dahmane Guermas. Cela dit, les scanners ont pour fonction de donner un sérieux coup de main aux douaniers, mais ne font pas tout le travail. «  Tout repose sur l’humain » rappelle Dahmane Guermas. Aux scanners, les douanes font appel aux chiens renifleurs de drogue et d’explosifs. Des maîtres-chiens inspectent systématiquement les bagages avant leur embarquement. Les passagers suspects sont priés de suivre les agents pour ouvrir leurs bagages. La fouille se fait devant eux, comme en ce premier jour de ramadhan après le débarquement du vol de Casablanca. Pour déceler le vrai du faux, les agents disposent de puissantes bases de données informatiques. Des bases qui les documentent également sur les pays à risques et la nature des fraudes. Pour cibler une expédition frauduleuse, les agents se fient à des indices tels que la destination, la provenance ou le poids. Ils s’aident ensuite des scanners et des brigades canines. « Le travail du douanier exige de la vigilance et des compétences particulières d’observation qui s’acquièrent avec l’expérience », admet Dahmane Guermas. Et pour cause, les trafiquants usent de subterfuges parfois impensables dans le but de tromper la vigilance des douaniers. « Quotidiennement, nous apprenons des trafiquants en quelque sorte. Ils étudient notre façon de travailler et inventent des méthodes pour passer au travers des mailles du filet», révèle le contrôleur général des douanes. A titre d’exemple, il citera ce fraudeur interpelé récemment pour fausse déclaration de devises exagérément importante à l’entrée du territoire national. « C’est une manière de transférer des capitaux à l’extérieur. Car la même personne, en quittant le territoire national, peut ressortir avec l’équivalent de la somme déclarée », précise-t-il. Mais pour le confondre, le douanier invite le passager à remplir personnellement la déclaration de devises avant de lui exiger la somme indiquée. Des pratiques frauduleuses qu’aucune technologie ne peut déceler sont découvertes par les douaniers qui engagent une sorte de course-poursuite avec les fraudeurs sans scrupules. L’aéroport d’Alger est équipé de 56 scanners en plus de deux caméras rotatives. Du fait de leur efficacité, pas moins de quatre couloirs verts sont réservés aux passagers. Néanmoins, au niveau de chaque scanner, des brigades mixtes douanes-police des frontières inspectent les bagages des voyageurs et marquent à la craie tout cabas suspecté lors de l’inspection. Le bagage suspect n’est ouvert qu’en présence de son propriétaire afin de confirmer ou d'infirmer les soupçons des douaniers. Aussi, en raison des scanners portiques, les agents des douanes se retrouvent ainsi déchargés de la fouille corporelle. Sur un autre registre, et pour éviter toute tentative de corruption ou de complicité, la direction des douanes a adopté le système de turn-over. De ce fait, aucun agent ne sait à l’avance quel sera son poste à n’importe quelle heure de la journée, souligne Dahmane Guermas qui précise que « de fréquents changements de poste sont effectués pour permettre, d’abord, à ceux qui ont la tâche d’inspecter de souffler et aussi pour être certain qu’aucune forme de copinage ne s’instaure entre mes éléments et certains voyageurs trop réguliers. » En clair toute velléité de corruption est écartée d’avance. « Certes la corruption existe au sein de la corporation, mais à des degrés minimes. Pour preuve nous avons renouvelé à 68% l’effectif douanier de l’aéroport d’Alger », ajoute, sans complexe, le chef des infrastructures douanières. En outre, pour éviter toute velléité de corruption, la direction générale des douanes, décidée à combattre la corruption sous toutes ses formes, a augmenté les salaires des douaniers de 74%, effectif depuis juillet dernier, pour motiver les douaniers. Une décision appréciée par l’ensemble de la corporation. Invité à dresser un bilan de son institution, Dahmane Guermas indique qu’en matière d’infractions de change pour l’année 2011, les agents ont saisi 431460 euros, 123 575 dollars en billets de banque pour des amendes encourues de 112 55 371,34 dinars. La douane a également saisi 1624,4 g de métal jaune ouvré et 70,4 kg de métal blanc ouvré, d’une valeur globale de 226 987 200 dinars. Les douaniers ont aussi intercepté 855 unités de produits médicamenteux contrefaits, 2105 unités de pièces détachées et 35 700 unités de matériel électronique dont des téléphones portable, cartes mémoires, connecteurs de téléphones mobiles, etc. Quant au trafic de cigarettes, 9000 cartouches ont été saisies. Ce bilan, appelé à être revu à la hausse, témoigne, si besoin est, du travail de fourmi accompli par les éléments de Dahmane Guermas. Ces résultats sont à mettre à l’actif d’hommes et de femmes qui veillent sur la bonne santé de l’économie nationale et qui traquent la fraude et le crime économique.



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