Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 80 - Dec 2014

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Grands Chantiers

Mila, une wilaya en plein essor

Par Mohamed Mebarki

Malgré le poids démographique, économique et politique de Constantine et de Sétif, la wilaya de Mila semble avoir trouvé suffisamment de ressort pour sortir de l’ombre de ces grandes villes, juste en intégrant son développement aux besoins de ces deux espaces menacés par la saturation. Médiatisée sous le label de wilaya rurale, Mila, avec ses 13 daïras et ses 32 communes, ambitionne de relever cette représentation dans le cadre du vaste programme de développement local dont les réalisations constituent autant d’arguments certifiant que la région toute entière est entrée de plain-pied dans un processus de modernisation tous azimuts. Il n’est absolument pas question de brader cet extraordinaire fonds de ruralité que l’on retrouve même au cœur de la citadinité ancestrale du vieux Mila pour une urbanisation généralisée qui irait servir d’alibi en béton et en acier à une quelconque autosatisfaction chiffrée. En deux décennies, le visage de cette wilaya s’est complètement métamorphosé au rythme des plans quinquennaux de développement initiés par le président de la République, tout en préservant son cachet écologique et agricole ainsi que son esprit paysan simple et généreux. Et c’est ainsi en toute logique que la stabilisation et la sédentarisation appropriée aux attentes de la population rurale a atteint des proportions respectables grâce en particulier à l’application poussée et réfléchie des plans de proximité pour un développement rural intégré, introduits par le ministère de l’Agriculture. Pratiquement tous les indicateurs de développement traduisent la nette croissance que connaît cette wilaya à la fois historique à travers l’ancienne Mileve et actuelle par la profonde mutation de son tissu urbain et ses structures de base. Le taux d’urbanisation est passé de 42% en 1999 à 67% en 2010. Le parc logements a augmenté en dix ans de 40 000 unités. Le taux de raccordement à l’AEP a grimpé de 53% en 1999 à 74% en 2010. Le taux de raccordement en électricité a dépassé les 97%. Entourée de deux wilayas côtières qui sont Jijel et Skikda, deux wilayas dont les chefs-lieux sont parmi les plus grandes agglomérations du pays, Constantine et Sétif en l’occurrence et deux importantes wilayas des Hauts plateaux qui sont Batna et Oum El Bouaghi, Mila a d’ores et déjà commencé à se doter d’un vaste réseau routier en mesure de lui permettre de jouer le rôle de carrefour régional et de « bretelle » d’échanges. « Négligée » pendant des décennies par l’ancienne RN 5, elle s’approprie aujourd’hui une bonne distance de l’autoroute Est-Ouest, à la mesure de ses dimensions géographiques. D’ici la fin de l’année 2014, son réseau routier sera dans la capacité de supporter une plus grande charge d’un trafic routier en évolution constante. Et ce n’est nullement une promesse en l’air destinée à la consommation médiatique, mais une réalité palpable malgré plusieurs contraintes d’ordre géologique telles que le relief montagneux et un sol argileux gonflant qui nécessite le renforcement, ce qui implique des coûts supplémentaires. Il s’agit d’un sol médiocre et de mauvaise portance à cause notamment d’une forte présence d’eau et des glissements. Tous ces aléas n’ont nullement découragé les autorités locales dans leur détermination à doter la wilaya d’un réseau routier à la hauteur de ses ambitions. Le programme en cours se compose de la réalisation d’un viaduc sur l’oued Menar, commune de Tassadane Heddada pour une enveloppe estimée à 2,5 milliards de dinars, du traitement approprié des différents glissements au niveau du contournement du complexe Beni-Haroun et sur la RN 105 à Arres et Tessala, de l’entretien et de la réhabilitation de chemins communaux et chemins de wilaya (en voie d’achèvement), de la réalisation de la pénétrante sud de la ville de Mila sur une distance de 20 km (en cours à 90%) et de l’étude du dédoublement de la RN 27, limites de wilaya avec Jijel et Constantine sur 31 km. Le programme 2010-2011 en cours de lancement comporte aussi la réalisation en double voie du contournement nord sur 12 km. Coût de l’opération : 2,5 milliards de dinars. Il y a lieu de noter dans ce cadre, l’aménagement en dédoublement de l’entrée sud de la ville de Ferdjioua sur 5 km avec deux ouvrages d’art, l’aménagement de la RN 77 A entre Ferdjioua et la limite de la wilaya de Jijel sur 20 km, le raccordement à l’autoroute Est-Ouest et la réalisation des aires de repos au niveau de cette autoroute près de Tadjenanet et Oued Athmania. Coût de ces opérations : plus de 3 milliards de dinars. Dans le domaine de l’habitat, Mila connaît depuis une décennie une extraordinaire dynamique traduite sur le terrain par le lancement de programmes conséquents de logements tous segments confondus. 25 657 logements ont été réalisés entre 1999 et 2010, portant la consistance du parc immobilier de la wilaya de 112 413 logements à 152 024 logements et ramenant le taux d’occupation par logement de 6,15 habitants par logement à 5,17 habitants par logement. Une évolution appelée à être poursuivie dan le but de faire descendre le TOL en dessous du taux de 5 habitants par logement. Les 25 657 logements réalisés entre 1999 et 2010 se composent de 11 359 logements sociaux locatifs, de 3428 logements participatifs, de 10 039 logements ruraux et de 839 logements inscrits sous d’autres formules. A la fin de l’année 2010, la situation se présentait comme suit : sur les 9021 logements sociaux inscrits, 5750 ont été réalisés ; sur les 9000 logements LSP et LPA inscrits, 3229 ont été réalisés ; sur les 14350 logements ruraux inscrits, 6676 ont été réalisés. En ce qui concerne le plan quinquennal 2010-2014, le programme notifié à cette wilaya s’élève à 25 900 logements répartis entre les différents segments : LPL : 11 500 logements ; LPA : 3700 logements ; logement rural : 10 700 unités. La réalisation de ce programme permettra à la wilaya d’atteindre l’objectif de 5 hab/logement ; un taux en deçà de la norme nationale. Dans le domaine de l’urbanisme, et en matière d’étude des PDAU et de POS, études géotechniques d’urbanisation, actes d’urbanisme et contrôle, amélioration urbaine et VRD primaires et secondaires et recensement de l’habitat précaire, la wilaya de Mila enregistre des résultats probants qui reflètent les énormes progrès réalisés. Il est utile de préciser dans ce contexte que les 32 communes de la wilaya sont désormais couvertes de PDAU régulièrement approuvés. La situation de ces études se présente comme suit : PDAU inscrits : 32 ; PDAU achevés : 31 dont 11 ont été approuvés et 1 PDAU à l’étude. Concernant les plans d’occupation des sols (POS), sur les 119 études inscrites, 98 ont été approuvées et 15 en cours. Pour ce qui est du recensement de l’habitat précaire, l’opération engagée en janvier 2007 et achevée en mai de la même année a touché 315 sites composés de 7846 constructions à travers 27 communes sur les 32 que compte la wilaya. Pour résorber l’habitat précaire, la wilaya a réservé un quota de 5400 logements sociaux. Quant à l’amélioration urbaine, Mila a bénéficié de 22 opérations tous programmes confondus, depuis 2005 jusqu’à ce jour, d’une enveloppe financière globale de 9263 millions de dinars. Dans ce contexte, la réalisation de locaux à usage professionnel n’a pas été négligée dans la mesure où cette opération a inscrit la construction de 3200 unités dont 1200 ont été achevées et 777 attribuées. L’enveloppe financière engagée pour la concrétisation de cet objectif a atteint 3,5 milliards de dinars. A travers les localités que nous avons pu visiter durant la réalisation de ce reportage, nous avons constaté de visu que les autorités locales accordent une importance particulière à chaque détail, insignifiant soit-il. Rien n’est laissé au hasard. Lors d’une discussion que nous avons eue avec le chef de cabinet du wali, nous avons pu observer à quel degré l’ensemble des intervenants tiennent à cœur les missions qui leur incombent et combien ils sont fiers de contribuer à l’essor de l’Algérie profonde. En matière d’hydraulique, le secteur a réalisé d’importantes infrastructures à la hauteur et à la dimension du plus grand barrage du pays implanté dans le territoire de cette wilaya qui avance à grands pas sans faire beaucoup de bruit. En effet, la wilaya est arrivée à mobiliser d’importantes quantités d’eau évaluées à hauteur de 47 hm3 par an, produites par 103 forages, 50 puits, 400 sources et l’apport de trois barrages (Beni-Haroun, Hammam Grouz et le réservoir d’Oued Athmania) d’une capacité totale de 1034 hm3. En matière d’alimentation en eau potable, les infrastructures de stockage dont dispose actuellement la wilaya sont constituées de 393 réservoirs totalisant une capacité de 134 625 m3. Le linéaire des conduites à travers la wilaya est de l’ordre de 3025 km comportant 143 stations de pompage et de reprise offrant une dotation moyenne de 121 litres/jour par habitant avec un taux de raccordement de 74%. Par ailleurs, la wilaya de Mila dispose d’un réseau d’assainissement d’un linéaire de 1230 km à travers les centres urbains et les zones semi-urbaines. Le taux de raccordement est de l’ordre de 71%. Toujours dans le domaine de l’hydraulique, la wilaya compte lancer des travaux de rénovation d’envergure des réseaux d’AEP des localités d’Aïn Beida Ahriche, Beinen, Teleghma, Ferdjioua, Béni Guecha, Tadjenanet, Chelghoum Laïd, Oued Seguen, Tiberguent et Oued Athmania. Un programme centralisé de grande envergure concernant la réhabilitation des réseaux AEP des villes de Mila, Grarem Gouga est en cours de lancement. La maîtrise d’ouvrage a été déléguée à l’Algérienne des eaux Alger et les études ont déjà été finalisées par un BET français pour un montant de 8,5 milliards de dinars. Dans le domaine de l’éducation, l’enseignement supérieur et la formation professionnelle, la wilaya n’est pas seulement en passe de rattraper le retard, mais elle se replace carrément dans une optique évolutive significative. Le nombre des écoles primaires est passé de 422 à 440 écoles avec une prévision de 448 établissements et un taux d’occupation de 29 élèves par classe. Le nombre d’établissements moyens est passé, quant à lui, de 69 à 117 CEM avec une prévision de 127 CEM et un taux d’occupation de 30 élèves par classe à fin 2014. Ce taux est actuellement estimé à 39 élèves par classe. L’enseignement secondaire a enregistré, lui aussi, une nette avancée avec 44 lycées en attendant la programmation de 10 établissements avant la fin de l’année 2014. La formation professionnelle compte aujourd’hui 15 établissements offrant une capacité globale de 4250 places. La wilaya prévoit la réalisation de 5 centre de formation avant la fin du programme quinquennal 2010-2014 faisant augmenter les capacités de ce secteur à 5700 places pédagogiques. En ce qui concerne l’enseignement supérieur, le centre universitaire de Mila, un véritable joyau architectural réalisé par des entreprises locales, offre une capacité d’accueil de 4000 places pédagogiques et 2000 lits en attendant son renforcement avant la fin de l’année 2014 par l’apport de 4000 places pédagogiques et 2000 lits supplémentaires. Tous ces chiffres reflètent la détermination affichée par les pouvoirs publics et les autorités locales à tirer cette wilaya vers le haut en ne ménageant aucun effort pour la doter d’une infrastructure de base et des installations modernes à même de conforter le développement durable auquel aspire une population avide de progrès. En une décennie, Mila a connu une transformation radicale à tous les niveaux. Elle nous offre aujourd’hui le visage d’une wilaya qui progresse dans la modernité mais sans sacrifier pour autant son authenticité bien enracinée


Des chiffres qui parlent

Agriculture :
Exploitations agricoles privées : 14668
EAC : 517
EAI : 1555
Fermes pilotes : 10
Concessions (GCA et forêts) : 369
Production céréalière : 1 002 976 quintaux collectés
Légumes secs : 18 053 quintaux obtenus
Production oléicole : 9 555 hectolitres (huile d'olive)
Production maraîchère : 51 370 quintaux obtenus
Production laitière : 85 000 000 litres

Environnement :
Réalisation d'un centre d'enfouissement technique à Mila
Elaboration d'une carte foncière urbaine à Tadjenanet
Etude du schéma directeur de gestion des déchets solides urbains à Chelghoum Laïd
Réalisation d'une station d'épuration à Sidi Merouane

Jeunesse et sport :
13 projets en cours de réception durant l'année 2011 à travers la wilaya
Réalisation de cinq salles omnisports (en cours)
Réhabilitation du stade de Tadjenanet (en cours)
Réalisation d'une auberge de la jeunesse de type I à Mila (en cours)
Réalisation d'une piscine semi-olympique à Tadjenanet (en cours)
Extension du stade de Chelghoum Laïd (en cours)



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