Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 117 - Nov 2018

Go

Environnement

La dernière zone humide d’Alger

Lac de Réghaia




La topographie, assez complexe, est représentée par quatre plateaux à configuration variée : le plateau-ouest de Bordj El Bahri et de Aïn-Taya, le plateau-est de Boudouaou, le plateau-sud englobant tous les terrains provenant du Hamiz jusqu’à la ville de Reghaïa et le plateau central qui s’étend sur toute la zone sillonnée par l’oued Réghaïa. Dans la partie nord de la vallée s’allongent des dunes plus ou moins fixées qui séparent le lac de la mer. La zone humide de Reghaia présente un patrimoine naturel remarquable constitué de groupements à scirpes et à roseaux des zones marécageuses, situés actuellement autour du lac et en amont – ces roselières étaient jusqu’aux années 1980 également étendues en aval –, le maquis à oléastre, lentisque pistachier et chêne kermès présent principalement sur les pentes situées à l’est du lac, les herbiers à Posidonies ainsi que des groupements de végétaux liés au cordon dunaire.
Près de 300 espèces de plantes ont été inventoriées sur la partie terrestre. Parmi la flore terrestre, trois espèces endémiques d’Afrique du Nord sont répertoriées : A.cerastioides, S.lingulata, C.africanum. Ces espèces, qui ne sont pas inféodées aux milieux aquatiques, sont considérées comme étant largement répandues au Maghreb. Abutilon theophrastii est une espèce considérée rare sur le littoral, alors que plus de 200 espèces d’oiseaux y ont été répertoriées, dont 55 sont protégées par la réglementation algérienne.
Le caractère biostratégique de ce site, notamment pour les oiseaux d’eau et les oiseaux migrateurs, n’est plus à démontrer. En effet, trois espèces d’oiseaux d’eau sont considérées menacées d’extinction à l’échelle mondiale par l’Union internationale pour la conservation de la nature, y sont rencontrées:
– La sarcelle marbrée. Classé « vulnérable » par l’UICN, avec une population mondiale estimée entre 9.000 et 19.000 individus, ce canard est emblématique des zones humides algériennes. La disparition par drainage du marais situé en aval du lac a conduit l’espèce à abandonner le site pour la nidification, mais quelques individus sont encore observés épisodiquement sur le lac.
– L’Erismature à tête blanche. Classé « en danger » par l’UICN. Avec une population mondiale estimée à moins de 10.000 oiseaux, ce canard est également emblématique des zones humides algériennes. Il a été observé très épisodiquement sur le Lac de Réghaïa.
– Le fuligule nyroca. Classé « presque menacé » par l’UICN, ce canard plongeur est présent tout au long de l’année sur le lac de Réghaïa. Il nichait autrefois sur le marais situé en aval du lac. Sa reproduction a encore été prouvée sur le lac.
D’autres oiseaux d’eau nicheurs remarquables sont rencontrés dans la zone humide de Reghaia, la talève sultane, le grèbe castagneux et le canard Colvert nichent dans les végétations amphibies autour du lac. De très nombreuses espèces d’oiseaux inféodés aux milieux aquatiques font étape de façon plus ou moins prolongée sur le lac et les marais en période de migration et d’hivernage (canards, marouettes, guifettes, petits échassiers de rivage, passereaux paludicoles). Plusieurs espèces emblématiques sont régulièrement présentes comme le flamant rose (des oiseaux bagués originaires de Camargue, France, sont régulièrement contrôlés) et l’Ibis falcinelle.



Du même auteur

Les plus lus

Energie renouvelables
Par Farid HOUALI.

Télécharger version PDF

Version PDF

Special Wilaya D'Alger

Version PDF

Special Wilaya De Annaba

Version PDF

Special Habitat version PDF

Version PDF

Special Habitat (english version)

Version PDF