Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 117 - Nov 2018

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Agriculture

Cap sur l’agriculture intelligente

Face au défi d’une sécurité alimentaire et sanitaire durable

Par Rafik BITOUT




Comment concilier l’efficacité économique et l’efficacité écologique au vu des conséquences induites par le réchauffement climatique résultant de l’augmentation de la concentration en CO2 et autres gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère provoquée par les activités humaines nuisibles à l’environnement, telles que la combustion des hydrocarbures, la déforestation et l’exploitation agricole intensive ? Une problématique à laquelle seule une agriculture intelligente pourra répondre, comme l’atteste Abdelkader Bouazghi, ministre de l’Agriculture, du Développement Rural et de la Pêche. Intervenant dans un point de presse coanimé avec Madame Marjolijn Sonnema, vice-ministre néerlandaise de l’Agriculture, de la Nature et de la Qualité des aliments, à l’inauguration officielle de la 18e édition du Salon de l’élevage et de l’agroéquipement (Sipsa/SIMA), placée sous le thème « Pour une agriculture intelligente, face au défi d’une sécurité alimentaire et sanitaire durable », pour marquer l’importance de l’introduction de nouvelles technologies dans ce secteur, à laquelle ont pris part pas moins de 550 entreprises issues de 31 pays et consacrée aux recommandations issues des assises de l’agriculture, Abdelkader Bouazghi a indiqué que l’agriculture intelligente, que l’Algérie veut mettre en place, permettra, entre autres, une  amélioration considérable de la productivité. En effet, selon Umberto Torresan, directeur de DuPont Algérie – une entreprise américaine qui manifestait un intérêt pour le pays depuis les années 1990 –, la mise en œuvre de solutions agricoles axées sur la technologie permettra de changer la donne pour l’agriculture en Algérie. « Grâce à des capteurs sans fil et à l’imagerie thermique qui fournissent des données sur la composition des sols, l’irrigation, la température et les tendances météorologiques, les agriculteurs pourraient optimiser leur gestion des terres et ­­ potentiellement – tripler leurs récoltes », souligne-t-il dans une déclaration à Oxford business Group, ajoutant que « grâce à de telles technologies et données, l’Algérie serait non seulement en mesure d’assurer sa prospérité alimentaire, mais aussi d’exporter une large part de sa production. » Un avis partagé par José Graziano da Silva, directeur général de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), qui affirmait que « l’agriculture de demain exigera beaucoup de connaissances si l’on veut garantir un avenir alimentaire durable. C’est le nouveau paradigme.»

La mécanisation de l’agriculture

Plusieurs experts ont souligné, à l’occasion du Salon, la nécessité d’introduire l’innovation et les aspects technologiques modernes, à travers de nouveaux projets, pour plus de productivité dans le secteur de l’Agriculture, permettant d’assurer la sécurité alimentaire nationale, et la conquête des marchés extérieurs par le biais des exportations. « Il faut adopter toute solution qui peut améliorer la productivité et qui permettra aussi de mettre à la disposition du consommateur un produit à un meilleur prix », a notamment indiqué Sid-Ahmed Ferroukhi, ex-ministre algérien de l’Agriculture, lors d’une conférence débat intitulée «Politique agricole, innovation et développement rural», organisée en marge du 18e Salon, soulignant que « cela ne peut pas se faire sans l’intégration de nouvelles technologies ». Devenue incontournable, la mécanisation agricole permet d’accroître la production et d’améliorer le timing des opérations pour les autres chaînes de valeur agroalimentaire. D’autant plus qu’il n’est plus question aujourd’hui d’autosatisfaction alimentaire mais de sécurité alimentaire, ne serait-ce que dans les aliments de base. Un modèle que l’Algérie compte mettre en œuvre en intensifiant la production et en accélérant la modernisation du secteur agricole. Dans son Plan d’action, le gouvernement a placé le développement des activités agricoles productives dans un objectif visant non seulement à conforter la sécurité alimentaire du pays, mais aussi à diversifier l’économie nationale et à réduire le déséquilibre de la balance commerciale des principaux produits de base. Ce Plan s’articule sur plusieurs axes notamment l’extension des superficies irriguées, la création de nouveaux périmètres de concessions agricoles, la poursuite du développement de l’agriculture saharienne par la création de nouveaux périmètres de mise en valeur, le confortement de la protection sanitaire et phytosanitaire et le développement de la mécanisation. Intervenant lors d’une conférence de presse organisée à la veille du début de la 18e édition du salon Sipsa-Sima, Dr. Amine Bensemmane, président du Groupe de réflexion Filaha Innove (GRFI) et commissaire du Salon de l’élevage et de l’agroéquipement (Sipsa-Sima), a relevé l’urgence de la mécanisation agricole, susceptible d’accroître la production et d’améliorer le timing des opérations dans toutes les chaînes de valeur agroalimentaire. Ainsi, la mécanisation du secteur agricole permet d’accroître la production et d’améliorer les délais sur l’ensemble de la chaîne de valeur en amont et en aval, a estimé Amine Bensemmane.

L’innovation et la sécurité alimentaire

« Les agriculteurs doivent initier de nouvelles méthodes fondées sur l’innovation et les techniques modernes, pour plus de modernisation et de productivité dans le secteur de l’agriculture », a recommandé l’ancien ministre Sid-Ahmed Ferroukhi, pour qui l’introduction de l’innovation permet « d’accompagner les changements survenus dans le mode de consommation des citoyens, devenus plus sélectifs et exigeants ». Intervenant, lors de cette conférence, Dr Djamila Halliche, professeur universitaire, a appelé les agriculteurs à élaborer une stratégie de transition agricole et agroécologique basée sur la connaissance, la recherche et l’innovation, afin d’arriver à un système d’innovation dédié à l’agriculture. Parmi les outils impératifs pour l’innovation, Mme Halliche a cité, à titre d’exemple, la nécessité de mécaniser l’activité de l’agriculteur, afin d’augmenter «considérablement» la productivité, d’économiser le temps et l’effort, de réduire la main-d’œuvre, de travailler efficacement et durablement sur des périmètres plus importants, de préserver la qualité du sol et des produits, ainsi que d’améliorer les conditions de vie des agriculteurs. Pour Mme Halliche, «il faut dès maintenant commencer à réunir les conditions pour réussir l’agriculture de demain », portant sur les besoins et préférences du consommateur, pour aller vers des produits localisés, certifiés et normalisés. Un avis partagé par Mohamed Kessira, directeur central chargé des ressources hydriques auprès du ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, qui a insisté, dans ce sens, sur la nécessité d’introduire l’innovation dans les différentes manières d’irrigation, afin d’assurer «la productivité et de pérenniser les ressources hydriques.

Un plan d’action pour l’exportation

Un plan d’action national pour la promotion des exportations des produits agricoles et agro-alimentaires et une stratégie nationale de diversification des exportations sont en cours d’élaboration, a révélé Said Djellab, ministre du Commerce. Ce plan, inspiré de la stratégie nationale des exportations, s’articule autour de cinq axes, à savoir la mise en place d’une cartographie des produits agricoles, la certification de l’ensemble des laboratoires de certification et de normalisation des produits agricoles, la compétitivité du produit agricole, la mise en place d’une logistique facilitant l’exportation de ces produits et enfin l’accompagnement de l’exportateur à l’étranger. Ainsi, dans le cadre de l’intégration continentale, un travail est en cours d’élaboration pour la mise en place de deux plates-formes logistiques : la première à Tindouf et la seconde à Tamanrasset, a-t-il fait savoir. Ces deux plates-formes, a-t-il dit, devraient permettre de rapprocher les exportateurs algériens des pays africains voisins. D’autres plates-formes à l’étranger, en Russie notamment, sont à l’étude, a-t-il ajouté.  Parmi les actions prévues pour promouvoir les exportations notamment des produits agricoles, le ministre a également cité l’introduction d’une prime à l’exportation basée sur la valeur ajoutée, la mise en place d’un agrément devant faciliter les exportations, la promotion du métier de l’exportateur et l’élaboration d’un guide au profit de l’exportateur.

R. B.

 



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