Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 124 - Nov 2019

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Commerce

Cap sur les marchés africains

Foire de la production nationale Djazaïr Export 2019

Par Yahia MAOUCHI



Le challenge de l’adhésion de l’Algérie à la Zone de libre échange commercial africain (ZLECAF) profitera énormément à son économie, « pour peu qu’elle adopte une stratégie pragmatique et réaliste de libération des initiatives économiques au profit des opérateurs nationaux » a affirmé Said Djellab, ministre du Commerce, lors d’une conférence de presse, tenue en marge de l’inauguration du Salon des produits algériens destinés à l’exportation au Palais des expositions (Alger). Accompagné d’une importante délégation ministérielle, ainsi que des délégations africaines participant à la conférence, M. Djellab s’est voulu rassurant. « Nous sommes convaincus que l’Algérie aura un rôle pionnier, aux côtés de l’Afrique du Sud, du Nigeria et d’autres pays, dans l’accélération de l’intégration africaine », a-t-il affirmé. Selon lui, la réussie de la Zone de libre-échange continentale africaine est tributaire du niveau de facilitation, par les Etats, des procédures d’importation et d’exportation et de l’élargissement des bases logistiques. Un chantier auquel s’attelle actuellement l’Algérie, a-t-il ajouté, estimant que « la logistique est l’élément décisif pour remporter la bataille de l’intégration ». Pour le ministre du Commerce, l’adhésion de l’Algérie à la Zone de libre-échange africaine vise à atteindre 60% d’intégration de ce marché. Pour réussir ce challenge, il a annoncé que la loi de finances 2020 prévoit la création de zones économiques dans tout le sud du pays, surtout aux frontières telles qu’à Tamanrasset, Illizi et Tindouf. « Il y aura des zones industrielles intégrées, des zones dédiées aux startups et d’autres aux services et à la logistique. Ces zones vont être le levier de l’économie nationale pour l’intégration africaine », a-t-il explique. Avec un volume des échanges interafricains ne dépassant pas les 15%, l’Algérie envisage d’augmenter son taux d’intégration à ce marché. Elle vise à atteindre un taux de 60%, soit près de 35 milliards de dollars. A une question sur l’intérêt de l’Algérie dans cet accord de libre-échange continental, Said Djellab a noté que le marché africain est une opportunité pour notre pays à même d’en devenir le leader. Selon lui, l’Algérie a les potentialités pour intégrer le marché africain et entreprendre également des partenariats africains. Il a souligné, à cet effet, la stratégie économique nationale basée sur la diversification des exportations. D’ailleurs, poursuit-il, « une conférence nationale autour de la stratégie nationale pour la diversification des exportations est ainsi prévue ». Rappelons que, l’accord de libre-échange prévoit un démantèlement tarifaire durant cinq années avec un taux de 20% chaque année. « L’Algérie n’a rien à perdre, puisqu’il y a un droit douanier à zéro % », a-t-il relevé, précisant que « chaque pays a le droit de mettre son veto de sauvegarde lorsqu’il constate que son économie est menacée ». Il a, en outre, insisté sur les facilités douanières et les facilités administratives, mais aussi sur le développement de la logistique. Saïd Djellab a indiqué que l’organisation de cette manifestation visait à faire connaitre aux participants africains les potentialités que recèle l’Algérie dans les domaines de l’agriculture, de l’agroalimentaire, du textile, des matériaux de construction, du matériel, des équipements, de l’électronique et autres. Le ministre a également précisé que cet événement constitue un espace important pour développer des relations entre les professionnels, les entreprises et les institutions auxiliaires du commerce extérieur, améliorer le standing du pavillon algérien à l’étranger et mettre à la disposition des exportateurs nationaux et visiteurs étrangers un espace convivial de rencontres de nouveaux partenaires. Rappelons que, la ZLECAf est un espace permettant la libre circulation des biens et des services entre les Etats membres de l’Union africaine (UA). L’accord portant création de la ZLECAf a été signé par 44 pays africains lors de son lancement en mars 2018 à Kigali (Rwanda). Cet accord est entré en vigueur le 30 mai 2019. Cet espace constitue un marché de 1,2 milliard de personnes et un produit intérieur brut combiné de 2,5 milliards de dollars, ainsi qu’un potentiel commercial estimé à plus de 3.000 milliards de dollars. La ZLECAf devrait être effectivement opérationnelle à partir de juillet 2020, à travers le démantèlement tarifaire progressif sur une période de 5 ans (10 ans pour les pays les moins avancés) à un taux annuel moyen de 20% pour 90% des lignes tarifaires.

 

Promouvoir les exportations vers l’Afrique

Par ailleurs, M. Djellab n’a pas manqué de noter le caractère stratégique de la décision de l’Algérie d’intégrer cette large zone de libre-échange, l’objectif étant d’être au top niveau du commerce intra-africain, appelé à devenir la nouvelle zone d’attraction économique. « L’intégration économique de notre pays dans notre continent est un choix stratégique qui passe impérativement par le commerce intra-africain et le partenariat. En effet, l’investissement et le commerce demeurent des éléments clés pour soutenir une bonne croissance et un développement économique durable », a-t-il soutenu. Le ministre a tenu à expliciter la posture du gouvernement vis-à-vis de cette stratégie, en relevant que « l’un des cercles naturels d’intégration économique de l’Algérie, demeure l’Afrique, qui continue à constituer un objectif majeur de notre politique de coopération ». Néanmoins, le ministre du Commerce, se basant sur des études économiques, a mis en exergue la faiblesse des échanges entre pays africains qui ne dépassent pas les 15%, soit 2% du commerce mondial. Rappelons enfin que plusieurs opérateurs nationaux sont parvenus à placer de nouveaux types de produits sur des marchés extérieurs et ouvrir ainsi de nouvelles perspectives pour les exportations algériennes. C’est le cas d’ailleurs du groupe dirigé par Yacine Guidoum, en l’occurrence Iris. Ainsi en marge de ce salon, Djamel Guidoum, directeur général adjoint de l’usine de production de pneumatiques de Saterex, a indiqué que son entreprise, propriétaire de la marque Iris, a effectué récemment sa première opération d’exportation de pneus vers l’Espagne. « Il s’agit de la première exportation de pneus en Algérie », selon M. Guidoum, soulignant que le partenaire espagnol active également sur les marchés portugais et marocain. Il en va de même pour l’entreprise Carreau du Sahel - Koléa (CSK) qui a réussi à exporter dernièrement plus de 70 tonnes de carreau monocouche en France: « C’est une première opération qui vise à faire découvrir nos produits aux Européens afin de pénétrer progressivement ce marché », selon les déclarations de Mustapha Lehouidj, directeur Développement. CSK exporte depuis plus de deux ans au Sénégal et a reçu des commandes confirmées parvenant de la Mauritanie, ajoute le même responsable. L’entreprise BMS Electric, spécialisée dans la fabrication d’appareillage et accessoires électriques, a pu, quant à elle, élargir progressivement son marché extérieur en exportant actuellement vers neuf pays africains : Tunisie, Libye, Mali, Niger, Mauritanie, Cameroun, Sénégal, Burkina Faso et Tchad. Par ailleurs, l’’entreprise SOprov, constructeur algérien des camions Renault Trucks, a mis en exergue aussi sa motivation pour l’export, en ciblant en particulier le marché africain. Avec une capacité de 1.000 unités/an, le complexe Renault trucks situé à Meftah (Blida) va doubler ses capacités pour satisfaire les besoins du marché national et se lancer à terme dans l’exportation, selon Fouad Bendjellloul, responsable commercial à Soprov.

 

Forte présence des entreprises de production de l’ANP

Comme à l’accoutumée, la présence des entreprises de production de l’Armée nationale populaire (ANP), à la Foire de la production nationale Djazaïr Export, a été très forte. Ainsi, une dizaine d’unités et d’entreprises de production de l’ANP ont pris part à ce rendez-vous important. Selon un communiqué du ministère de la Défense nationale, cette participation, « entre dans le cadre de l’exécution des instructions du général de corps d’armée Ahmed Gaïd-Salah, vice-ministre de la Défense nationale, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire. Dix unités et entreprises de production de l’Armée nationale populaire ont participé à la Foire de la production nationale Djazaïr Export 2019 qui s’est tenue du 8 au 10 octobre au Palais des expositions (Alger), organisée en marge de la conférence nationale sur les enjeux de la zone de libre-échange africaine », selon un communiqué. Cette occasion constitue également une opportunité pour les visiteurs de visiter au niveau du pavillon A au Palais des expositions les différents stands des unités de production relevant du commandement des forces aériennes, des directions des fabrications militaires, et de découvrir une multitude de produits reflétant le haut niveau de fabrication militaire dans leurs différentes filières et contribuant à la consolidation d’un tissu économique national de qualité, et ce, à travers des établissementset des unités de production spécialisés dans divers domaines, à l’instar du secteur des textiles, industries mécaniques légères et lourdes et industries électroniques. Il est à souligner enfin que 250 entreprises nationales exportatrices ont pris part à cet événement, portant ainsi à 800 le nombre d’exposants nationaux au palais des expositions (y compris les participants au Salon de l’élevage et de l’agroéquipement Sipsa Filaha et au Salon international de la récupération et de la valorisation des déchets « Revade 2019 ». En marge de l’inauguration du salon, 55 arbres ont été plantés au « parc d’Afrique » au Palais des expositions. Chaque arbre représente un Etat africain ainsi que l’arbre du délégué principal de la zone de libre échange commercial africain (ZLECA).

 

Y. M.

 



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