Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 109 - Nov 2017

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Transports

Les engagements d’Abdelghani Zaâlane

Nouvelle aérogare d’Alger, grand port du Centre, autoroute Est-ouest et plate-forme de la logistique

Par Farid HOUALI



Autoroute Est-ouest, routes nationales, voies express, pénétrantes et bretelles font partie, ces dernières années, du paysage quotidien des habitants aussi bien dans les villes que dans les localités les plus éloignées du pays du fait que l’objectif des plans de développement tous azimuts est de doter le pays d’infrastructures modernes et de désenclaver les régions du Sud. Pour l’Algérie, plus grand pays d’Afrique en termes de superficie, le transport demeure une priorité pérenne des politiques d’Etat.
Des systèmes de transport efficaces et des réseaux modernes sont, de ce fait, une nécessité pour le développement économique, le bien-être social, la production à grande échelle et la préservation de l’environnement. En Algérie, le secteur du transport connaît une véritable mutation. Un grand nombre de projets ont été réalisés ou sont en phase de réalisation, afin de rendre ce secteur plus performant et plus efficace dans sa contribution dans le développement économique du pays. Le secteur, érigé par l’Etat en priorité eu égard à son importance et à son impact direct sur la qualité de la vie, a bénéficié d’une enveloppe conséquente dans le cadre des programmes quinquennaux de développement qui se sont traduits sur le terrain par une évolution significative du secteur. Considéré comme un des plus grands chantiers de l’Algérie post-2000, le secteur des transports est inscrit dans une logique de développement durable et des schémas directeurs à l’horizon 2025 ont été ainsi élaborés. La stratégie tracée par le secteur a pour objectif de développer l’offre de transport pour satisfaire les besoins de mobilité des personnes et des biens, améliorer la qualité de service par la réduction du temps de parcours, répondre aux besoins logistiques des opérateurs économiques et assurer un développement durable tout en privilégiant l’intermodalité et l’interconnexion des différents moyens de transport. Dans cette perspective, sur instruction du président de la République Abdelaziz Bouteflika, les travaux d’achèvement du dernier tronçon de l’autoroute Est-ouest qui devrait relier l’Algérie à la Tunisie, à partir de Drean (Annaba) seront relancés avant la fin de l’année, a affirmé Abdelghani Zaâlane, ministre des Transports et des Travaux publics, lors d’un point de presse tenu en marge de sa visite effectuée à l’Ecole de formation aux métiers des transports et logistique de Bordj El Kiffan relevant du Groupe Logitrans (SNTR). « Les travaux vont reprendre au niveau de la section restante de l’autoroute Est-ouest, reliant El Taref à la frontière tunisienne, avant la fin de l’année », a-t-il affirmé. Pour ce qui est du financement, Abdelghani Zaâlane a fait savoir que le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a pris les mesures nécessaires. Il s’agit en fait d’un tronçon de 84 kilomètres à réaliser. Confié au consortium japonais en 2006, ce dernier a suspendu les travaux de réalisation à la suite d’un différend avec les autorités algériennes depuis l’effondrement en janvier 2014 d’une partie du tunnel Djebel Ouahch. Le contentieux avait été, pour rappel, réglé à l’amiable avec Cojaal, de manière favorable à l’Algérie sans recourir à l’arbitrage international.Par ailleurs, le ministre des Transports et des Travaux publics a, lors de sa rencontre avec les professionnels des médias, affirmé que les travaux de réalisation du grand port commercial du Centre, projeté à El Hamdania dans la wilaya de Tipasa, confiés au groupement chinois composé de CSCEC (China state construction corporation) et CHEC (China harbour engineering company), débuteront en 2018. «Les travaux de réalisation commenceront donc l’année prochaine », a-t-il souligné.

Un plan national en cours d’élaboration pour les ports
« Un plan national est en cours d’élaboration pour développer les parcs et les plateformes logistiques afin de résoudre les problèmes rencontrés au niveau des ports, particulièrement le problème des conteneurs en souffrance et les entrées et sorties des navires des quais », a en effet assuré Abdelghani Zaâlane dans son allocution prononcée devant les cadres du secteur et des représentants des services des douanes, lors de sa visite au port sec relevant du Groupe Logitrans (SNTR), sis à la zone industrielle de Rouiba. Notant l’importance de l’activité logistique dans le développement de l’activité économique et commerciale, le ministre a relevé que les « efforts actuels du secteur sont axés sur la mise en place d’une stratégie complète de développement des plateformes logistiques, outre la formation de cadres et de spécialistes dans ce domaine ». «Les ports ne peuvent pas tous subir des travaux d’extension qui sont très coûteux», a ajouté le ministre, affirmant que la solution réside dans «la mise en place de nouvelles bases et plateformes logistiques qui constituent un maillon important dans le processus d’exportation et d’importation, partant du transport des marchandises jusqu’aux formalités douanières. Un travail important nous attend en matière de réalisation de plateformes logistiques, mais en l’absence d’autoroutes et de voies ferrées nous ne pouvons parler de logistique», a insisté Abdelghani Zaâlane.
Pour le ministre, l’absence de fluidité, de maîtrise des plateformes logistiques, de célérité dans la réception des marchandises et d’une application effective du guichet unique, sanctionnera en premier lieu l’opérateur économique. « Les plateformes logistiques sont réalisées par des entreprises publiques dans le cadre de partenariats. D’autres sont l’œuvre de certains investisseurs privés », a fait savoir le ministre, relevant que la réalisation de ports secs depuis les années 1990 avait pour objectif d’alléger la pression sur les ports maritimes. «Nous espérons actuellement aller au-delà en intégrant les services logistiques dans l’économie nationale» et réussir, ce faisant à diminuer les coûts de la logistique de 35% actuellement à 15% à l’horizon 2025, a affirmé le ministre rappelant, par ailleurs, que l’Algérie compte 48 ports, dont 20 réalisés depuis 1999, avant de préciser que certains de ces ports connaissent des travaux d’extension et d’aménagement à l’image des ports de Bejaia, Annaba, Oran et Jijel. S’agissant des demandes de réalisation des ports secs, le ministre a relevé que la réalisation de ces infrastructures doit s’appuyer sur des études et des statistiques, précisant que l’Etat joue dans ce domaine le rôle de contrôleur et de régulateur.

La nouvelle aérogare d’Alger en 2018
Le ministre des Transports et des Travaux publics a, à l’occasion, assuré en outre que le taux d’avancement des travaux de l’aéroport d’Alger a atteint les 75%. En visite sur le chantier, Abdelghani Zaâlane a affiché sa satisfaction quant à l’état d’avancement des travaux augurant la livraison du projet dans les délais prévus, à savoir vers la fin 2018. «Pour ce projet du nouvel aéroport international Houari-Boumediene qui sera d’une capacité d’accueil de 10 millions de voyageurs par an, nous estimons et assurons que ce projet auquel le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, confère une grande importance, sera livré dans les délais, soit vers la fin de l’année prochaine», a souligné le ministre. Le projet de l’aérogare «évolue d’une manière et dans les délais tels que prévus initialement dans le contrat», a poursuivi le ministre en ajoutant que cette infrastructure permettra l’amélioration des services du transport aérien. Il a aussi rappelé qu’avant la mise en service de cette structure, une période d’essai de trois mois sera nécessaire afin de vérifier le bon fonctionnement de l’ensemble de ses sections. «Cette nouvelle aérogare constituera le troisième terminal de l’aéroport Houari-Boumediene», a ajouté le ministre notant qu’après son ouverture, les lignes nationales et internationales de l’actuel aéroport d’Alger continueront de fonctionner normalement, alors qu’un plan de développement, selon lui, est prévu en vue d’en faire une structure à la hauteur des attentes des voyageurs. Pas trop loin du chantier de la nouvelle aérogare, le ministre a toutefois, exhorté l’entreprise Cosider à accélérer les travaux de réalisation de la station de métro du nouvel aéroport international Houari-Boumediene (Alger) afin de ne pas entraver l’avancement des travaux de la nouvelle aérogare. Il a, dans le même contexte, enjoint les représentants de l’entreprise Cosider, chargée de réaliser les travaux d’extension du métro d’Alger, d’accorder la priorité à la réalisation de la station et les trois interfaces de métro de la nouvelle aérogare et d’engager plus de moyen humains et matériels en vue de livrer le projet dans les délais sans entraver les travaux du chantier limitrophe. Il s’agit du chantier du futur parking et voie de circulation de l’infrastructure aérienne ayant atteint actuellement 32% d’avancement. «Plusieurs intervenants entrent dans la réalisation du projet du nouvel aéroport international Houari-Boumediene d’Alger, puisqu’il sera relié non seulement à la voie ferrée qui permettra le transport des voyageurs par train, mais aussi au métro d’Alger», a indiqué le ministre à la presse. A cet effet, le ministre a tenu, en marge de cette visite, une réunion de travail au sein même du chantier de l’aérogare avec les différents représentants des entreprises de réalisation de ces trois projets concomitants. Prévue pour relier la nouvelle aérogare aux différents moyens de transports, la réception de l’extension du métro d’Alger de la station d’El Harrach-Centre vers l’aéroport international d’Alger était initialement prévue, au plus tard, pour la fin de 2019 ou le début 2020. Mais selon le ministre, la livraison de cette extension, s’étalant sur 9,5 km et comprenant 9 stations, aura lieu finalement en 2021 en raison de difficultés rencontrées sur le terrain. Aussi, lors d’un autre point de sa visite, le ministre a enjoint les représentants des entreprises de réalisation de la station de train de l’aéroport Houari-Boumediene à «mettre le paquet» puisqu’il n’y a pas de contraintes techniques sur le chantier qui pourront empêcher l’avancement des travaux. Pour cette station ferroviaire, le délai de livraison est programmé pour juillet 2018, date qui coïncide avec l’ouverture de la nouvelle structure aéroportuaire. «L’échéance de 2018 appelle des mesures concrètes de renforcement des travaux section par section», a déclaré le ministre aux représentants des entreprises de réalisation de la station ferroviaire les incitant à joindre l’engagement sur terrain aux engagements verbaux. Ce projet de l’aérogare, dénommé «Aérogare Ouest», est d’un coût prévisionnel de réalisation de 74 milliards de dinars. Il est scindé en trois lots : l’aérogare passagers, le parking véhicules et voies de circulation et le parking avions et voies de circulation. Pour ce qui est de l’aérogare passagers, elle s’étalera sur 192.124 m2 et sera composée d’un bâtiment central et d’une jetée principale. Comportant cinq niveaux, cette structure se compose de 120 banques d’enregistrement, 9 tapis roulants, 37 escaliers mécaniques 54 ascenseurs et 12 carrousels de récupération des bagages à raison de 1.800 bagages/heure. Cette structure a atteint actuellement un état d’avancement de 83%. Pour ce qui est du parking véhicules et voies de circulation dont le contrat de réalisation a été signé en décembre 2016, il comportera un système d’accès et un parking d’une capacité de 4.500 places de stationnement desservant le nouveau terminal passager. Le taux d’avancement dans la réalisation de ce lot est de 32%. Concernant le parking avions et voies de circulation, les travaux portent sur la construction d’une plate-forme de stationnement d’aéronefs d’une surface de 410.000 m2, des voies aires de service de 40.000 m2 , des chaussées souples de 230.000 m2 et des chaussées rigides de 140.000 m2 . L’avancement des travaux de cette partie de l’aérogare Ouest a atteint 51%.

Un intérêt particulier pour le rail
Réaffirmant une fois de plus que « le réseau ferroviaire constitue le moteur du développement économique », Abdelghani Zaâlane a indiqué que le président de la République a débloqué une enveloppe de 126 milliards de dinars pour moderniser ce secteur. A ce propos, faudrait-il le noter, une convention de financement de 58,52 milliards de dinars a été signée le 28 septembre dernier, entre la Banque nationale d’Algérie (BNA) et la Société nationale des transports ferroviaires (SNTF) pour le financement de projets de développement et de modernisation de cette entreprise publique de transport. Mise en place sous forme de consortium avec l’ensemble des banques publiques dont la BNA en qualité de chef de file, cette convention de financement a été paraphée par Yacine Bendjaballah, directeur général de la SNTF, et Achour Aboud, P-DG de la BNA, en présence de Abderrahmane Raouya, ministre des Finances, et de Abdelghani Zaâlane ministre des Transports et des Travaux publics. Ce crédit est assorti d’un taux d’intérêt bonifié de 1,5% et d’une durée de remboursement de 30 ans dont 10 ans de différé. Ce prêt permettra de financer la deuxième phase du programme de modernisation 2020-2025 de la SNTF, a précisé Yacine Bendjaballah à la presse. Il s’agira de financer l’acquisition de nouveaux trains, des pièces de rechange, la réparation et la remise en service des trains accidentés, la réhabilitation et la modernisation de 30 locomotives diesel électriques, l’entretien des nouvelles lignes réceptionnées et l’acquisition des équipements de signalisation (ERTMS), a-t-il expliqué.
Pour sa part, le P-DG de la BNA a indiqué que le montant de 58,52 milliards de dinars représente le reliquat de l’enveloppe de financement accordée en 2011 par un Conseil interministériel d’un montant global de 120 milliards de dinars dont une première tranche de 61,48 milliards de dinars a été affectée pour la première phase 2015-2020 de ce programme. Sur ce point, le ministre des des Transports et des Travaux publics a fait savoir que la première tranche du crédit octroyé à la SNTF a été consacrée à l’achat de 30 locomotives et de 380 wagons pour le transport du phosphate, à la réhabilitation de 202 wagons pour le transport des voyageurs et à l’acquisition de 17 trains. Pour rappel, il est prévu l`acquisition de 17 trains de voyageurs bi-modes (diesel et électrique) du type Coradia en 2018 dont le contrat a été signé avec le constructeur français Alstom pour un montant global d’environ 200 millions d’euros. Concernant la réhabilitation, elle se fait avec l`assistance technique du groupe américain General Electric International (GEI) pour un délai de réalisation de 28 mois (à partir de 2015) pour un coût de 20,2 millions de dollars. En 2016, la SNTF a réalisé un chiffre d`affaire de 1,8 milliard de dinars pour le transport de 3,5 millions de tonnes de marchandises, tandis que dans le transport de voyageurs, son chiffre d’affaires a été de deux milliards de dinars pour 38 millions de voyageurs. L’entreprise prévoit, pour 2017, le transport de 9,5 millions de tonnes de marchandises (chiffre d’affaires de 4 milliards de dinars) et de 46 millions de voyageurs (2,4 milliards de dinars), et vise un objectif de transporter entre 17 et 18 millions de tonnes de marchandises entre 2019 et 2020.

A chacun son métier
Auparavant et à l’Ecole de formation aux métiers de transports et logistique relevant du Groupe Logitrans, le ministre des Transports et des Travaux publics a  procédé à la remise d’attestations de brevet professionnel de conduite de transport de marchandises à la première promotion. Il s’agit d’un brevet de certification d’aptitude délivré à tout conducteur détenteur d’une catégorie de permis de conduire C, D et E. Ces conducteurs ont subi avec succès une formation initiale qualifiante dans le transport de personne, de marchandise ou de matières dangereuses. Aussi, en présence du ministre et de Boualem Kini, P-DG du groupe Logitrans, une simulation d’un dégagement de la chaussé à la suite d’un accident de circulation (renversement d’un tracteur semi -remorque) a été effectué avec brio par une équipe de dépanneurs de Logitrans. Le brevet est le certificat d’aptitude délivré à tout conducteur détenteur de l’une des catégories de permis de conduire C, D et E et ayant subi avec succès une formation initiale qualifiante dans l’une des spécialités du transport de personnes, de marchandises et de matières dangereuses. Pour pouvoir suivre la formation pour le brevet de matières dangereuses, il faut au préalable être titulaire du brevet de transport de marchandises. Durée de la formation : Transport de personnes : 71 heures. Transport de marchandises : 72 heures. Transport de matières dangereuses : 46 heures. L’école de formation des métiers des transports de Bordj El Kiffan est composée de 12 salles de cours (15 à 20 places chacune), d’une salle de conférence (45 places), d’un circuit balisé aux normes, d’un réfectoire (70 personnes) et d’une structure d’hébergement de 30 lits. Depuis le début de l’année en cours, le nombre de permis de conduire toutes catégories y ayant été délivrés est de 106 ainsi que 317 brevets professionnels de conduite.

Mise en circulation d’un nouveau tronçon de la pénétrante de Bejaia
Le ministre des Travaux publics et des Transports, Abdelghani Zaâlane, a procédé à la mise en service d’un nouveau tronçon de 10 km de la pénétrante devant relier le port de Bejaia à la localité d’Ahnif (Bouira), portant ainsi, le parcours livré et fonctionnel, à 52 km, soit plus de la moitié de l’ouvrage total. Cette nouvelle tranche autoroutière relie la localité de Biziou, à 65 km à l’ouest de Bejaia à Takerietz et reste éminemment stratégique, en ce sens qu’elle permet désormais de contourner la ville d’Ighzer Amokrane, lieu habituel d’un engorgement et d’une congestion du trafic, que d’aucuns considèrent insupportable. Le ministre a, à l’occasion, rassuré l’assistance, quant à la volonté des pouvoirs publics d’achever dans les meilleurs délais les sections restantes, notamment celle devant aller de Takerietz à El Kseur par Sidi-Aich, longue de 26 km et qui constitue une étape déterminante dans la conduite du projet. Il n’y a plus de problèmes ni techniques, ni d’ordre financier, a-t-il rassuré, soulignant que les tronçons qui restent à achever seront immédiatement mis en service, exhortant les entreprises sur place à redoubler d’effort pour ce faire. Le même discours a du reste été adressé aux autres chantiers stratégiques de la wilaya, qui, relativement, accusent beaucoup de retards, notamment le projet de l’échangeur des quatre chemins, à la sortie sud-est de Bejaia ou celui relatif à l’aménagement des gorges de Kherrata.

F.H



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