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N° 117 - Nov 2018

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Transports

Une notoriété à sauvegarder

Entreprise portuaire d’Annaba

Par Farid HOUALI



Si son nom est directement lié à la Basilique Saint -Augustin, Cap de Garde, le Mont Seraïdi, le complexe sidérurgique d’El Hadjar,  Annaba est également connue pour son port, lequel, en l’espace de quelque temps seulement, est devenu un port incontournable en Algérie particulièrement pour ce qui est des grands trafics de masse. 

Le port d’Annaba connait  en effet une dynamique de développement soutenu dans divers domaines de son activité de prestataire de services portuaires ouverts sur un Hinterland naturel couvrant quatorze wilayas  de l’Est algérien. 

Situé au point d’intersection d’importants réseaux routiers et ferroviaires qui lui assurent une excellente fluidité et relié aux réseaux de voies expresses desservant l’Est et le Sud-est du Pays et au réseau ferroviaire national, précisément par une ligne ferroviaire aux mines de fer de l’Ouenza et au Complexe Sidérurgique d’El-Hadjar, le Port d’Annaba, fait partie des dix principaux Ports de Commerce d’Algérie.  

La gestion du Port d’Annaba est assurée par l’Entreprise Portuaire d’Annaba (EPAN) qui à l’instar des autres Entreprises Portuaires exerce les missions suivantes : Gestion et Développement du domaine public portuaire et son corollaire, l’exercice des opérations de police et de sécurité relatives aux mouvements de la navigation notamment le pilotage, assistance aux navires (remorquage, accostage, lamanage) manutention et acconage des marchandises.

Le  Port qui est desservi par de nombreuses lignes régulières et compagnies maritimes disposant de 22 Postes à quais pour un linéaire total de 3680 ml et de 130 Ha de terre-pleins dont une partie est concédée aux entreprises industrielles, FERTIAL et NAFTAL, SIDER EL Hadjar et SOMIPHOS. Le port d’Annaba, dans sa configuration actuelle comprend trois bassins, un avant-port de 45 ha, une grande  darse de 40 ha et une petite darse de 09 ha.

Le Port de Annaba se caractérise également par ses installations spécialisées pour le traitement du vrac (Coke, phosphate, produits sidérurgiques, céréales, sucre roux, etc.), un Terminal à conteneurs doté de toutes les commodités nécessaires (bâtiment Administratif, hangar CFS, zone de stockage, voie ferrée directement connectée au réseau ferroviaire national et équipements de manutention spécifiques) mais et aussi des espaces pouvant constituer des aires de dédouanement ou d’entrepôts pour tous types de marchandises, (conteneurs, engins roulants, etc.).  L’un des avantages du Port de Annaba est aussi une rade foraine, de sable de bonne tenue à l’abri des tempêtes du Nord et du Nord–Ouest, en fait une des plus sures d’Afrique du nord, la protection naturelle du port permet l’exploitation en toute sécurité quelle que soit la saison.  Quant aux terre-pleins, elles recouvrent une superficie totale de 130 Ha.  Enfin, l’aéroport International d’Annaba, Rabah Bitat est situé a seulement 11 km des installations portuaires. 

 Une persévérance malgré « une conjoncture difficile »

Le trafic global du Port d’Annaba a, malgré une conjoncture économique « difficile » et la régression de l’activité commerciale au niveau des ports algériens, affiché de bons résultats durant l’année écoulée. 

Ainsi,  selon les chiffres obtenus auprès de Mohamed Karim Eddine HARKATI, Président Directeur Général de l’Entreprise portuaire d’ Annaba (EPAN), le volume des marchandises ayant transité par le port d’Annaba est estimé à plus de 4,4 millions de tonnes à la clôture de l’exercice 2017 en dépit d’une « légère »  baisse par rapport à l’année d’avant.  

Il est à noter aussi dans le même contexte, l’évolution significative du trafic conteneurs traité au Port d’Annaba qui est passé de 64.000 EVP (Equivalent vingt pieds) en 2010 à environ 163.000 EVP en 2017, qui consolide ainsi sa quatrième position à l’échelle nationale pour ce type de trafic.

La structure de trafic par mode de conditionnement est caractérisée, selon les explications du PDG de l’EPAN,  par un traitement des vracs solides avec une proportion de 58% (soit   2, 587 millions de tonnes) du volume global et une proportion de 33% (soit 1,455 million de tonnes) du volume global pour le trafic des divers.  Le reste du trafic se répartit à raison de 9% pour les vracs liquides (bitume et huile végétale). Le port a également connu une reprise de l’activité en janvier dernier, puisque il a été enregistré durant ce mois, un volume de 355 000 tonne, soit une évolution de 9% par rapport à la même période de 2017.

Quant au trafic conteneurs il a été réalisé en janvier dernier, 12.000 EVP (Équivalent Vingt Pieds)  contre 10.000 EVP pour la même période de l’exercice 2017, soit une augmentation de 19%.

L’atteinte de ces résultats positifs qui n’est pas le fruit du hasard souligne le PDG de l’EPAN a été obtenue grâce d’une part, aux efforts et à la mobilisation de l’ensemble du collectif des travailleurs du Port, et d’autre part, à la mise en œuvre d’importantes actions opérationnelles et organisationnelles, notamment le renforcement conséquent du parc de l’Entreprise en équipements de production appropriés, ayant permis une amélioration sensible de la qualité de service au bénéfice des usagers du Port, notamment en matière de réduction de la rade et du délai de traitement des navires à quai, contribuant ainsi à la diminution des surestaries payées aux Armateurs par les clients propriétaires des marchandises, et par voie de conséquence minimiser leur impact sur le Trésor Public et sur les citoyens.   Le PDG de l’EPAN a enchaîné en rappelant les énormes efforts qui ont été consentis par les Pouvoirs Publics afin de faire des Ports Algériens des plates-formes qui répondent aux normes internationales en la matière. Dans ce cadre, notre interlocuteur  a signalé que le Port d’Annaba a bénéficié récemment d’une opération de dragage général piloté par la Direction des Travaux Publics de la wilaya d’Annaba,

L’objectif de cette opération étant le rétablissement des côtes nominales des tirants d’eau des postes à quai et des bassins de l’enceinte Portuaire, permettant ainsi l’accostage de plus gros navires et par voie de conséquence, une économie d’échelle certaine pour les clients du Port, en matière de coût de Fret.

 Une vision future

La stratégie  adoptée par l’Entreprise Portuaire d’Annaba dans le cadre de son Plan de Développement à moyen terme porte principalement, selon son premier responsable, Mohamed Karim Eddine HARKATI  sur la concrétisation de six objectifs  principaux. Il s’agit dans le détail,  d’une meilleure consolidation de sa capacité financière par l’amélioration continue de la qualité de service de ses activités commerciales, ’accroissement de sa part de marché dans le trafic portuaire National, notamment en matière de trafic conteneurs  et le développement et l’amélioration de son Organisation par la mise en place d’un Système de Management Intégré selon les Normes ISO 9001 et ISO 14000. Il est également question, de la modernisation de son Système d’Information  par l’implémentation de progiciels adaptés et performants, la formation continue du Personnel, notamment sur des thèmes se rapportant à (l’Anglais maritime, la gestion informatisée de l’activité portuaire et logistique, le contrôle de gestion, la maintenance des engins ainsi que le perfectionnement des conducteurs d’engins et en fin, la finalisation des opérations à courts terme retenues dans le Programme d’investissement de 2018 ainsi que la concrétisation des projets pluriannuels se rapportant au développement des potentialités du Domaine Public Portuaire.   Le PDG de l’EPAN a mis l’accent toutefois, sur les limites des infrastructures existantes à satisfaire une demande de capacités supplémentaires en forte augmentation.  La croissance du trafic de marchandises générales à l’instar du trafic conteneurs qui avoisine aujourd’hui les 200.000 EVP et les grands projets structurants soutenus par les Pouvoirs Publics de natures diverses et variées et qui concernent aussi bien l’expansion de l’industrie sidérurgique au niveau de la région que le développement des secteurs industriel et minier, visant la valorisation du phosphate et du gaz naturel à travers la construction de divers complexes de transformation des engrais, impose aujourd’hui au Port d’Annaba, selon le même Responsable de se hisser à une dimension supérieure afin de renforcer son rôle de véritable pôle économique régional voire national. Á titre indicatif, ces projets prévus selon plusieurs horizons, doivent générer un volume de trafic à hauteur de 20 millions de tonnes dont 16 millions de tonnes à l’export pour le Port d’Annaba. Ces nouveaux trafics viennent en sus du trafic moyen traité actuellement. Pour les besoins de ces projets, une étude se rapportant à l’extension du Port d’Annaba est en cours d’élaboration par le Laboratoire des Etudes Maritimes (LEM) pour le compte du Ministère des Travaux Publics et des Transports. Par ailleurs, aux dires de notre interlocuteur et dans le cadre de la stratégie des Pouvoirs Publics visant à développer le transport par rail, une importante enveloppe a été allouée au projet de modernisation de la voie ferrée assurant la ligne minière Annaba-Tébessa sur une longueur (388 km), dont les travaux sont en cours de réalisation. Ce projet consiste, faudrait-il le rappeler,  en la rénovation des rails, l’électrification et le dédoublement de la voie ferrée de cette ligne minière Annaba-Tébessa.  En visite sur le chantier de la voie ferrée en mars dernier, le ministre des Travaux Publics et des Transports, Abdelghani Zaalane a indiqué que cet  investissement devra assurer, une fois achevé, le transfert de 10 millions de tonnes de phosphate depuis le gisement Djebel Onk et Bled Hedba (Bir Ater) vers l’usine de transformation de Oued Kébérit (Souk Ahras) et Hadjer Essoud (Skikda) et puis Annaba. « L’Etat est mobilisé pour l’exploitation du gisement de phosphate de Bled Hedba » assurait le Ministre  mettant en exergue le caractère stratégique de ce projet.

Encourager les exportations : une priorité

Par ailleurs, et en application des orientations des Pouvoirs Publics en matière d’encouragement et de développement des exportations hors hydrocarbures, notamment les produits agricoles et agroalimentaires, l’Entreprise Portuaire d’Annaba et l’Administration des Douanes ont accordé, rappelle Mohamed Karim Eddine HARKATI,  « des facilitations aux opérateurs économiques concernés par ce trafic ».  Ainsi, il est accordé aux opérateurs (exportateurs) un traitement privilégié à travers la simplification des formalités portuaires avec la mise en place d’un couloir vert, la mise  à disposition de moyens de manutention adaptés pour le chargement des marchandises à bord des navires, l’application d’un tarif préférentiel aux différentes prestations commerciales fournies aux opérateurs économiques concernés ainsi que la mise à disposition des exportateurs d’une aire d’entreposage sécurisée dédiée pour les conteneurs  destinés à l’export. Il a été mis également à la disposition de ces opérateurs,  une zone d’entreposage pour les conteneurs frigorifiques dotée de 150 prises électriques au niveau du Terminal à conteneurs et un bureau d’accueil et d’orientation. « Ce dispositif a permis le traitement de plusieurs expéditions à l’export à partir du Port d’Annaba, il s’agit essentiellement des produits suivants : huile de table, Pâte alimentaire et pomme de terre », s’est réjoui le PDG de l’EPAN.

Une gare maritime pour bientôt

Dans son Programme d’investissement, l’Entreprise Portuaire d’Annaba a inscrit la réalisation en autofinancement, d’une nouvelle gare maritime pour:

Améliorer les conditions d’accueil des voyageurs transitant par le Port d’Annaba, notamment nos compatriotes établis à l’étranger ;

Contribuer à l’essor du Tourisme de la ville d’Annaba et de sa région, notamment par le développement et la mise en place avec les parties intéressées, de lignes régulières pour les croisières, à l’instar des pays voisins ;

L’ouverture du Port sur le citoyen.

D’un design moderne et répondant aux critères internationaux pour ce type d’équipement, cette future gare maritime disposera d’un terminal capable de recevoir au moins 100 navires de voyageurs/an, soit un minimum de 240.000 passagers/an contre seulement 16.000 voyageurs/ an avec les superstructures qui étaient en exploitation dans un passé récent.

La nouvelle gare maritime dont les travaux ont démarré courant 2ème semestre 2016 sera  dotée :

d’espaces spacieux permettant le déroulement des opérations de contrôle police/douane dans les meilleures conditions possibles ;

d’espaces commerciaux, de restaurants, de cafétérias, de guichets banque, …etc.

L’achèvement des travaux de cet important édifice est prévu pour la fin du 1er trimestre 2019.

Ce projet prometteur devra également avoir un impact socio-économique direct en permettant la création d’environ 150 emplois, notamment pour des activités récréatives à l’adresse des  citoyens.

Bône et la mer : une histoire commune

La Ville qui possède une rade sûre et commode ne périra jamais, tant qu’il y aura des mers et des vaisseaux qui s’aventureront sur elles.  La rade de Bône est connue depuis des millénaires, depuis, pourrait-on dire, qu’il y a des mers et que de hardis marins ont osé percer l’inconnu des horizons pour aller faire des commerces avec d’autres hommes vers de lointains rivages. Il y a plus de deux millénaires que le port d’Annaba est né à l’embouchure de l’oued Seybouse. C’est là que les Phéniciens, navigateurs et trafiquants, choisirent d’établir un comptoir pour y troquer leurs cargaisons d’objets d’or et d’argent et les soyeuses étoffes d’Orient contre les produits de cette côte de l’Afrique. Ce n’est qu’en 1837, au lendemain de la colonisation, que le port fut réellement construit avec l’avant-port, la petite et grande darse, la jetée du Lion et le petit port de pêche de la Grenouillère. Dès le début des années 1950, grâce aux gisements de la mine de Aïn Morkha (Berrahal) puis Ouenza, Djebel Onk et El Kouif, il devint le 1er port minier du bassin méditerranéen. Avec le développement de l’agriculture de la plaine d’Annaba, il devint le 1er port exportateur d’Algérie. Au lendemain de l’indépendance, c’est autour de ses 20 ha de mer que s’est développée toute l’activité économique et industrielle de la région. Cependant, son véritable décollage se situera avec l’implantation du complexe sidérurgique d’El Hadjar en 1965 et celle de plusieurs autres entreprises publiques de production, Ferrovial, Asmidal...et autres.

F. H.

 



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