Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 103 - Fev 2017

Go

ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR

Une formation pour la vie

Université de la formation continue (UFC)

Par Leila BOUKLI

C’est à droite de l’entrée principale de l’université Alger 3, sise à Dely Ibrahim, que se trouve le siège de l’Université de la formation continue (UFC). Au 2e étage de ce petit immeuble coquet, le bureau du recteur, Djamel Haoued Mouissa. Il nous y attend entouré de son secrétaire général, pour un entretien sur cette université créée en 1990 afin de permettre à la classe laborieuse, moyennant un certificat de la 3e année secondaire et une expérience au travail de trois années, d’obtenir un diplôme pour ceux qui n’ont pas eu la chance de poursuivre leurs études universitaires. « A l’époque, nous dit M. Mouissa, les cours se faisaient par polycopiés, disquettes et CD. Depuis 1995, les choses ont changé. » L’université, qui a lancé cette année la numérisation pédagogique et administrative de l’ensemble de ses 53 centres et 11 annexes à l’échelle nationale, est devenue plus ouverte. Les élèves de terminales y accèdent avec une moyenne de 10, voire plus et sur concours. « 60% des inscrits travaillent, ajoute le recteur, et bénéficient aujourd’hui de deux sortes d’enseignement. En amphithéâtre, tous les jours de 17h 30 à 21h, avec une relâche le vendredi ou au moyen d’une plateforme avec des regroupements en présentiel chaque samedi et mardi. Les 120.000 étudiants au niveau national, finissent avec en poche un diplôme équivalent à celui dispensé par l’université classique. Il est de ce fait reconnu par la Fonction publique. Ce qui permet, plus facilement au diplômé de prétendre à un emploi dans le secteur correspondant à la spécialité de l’étudiant. »
Peut-on dire aujourd’hui que le secteur de l’enseignement est au diapason de cette révolution qui, grâce aux nouvelles technologies, a aboli les contraintes d’espace et de temps. Assurément, oui. Ce nouvel enseignement, qui passe par le réseau Internet et qui est communément appelé la formation « on line », a formé des milliers de cadres depuis sa création. Depuis 2015, formation et études se font sur des plateformes à distance, via des moyens technologiques modernes, en vue de permettre aux personnes, qui ne peuvent assister de façon assidue aux cours, de poursuivre leurs études universitaires et d’alléger ainsi la pression sur les universités, où les cours donnés sont numériques et au moyen de vidéos. Les classes sont virtuelles. « Aujourd’hui, la gestion de la ressource humaine est numérisée au même titre que les délibérations et cela au niveau national », souligne M.Mouissa qui précise que « depuis mon arrivée, en octobre 2015, les recrutements se font par région et c’est généralement le personnel du centre qui va vers le candidat. Une façon de rapprocher l’administration de l’administré ».
Dans le contexte économique actuel la formation continue est devenu un enjeu stratégique pour les établissements d’enseignement supérieur, après les services dédiés aux étudiants. Il en existe aussi pour les salariés des entreprises désireux de poursuivre leur formation ou simplement de se recycler. C’est ainsi que l’UFC a signé des contrats, en ce sens, avec un bon nombre d’entreprises et/ou institutions publiques et privées. « Nous citerons entre autres les ministères de l’Intérieur et des Collectivités locales, de la Justice, des Finances, des Travaux publics, de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur, des Affaires religieuses et des Wakfs, de la Défense nationale, les institutions publiques à l’instar de la Présidence et de l’APN, les entreprises publics telles que Sonatrach, Saïdal, Air Algérie, et prochainement avec l’ANEM. Tous bénéficient d’une plateforme avec regroupement en présentiel. Pour ce faire, chaque année, nous organisons des concours au niveau national », indique Djamel Haoued Mouissa, qui rappelle qu’« un accord nous lie avec cinq universités: Alger 1; Alger 3; Oran 1; Constantine 1; dans différentes disciplines. L’UFC a les bases d’enseignements et les plateformes. J’ai signé récemment des conventions avec ces dérnières    pour le passage du Master à distance. Le premier se fera à Alger. C’est une nouveauté ». Il existe aussi une formation à la carte.
Sur un autre registre, Djamel Haoued Mouissa rappelle que l’UFC a lancé sa Radio émettant 7 jours sur 7 de 13h à 17h sur les ondes moyennes 211m 1422 Khz et sa propre Télé dont les programmes sont disponibles chaque vendredi sur la chaine de l’ENT. « Un acquis que nous devons à notre Président Abdelaziz Bouteflika. Celle-ci pourrait être utile à toutes les universités du pays. Cette chaîne du savoir était pratiquement à l’arrêt depuis 2008. Je voudrais la rentabiliser en formant son personnel afin de la mettre au service de la connaissance», souligne le premier responsable de l’UFC qui a signé, récemment un contrat avec l’APS pour la formation des techniciens et des journalistes par l’Agence nationale d’information. Une convention de partenariat fructueuse permettant à l’UFC de tirer avantage de l’expérience des techniciens de l’Agence dans la gestion des interfaces multimédias. Par ailleurs, « l’UFC a signé des contrats de coopération avec des universités et des grandes écoles qui ont une expérience avérée dans le domaine des TIC, notamment espagnoles. Il s’agit en perspective d’un diplôme mixte entre l’UFC et l’Université de Barcelone. Il sera opérationnel en février prochain et avec « l’open université » où université virtuelle, si vous préférez, de Madrid, le contrat porte sur les nouvelles techniques d’enseignements. Avec l’université d’Alicante, la signature de l’accord, est prevue pour mars prochain, et permettra la formation de formateurs en tourisme », indique Djamel Haoued Mouissa, qui révèle l’existence de deux projets, actuellement en gestation, avec l’UE sur les nouvelles technologies, plus exactement sur la formation des formateurs. Le premier est « comment faire un cours numérique» (projet Logic); l’autre a pour thème « Comment gérer la direction des ressources humaines-DRH » (projet Rise)
D’ailleurs, dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie visant à faire entrer l’université dans l’ère du numérique, la préinscription des étudiants de l’UFC se fait depuis 2015 exclusivement en ligne. Et depuis, l’UFC a enregistré des demandes d’inscriptions de l’étranger du Mali, du Niger, de Tunisie, de Jordanie… « Toutefois, précisera M. Mouissa, les étrangers n’ont pas, encore le droit de s’inscrire à l’Open université d’Algérie. Notre souhait, et nous y travaillons, est que l’étudiant qui a une attestation de succès de l’UFC puisse s’inscrire dans n’importe quelle université du monde. »
On pourrait penser que dans un si grand pays comme le nôtre, avec des zones rurales steppiques et désertiques importantes et déshéritées, la mise en place des TIC pose problème. « Elle est incontournable, précise le recteur, pour combler les lacunes existantes. Pour atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés, afin que dans un esprit d’équilibre régional, l’université virtuelle soit accessible à tous, notre stratégie est d’agir graduellement avec l’aide d’autres institutions. Nous travaillons actuellement pour faire en sorte qu’une formation de deux années soit l’équivalent de deux ans d’expérience pour les diplômés de l’université classique afin de leur permettre d’avoir un poste de travail sans difficulté. L’autre point porte sur l’expérience accumulée. Autrement dit, le diplôme serait équivalent au nombre d’années cumulées à la vie professionnelle.  Lors de ma première rencontre avec notre ministre de tutelle, qui lui-même a été par le passé président du conseil d’administration de l’UFC, Pr Tahar Hadjar, abondant dans notre sens, nous a rassuré par ses mots : On doit révolutionner cette université pour en faire l’une des plus grandes d’Algérie, spécialisé dans l’enseignement à distance. »
  L. B.



Articles de la même rubrique

Du même auteur

Par Leila BOUKLI

Les plus lus

L’Algérie avant tout
Par AMMAR KHELIFA.

Tassili Airlines
Par Farid HOUALI.

Le nouveau code des douanes
Par Yahia MAOUCHI.

Télécharger version PDF

Version PDF

Special Habitat version PDF

Version PDF

Special Habitat (english version)

Version PDF