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À l’occasion de la Journée internationale de la liberté de la presse

Ammar Belhimer dévoile ses grands chantiers


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20 Mai 2020 | 10:08
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Auteur : Yahia MAOUCHI


Laissé trop longtemps en jachère, le grand chantier des médias et de la presse sera relancé dès la levée du confinement, a promis le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Ammar Belhimer. La réorganisation du secteur est l’un des axes majeurs du programme des réformes annoncées par le président de la République Abdelmadjid Tebboune.

Dans un entretien accordé à la Télévision publique nationale, à l’occasion de la Journée internationale de la liberté de la presse, Ammar Belhimer, ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, a révélé la reprise des chantiers de réforme du secteur de la presse, annoncés début janvier dernier, dès la levée du confinement, décidé par les hautes autorités du pays en vue d’endiguer la propagation de la pandémie du nouveau coronavirus. M. Belhimer a expliqué que ces réformes, qui font partie des engagements du président de la République, Abdelmajid Tebboune, interviendront dans le cadre d’un dialogue participatif et tolérant, mais aussi « dans cet esprit de dialogue participatif ouvert et inclusif pour accompagner les efforts de l’État dans la consécration de sa volonté de rapprochement des institutions de l’État du citoyen et dans le but de retrouver sa confiance », a tenu à préciser l’hôte de la Télévision publique. Partant d’une sincère conviction que le citoyen est la source du pouvoir, le ministre de la Communication a indiqué qu’un atelier complet serait dédié au thème de l’activation de la communication institutionnelle, alors qu’un autre chantier examinerait la question de l’extension du réseau de l’information de proximité pour renforcer la démocratie participative.

Un plan médiatique institutionnel
Ainsi, évoquant les grands chantiers qu’il doit mener, juste après le confinement, le ministre a rappelé la tenue, en février dernier, d’un atelier consacré au développement de la presse électronique. Ce premier atelier, selon le ministre, abordera la question de la conciliation de la liberté et de la responsabilité des médias. Sous le titre « Un consensus conceptuel pour un exercice silencieux de la liberté de la presse », cet atelier mettra en évidence la question de concilier liberté et responsabilité dans la pratique des médias, tout en respectant strictement l’éthique du travail journalistique. En plus de l’information alternative, dit « journalisme citoyen », en ce sens que tout citoyen est responsable de l’information qu’il produit, a détaillé M. Belhimer, rappelant les deux codes adoptés récemment par le Parlement, la loi de prévention et de lutte contre la discrimination et le discours de haine et du code pénal, modifié pour inclure les dépassements sur les réseaux sociaux en tant qu’actes punis par la loi. Pour le ministre, il est primordial, dans tous les cas, de tenir compte des droits d’autrui à la vie privée, à l’image et à la protection contre toutes formes de diffamation, d’outrage et d’insulte. Quant au deuxième atelier, il abordera la question de garantir le droit à l’information, dans un cadre de pluralisme et son éthique dans la pratique journalistique, selon les dispositions générales incriminant les comportements anti-pluralistes, prévus plus précisément dans la loi sur la concurrence et le code pénal. L’atelier vise également à aborder la question du monopole, les cas de montage, d’une part, et à lutter contre les dangers des noms empruntés, d’autre part. « Cette démarche vise la régulation des pratiques favorisant le pluralisme et les échanges au sein d’une société démocratique, et ainsi faire face à la pensée unilatéraliste-totalitariste et autres déviations néolibérales », a souligné le ministre.
Le troisième chantier sera consacré au vide juridique dont souffre le secteur de la communication, nécessitant une révision de l’organisation de la presse écrite et électronique, l’activité des chaînes TV privées, l’organisation des agences de conseil en communication, ainsi que le contrôle du domaine de la publicité. Concernant la presse écrite, le ministre a indiqué qu’elle sera traitée dans le cadre du « Conseil national de la presse » par le biais de trois organes, en l’occurrence l’Organe de l’éthique, de la déontologie et de la médiation, l’Organe de la carte professionnelle et l’Organe de médiamétrie.

Le contrôle des chaînes privées
Dans le même ordre d’idées, M. Belhimer a affirmé qu’un travail sera également effectué pour légaliser et contrôler l’activité des chaînes privées, qui « est devenue une question urgente à la lumière du danger posé par le contenu de certaines de ces chaînes », a-t-il ajouté. Outre l’organisation d’organismes de conseil en communication, le même atelier traitera des activités publicitaires qui se caractérisent, selon le ministre, par la présence de « nombreuses dispositions éparses dans différents textes législatifs et réglementaires », et en conséquence « il est devenu nécessaire de prendre soin de cet aspect et de combler le vide juridique existant », a souligné encore M. Belhimer. Le quatrième atelier abordera la presse électronique et le réseau Internet, qui, selon le ministre, sont devenus un « espace ouvert exploité par des acteurs étroits, des attitudes hostiles et des mœurs négatives pour porter atteinte à l’intégrité et à l’honneur de l’autre et à la souveraineté des États en faisant un espace de pratique de la calomnie et de diffusion de fausses informations et d’incitation à la violence et aux attaques de formes variées ». Quant au cinquième atelier, il sera consacré, selon M. Belhimer, à la communication numérique et à la nécessité d’une transition finale. Le ministre a fait savoir que l’Union internationale des télécommunications (UIT) a fixé la date du 17 juin 2020 comme dernière date de transition du système de radiodiffusion analogique au système de radiodiffusion numérique. « Pour accompagner les efforts de l’Etat dans la consécration du principe de rapprocher les institutions de l’Etat du citoyen et regagner sa confiance partant de sa conviction que le citoyen est source du pouvoir, le ministre a indiqué qu’un atelier complet sera dédié au thème de « l’activation de la communication institutionnelle ». Le sixième chantier examinera la question de « l’élargissement du réseau des médias de quartier pour renforcer la démocratie participative ». M. Belhimer a estimé à ce sujet que « les médias actuels sont l’un des moyens de communication les plus efficaces pour la prise en charge des affaires locales et le rapprochement de l’administration du citoyen, notamment dans les zones intérieures et enclavées du pays ». Sur sa lancée, le ministre a rappelé que les participants au septième atelier sous le thème « Promotion de la formation et la qualification », aborderont la question du renforcement de la formation et de la qualification. A cet effet, le ministre a rappelé la réactivation du fonds de ce chantier, gelé depuis 2014, dans le cadre de la loi de finances complémentaire.

L’amélioration du cadre juridique
Par ailleurs, la question de l’amélioration de l’image de l’Algérie occupera une place prépondérante dans la stratégie de réforme du secteur des médias, compte tenu de son importance, qui sera abordée lors du huitième atelier qui sera organisé sous le thème « Améliorer l’image de l’Algérie à l’étranger pour qu’elle retrouve sa place dans les foras internationaux ». Quant au neuvième atelier, il abordera le thème de la codification de la fonction du sondage d’opinions ou l’enquête statistique qui a pour but de donner des indicateurs d’appréciation à un moment précis des opinions, aspirations, perceptions et comportements des citoyens ou d’un échantillon de la société. Le ministre a mis en avant, à ce propos, l’absence dans notre pays d’un cadre juridique et de réalité économique claire dans ce domaine. Un mécanisme qui contribuera, précise le ministre, « à l’amélioration de l’ingénierie législative, au premier rang de laquelle figure la capacité ou la réception de projets juridiques par le citoyen ». Enfin, M. Belhimer a évoqué les problèmes rencontrés par la presse hebdomadaire et spécialisée, qui est menacée de disparition en raison de contraintes financières. Une problématique qui sera débattue par les spécialistes en la matière dans le dixième atelier intitulé « Relance des périodiques », compte tenu du rôle et des services qu’ils assurent pour les associations, les laboratoires de recherche et les clubs « d’où l’importance d’accorder toute l’attention à cette catégorie de presse écrite », conclut le premier responsable du secteur. Rappelons que les professionnels de la presse écrite spécialisée, telle que les journaux sportifs, politiques, ceux de l’économie et ceux de l’agriculture, estiment que leurs supports médiatiques doivent faire partie de grand chantier de l’Etat, vu qu’ils existent depuis plusieurs décennies pour consacrer l’information aux professionnels de différents secteurs, en plus de la formation du citoyen. La variété, la richesse et le caractère indispensable de ses titres font de la presse d’information spécialisée une nécessité dans le paysage médiatique.

Y. M.



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