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Enseignement supérieur et recherche scientifique

Un moteur de développement économique


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20 Mai 2020 | 11:30
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Auteur : Smail ROUHA


Dans les prochaines années, seules les institutions d’enseignement supérieur qui auront su se détacher de leurs logiques locales et se positionner comme des acteurs visionnaires et créatifs, réussiront leur mission dans la promotion du développement socio-économique du pays regorgeant de richesses et de talents humains.

La volonté de faire de la recherche scientifique un moteur de développement constitue un véritable défi pour, d’une part, les pouvoirs publics, et, d’autre part, l’Université algérienne. D’ailleurs, lors de la réunion du Conseil des ministres, le Président Abdelmadjid Tebboune a souligné l’importance d’établir un lien entre l’université et le monde du travail afin qu’elle soit « la locomotive de l’édification d’une économie nationale solide, qu’il s’agisse de l’économie traditionnelle ou du savoir, et ce à travers la création de pôles d’excellence universitaires ». Les universités sont souvent décrites comme des fondements essentiels du développement économique, et elles le sont. C’est un fait indéniable. Toutefois, en les considérant comme de simples éléments de soutien, on ferme les yeux sur la plus grande contribution qu’elles pourraient apporter en tant que moteurs de croissance économique et d’innovation, pour peu que l’on favorise la création de partenariats essentiels entre le milieu universitaire et l’industrie. D’autant que l’impact socio-économique de l’enseignement supérieur sur l’économie englobe différents aspects. Les activités de recherche fondamentale et appliquée favorisent le stockage de connaissances au sein de l’économie locale et nationale. Les universités fournissent des ressources humaines hautement qualifiées et favorisent la production d’innovations ainsi que le transfert technologique. Elles peuvent jouer un rôle de catalyseur dans le développement économique local sous réserve de réunir les conditions favorables permettant la communication et la collaboration entre universités, industries et entreprises. D’autant que le rapprochement entre les universitaires et le « vrai monde » est un enjeu qui préoccupe depuis toujours les gouvernements et les universités du fait que les connaissances issues de la recherche universitaire sont transformées en actions concrètes dans l’intérêt de la société pour peu que les opérateurs économiques – publiques et privés – et l’Etat sollicitent l’expertise universitaire. Dans un tel contexte, les universités, les grandes écoles et les centres de recherche sont appelés à adapter leurs efforts afin de devenir un cadre d’enseignement, d’épanouissement et d’innovation et constituer de véritables leviers de développement de l’économie de la connaissance. Pour faire face à ces défis et capitaliser les acquis enregistrés, le secteur ouvrira de nouveaux chantiers et opérera les transformations nécessaires visant la préservation d’un enseignement de qualité tout en faisant face à la massification, le développement de formations d’élites et de pôles de recherche de référence, pour garder les étudiants talentueux et les enseignants compétents en Algérie. Cela se fera par la prise en charge des attentes des entreprises en offrant une ressource humaine utile et de qualité, à même de leur permettre de se positionner dans un marché mondialisé. Ceci permettra au pays de réduire progressivement sa dépendance technologique, par la valorisation du produit de la recherche, et la mise en place d’écosystèmes permettant aux laboratoires de recherche et à l’industrie d’innover et d’être compétitifs, et visibles à l’international. Les transformations nécessaires seront engagées pour assurer un enseignement de qualité, la formation d’élites et de pôles de recherche de référence, à même de répondre aux attentes des entreprises, en leur offrant la ressource humaine devant leur permettre de se positionner dans un marché mondialisé, note-t-on dans le Plan d’action du gouvernement. Aussi, l’Université algérienne se doit d’être, aujourd’hui, profondément engagée dans leurs collectivités. Cette collaboration avec des partenaires locaux dans le cadre d’une grande variété de projets contribue à stimuler la croissance des villes et des collectivités en créant de nouveaux emplois et de nouvelles industries. Les avantages sont plus qu’économiques.

La nécessité de réformer l’Université 

L’Algérie qui est amenée à évoluer dans un contexte marqué par l’accélération de la mondialisation et l’émergence de nouvelles puissances intellectuelles où les champions ne sont plus les transformateurs de la matière et de l’énergie, mais les créateurs de richesses misant sur l’économie de la connaissance, se doit de développer la recherche scientifique à même de sortir de la dépendance aux hydrocarbures. Aussi, une réforme de l’Université algérienne à même de jouer pleinement son rôle de moteur de développement économique est plus qu’impérative.
A ce sujet, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a annoncé une batterie de mesures visant à réformer l’enseignement supérieur et qui entreront en vigueur d’ici septembre 2020. Le projet phare de cette réforme est de doter l’université d’un statut renforçant les valeurs scientifiques et consacrant l’autonomie de l’acte pédagogique. Une façon de distinguer l’administratif du pédagogique par un réajustement des missions des responsables de l’université – recteur, président du conseil scientifique, secrétaire général, etc. Il est par ailleurs prévu, pour la même échéance, de redéfinir la vision du secteur en matière d’innovation et de développement technologique, notamment par la mise en place, sous le sceau de l’urgence, du conseil national de la recherche scientifique et des technologies. Comme il est question d’un projet de renforcement des programmes d’études à travers une charte d’éthique de l’université. Celle-ci définira le cadre de coexistence au sein de l’université et les relations entre les étudiants, les enseignants et l’administration. Cela permettra de revoir le mode de fonctionnement général des établissements d’enseignement supérieur. Dans son plan de réformes, le ministère compte généraliser l’enseignement d’un module portant sur l’entrepreneuriat dans toute les disciplines des sciences technologiques et appliquées, à l’instar des écoles d’ingénieurs, tout en favorisant la fabrication d’équipements pédagogiques (produits chimiques, verrerie, etc.) en vue d’alimenter l’université et réduire l’importation. A ce sujet, la mise en place du « Master of engineering », comme première étape à la réhabilitation de la formation d’ingénieur afin de répondre aux besoins socioéconomiques, est pressentie. Pour ce faire, il est question de développer des pôles d’excellence, en partenariat avec l’entreprise, dans des spécialités en adéquation avec le développement universel des technologies et des métiers et avec les besoins de l’économie nationale. A ce titre, la création d’entreprises par les chercheurs et par les étudiants diplômés (start-ups) sera encouragée. Ce qui permettra à l’Université de générer des ressources propres. Dans le cadre de la nouvelle République et des nouveaux enjeux, le ministère prévoit d’adopter une nouvelle loi d’orientation pour une nouvelle vision de l’enseignement supérieur. Une vision assujettie à la modernisation du secteur à travers la numérisation, à la fois des modes d’enseignement (encourager l’enseignement distanciel/semi-présentiel), et de la gouvernance. Enfin signalons la proposition de révision du statut de l’Agence nationale de la valorisation des résultats de la recherche et du développement technologique (ANVREDET) par sa transformation en Agence nationale de développement technologique et d’innovation (ANDTI).

Une formation de qualité

Pour faire face à ces défis, une organisation des relations avec les secteurs d’éducation et de formation pour assurer une cohérence d’ensemble effective est plus que d’actualité à même de contribuer à la mise en place graduelle d’un système éducatif performant. Dans ce cadre, le développement du projet du laptop et/ou tablette scolaire, en collaboration avec les secteurs concernés (Education nationale, Formation professionnelle, Poste et Technologies de l’information...), permettrait de régler le problème du poids excessif du cartable, mais surtout de projeter l’élève au cœur du XXIe siècle. C’est dans ce sens que l’implication de la communauté des enseignants-chercheurs – principal acteur du secteur – est préconisée au même titre que l’amélioration du rendement de la formation supérieure afin de répondre aux besoins du secteur socioéconomique. Une stratégie devant prendre en charge les attentes des entreprises en offrant une ressource humaine utile et de qualité, à même de leur permettre de se positionner dans un marché mondialisé. Une vision devant permettre au pays de réduire progressivement sa dépendance technologique, par la valorisation du produit de la recherche, et la mise en place d’écosystèmes permettant aux laboratoires de recherche et à l’industrie d’innover et d’être compétitifs et visibles à international.

Cultiver la confiance et le partenariat
S’inscrivant dans le cadre du programme du président de la République, le département de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique devra d’abord convaincre ses différents partenaires de la nécessité de remettre l’éthique et la déontologie à l’honneur, de telle façon à ramener la confiance, d’une part, entre les différents acteurs de l’université (enseignants, enseignants chercheurs, personnel administratif, étudiants), mais aussi entre l’université et la société. Une démarche à même de réhabiliter graduellement l’image de l’Université et créer un engouement et un respect pour le savoir. Pour ce faire, l’Université se doit de consolider et de développer les relations déjà établies avec les partenaires socio-économiques, de mettre en place une stratégie de communication pour faire connaître davantage les potentialités et les offres de service de l’université, d’encourager le service interface de l’université à développer des relations de proximité avec le milieu socio-économique afin de mieux identifier ses besoins en matière de formation, de R



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