Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 122 - Sep 2019

Go

A la une

Le général de corps d’armée Ahmed Gaid Salah :

« Nous n’avons aucune ambition politique »

Par Farid HOUALI



«Je voudrais également souligner, comme énoncé lors de mes précédentes interventions, que nous n’avons aucune ambition politique et que notre aspiration majeure est de servir notre pays et notre Armée, conformément à nos missions constitutionnelles, et c’est là une position dont nous ne dévierons jamais », a soutenu le 28 mai dernier, le chef d’état-major de l’ANP à partir de la 6e Région militaire (Tamanrasset). « Nous tenons ces propos en toute connaissance de cause, car nous considérons la réalité de la crise dans notre pays d’un point de vue réaliste et profond, en prenant en compte ses dessous et objectifs, ainsi que ses répercussions directes et indirectes sur la sécurité et l’avenir de l’Algérie », a-t-il encore affirmé. « Nos analyses sont objectives et rationnelles, basées sur notre compréhension et perception de l’enchainement, la corrélation et le déroulement des évènements, ainsi que leurs finalités et principaux objectifs. En cela, nous faisons appel à une vision stratégique fondée sur l’information crédible sur ce qui se passe et la prédiction de ce qui pourrait se passer, ainsi que l’examen approfondi des tenants et aboutissants de cette crise multidimensionnelle », a-t-il estimé coupant ainsi court avec les rumeurs, insistantes depuis ces dernières semaines, lui prêtant l’ambition de vouloir briguer la magistrature suprême. Le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense nationale, chef d’état-major de l’ANP, s’est déjà prononcé à ce propos, quelques jours auparavant.

 « Que chacun sache, que nous n’avons pas d’autres ambitions politiques que servir notre pays, je redis, servir notre pays, conformément à nos missions constitutionnelles (…) Nous avons indiqué plusieurs fois que la responsabilité est une charge mise sur les épaules de ceux qui doivent l’assumer devant Allah, leur patrie et eux-mêmes durant la période où ils ont des missions à assurer conformément aux prérogatives légales qui leur sont reconnues en toute sincérité et honnêteté. Il ne faut jamais s’éloigner de ces prérogatives quelles que soient les circonstances ou les raisons », avait-il dit, au terme du 4e jour de sa visite dans la 4e Région militaire (Ouargla),

Le chef d’état-major réaffirme que son seul objectif est de servir le pays. « Je me suis engagé personnellement à maintes reprises (…) à accompagner le peuple algérien, de manière rationnelle, sincère et franche, dans ses manifestations pacifiques et matures, ainsi que les efforts des institutions de l’État et de l’appareil de justice. Nous avons affirmé à maintes reprises que la responsabilité est un poids que ceux qui le portent doivent l’assumer devant Allah, devant leur patrie et eux-mêmes, tout au long de la période de l’accomplissement de leurs missions, conformément aux prérogatives qui leur sont assignées par la loi, et ce, en toute intégrité, fidélité et loyauté envers le serment », a-t-il soutenu relevant dans le même contexte que « ces prérogatives dont ils ne peuvent dévier, en aucun cas et se doivent d’œuvrer à exécuter leur devoir, sans négligence ni pressions en veillant à respecter les exigences de la hiérarchie fonctionnelle, et faire aboutir leurs actions de manière convenable et de faire en sorte que leur parcours professionnel soit caractérisé par une bonne performance ».

Dans l’exercice de ses missions, l’ANP a la pleine confiance de la nation. Elle y répond et elle y répondra. Ahmed Gaïd Salah, en sa qualité de « premier soldat » de l’ANP, ne manque aucune occasion de le souligner se montrant ainsi rassurant quant au devenir de la patrie, car, c’est là, toute la question. « Assumer et accomplir la responsabilité quel que soit son niveau et par n’importe quel individu, et de manière honnête, doit être soumis en premier lieu au paramètre de la conscience claire et vive, et du sens du devoir envers la patrie et le peuple », notait à ce propos le vice-ministre de la Défense nationale, chef d’état-major de l’ANP dans son allocution prononcée à la 4e Région militaire (Ouargla).

 

Un « dialogue franc sur la base des revendications populaires »

En visite de travail dans la 6e RM, Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense nationale, a affirmé « vouloir adopter la voie d’un dialogue sérieux, rationnel, constructif et clairvoyant, qui placerait l’Algérie au-dessus de toute considération ». Il a dans ce cadre, appelé, à un « dialogue franc » avec notamment des élites et personnalités, « qui fait des revendications populaires, aussi nombreuses que concrètes, acquises jusque-là, sa base fondamentale et sa rampe de lancement ».

« La base fondamentale » et « la rampe de lancement » de ce « dialogue franc » seront les revendications populaires, « aussi nombreuses que concrètes, acquises jusque-là », a soutenu Ahmed Gaïd Salah, au cours d’une rencontre d’orientation avec les cadres et les personnels de la 6e région militaire (Tamanrasset) diffusée par visioconférence à l’ensemble des unités de la Région.

Pour lui, les « contours de la feuille de route » de ce dialogue « se préciseront davantage à travers le sérieux et la rationalité des initiatives et la recherche sérieuse des solutions idoines à cette crise qui perdure, dans les plus brefs délais ».

Ce dialogue, a-t-il encore souligné, permettra de sortir de cette phase « relativement complexe » que traverse le pays et assurera ainsi « la voie vers la tenue des prochaines élections dans les plus brefs délais possible, loin, et je le dis, de périodes de transition aux conséquences incertaines, car l’Algérie ne peut supporter davantage de retard et de procrastination ».

Pour le chef d’état-major de l’ANP, « la seule voie permettant de sortir de la crise que traverse notre pays est un dialogue qui place l’Algérie au-dessus de toute considération ».

« Le peuple algérien, dévoué à sa patrie, et conscient de l’importance d’aboutir rapidement à des issues adéquates à cette crise, ne veut plus revivre les expériences douloureuses antérieures dont il a subi les affres et souffert terriblement des répercussions, tout comme il n’oublie pas et ne veut pas oublier cette pénible période qu’il a vécue durant les années 1990», a-t-il continué, en appelant à « tirer l’enseignement des expériences et des événements tragiques passés, où la raison était absente ».

Le vice-ministre de la Défense nationale a souligné que « la solution est entre les mains des Algériens fidèles à leur patrie et c’est eux qui trouveront la solution à travers, je le répète, le dialogue qui mène à un consensus et un compromis sur l’impératif de l’organisation des élections présidentielles, le plutôt possible ».

« Il n’y a aucune raison de continuer à perdre du temps, car le temps est précieux et il n’y a pas moyen de le gâcher dans des discussions stériles loin du véritable dialogue sincère et constructif », a-t-il dit, affirmant que « rien n’est impossible et l’Algérie attend une sortie légale et constitutionnelle qui la prémunira contre toute forme d’exacerbation de la situation ».

Pour rappel, l’ANP a proposé la mise en application de l’article 102 de la Constitution, comme solution s’inscrivant exclusivement dans le cadre constitutionnel, lors de son intervention du 26 mars dernier, au niveau du Secteur opération Sud- Est de Djanet en 4e région militaire, mais face à l’absence de réaction aux propositions de l’Armée nationale populaire et aux tergiversations qui perduraient, il a été préconisé, en date du 30 mars passé, la mise en application des articles 7, 8 et 102 de la Constitution. La dernière étape fut la réunion du 2 avril, lors de laquelle le Haut Commandement de l’Armée nationale populaire a pris une position historique ferme, en insistant sur la satisfaction immédiate de la revendication populaire pressante et l’application des dispositions de l’article 102 de la Constitution. Ainsi, le peuple a obtenu ce qu’il voulait lorsque le président de la République a présenté sa démission le soir-même, pour passer ensuite à la phase de transition.

Depuis, et cela fait maintenant trois mois, l’Algérie vit une situation politique, le moins que l’on puisse dire, délicate. La démission de l’ex-président de la République Abdelaziz Bouteflika, début avril dernier, a donné lieu à une instabilité institutionnelle évidente. Alors que les Algériens manifestent chaque vendredi par des millions, leur refus aux symboles de l’ancien régime, l’institution militaire se retrouve encore une fois, et malgré elle, au-devant de la scène, et face à une crise politique aiguë et qui menace même l’intégrité du pays. Mais, n’oublions surtout pas que ce sont les servitudes de sa mission qui font la grandeur de l’armée. Fidèle aux idéaux de la révolution de Novembre, aux principes fondamentaux de notre République et au serment qui la lie à la Nation, elle est plus que jamais prête à prendre part à l’œuvre de rénovation nationale et à y participer avec une conscience aigüe de ses potentialités et de ses obligations et un sens élevé de son devoir, car notre pays se trouve à la croisée des chemins pour le choix de son devenir... L’Histoire retiendra qu’après avoir sauvé le pays d’un chaos destructeur, l’ANP a essentiellement contribué à la sauvegarde des principes républicains de la nation, et qu’elle a été une source d’impulsion majeure dans le développement du processus de construction démocratique.

 

L’attachement à la voie constitutionnelle

L’engagement de l’ANP à mener «amplement» ses missions constitutionnelles, et le devoir de se tenir « loin des questions qui ne la regardent pas», ont souvent été réaffirmés par le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah à l’occasion de ses nombreuses visites de travail et d’inspection effectuées dans les Régions militaires. Ainsi, l’institution militaire, tout en rappelant les principales missions de l’ANP, se refuse de s’impliquer dans la vie politique. En visite dans la 5e Région militaire, fin avril dernier, le vice-ministre de la Défense nationale a, en effet, mis l’accent sur l’attachement de l’ANP à la voie constitutionnelle, à travers l’organisation de l’élection présidentielle dans les «meilleurs délais».

«L’attachement profond du Commandement de l’ANP à la Constitution, cautionnée par le peuple à travers ses représentants au Parlement, émane du fait que tout changement ou amendement de ses dispositions ne relève pas des prérogatives de l’ANP, mais de celles du Président qui sera élu conformément à la volonté du peuple», a déclaré Gaïd Salah dans une allocution prononcée lors d’une réunion d’orientation et suivie, via visioconférence, par l’ensemble des personnels des unités des 4e et 5e Régions militaires, lors du 2e jour de sa visite à la 5e RM. Une position de principe et un signe manifeste et constant de la détermination de l’ANP à ne pas s’écarter de la voie constitutionnelle, quelles que soient les conditions et les circonstances, et quiconque prétend le contraire fait preuve d’ingratitude envers l’Armée et ses positions de principe constantes, en particulier ces arrivistes qui ont profité des richesses du pays à bien des égards et veulent aujourd’hui donner des leçons à l’ANP et son commandement. «Nous récusons catégoriquement ces comportements opportunistes qui ne servent en rien l’Algérie et ne contribuent aucunement à résoudre sa crise. Aussi, il nous appartient à tous de faire preuve de bon sens et de clairvoyance et d’éviter de s’égarer dans des dédales et des conflits secondaires inutiles qui ne servent nullement l’intérêt suprême de la Nation et qui sont à même de faire perdurer la crise», a encore souligné à ce propos le chef d’état-major de l’ANP qui coupe la voie à ceux et celles voulant impliquer l’ANP d’une manière ou d’une autre dans une impasse politique dont les conséquences ne peuvent être que désastreuse pour l’Algérie. L’ANP « compte », d’ailleurs aux dires du vice-ministre de la Défense nationale, sur tous les citoyens jaloux pour « l’avenir de leur pays de conjuguer leurs efforts sincères afin d’aboutir aux meilleurs moyens pour mener le pays vers la paix». Á cet effet, Ahmed Gaïd Salah a affirmé que la tenue des élections présidentielles exige l’accélération de la mise en place de l’instance indépendante pour l’organisation et la supervision des élections, afin «d’éviter le vide constitutionnel». Intervenant au 2e jour de sa visite à la 4e Région militaire à Ouargla, le chef d’état-major de l’ANP a indiqué que «la tenue des élections présidentielles permettra d’éviter de tomber dans le piège du vide constitutionnel et tout ce qui s’en suivra comme dangers et dérapages aux conséquences désastreuses, ce qui exige des enfants dévoués de l’Algérie, jaloux de la notoriété de leur patrie et des intérêts de leur pays et sa place parmi les nations, d’adhérer à cette démarche décisive pour l’avenir du pays». Il a précisé, dans le même sillage, qu’«il y a lieu d’indiquer que la tenue des élections présidentielles mettra un terme à tous ceux qui tentent de faire perdurer cette crise. Il est certain que l’étape principale serait d’accélérer la création et l’installation de l’instance indépendante pour l’organisation et la supervision des élections». «Nous attendons, dans ce cadre, l’accélération de la prise des mesures adéquates pour la mise en œuvre de ce mécanisme constitutionnel, considéré comme l’outil juridique idoine pour préserver la voix de l’électeur et donner une crédibilité aux élections», a-t-il dit.

Le général de corps d’armée a souligné, en outre, que «la proposition du Commandement de l’ANP pour activer l’article 102 de la Constitution a dérangé les têtes de la bande qui ont affiché une profonde haine quant à tout effort de développement réalisé par nos forces armées sur tous les plans».

 

Les précisions du Haut Commandement

«En cette occasion, je tiens à indiquer que l’article 102 de la Constitution que nous avons proposé d’adopter en toute responsabilité, sincérité et dévouement, en date du 26 mars passé à Djanet en 4e RM, en ce qu’il constitue une solution constitutionnelle appropriée, je dis, cet article a suscité de nombreuses interprétations erronées et tendancieuses de la part des têtes de la bande qui ont créé autour dudit article une agitation afin d’avorter toute démarche présentée par le Commandement de l’ANP», a-t-il souligné. «Ceux-là mêmes qui ont démontré par ces positions qu’ils sont les ennemis de toute démarche salutaire même si elle est en faveur du pays, car leur parcours professionnel témoigne qu’ils n’ont rien donné à cette Armée, pour la simple raison qu’ils se sont affairé à réaliser leurs intérêts personnels étroits, loin de ce que leur dicte leur devoir national envers l’Armée et la Nation et il semble que leur ressentiment envers l’Armée et son Commandement a atteint un tel degré qu’ils sont véritablement contrariés par toutes ces étapes de développement que notre Armée a franchies sur plus d’un plan», a ajouté Ahmed Gaïd Salah. «Ce dépit a atteint des limites dangereuses, dont l’objectif clair est d’affaiblir l’armée et freiner cet effort de développement considérable, ignorant que quiconque se met en travers de l’ANP et son Commandement et œuvre à entraver ses efforts, se dresse nécessairement contre l’intérêt de l’Algérie», a-t-il ajouté. Pour le général de corps d’armée, «nul doute que les têtes de la discorde, qui ont été démasqués, ainsi que leurs actes criminels et pernicieux néfastes pour l’Algérie, sont aujourd’hui en train de subir la sanction juste et équitable qu’elles méritent par la force de la loi». Dans le même sens, il a averti que «ce sera également le sort de tous ceux qui sont impliqués dans le complot contre l’ANP et l’Algérie, en commettant des actes criminels. Ceux-là mêmes que les enquêtes persévérantes et approfondies en cours, ne manqueront pas de dévoiler dans l’avenir et seront eux aussi sanctionnés de manière juste et équitable par la force de la loi». «Ainsi, tous ceux qui ont été désignés dans des fonctions supérieures et qui, au lieu de faire en sorte que ces fonctions et postes qu’ils occupent soient une opportunité pour affirmer leur dévouement à leur armée et à leur patrie, à travers un travail sur le terrain et productif, s’évertuent à mettre les avantages de leurs fonctions essentiellement au service de leurs intérêts personnels, croyant à tort que continuer, voire insister, à manigancer des complots et des conspirations leur garantira la réussite dans ce qu’ils commettent», a-t-il fait observer. «Nous les mettons en garde avec la plus grande rigueur que l’Etat algérien est fort par ses lois, son peuple et son Armée, qui forment un rempart solide pour protéger cette chère patrie, des complots de ceux qui veulent, sans scrupule aucun, enliser l’Algérie dans des méandres aux conséquences inconnues», a affirmé le chef d’état-major de l’ANP.

Une armée, un rempart

Le peuple algérien n’a de crainte pour ses revendications « légitimes » d’autant que l’ANP y réitère encore une fois sa «pleine adhésion» soutenant que «le lien étroit» qui la lie au peuple «s’est renforcé et consolidé» au point que rien ne saurait «le rompre». Le chef d’état-major de l’ANP a réitéré, lors de sa visite dans la 4e Région militaire (Ouargla), « son engagement personnel auquel il ne renoncera jamais, à accompagner le peuple algérien, de manière rationnelle, sincère et franche, dans ses marches pacifiques et matures, ainsi que les efforts des institutions de l’Etat et de l’appareil de justice ». « Á cet égard, je me suis engagé personnellement à maintes reprises, devant Allah et devant la patrie et l’histoire, et c’est là un engagement solennel auquel je ne renoncerai jamais, par respect à la Constitution et aux lois républicaines», a-t-il dit. Et ce n’est pas la première fois que le vice-ministre de la Défense nationale a fait ce serment. « L’ANP accompagnera la période de transition destinée à la préparation de l’élection présidentielle et veillera à son suivi dans le strict respect des règles de transparence et d’intégrité et des lois de la République », notait en effet Ahmed Gaïd Salah, en visite, le 10 avril dernier, dans la 2e Région militaire (Oran).

 « La période de transition destinée à la préparation des élections présidentielles se fera avec l’accompagnement de l’Armée nationale populaire, qui veillera au suivi de cette phase, au regard de la confiance réciproque entre le peuple et son armée, dans un climat de sérénité et dans le strict respect des règles de transparence et d’intégrité et des lois de la République », a souligné dans le contexte le chef d’état-major de l’ANP relevant que « cette phase déterminante requiert de l’ensemble des enfants du peuple algérien fidèle de faire preuve de patience, de conscience et de lucidité afin de réaliser les revendications populaires, guider le pays vers la paix et jeter les bases d’un Etat de droit et d’institutions ».

Aussi, a-t-il soutenu, cette phase historique charnière et cruciale requiert, voire impose à l’ensemble des enfants du peuple algérien dévoué, fidèle et civilisé, de fédérer les efforts de tous les nationalistes en suivant la voie de la sagesse, de la pondération et de la clairvoyance, qui tient compte de l’intérêt suprême de la nation en premier lieu, de prendre en considération que la conduite de la période de transition nécessite un ensemble de mécanismes dont la mise en œuvre doit s’effectuer conformément à la Constitution qui stipule que le président du Conseil de la Nation que choisit le Parlement avec ses deux chambres, après le constat de la vacance, assume la charge de chef de l’Etat pour une durée de trois mois, avec des prérogatives limitées, jusqu’à l’élection du nouveau Président de la République. « Il appartient à tout un chacun de comprendre et d’assimiler tous les aspects et les contours de la crise, durant la période à venir, notamment dans son volet socio-économique, qui s’aggravera davantage si les positions obstinées et les revendications irréalisables persistent, ce qui se reflète négativement sur les postes de travail et le pouvoir d’achat du citoyen, notamment au regard d’une situation régionale et internationale tendue et instable. Aussi, il y a lieu de faire preuve de patience, de conscience et de lucidité afin de réaliser les revendications populaires, guider le pays vers la paix et jeter les bases d’un Etat de droit et d’institutions », avait-il insisté. « L’Armée nationale populaire demeurera mobilisée en permanence pour accompagner le peuple jusqu’à ce qu’il atteigne ses objectifs de concrétiser le changement attendu et le protéger des agissements d’individus que le temps a fini par dévoiler les contours du vil complot qu’ils ont mis en œuvre contre l’Algérie et de créer un environnement propice au vide constitutionnel», lit-on en effet dans l’édito du numéro de ce mois de mai de la revue El-Djeïch. La revue affirme qu’en ce mois de mai où le peuple algérien commémore le 74e anniversaire des massacres du mois de mai 1945, l’Algérie «traverse une crise que certains parmi ceux qui ont vendu leur conscience (...) et qui vont même jusqu’à tramer des complots contre la patrie, voudraient voir perdurer en rejetant toutes les solutions disponibles et possibles, à même de permettre à notre pays de surmonter cette épreuve, et donc de couper la route aux aventuristes qui concoctent des plans et de les exécuter à tous les échelons dans le but d’entrainer le pays vers l’anarchie et le chaos». Les projets et plans «concoctés par cette poignée de comploteurs sont inéluctablement voués à l’échec, y compris celui visant à briser la cohésion entre le peuple et son armée», ajoute la même source. Pour El Djeïch, «durant ses marches pacifiques, le peuple algérien qui a exprimé sans aucune ambiguïté ses revendications légitimes qui portent dans l’ensemble sur l’avènement d’une Algérie nouvelle, a fait montre d’une grande conscience de l’importance des défis et du caractère sensible de la conjoncture que traverse notre pays, tout comme il est au fait de la nature abjecte du plan que certaines parties voudraient mettre à exécution par procuration pour certains parrains désormais connus de tous». «Aujourd’hui, nul n’ignore que les exécutants de ce plan machiavélique, ceux qui leur ont confié cette tâche et ceux qui gravitent dans leur giron, ont attendu, durant toutes les années passées, la moindre occasion pour le mettre à exécution en ayant recours à diverses voies et moyens», souligne la revue qui rappelle les propos du vice-ministre de la Défense nationale, le général de corps d’armée pour lequel la crise que connait le pays «a été inventée dans le but de semer les graines de la déstabilisation en Algérie, en créant un environnement propice au vide constitutionnel». «Après que le peuple algérien les a démasqués et rejetés fermement et définitivement, ils ont fait de certains canaux d’information connus et des réseaux sociaux un moyen pour tenter de réaliser des agendas douteux, en menant des campagnes méthodiques autant que tendancieuses dans le but d’abuser l’opinion publique pour distiller leurs mensonges et leurs élucubrations dans une vaine tentative de porter atteinte au lien existentiel et étroit qui unit le peuple à son armée, d’ébranler sa cohésion et la confiance mutuelle qui les anime», ajoute-t-on.

Les tentatives de déstabilisation

Lors de sa visite dans la 4e Région militaire, le chef d’état-major de l’ANP a appelé le peuple algérien à « faire montre d’une extrême vigilance et à demeurer solidaire avec son Armée », « afin d’empêcher les instigateurs des plans pernicieux de s’infiltrer dans ses rangs «quelles que soient les conditions et les circonstances ». Le général de corps d’armée avait déjà attiré l’attention sur «le danger des tentatives de certaines entités étrangères ayant pour but de déstabiliser le pays et de semer la discorde entre les enfants du peuple». Lors d’une visite de travail et d’inspection en 1re Région militaire (Blida), le 23 avril dernier, il a appelé le peuple algérien à faire preuve de «davantage de sagesse» pour «mettre en échec toutes les conspirations» fomentées contre l’Algérie, réitérant la «détermination» de l’armée à l’accompagner «jusqu’à la concrétisation de ses attentes légitimes».

«Avec le début de cette nouvelle phase et la poursuite des marches, nous avons déploré l’apparition de tentatives de la part de certaines parties étrangères, partant de leurs antécédents historiques avec notre pays, poussant certains individus au-devant de la scène actuelle en les imposant comme représentant du peuple en vue de conduire la phase de transition, afin de mettre en exécution leurs desseins visant à déstabiliser le pays et à semer la discorde entre les enfants du peuple, à travers des slogans irréalisables visant à mener le pays vers un vide constitutionnel et détruire les institutions de l’Etat, voire provoquer une déclaration de l’état d’exception», avait également mis en garde le chef d’état-major lors de sa visite dans la deuxième Région militaire quelques jours auparavant. Il a affirmé que «nous avons récusé catégoriquement (cela) depuis le début des événements, car il est irraisonnable de gérer la période de transition sans les institutions qui organisent et supervisent cette opération, et ce, au regard des conséquences découlant de cette situation qui pourraient compromettre tout ce qui a été réalisé depuis l’indépendance à ce jour, en termes d’acquis et de réalisations qui demeurent la fierté des générations». Lequel danger a été longuement commenté par El-Djeïch, dans son dernier numéro. «Il n’est pas surprenant de voir que ce sont les mêmes voix qui avaient sollicité l’intervention de l’armée dans le champ politique durant les précédentes décennies qui tentent aujourd’hui, sournoisement, de l’entrainer sur cette voie en cette étape cruciale. Ceci par des voies multiples dont la plus courante est de faire pression, à travers des « messages ouverts », « débats », « avis » et « points de vue » publiés dans les colonnes de certains médias appelant à une période de transition calquée à leur mesure, durant laquelle ils se conduiront comme il leur plaira et feront passer leurs projets et les agendas de leurs parrains qui vouent à l’Algérie et à son peuple une haine et une rancœur infinies», lit-on en effet dans l’édito de la revue, porte-voix de l’ANP. Afin de concrétiser leurs «vils desseins, ces revanchards tentent de mettre la main sur ce hirak pacifique et de prendre le train en marche pour servir leurs intérêts étroits en s’autoproclamant porte-parole du peuple, dans l’espoir de brouiller les cartes et de semer la confusion», écrit la revue. Selon l’édito, ces mêmes parties, «dans leurs manœuvres criminelles, n’oublient pas de lancer des campagnes féroces à travers certains porte-voix qui véhiculent toute leur rancœur à l’encontre de l’ANP en lui reprochant son attitude patriotique et novembriste», affirmant que «le comportement hystérique qui a fait perdre le nord à ces parties, est essentiellement dû au refus catégorique du Commandement de notre armée de ne verser aucune seule goutte de sang du peuple, depuis le début des marches pacifiques et sa détermination à faire barrage à tous ceux qui tenteraient d’ébranler la stabilité du pays et d’attenter à l’unité du peuple». Leur projet «est désormais démasqué et connu de tous, d’autant que le peuple algérien en connait la nature, ses visées, ses concepteurs ainsi que ses divers exécutants», note El-Djeïch. L’édito rappelle, à cet égard, qu’outre les menées visant la sécurité et la stabilité dont jouit le peuple algérien à travers tout le territoire national, au moment où la justice s’est mise en route afin de désamorcer les mines et épurer différents secteurs atteints par la corruption, «le Commandement de l’ANP a donné les garanties suffisantes et s’est engagé à accompagner la justice dans l’accomplissement de ses missions nobles et sensibles, après s’être affranchie de toutes les voies et contraintes, pressions et diktats, ces mêmes parties tentent de faire accroire aux Algériens que cette démarche de la justice de dépoussiérer les dossiers de corruption, intervient sur ordre de l’institution militaire, dans une tentative sournoise d’entraver l’action de la justice et de saper sa détermination à continuer d’accomplir les missions qui lui sont assignées, conformément au droit et aux lois». «Sinon, comment expliquer que dès le lancement par la justice de l’opération d’investigation sur ces dossiers, une campagne de dénigrement a vu le jour, émettant des doutes sur le sérieux de l’opération et jetant le discrédit sur l’intégrité de la Justice, en prétendant qu’il s’agit d’une campagne de vengeance et de règlement de comptes», note-t-on, ajoutant qu’en tout état de cause, «les projets et plans concoctés par cette poignée de comploteurs sont inéluctablement voués à l’échec, y compris celui visant à briser la cohésion entre le peuple et son armée. Afin de déjouer les tentatives d’infiltration de ces parties suspectes, le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah a assuré que l’ANP a consenti tous ses efforts pour préserver cet immense élan populaire de l’exploitation par ceux qui le guettent à l’intérieur et l’extérieur, à l’instar de quelques individus appartenant à des organisations non gouvernementales, qui ont été pris en flagrant délit dont la mission consiste à infiltrer les manifestations pacifiques et les orienter, avec la complicité et en coordination avec leurs agents à l’intérieur». «Ces parties qui s’affairent, par tous les moyens, à dévoyer ces marches de leurs objectifs fondamentaux et à les récupérer afin de faire aboutir leurs plans pernicieux, visant à porter atteinte au climat de sécurité et de quiétude dont jouit notre pays», prévient le vice ministre de la Défense nationale.

Une justice libre et indépendante

Dans le prolongement de ses missions constitutionnelles, l’ANP, veille également à accompagner la justice dans une lutte acharnée contre la corruption dont « les lobbys ont des ramifications dans les milieux politique, financier et médiatique, ainsi que dans les institutions de l’Etat ». En effet, en visite dans la 4e Région militaire, le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, a précisé que la démarche suivie dans la lutte contre ce fléau est fondée sur une «base solide», s’appuyant sur des informations «sûres et confirmées» et reposant sur des dossiers avec des «preuves tangibles». Il s’agit, a-t-il expliqué, de nombreux dossiers «lourds, voire dangereux», ce qui a dérangé la «bande» qui a tenté d’«entraver» les efforts de l’ANP et de la justice. Il a, dans le même ordre d’idée, assuré devant les cadres la quatrième région militaire à Ouargla que la «libération de la justice» des «contraintes, diktats et pressions», lui a permis d’exercer ses missions «en toute liberté et d’assainir le pays de la corruption». Pour Ahmed Gaïd Salah, parmi les motifs de satisfaction des citoyens, «la libération de la justice de toutes les formes de contraintes, de diktats et de pressions ce qui lui a permis d’exercer ses missions en toute liberté, de couvrir la plaie et d’assainir le pays de la corruption et des prédateurs». Il a relevé que «cependant, les portevoix et les apôtres de la bande tentent de saborder cette noble démarche par la désinformation de l’opinion publique nationale et prétendent que le jugement des corrupteurs ne constitue pas une priorité», et qu’il y a lieu de «surseoir» à ces mesures, «jusqu’à l’élection d’un nouveau président de la République qui se chargera de juger ces prédateurs». «L’objectif réel derrière cela est d’essayer par tous les moyens d’entraver cette démarche nationale majeure, afin de permettre aux têtes de la bande et à leurs acolytes de se soustraire et de s’échapper de l’emprise de la justice», ajoute Ahmed Gaïd Salah. «Pour cela, elle a essayé d’imposer sa présence et ses desseins. Toutefois, les efforts de l’ANP et de son commandement novembriste, étaient aux aguets et ont mis en échec ces complots et conspirations, grâce à la sagesse, à la clairvoyance et à la perception profonde du déroulement des événements et l’anticipation de leur évolution», a fait observer le général de corps d’Armée. Le 30 avril dernier, à partir de Constantine (5e Région militaire), le chef d’état major de l’ANP, révélait que les services du ministère de la Défense étaient en possession de «dossiers lourds de corruption», appelant la justice «à éviter tout retard dans le traitement de ces dossiers». «Concernant la poursuite en justice de tous ceux impliqués dans le pillage des deniers publics et la dilapidation des richesses du pays, je voudrais indiquer que les services du ministère de la Défense nationale détiennent des informations avérées concernant plusieurs dossiers lourds de corruption, dont je me suis enquis personnellement, dévoilant des faits de spoliation des fonds publics avec des chiffres et des montants faramineux», a affirmé le chef d’état-major de l’ANP. «Les services de sécurité se sont chargés de mettre ces dossiers à la disposition de la justice pour les étudier et enquêter pour poursuivre tous ceux qui y sont impliqués», a-t-il ajouté. « Par la grâce de Dieu, notre pays sera assaini définitivement de la corruption et des corrupteurs», a promis Ahmed Gaïd Salah rappelant, à ce titre, que la corruption n’a jamais été tolérée au sein de l’Armée nationale populaire. «(...) nous étions même les précurseurs dans ce domaine en présentant de hauts cadres militaires par devant la justice militaire, à savoir les anciens Commandants des 1re, 2e et 4e RM et de la Gendarmerie nationale et l’ancien Directeur des services financiers, dont l’implication dans des affaires de corruption a été confirmée par des preuves tangibles», a-t-il ajouté. Le chef d’état-major de l’ANP a réaffirmé, en outre, l’engagement de l’armée à accompagner la justice dans l’accomplissement de ses missions nobles et sensibles». «(...) le Commandement de l’ANP a donné les garanties suffisantes et s’est engagé à accompagner la justice dans l’accomplissement de ses missions nobles et sensibles, après s’être affranchie de toutes les contraintes, pressions et diktats, loin de toute démarche sélective et conjoncturelle, sans exclure aucun dossier et en se gardant de toute mesure arbitraire ou de règlement de comptes», a-t-il indiqué. Le Chef d’état-major de l’ANP a assuré, à ce titre, que l’armée «demeurera vigilante, conformément aux revendications insistantes du peuple et de ce que lui confèrent la Constitution et les lois de la République, assumant sa responsabilité face à l’Histoire».

 F. H.



Articles de la même rubrique

Du même auteur

Par Farid HOUALI

Les plus lus

L’Algérie avant tout
AMMAR KHELIFA.

Air Algérie
Par Tahar MANSOUR.

L’offensive de Sonatrach
Par Salim FAROUK.

Abdelmadjid Tebboune
Par Tahar MANSOUR.

Télécharger version PDF

Version PDF

Special Wilaya De Annaba

Version PDF