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N° 122 - Sep 2019

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Nouvelle aérogare de l’Aéroport international d’Alger

Un bijou architectural à préserver

Par Yahia MAOUCHI



Se distinguant tant par son esthétisme que par ses équipements ultramodernes, la nouvelle aérogare de l’Aéroport international d’Alger, inaugurée récemment, répond aux standards internationaux avec une architecteur tournée vers l’avenir. Spacieuse, l’aérogare flambant neuve est dotée de toutes les commodités nécessaires, voire indispensables au voyage dans les meilleures conditions possibles. Ainsi, cette véritable prouesse architecturelle est érigée en cinq niveaux, répondant aux normes d’efficacité énergétique et de préservation de l’environnement. Elle est dotée de réservoirs collecteurs pour récupérer l’eau de pluie, qui sera utilisée notamment pour l’arrosage et lavage, de puits de lumière pour diminuer la consommation électrique et des climatiseurs qui régulent la température à hauteur de 4 mètres seulement. C’est une aérogare complètement lumineuse. Elle est entièrement vitrée, ceci est un choix délibéré vu que l’Algérie est un pays de luminosité. Construite sur une superficie de 200.000 m2, la nouvelle aérogare est dotée de 120 banques d’enregistrement, 12 tapis bagages, 54 ascenseurs, 37 escaliers mécaniques, 9 tapis roulants et 21 passerelles. Elle comprend également 42 postes de stationnement pour avions, 2 postes stations pour gros-porteurs comme le A380 et 16 groupes électrogènes, qui se déclenchent automatiquement en cas de coupure d’électricité. Des dizaines de locaux commerciaux et de services, un grand carrousel sophistiqué de tri de bagages, outre un parking de 4.200 places avec un système de paiement par caisse automatique. A la faveur des équipements et systèmes performants utilisés dans cette aérogare, la durée de traitement des passagers et de leurs bagages sera sensiblement réduite. Cette immense infrastructure ultramoderne permettra à notre pays de s’imposer en tant que carrefour d’échanges notamment entre l’Europe et l’Afrique. D’une capacité de 10 millions de passagers par an, la nouvelle aérogare de l’Aéroport international d’Alger Houari-Boumediene contribuera, sans nul doute, à hisser Alger au rang de centre régional de trafic aérien. « La mise en service de la nouvelle aérogare a été entamée le 29 avril, par des vols de la compagnie nationale du transport aérien Air Algérie à destination de Paris. Cela va durer jusqu’au 6 mai 2019, date durant laquelle seront lancés tous les vols d’Air Algérie vers les différentes villes françaises. Par ailleurs, les différentes dessertes assurées par les autres compagnies aériennes vont débuter, quant à elles, le 13 mai 2019. Ainsi, tout le trafic aérien, toutes directions confondues, sera entièrement transféré vers la nouvelle aérogare. Nous avons choisi de faire le transfert progressivement pour éviter d’avoir des problèmes, étant donné que nous n’avons pas de contraintes particulières pour basculer tout le trafic d’un coup. Enfin, nous sommes très contents d’avoir une infrastructure de telle envergure », se félicite Tahar Allache, directeur général de la Société de gestion des services et infrastructures aéroportuaires d’Alger (SGSIA), en marge de la mise en service de la nouvelle aérogare. Pour sa part, le P-DG d’Air Algérie, Allache Bakhouche, a estimé que l’acquisition de cette nouvelle infrastructure aéroportuaire permettra à sa compagnie aérienne d’améliorer la qualité des services offerts à ses clients. « Sur le plan commercial, nous espérons progresser en matière de part de marché, sachant que l’année passée nous avons transporté plus de 6 millions de passagers via notre réseau. Cette année, nous souhaitons dépasser ce cap, et aller chercher des parts de marché chez les compagnies concurrentes. Sur le plan économique, nous souhaitons que cette plateforme devienne un hub, qui nous permettra d’aller vers d’autres destinations, et servir de plaque de transfert », prône le patron d’Air Algérie. Aussi dans un autre volet, cette infrastructure permettra aussi à l’Algérie d’améliorer considérablement sa ponctualité avec la mise en service de plusieurs guichets, ce qui permettra de recevoir et d’enregistrer beaucoup de monde à la fois. Abondant dans le même sillage, le Directeur des opérations au sol (DOS) d’Air Algérie, Adel Frik, dira que ce transfert partiel permettra à sa compagnie d’améliorer beaucoup de défaillances, qui existaient auparavant, et surtout, d’implémenter le hub d’Air Algérie, à l’aéroport d’Alger, et ce sera un plus dans le transport des passagers en correspondance.

Entretenir pour investir au mieux

Cette infrastructure moderne, qui n’a rien à envier aux autres infrastructures internationales, qui permettent aux passagers d’être dans de meilleures conditions, mérite d’être bien entretenue. « Certes les pouvoirs publics n’ont pas lésiné sur les moyens nécessaires pour la réalisation de ce chef-œuvre, toutefois, sa préservation demeure l’affaire de tout le monde », rappelle Tahar Allache. Et d’ajouter : « D’énormes efforts humains et matériels ont été consentis pour l’aboutissement d’une telle réalisation de taille, fierté de l’Algérie, afin que le voyage soit réellement tout plaisir, tout confort. » Un avis partagé par les passagers rencontrés au niveau de cette aérogare. « Ce nouveau terminal est une réalisation énorme qui devrait servir d’exemple, et constituer une source de fierté pour les Algériens. Mais nous espérons qu’il ne va pas se dégrader aussi rapidement que l’ancien aéroport international », souhaite Khadidja une jeune femme de 35 ans, rencontrée à la salle d’embarquement. « On est tellement heureux de voir des réalisations pareilles en Algérie, c’est le cœur qui parle. C’est une infrastructure qui ressemble beaucoup à celles que nous trouvons un peu partout dans le monde. J’étais impressionné par la structure, l’accueil, et par tout ce qui est prévu pour le confort des passagers. J’espère que l’entretien suivra », souhaite Omar un autre passager abordé à l’une des cafeterias de l’aéroport. Pour sa part, son ami Khaled n’a pas caché son souhait de voir ce bijou préservé. « J’espère qu’il va rester en l’état. La différence avec l’ancien aéroport réside aussi dans le nombre de scanners : ici nous passons uniquement par deux scanners, contre trois à l’ancien. Je dirais même qu’il est plus spacieux et plus ouvert par rapport à celui d’Orly», précise notre interlocuteur. « Ce nouvel aéroport je le trouve formidable. Il répond aux normes internationales, en termes de surface, il est vraiment grand, j’espère qu’il ne se dégradera pas aussi rapidement que l’ancien aéroport international. Il faut donner de l’importance à l’entretien. En tant que voyageurs, nous devons le préserver», insiste un autre passager.

500 emplois créés

Il convient de savoir que cette aérogare fonctionne avec un effectif global de 500 employés, selon Tahar Allache, précisant que 94 formations spécialisées sur site, dans les différents domaines d’intervention, avaient été organisées par la Société de gestion des services et infrastructures aéroportuaires d’Alger (SGSIA) durant l’année passée pour assurer un service de haute qualité. A ce propos, l’ouverture de la nouvelle aérogare est marquée par l’introduction du métier d’accompagnateur, qui prendra en charge le passager dès son arrivée à l’aéroport jusqu’à l’embarquement. Rappelons enfin que le désormais ex-aéroport international sera consacré, pour sa part, aux vols domestiques et ceux vers les pays du Golfe, alors que l’aéroport national sera réservé aux vols spéciaux pour le pèlerinage aux lieux saints de l’Islam (Hadj et Omra). Quant à l’aérogare actuelle destiné au Hadj et Omra, elle sera détruite pour faire partie de l’assiette foncière qui accueillera, avec les terrains situés au Sud de l’aéroport, une autre aérogare. Il est à savoir également que la nouvelle aérogare de l’Aéroport international d’Alger a été réalisée par la société chinoise China state construction engineering corporation (CSCEC). Son financement a été assuré par un crédit bancaire à hauteur de 62 milliards de dinars, ainsi que par des fonds propres de la SGSIA d’un montant de 14 milliards de dinars, soit une enveloppe globale de 76 milliards de dinars. Une infrastructure qui est placée au centre du Plan de développement de l’Aéroport international d’Alger, qui s’étale jusqu’à 2032. Ce plan, élaboré par la SGSIA et validé par les autorités publiques en 2009, comprend également la réalisation d’une autre aérogare en 2028. Dédiée aux vols à destination de l’Europe et de l’Amérique, la nouvelle aérogare offre la possibilité aux compagnies aériennes de créer leur plate-forme de correspondances Hub.

Mise en service de la ligne ferroviaire Agha-Aéroport d’Alger

Parallèlement à la mise en service de la nouvelle aérogare, la SNTF a mis en service la ligne de train reliant la nouvelle gare d’Agha à l’aéroport international Houari-Boumediene. Une ligne qui s’étend sur un linéaire de 2,8 km, dont 1,6 km de tunnel réalisé sous la rocade autoroutière sud, reliant Dar el Beida à Ben Aknoun. Tant attendu par les voyageurs, ce trajet, d’une vingtaine de minutes, opère une correspondance à Bab Ezzouar sur l’itinéraire Agha-Aéroport et rentre sans escale sur le chemin du retour ; le tout pour la somme de 80 DA pour les adultes et 40 DA pour les enfants, sachant que des abonnements sont également proposés, offrant des réductions allant jusqu’à 50%. Pour ce qui est des horaires, un voyage est prévu toutes les heures, de 5h du matin à 21h05 au départ d’Agha, et de 5h30 à 21h35, depuis l’aéroport. Et c’est à raison de 34 navettes/jour qui pourraient être revues à la hausse selon la demande des voyageurs. « Nous pourrons nousaméliorer suivant la demande et les exigences de notre clientèle. Les trains circulent chaque heure, nous avons un départ sur l’aéroport et un retour à partir de l’aéroport », nous dira Samir Tatachec, chef de la gare. Et d’ajouter : « D’une capacité de 7000 voyageurs par jour, en premier lieu, nous pourrons aller au-delà de cette capacité dans les prochains mois, du moment que nous allons mettre en circulation d’autres trains », précise notre interlocuteur. Mieux encore, pour les voyageurs qui ne résident pas dans la capitale, le prix du ticket est compris s’ils doivent emprunter une grande ligne. La gare, construite sur trois niveaux, comprend des surfaces commerciales et de restaurations disponibles pendant les horaires d’exploitation. Elle est également équipée d’ascenseurs pour les personnes à mobilité réduite, ainsi que des escaliers mécaniques. Cette réalisation, dont les travaux avaient commencé fin 2017, a été un vrai défi pour la SNTF, qui vient ainsi renforcer ses acquis. « Dans un premier temps, nos trains vont circuler 16h par jour, soit deux fois 8h, et nous allons bien-sûr adapter ce programme en fonction de la demande, pour arriver à une exploitation h24/7j », affirme M. Tatachec. Enfin, cette nouvelle infrastructure qui reflète l’image de l’Algérie moderne, a été construite conformément aux standards internationaux, avec des matériaux de haute qualité.

 Y. M.

 



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