Groupe MADAR (Management et Développement des Actifs et des Ressources)

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Le groupe Madar Holding n’est autre que l’ex-Société nationale des tabacs et allumettes (SNTA), qui a été créée le 4 novembre 1963. Elle a été transformée, en 1990, en entreprise publique économique, avant d’être restructurée en groupe et rebaptisée Madar Holding, en 2017.

« La restructuration de la SNTA/Spa a été induite par les exigences d’un marché induit par une concurrence déloyale et confronté au phénomène de la contrefaçon et la fabrication des produits illicites », précise d’emblée à El Djazaïr.com le président directeur général du groupe Madar Holding, AMARA CHARAFEDDINE.  Plus explicite, notre interlocuteur est remonté dans l’histoire de l’ex-SNAT qui « s’est retrouvée en 2014, début 2015 dans une situation alarmante en tous points de vue ».  « La fragilité de l’entreprise à cette époque-là rendait impérative une reprise en main. Un plan de sauvetage était de ce fait impératif », note encore le P-DG de Madar Holding. « La SNTA comme toute autre entreprise se devait de faire une mutation à un moment ou à un autre durant son existence », fait-il remarquer. Á cet effet, un premier plan de développement a été entrepris en 2006 et mis en exécution à partir de 2007.  Cependant, ce même plan n’avait pris en compte ni la réalité du marché du tabac ni l’évolution technologique qu’aura connue l’industrie du tabac de par le monde. D’ailleurs, au fil des ans, il s’est avéré que ce même plan n’a pas atteint ses objectifs. En effet, la SNTA a connu durant la décennie 2004/2014 une atrophie de sa position sur le marché et une baisse de ses résultats financiers due essentiellement à un investissement timide. Les raisons ci-dessus ont milité en faveur de l’élaboration et de la mise en œuvre d’un plan de redressement.  « En 2014, il fallait tout repenser et repartir à zéro », explique Amara Charafeddine. Profitant de la résolution 01/142 du 8 août 2414 du CPE, portant sur la réorganisation du secteur public marchand, la SNTA a pu élaborer son plan d’actions et de développement, axé sur une stratégie de diversification lui permettant d’élargir son champ d’activité et de gagner la dimension d’un groupe industriel. Ce plan, validé par le CPE, a porté sur l’adoption d’un plan de développement industriel 2017/2021 sur l’industriel et le technologique, l’organisationnel et le managérial, le commercial et le marketing, la filialisation de l’activité tabac, la filialisation de l’activité impression et Packaging, la création d’une société filiale de capital investissement et enfin la création d’une société filiale de développement des cultures de tabac et de l’agroalimentaire. Les résultats et impacts issus de la mise en œuvre du plan de développement industriel ont été significatifs mais insuffisants; des aléas majeurs ont été rencontrés du fait que le secteur du tabac a connu une exacerbation des phénomènes de la contrefaçon et de la contrebande et l’entreprise a continué à subir des pertes de change importantes dues à la perte de valeur du dinar par rapport aux monnaies étrangères, ce qui a affecté la trésorerie et les coûts.

Le groupe Madar est né

La transformation de la SNTA en un groupe industriel s’est accompagnée de l’externalisation de l’activité tabac, par la mise en œuvre d’un partenariat dans le domaine de la distribution et de la fabrication des produits tabagiques, avec un groupe d’investisseurs émiratis et la création d’une nouvelle société dénommée United Tobacco Company, par abréviation « UTC » en plus de celle déjà existante « STAEM ». Subséquemment à cette recomposition du capital social de la SNTA et à l’émergence du groupe Madar, des reformulations stratégiques sous-jacentes ont redéfini la composition de Madar consacrant le concept de « holding » dans sa dénomination.  Parmi ces restructurations et reformulations, il faut noter :

– la création de quatre filiales, dont Madar est propriétaire exclusif ;

– une prise de participation majoritaire à hauteur de 67% dans le capital social du Club Chabab Riadhi Belouizdad (CRB). De plus, il faut aussi noter qu’une fondation dénommée (lnaya) à but non lucratif est détenue à 100 % par le groupe. L’objet de cette fondation porte sur le développement de l’éducation et des sciences, le développement humain et le développement communautaire ainsi que le développement de la recherche scientifique et médical e en Algérie.

Les filiales de Madar sont spécialisées comme suit : Global Agri-Food, spécialisée dans l’agro-industrie, est dotée d’un capital de 2 milliards de dinars ; Advanced Pro-Pack-Print (impression et packaging), est dotée d’un capital social de 500 millions de dinars ; Icosia Capital (finances et marchés boursiers) a un capital social de 1,5 milliards de dinars ; SINAATEC (industrie métallurgique et industries diverses) est dotée d’un capital social de 10 milliards de dinars. En sus, des participations déjà détenues et qui se présentent comme suit :

une participation de 49% dans la Société UTC/Spa (United Tobacco Company) (fabrication et distribution de produits tabagiques) au capital social de 4,5 milliards de dinars ; une participation de 49% dans la Société des tabacs algéro-émiratie (STAEM), au capital social de 1,5 milliards de dinars ; une participation dans l’Algérienne des textiles Tayal/Spa (partenariat algéro-turc), au capital social de 23 milliards de dinars ; une participation dans la Société d’investissement hôtelière (STH/spa), au capital social de 17,393 milliards de dinars ; une participation dans la Société de gardiennage et de surveillance (HAFDH), au capital social de 2,6 milliards de dinars ; une participation dans la société de gardiennage et de surveillance Centre, au capital social de 156 millions de dinars ; une participation dans l’Ecole pour les métiers de l’industrie (Algerian Corporate Universities). S’agissant de ses projections, le groupe Madar ambitionne d’investir dans des créneaux porteurs et rentables et des projets d’intérêt et de service public. Madar est à l’écoute de tous les projets d’alliance et de partenariat à moyen et long terme pour la création et le développement de sociétés filiales ou la détention de participation s’inscrivant dans plusieurs secteurs (logistique et services, hôtellerie et immobilier d’affaires, grande distribution, industrie de l’environnement, énergies renouvelables, télécommunications et nouvelles technologies, biochimie et pharmacie).

Ces perspectives sont en corrélation avec les ressources financières disponibles et suffisantes représentées par les fonds propres ainsi que la disponibilité d’un réservoir d’actifs. Notons que Madar Holding a été approché par divers opérateurs partageant les mêmes intentions dans les secteurs ciblés. C’est dire que la restructuration de la SNTA en groupe et rebaptisée Madar Holding, a été bénéfique à plus d’un titre. « Ceux qui l’ont critiquée et qui disaient que la SNTA avait été bradée, n’en savent rien. Ce sont des jugements hâtifs sans aucune objectivité. Nous les laissons se référer à nos résultats qui sont vérifiables », assure à ce propos Amara Charafeddine. L’attestent d’ailleurs les montants en termes de fiscalités versés au Trésor public, chaque année estimé à quelque 200 milliards de dinars.

L’union fait la force

Á l’instar de beaucoup d’autres groupes et entreprises, le groupe Madar à largement contribué aux efforts de l’Etat dans le cadre de la lutte contre la Convid-19. En effet, le groupe s’est engagé dans plusieurs actions de solidarité dans le cadre de la stratégie de lutte, initiée par les pouvoirs publics pour faire face à la pandémie du coronavirus. « Compte tenu de la situation sanitaire exceptionnelle que vit notre pays qui affronte la pandémie du coronavirus, et en conformité avec la stratégie de lutte initiée par les pouvoirs publics, il était de notre devoir de s’engager en première ligne dans l’actuelle campagne de solidarité nationale », indique le P-DG de Madar AMARA CHARAFEDDINE. Cet engagement s’est exprimé concrètement à travers deux filiales de la holding, à savoir la SSPA-CRB (Chabab Riadhi de Belouizdad) et la Fondation Inaya (à but non lucratif, dédiée au développement communautaire). Le Chabab Riadhi de Belouizdad, ce quartier emblématique du nationalisme algérien et ce club phare de l’élite sportive, a ainsi apporté sa contribution concrète à la solidarité nationale, puisque les joueurs de ce club, son staff technique, ses salariés et ses bénévoles, ont consacré le quart de leur revenu mensuel à un don au fonds national de solidarité contre la Covid-19. La Fondation Inaya, de son côté, a mis à la disposition de la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH), des équipements médicaux hospitaliers constitués de neuf respirateurs, de dix-sept aspirateurs mobiles et de deux moniteurs de surveillance pour salle de réanimation (paramètres de marque Econnet).

Pour rappel, la fondation Inaya a pour objectif principal de soutenir le développement de l’éducation et de la science. Elle aspire également à apporter son aide au développement de la recherche scientifique, celui de l’humain et communautaire.  « La fondation vise à contribuer par ses activités et ses actions à l’amélioration des conditions sanitaires, intellectuelles et matérielles des personnes éligibles à des besoins d’ordre médical, social et matériel », nous explique le P-DG du Groupe Madar.  Concrètement, la fondation apportera son aide à travers des dons à des associations ou organisations, participera directement ou indirectement à des travaux de recherche et de formation médicale et pourra faire du sponsoring. S’agissant des ressources de la nouvelle fondation, elles seront constituées de  cotisations des membres, de dons en espèces ou en nature, de legs, de subventions consenties par l’Etat et de revenus liés aux activités que la fondation peut entreprendre. La fondation fonctionne grâce à quatre organes, dont le bureau de la fondation composé de cinq membres, le comité exécutif chargé de l’administration, l’assemblée générale et l’organe de contrôle. La fondation est domiciliée à Belouizdad (Alger).

CRB et SNTA : une histoire commune

Le groupe Madar Holding détient depuis 2018, 67% des actions de la SSPA/CRB.  « Les difficultés auxquelles faisait face le CRB nous ont amenés, au groupe, à penser à la meilleure manière de lui venir en aide et nous nous sommes rendu compte qu’un simple sponsoring n’allait pas régler tous les problèmes, d’où la décision du rachat de la majorité de ses actions », relate le P-DG de MADAR.  « Madar Holding continuera à œuvrer pour que le club se porte mieux lors des prochaines saisons », promet-il.  Evoquant le lien existant entre la SNTA et le CRB, AMARA CHARAFEDDINE rappelle que le club a toujours été dans l’histoire de la SNTA. « Avant l’interdiction de la publicité sur le tabac, l’entreprise sponsorisait déjà le club », se souvient-il. Aussi, faudrait-il le souligner, le CRB et la SNTA, « ont toujours vécu dans le même quartier, le mythique Belcourt».

Belouizdad (Belcourt du temps de la colonisation française du nom de l’entrepreneur qui a construit ce quartier), doit son nom au martyr de la Révolution, Mohamed Belouizdad, un natif de ce quartier devenu mondialement célèbre avec les manifestations historiques du 11 décembre 1960. La commune de Belouizdad a également un énorme potentiel touristique : elle compte d’importants sites à visiter comme le Jardin d’Essais à El Hamma (1832), la Grotte où s’était caché Miguel Cervantès Saavedra (1547-1616), auteur après son rapatriement en Espagne du célèbre roman L’ingénieux hidalgo Don Quichotte de la Manche. Cervantès avait été capturé, alors qu’il regagnait l’Espagne après la bataille de Lépante (1591) où il avait perdu sa main gauche, en compagnie de son frère Rodrigo, le 26 septembre 1575, par un des corsaires de la Régence d’Alger, Mezzo Morto. Après quatre tentatives infructueuses d’évasion, dont une longue période passée à la Grotte, au-dessus du quartier du Hamma, il est enfin racheté en 1580 avec d’autres prisonniers espagnols et regagne Madrid. Ses longues années de captivité à Alger semblent l’avoir dissuadé de continuer sa vie de soldat, et il s’est ainsi rabattu sur l’écriture, dont l’œuvre, Don Quichotte de la Manche. La villa Abdelatif, dont la construction remonte à l’époque de la Régence d’Alger, est par ailleurs un des hauts lieux du tourisme urbain de la ville d’Alger. La commune de Belouizdad possède en fait le joyau de la couronne urbaine de la ville d’Alger: le Jardin d’essai du Hamma, poumon d’El Bahdja, avec ses jardins exotiques anglais et français, et, surtout, le lieu de tournage du plus grand classique du cinéma américain des années «ragtime»: Tarzan!

  F. H.

Les noces heureuses de Madar et du CRB !

Madar, dont l’actuel siège est situé au cœur du quartier populaire de Belouizdad, ex-Belcourt, au sein d’anciennes manufactures d’allumettes, a intégré à son spectre d’activités le football. Le ballon rond, qui est une seconde religion en Algérie et une passion personnelle de son PDG, n’a jamais tiédi. C’est, concrètement, une prise de participation de 67% dans le club mythique Chabab Riadi de Belouizdad, anciennement de Belcourt, fondé 10 jours seulement après la proclamation officielle de l’Indépendance du pays. Le mythique CRB des Lalmas, Arab, Kalem, Achour, Selmi, Abrouk, Zitouni, Kouici, Dahleb, Slimani, Yahi et bien d’autres gloires, est issu de la fusion de deux anciens clubs belcourtois, Le Widad Riadi Belcourt né en 1947 et le Club Athlétique de Belcourt créé en 1950. AMARA CHARAFEDDINE a donc la redoutable responsabilité de présider aux destinées d’un club professionnel légendaire et le bonheur d’avoir un violon d’Ingres qui lui procure joies et émotions périodiques. Son bonheur est d’autant plus grand que depuis la prise en main du CRB, qui était englué dans les catacombes du championnat de Ligue 1, le club est devenu en un laps de temps court le leader incontesté du championnat qu’il finira par gagner en toute logique sportive. 

Supporteur depuis toujours du « Chabab », AMARA CHARAFEDDINE vous dit à quel point il mesure l’immense privilège de présider un club qui compte à son palmarès six titres de champion d’Algérie, huit Coupes nationales, une Coupe de la Ligue, une Supercoupe et trois coupes du Maghreb des clubs champions, ce qui représente un des plus beaux palmarès du football algérien. Un palmarès inauguré avec un premier titre de champion d’Algérie trois ans seulement après sa création, à l’issue de la saison 1964-1965.
L’équipe première évolue lors de la saison 2019-2020 en première division pour la cinquante-sixième fois de son histoire. Le CRB est même le seul club qui a disputé le plus grand nombre de saisons en première division avec le MC Oran, ce qui fait de ces deux emblèmes du football algérien les clubs les plus réguliers dans l’élite. Le groupe public Madar Holding est, depuis le 15 octobre 2018, l’actionnaire majoritaire du capital social de la société sportive par actions CRB «Athletic», après avoir acquis 67% des 75% des actions détenues par le Club sportif amateur (CSA). AMARA CHARAFEDDINE préside le conseil d’administration depuis le 13 novembre 2018, alors que le volet purement sportif est géré présentement par le nouveau directeur du pôle compétitif, Toufik Kourichi, qui a succédé à l’ancienne vedette du football algérois Saïd Allik.
Dans la cosmogonie du football national et dans la mythologie du foot algérois, le CRB est un club que son placide président apprécie également dans sa dimension symbolique. Car ce club a une âme. Une identité. Une culture foot dont la dimension sociologique trouve ses prolongements sur les murs du fief du club où des dizaines de tags en rouge et blanc sont autant de poèmes d’amour pour le CRB. Le Chabab est un creuset sociologique et un bouillon de culture qui bat la mesure de l’amour de certains Algérois pour un club dont les bastions sont Belouizdad, Sidi M’Hamed et la Place du Premier mai, ex-le Champ-de-Manœuvres, ensuite le quartier d’El Anasser (ex-Ruisseau) et El Madania (ex-Clos-Salembier). Sans oublier El Mouradia (le Golfe, ex-la Redoute), Rue Hassiba Ben Bouali, Boulevard des Martyrs, et à Alger-Centre dont la rue Ferhat Boussaâd (ex-Meissonnier), ainsi qu’El Biar, Kouba, Aïn Naâdja et plusieurs communes à travers le reste du territoire national, en rivalité avec d’autres clubs algérois comme le MC Alger, le NA Hussein Dey et l’USM Alger. C’est tout ça le CRB : un vocable sportif, un concept culturel, une réalité sociologique et une identité urbaine.
Vous comprendrez donc mieux le bonheur qu’AMARA CHARAFEDDINE a à contribuer à la transformation du CRB en entreprise de performance sportive qui doit participer à améliorer l’Indice de bonheur brut (BNB) des supporteurs du CRB, œuvrant ainsi à renforcer leur bien-être psychologique et la vitalité communautaire. En d’autres mots, les interactions avec la communauté de supporteurs, la qualité des relations affectives et le sentiment d’appartenance à une grande famille, la seconde dans la vie après la famille des origines.
M. Y.

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