Un total de 1971 puits livrés en dix ans

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En qualité de maître d’œuvre, la Division Forage assure la supervision des opérations de forage, en respectant la règlementation en matière de sécurité des opérations, la qualité des ouvrages, la préservation de l’environnement et l’optimisation des coûts de réalisation des puits.

Par Yahia MAOUCHI

La Division Forage a été créée en 1987 au niveau de la branche des hydrocarbures. Elle a pour mission d’assurer la « maîtrise d’œuvre de forage » par la planification, l’engineering, la supervision et la conduite de toutes les opérations liées au forage des puits d’exploration et de développement réalisés en effort propre Sonatrach sur tout le territoire national. Elle a la responsabilité d’assurer la sécurité des opérations, la qualité des ouvrages, la préservation de l’environnement et d’optimiser les coûts de réalisation des puits. Par ailleurs, les principales missions de la Division Forage se déclinent comme suit :

1- Dans le domaine du forage :

– contribuer à la planification des activités de forage de l’activité E&P,

– mettre en œuvre les plans de forage approuvés en s’assurant de la préservation de l’environnement, de la sécurité des opérations, de la qualité des ouvrages et en optimisant les coûts de réalisation des puits,

– réaliser l’ingénierie des puits,

– superviser les activités de forage en international.

2- Dans le domaine du MudLogging lors de la réalisation des puits:

– assurer la surveillance géologique des forages,

– fournir des prestations d’échantillonnage et d’analyse,

– recueillir, traiter et interpréter les paramètres de forage

3- Participer à la réalisation de grands projets de l’Activité E&P.

4- Contribuer au développement du tissu national des sociétés de services aux puits.

5- Prendre part aux activités de recherche nationale et internationale dans ses métiers.

Il est à savoir par ailleurs, que depuis sa création en 1987, la Division Forage a œuvré principalement pour développer son capital humain, à travers la formation et le perfectionnement de son personnel, l’introduction de nouvelles technologies, l’élaboration des procédures techniques de travail, l’adaptation de son organisation en fonction de l’évolution du plan de charge qui lui est assigné.

Pour assurer ses missions, la Division Forage s’est dotée d’une infrastructure avancée en technologies de l’information : bases de données techniques de forage (EDM), logiciels d’ingénierie, système de transmission de l’information (Vsat) installé sur tous les chantiers de forage, système de suivi et de management à distance et en temps réel des opérations aux puits (RTOM)… pour ne citer que ceux-là. Rappelons que la Division Forage dont le siège se situe à Alger s’appuie, pour l’exécution de son plan de charge, sur deux structures opérationnelles installées à Hassi Messaoud.

Réalisations et intervenants dans la construction de puits

La Division Forage, en tant que maître d’œuvre, est en charge de réaliser des puits d’exploration pour le compte de la Division Exploration (EXP) et des puits de développement pour le compte de la Division Petroleum Engineering & Development (PED). « Rien que sur la dernière décennie, de 2010 à 2019, nous avons livré 1971 puits, ce qui correspond à plus de 6 300 kilomètres de terrains forés. Sur cette même période, et selon le plan de charge arrêté, le parc des appareils de forage mobilisés chaque année était de 50 à 101 appareils de différentes puissances (de 3000 hp à 750 hp) », tient à préciser Brahim Hammoudi, Directeur de la Division Forage. Le même responsable rappelle que la durée moyenne pour livrer un puits, prêt pour exploitation, dépend de sa profondeur, de son architecture, de la complexité des terrains traversés et des objectifs à atteindre. « À titre d’exemple, la durée d’un puits vertical foré sur le champ de Hassi Messaoud à une profondeur moyenne de 3.500 mètres, est actuellement de 74 jours. Par ailleurs, pour mener à bien ses missions, la Division Forage opère en collaboration avec les structures de l’Activité exploration-production (EP), principalement la Division Exploration (EXP), la Division Petroleum Engineering & Development (PED) et la Division Production (DPR) durant la phase de planification, d’engineering, de préparation et d’exécution des travaux aux puits », rappelle notre interlocuteur. En sus, pour mener à bien ses missions, la Division Forage fait appel à deux entrepreneurs de forage nationaux, à savoir l’Entreprise nationale des travaux aux puits (ENTP) et l’Entreprise nationale de forage (Enafor) filiales à 100% du groupe Sonatrach, ainsi qu’à des sociétés de services aux puits nationales et internationales. Dans le même ordre d’idées, M. Hammoudi rappelle que certaines prestations de services nécessaires pour la réalisation des puits, telles que l’alimentation en eau des chantiers de forage, les travaux de réalisation des plateformes de forage et des pistes d’accès aux puits, la logistique, le traitement des rejets, … sont confiés à des entreprises algériennes afin de promouvoir l’outil national de production.

Les phases principales pour la construction d’un puits

Un puits comprend en général trois à cinq phases de forage. « Il se construit sous une forme télescopique, on commence par le plus grand diamètre jusqu’à atteindre le plus petit. Les parois du puits sont maintenues en place par des tubes en acier renforcés par une gaine de ciment. Durant le forage, des échantillons de déblais (cuttings) sont prélevés régulièrement pour analyser la roche forée », souligne le même responsable. À la fin de chaque phase de forage, des enregistrements (logging) sont réalisés dans le but d’identifier les caractéristiques des terrains. Une fois le réservoir traversé, un essai de production (DST : Drill Stem Test) permet d’identifier en surface la nature de l’hydrocarbure de formation. Pour pouvoir livrer le puits et le mettre en production, des équipements de complétion sont descendus pour assurer l’acheminement de l’hydrocarbure jusqu’à la surface. Il convient de savoir enfin que, avant de commencer la construction d’un puits, une phase de préparation sur le terrain est nécessaire. Il s’agit d’abord de travaux d’implantation du puits à travers une mission de reconnaissance des lieux et ce, conformément aux coordonnées communiquées par la Division Forage pour les puits d’exploration et par la Division PED pour les puits en développement. Après implantation du puits sur terrain, la Division Forage passe à la phase d’identification du mode d’alimentation du chantier en eau industrielle : soit par tirage d’une conduite à eau à partir d’un puits d’eau existant à proximité, ou par citernage si le puits d’eau est éloigné ou, carrément, par forage d’un nouveau puits d’eau si aucun point d’alimentation en eau n’existe dans la zone prévue pour le chantier de forage. Une fois le mode d’alimentation du chantier de forage en eau industrielle identifié, les travaux de construction de la piste d’accès aux puits et de la plate-forme de forage peuvent être lancés pour pouvoir recevoir l’appareil de forage et son camp de vie. Durant cette phase de préparation sur le terrain, l’équipe chargée du projet forage élabore l’architecture du puits, le programme et le planning prévisionnels de déroulement des opérations et les coûts estimés. Cette équipe se réfère aux réalisations des précédents puits forés à proximité (offset wells) et ce, dans le but d’optimiser la durée des opérations à mener sur le prochain puits et de réduire les coûts de forage. « Notre superviseur forage présent sur site donne l’ordre de démarrer les opérations aux puits une fois l’appareil monté sur site et réceptionné et que tous les équipements et consommables aux puits sont mis à disposition », indique M. Hammoudi.

Protection de l’environnement

Par ailleurs, la Division Forage veille en permanence à la préservation de l’environnement et à la stricte application de la règlementation en la matière. Lors des opérations de forage, deux types de rejets sont récupérés et traités : des rejets solides constitués par les déblais des formations traversées et des rejets liquides issus des eaux de nettoyage et des fluides enrobant les déblais de forage.

La gestion des rejets de forage passe :

– d’abord, par un traitement primaire à travers des équipements de contrôle des solides installés juste à la sortie du puits ;

– ensuite par un traitement secondaire via un ensemble d’équipements : drying process ;

– et enfin par un traitement tertiaire des déblais de forage : traitement en off-line.

Néanmoins, et afin de réduire le volume traité des rejets de forage, la Division Forage milite en permanence pour utiliser des produits biodégradables. Dans ce cadre, s’agissant des puits réalisés dans certains champs, la boue à base de gasoil a été substituée par une boue à base d’eau qui ne nécessite pas de traitement en fin de forage.

Y. M.

 

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