« Promouvoir l’industrie pharmaceutique génératrice de richesse »

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Le secteur de l’industrie pharmaceutique est stratégique. Il est à même d’apporter une plus-value certaine à l’économie du pays, et ce en application des orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune. L’atteste d’ailleurs la création d’un département ministériel à part entière de l’industrie pharmaceutique.

« Cela dénote de l’importance de promouvoir ce secteur stratégique, générateur de richesse, qui confèrera à l’Algérie une place de choix en tant que pôle au niveau continental et international », assurait à ce propos Lotfi Benbahmed, lors de la cérémonie de prise de ses fonctions en tant que ministre. Auparavant, ce secteur était du ressort d’un ministre délégué auprès du ministre de la Santé.
Le ministre de l’Industrie pharmaceutique Lotfi Benbahmed, a réservé sa première visite, depuis son installation à la tête de ce département ministériel, nouvellement, créé au groupe Saïdal. Le message de Benbahmed se voulait ainsi un véritable coup de starter pour relancer la production pharmaceutique et par ricochet redynamiser l’aspect exportation et bien évidemment assurer l’autonomie sur le plan interne. En effet, cette visite est un signe fort qui témoigne de la volonté des pouvoirs publics d’impulser le développement de l’industrie pharmaceutique et la production locale du médicament et atteste du soutien affiché par à l’entreprise Saïdal qui, de par sa position, d’opérateur public et fleuron de l’industrie pharmaceutique, est aujourd’hui appelée à jouer son rôle d’acteur principal dans la réalisation de la politique nationale de santé.
« L’industrie pharmaceutique est un levier de croissance pour l’économie du pays », a souligné dans ce sens, Lotfi Benbahmed en évoquant la plus-value que pourra réaliser la production pharmaceutique pour le pays.
En termes de chiffres et de capitaux que le pays aura à économiser, le ministre les a estimés à près d’un milliard de dollars pour l’Etat.
C’est dire que la production pharmaceutique, qui jouit d’un traitement particulier de la part des pouvoirs publics, est à même d’atténuer les dépenses publiques et permettre ainsi une réduction drastique de la dépendance aux hydrocarbures.
Se disant confiant quant aux possibilités de l’Algérie d’atteindre ces objectifs, Lotfi Benbahmed, qui a relevé que le groupe Saïdal dispose de moyens humains et d’infrastructures pour relever le défi, s’est félicité de l’engagement du personnel qualifié a assurer la production de chloroquine qui en est à sa vitesse de croisière.
Il a d’ailleurs annoncé que le groupe pharmaceutique Saïdal a entamé « la production de plus de quantités d’hydroxychloroquine, destinée au traitement des personnes atteintes de coronavirus ». Il s’agit d’un « premier lot de près de 300.000 boîtes qui sera remis gracieusement à la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH) ».
« Les efforts se poursuivront, notamment à travers la mission diplomatique algérienne en Inde, pour acquérir les matières premières nécessaires à la fabrication d’autres lots de ce médicament par des entreprises nationales », a soutenu Lotfi Benbahmed.
« L’Algérie dispose de stocks suffisants d’hydroxychloroquine dépassant 220.000 boîtes au niveau de la PCH, mais il faut anticiper toute demande éventuelle », a recommandé le ministre de l’Industrie pharmaceutique.
De plus, à ses dires, les capacités locales en matière de production de l’antibiotique Azithromycine, de masques de protection et de gel hydro-alcoolique sont à des niveaux suffisants par rapport aux besoins.
En ce qui concerne le vaccin anti-corona, le ministre a affirmé qu’un travail est en cours au niveau d’un commission mixte composée de toutes les parties concernées et pilotée par le ministère de la Santé et la PCH, à l’effet de suivre et de recenser les projets de production de vaccins. « Á ce jour cette commission a identifié une quinzaine de projets concrets en phase d’expérimentation », a-t-il précisé faisant état de « contacts avec la plupart des laboratoires à travers l’Institut Pasteur et les missions diplomatiques en vue d’obtenir le vaccin le plus rapidement possible ».
En outre, Lotfi Benbahmed a évoqué des contacts « au plus haut niveau » avec des pays amis de l’Algérie, comme la Russie et la Chine.
Cependant, et s’agissant du calendrier de la campagne de vaccination, le ministre délégué a indiqué que « les choses ne sont pas encore claires », mettant l’accent sur la nécessité de continuer à respecter les mesures de prévention.

La production nationale appelée à augmenter de 400 millions USD
Par ailleurs, Lotfi Benbahmed, a souligné l’impérative « redynamisation » du groupe Saïdal pour l’ériger en pôle pharmaceutique par excellence, à travers des mesures à même de permettre une meilleure et optimale exploitation des potentiels considérables dont dispose ce groupe. Mettant en avant la nécessité d’une nouvelle stratégie permettant à Saïdal d’être au diapason des grands laboratoires, il a expliqué qu’il faudrait, pour s’adapter au développement accéléré du secteur pharmaceutique, orienter les nouveaux investissements vers la production de médicaments plus innovants, comme l’insuline, les anticancéreux et les dérivés de sang.
L’Algérie s’emploie à diversifier son industrie pharmaceutique locale pour couvrir quelque 70% des besoins du marché dans les deux années à venir contre 50% actuellement.
Ceci permettra de porter la valeur de la production nationale à environ 400 millions USD à fin 2021 aux dépens des produits importés, « ce qui dérange certaines parties et suscite une résistance au changement en cours », a affirmé le ministre de l’Industrie pharmaceutique.
Dans ce contexte, Lotfi Benbahmad a indiqué que le décret fixant les prérogatives du ministre délégué chargé de l’Industrie pharmaceutique est actuellement à l’étude au niveau du gouvernement en vue de sa prochaine promulgation. Des prérogatives reposant sur la création de l’environnement juridique et administratif approprié qui permet aux firmes du secteur de se développer.
De son côté, le président-directeur général (P-DG) de Saïdal, Fatouma Akacem, a affirmé que la « production et la distribution gratuite du premier lot d’hydrochloroquine s’inscrivent dans le cadre de la contribution aux efforts nationaux de lutte contre l’épidémie, partant de la vocation du groupe de société citoyenne ».
Mme Akacem a mis en avant la volonté de son groupe de retrouver sa place sur le marché national et les marchés extérieurs, notamment limitrophes et africains. Soulignant que la nouvelle stratégie du Groupe repose sur la recherche et le développement, elle a rappelé la réalisation d’un centre spécialisé en la matière à Sidi Abdallah en attendant son équipement en matériels nécessaires.
Le site de Saïdal d’El Harrach qui produit l’hydrochloroquine est entré en production en 2019 et s’étend sur une superficie de 39.000 mètres carrés, avec une capacité de production de 40.000 unités annuellement, de différentes catégories.
F. Z.

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