Sonatrach-ENI. Une coopération réaffirmée

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Pour la compagnie nationale pétrolière Sonatrach, le groupe énergétique italien ENI est un partenaire stratégique et très important. De son côté, ENI a toujours considéré Sonatrach comme étant un fournisseur fiable et crédible. Les deux parties ont confirmé le 1er juillet dernier leur volonté respective de poursuivre leur coopération et partenariat de long terme dans le domaine de l’exploitation des hydrocarbures et de renouveler le contrat de vente/achat de gaz naturel destiné au marché italien. Les deux partenaires ont signé ainsi trois accords portant sur la commercialisation par Sonatrach, pour le compte des parties, du gaz sec issu des périmètres Ourhoud II, Sif Fatima II et Zemlet El Arbi d’un volume annuel de près de 1,5 milliard de m3 et ce jusqu’en 2049.

La compagnie nationale pétrolière Sonatrach et le groupe italien ENI ont signé, le 1er juillet dernier, à Alger, trois accords gaz portant sur la commercialisation par Sonatrach, pour le compte des parties, du gaz sec issu des périmètres Ourhoud II, Sif Fatima II et Zemlet El Arbi d’un volume annuel de près de 1,5 milliard de m3 et ce jusqu’à l’an 2049. En effet, Toufik Hakkar, président directeur général de Sonatrach, et Claudio Descalzi, P-DG du groupe ENI, se sont rencontrés à Alger pour discuter de l’avancement de leurs projets en partenariat. Un avenant au contrat de vente de gaz a été signé entre Sonatrach et ENI, fixant les conditions commerciales pour l’année gazière 2020-2021. Ledit contrat, datant de 1977, a été renouvelé en mai 2019 pour l’approvisionnement du marché italien pour une durée de 8 années jusqu’en 2027, plus deux années optionnelles supplémentaires. Les deux parties ont signé un mémorandum d’entente pour identifier les possibilités d’investir conjointement dans l’exploration et la production d’hydrocarbures en Algérie dans le cadre de la nouvelle loi sur les hydrocarbures. Le même mémorandum couvre aussi l’examen d’opportunités d’exploration et de production à l’international, a indiqué le groupe Sonatrach. Cette rencontre confirme la volonté des deux parties de développer leur partenariat dans divers segments de l’industrie pétrolière et gazière, ainsi que dans le domaine des énergies renouvelables. Des études pour la réalisation de nouveaux projets de centrales photovoltaïques, à l’instar de celui réalisé au niveau du site de production de BRN, seront incessamment entamées.

S’exprimant lors d’un point de presse tenu en marge de la signature du renouvellement de trois contrats gaziers entre Sonatrach et le groupe italien, le P-DG de Sonatrach M. Hakkar, a souligné que la réduction des dépenses du groupe pour les mois de mai et juin dernier n’a eu aucune incidence sur la production. « Le groupe a réduit ses dépense sans préjudice sur des projets liés à la production », a-t-il dit, précisant que seuls les projets de peu d’importance pour le groupe ont été touchés par ces restrictions financières. Le même responsable a expliqué que cette réduction des dépenses sera compensée par le partenariat, Sonatrach ne pouvant supporter seul toutes les conséquences de cette crise. « Nous avons, par conséquent, opté pour le partenariat à la lumière de la nouvelle loi sur les hydrocarbures, qui donne à Sonatrach la possibilité d’associer ses partenaires à certains de ses projets », a indiqué M. Hakkar, ajoutant que Sonatrach a signé plusieurs protocoles d’accord avec de grandes entreprises internationales pour se prémunir contre les risques.

« ENI demeure un partenaire historique pour l’Algérie »

De son côté Abdelmadjid Attar, nouveau ministre de l’Energie, a qualifié ENI comme étant un « partenaire historique et de premier plan pour l’Algérie » dans le secteur de l’énergie et des hydrocarbures. « Le ministère de l’Energie est au service de Sonatrach et de ses partenaires. Nous sommes là pour vous permettre de travailler dans des meilleures conditions. Et si vous avez un problème qui dépend de nous, on peut le résoudre ensemble le plus normalement possible, essentiellement pour vous faciliter le travail sur le terrain ». Et d’ajouter sur un ton optimiste : « Nous avons besoin de cette coopération. Il faut savoir que ENI détient 12 contrats de partenariat avec Sonatrach dans l’activité d’exploration et production. ENI est un partenaire historique et de premier plan pour l’Algérie dans le secteur de l’énergie et des hydrocarbures, y compris, dans les énergies renouvelables », a souligné le ministre lors de la conférence de presse qui a sanctionné cette rencontre. Le ministre qui a souhaité d’emblée la bienvenue aux représentants du plus grand partenaire de Sonatrach, notamment en matière de vente de gaz avec plus de 9 milliards de m3 annuellement, a rappelé que cette visite, la première depuis le début de la pandémie, « va permettre de consolider et de développer davantage les relations existantes entre ENI et l’Algérie ». L’orateur n’a pas manqué de rappeler : « Je connais ENI depuis plus de 50 ans dans l’activité des hydrocarbures. A cette occasion, je vous présente toutes mes félicitations pour la signature de ces contrats, notamment le mémorandum d’entente (MoU) qui va nous permettre de développer à nouveau les activités d’exploration et de production. Je tiens à vous assurer de l’entière disponibilité de Sonatrach et du gouvernement algérien, qui m’a chargé de vous exprimer toutes ses félicitations. » Le ministre de l’Energie a, à cette occasion, réitéré sa grande disponibilité à l’égard de Sonatrach et de son partenaire italien en indiquant :  « Nous sommes prêts à développer nos contrats avec vous, aussi bien en amont qu’en aval, ainsi que la commercialisation, étant donné que vous êtes l’un de nos clients les plus importants en matière de gaz. En dépit de tout ce qui se passe aujourd’hui sur le marché du gaz, nous allons pratiquement adapter les contrats aujourd’hui en fonction de la situation du marché, c’est une bonne chose.  A notre niveau, nous travaillons pour nous adapter à la situation, l’essentiel, c’est qu’on le fasse ensemble dans l’intérêt des deux parties.  On comprend parfaitement la situation », a tenu à rassurer M. Attar. Tout en se voulant rassurant, le ministre a affirmé avoir reçu des consignes très précises, pour développer les activités et augmenter la production en matière des ressources en hydrocarbures (pétrole et gaz nature). « Je sais qu’avec ENI, nous avons énormément de choses communes, non seulement dans le secteur pétrolier mais également dans d’autres secteurs économiques. L’Italie est un partenaire extrêmement important pour nous au niveau de la Méditerranée. Nous avons beaucoup de choses communes, nous pouvons faire beaucoup de choses, et nous comptons énormément sur ENI, dans les années à venir », a rappelé le ministre qui réitère sa disponibilité et son engagement pour aider Sonatrach et ses partenaires : « Je vous salue pour votre déplacement notamment durant cette période difficile de Corona, mais je vous rassure que nous sommes ici, pour aider Sonatrach et ses partenaires, sachant que vous êtes le premier partenaire de Sonatrach que je rencontre depuis l’apparition de la Covid-19 ».

ENI décide de maintenir un budget intégral en Algérie

De son côté, Claudio Descalzi, P-DG de la compagnie italienne ENI, a rappelé la place prépondérante de l’Algérie dans l’échiquier économique italien. « C’est la première fois que je sors d’Italie, après cette période difficile de Covid-19, et c’est le premier pays que nous visitons, et cela a une signification très forte. Avant tout nous sommes partenaires et associés depuis très longtemps. Nous avons les capacités de travailler ensemble, et de comprendre la position des uns et des autres. L’année passée nous avons investi beaucoup d’argent et nous continuons à investir aussi cette année. Nous sommes présents dans 67 pays, et nous avons beaucoup d’investissements, que nous allons réduire, mais en Algérie nous avons maintenu intégralement le budget d’investissement. Et quand on ne touche pas à l’investissement, cela signifie que nous avons de très bonnes relations avec notre associé. Mieux encore, nous avons foré des puits et augmenté la production de gaz et d’huile. Nous continuons donc au même rythme d’investissement. Certes, ce sont de nouveaux contrats, mais, réellement, c’est la continuité avec l’histoire merveilleuse que nous vivons avec les Algériens et l’Algérie », a précisé Claudio Descarlzi, lors de la conférence de presse qui a sanctionné cette rencontre. Le conférencier rappelle aussi que « Sonatrach demeure un partenaire prioritaire, c’est pour cela que nous n’avons pas réduit nos investissements, contrairement à ce qui est arrivé dans les autres pays. Nous n’avons pas réduit nos investissements pour tout ce qui concerne l’augmentation de la production de gaz et d’huile et des énergies renouvelables. Mieux encore, nous avons investi dans les installations pétrolières pour sauver le gaz et réduire les émissions, et nous allons investir sur d’autres sites, sur les énergies renouvelables. Pendant cette période très difficile nous avons travaillé dur pour finaliser les accords signés aujourd’hui. Nous avons également aidé le pays sur le plan sanitaire avec des contributions et une présence active. Nous n’avons jamais rapatrié nos cadres, tout le personnel d’ENI est resté en Algérie avec leurs collègues de Sonatrach, nous n’avons jamais quitté le pays », a-t-il indiqué. C’était d’ailleurs la position d’ENI durant les années 1990, quand, au moment où l’Algérie était pratiquement sous embargo, cette compagnie n’a pas quitté le territoire national, sans compter l’aide apportée à l’ALN durant la guerre de libération. Le P-DG d’ENI, qui demeure l’une des compagnies les plus fiables et fidèles pour l’Algérie, a enfin déclaré beaucoup apprécier l’approche du ministre de l’Energie qui a réitéré son engagement pour être au service de Sonatrach et de ses partenaires pour leur faciliter le travail. Enfin, reçu par Abdelmdjid Attar, ministre de l’Energie, en présence du P-DG de Sonatrach, le PDG d’ENI a exprimé, ses remerciements pour le soutien et les relations solides avec Sonatrach : «Cette réunion témoigne de l’engagement de Sonatrach et ENI à étendre leur partenariat en Algérie, poursuivant leur stratégie commune de développement accéléré et de poursuite des objectifs de décarbonisation dans le cadre de notre engagement à atteindre la neutralité carbone à long terme en réduisant et en compensant les émissions de gaz altérant le climat. » ENI rappelle qu’il est présent en Algérie depuis 1981 et est actuellement exploitant de 32 permis miniers. Avec une production en actions destinée à dépasser 100 000 barils équivalents pétrole par jour à court terme, ENI est la plus grande entreprise internationale opérant en Algérie, note encore le groupe italien. Pour rappel, l’Italie est considérée comme l’une des principales destinations du gaz naturel algérien grâce au gazoduc «Trans-mediterranean pipeline», appelé également gazoduc Enrico-Mattei, fruit du partenariat conclu en 1977, entre le groupe algérien Sonatrach et l’italien ENI.

 Y. M.

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