France-Algérie : Dépassez le complexe du passé et venez !

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Il semble que l’opération « libération des crânes » de 24 résistants algériens de leurs « ravisseurs » colonialistes ne fut pas du goût de certaines chaînes de télé et autres médias français. Elle eut même l’heur de déplaire particulièrement aux organes proches de l’extrême-droite et de la droite extrême. Ou encore aux résidus des nostalgiques d’un vieux rêve colonial que nos martyrs et nos moudjahidine ont brisé à l’aide du serment de « par les foudres qui anéantissent et par les flots de sang pur », engagement patriotique consacré par l’Indépendance et qui redonna vie au pays.
CNews et les autres ont, comme à l’accoutumée, mobilisé des « plumes » nostalgiques de la colonisation pour mieux occulter l’Histoire coloniale et déformer des faits historiques tangibles. Une professionnalisation lamentable dans le métier du mensonge et de l’hypocrisie !
CNews a trouvé dans l’histoire de l’Algérie de la matière sensationnelle, histoire de retrouver de l’audience et du crédit perdus auprès de son public. Elle n’a donc pas hésité, dans cet objectif, à recruter des journalistes et des analystes missionnés pour manipuler, désinformer et falsifier l’Histoire. Un recrutement motivé par une quête effrénée du buzz susceptible de lui faire gagner de nouvelles parts d’audience. Mais il s’est avéré que le pari sur Véronique Jacquier et, avant elle, sur Eric Zemmour et Pascal Praud fut une vaine gageure !
La consœur en question, « professionnelle à souhait » lors de son intervention à l’antenne, deux jours seulement après l’anniversaire du 14 juillet en France, nageait à contre-courant, tout en révélant la profondeur abyssale de la haine incrustée dans les cœurs de tous ceux qui n’ont pas digéré à ce jour la victoire de la Révolution algérienne et l’Indépendance. On a pu constater alors à quel point la « libération » des crânes de nos valeureux résistants a ravivé leur rancune et amplifié leur rancœur après 170 ans de séquestration ! L’accueil officiel et populaire réservé aux restes mortuaires sacrés de ces martyrs éternels, et qui fut grandiose, a manifestement surpris ceux qui ont parié sur l’amnésie et l’effacement de la mémoire des Algériens !
Ceux qui tentent d’estomper l’Histoire ignorent que ses pages se tournent mais sans jamais être déchirées ou brûlées. Ces pages sont et resteront des tabernacles de lumières perpétuelles pour le présent et l’avenir, grâce à l’interaction des générations. Elles sont aussi un motif puissant de la mobilisation permanente des peuples pour leur liberté et leur émancipation.
Véronique, l’analyste médiatique « très professionnelle », disait jeudi dernier qu’« en 1830, l’Algérie c’était rien du tout » avant la colonisation, que « la France y a construit des ponts, des routes, des hôpitaux » et qu’il faudrait donc que les Algériens d’aujourd’hui présentent des excuses à la France coloniale pour l’avoir boutée hors d’Algérie à l’issue d’une longue chaîne de résistance et de djihad jamais interrompue jusqu’à la Libération, 132 ans de colonisation après. Elle suggérait également que nous devions extirper de nos mémoires d’Algériens libres les listes de millions de martyrs, de blessés, de mutilés, de déportés, de dépossédés, d’exilés, de bannis, de guillotinés et de pendus, sans oublier les dizaines de milliers de victimes de leurs essais nucléaires et de leurs mines anti-personnel qui continuent de nous ôter encore des vies !
Elle souhaite par ailleurs que nous effacions de nos archives les chiffres hallucinants des richesses colossales pillées durant 132 ans d’accaparement, de détournements et de rapine organisés. Il faudrait, pense-t-elle, que nous nous excusions auprès des bourreaux et des assassins qui ont pratiqué chez nous, à grande échelle, la politique de la terre brûlée. Que nous en faisions porter la responsabilité à nos combattants et à nos martyrs dont le « Groupe des 22 » qui a décidé en une certaine nuit de Novembre 1954 – une nuit plus noble que mille mois de temps –, de mettre un terme à l’oppression, à l’assujettissement, à l’esclavage et à la destruction, pour que vive l’Algérie ! C’est tout cela que veulent de nous aujourd’hui les néocolonialistes, et c’est ainsi qu’ils souhaitent nous voir être ! Et c’est ainsi qu’ils ambitionnent de nous dissoudre un jour dans un projet d’assimilation-dissolution fondé sur la négation du passé colonial, le déni de notre héroïque histoire de la résistance et l’oubli de l’accumulation de nos luttes incessantes depuis que leurs pieds barbares ont foulé la terre des braves !
Le regretté général Giap avait dit un jour, et à Alger même, que le colonialisme est un mauvais élève, qui répète les mêmes erreurs du passé sans en tirer les leçons et la morale conséquentes. Il avait ajouté que ce piètre élève ne lit pas et nie la mémoire de ses crimes.
En réalité, je ne voulais pas, initialement et de but en blanc, commenter les propos d’une « inculte » chargée en fait d’une mission de brouillage et d’intoxication, car la dame Véronique avait eu déjà son comptant de commentaires acerbes et éreintants sur les réseaux sociaux qui ont procédé, à l’occasion, à une véritable mise à nu, jusqu’à susciter la compassion ! Jadis, les sages anciens disaient que l’ignorant se fait du mal plus que ne lui en cause son ennemi. Adage qui s’applique parfaitement à cette « créature » de la Providence !
Gente et accorte dame, chère consœur, il vous faudrait bien revenir un jour à l’école, précisément à celle de l’Histoire lorsque vous vous évertueriez à parler de l’Algérie. On aurait bien excusé votre galimatias si vous vous étiez arrêté à l’énumération des routes et des ponts ! Car là réside votre unique référentiel historique. Avant même l’arrivée chez nous de vos cohortes ininterrompues de loups affamés, de coupeurs de routes et de saccageurs déchaînés, nous étions les maîtres de la terre et de la mer. Je vous invite alors à lire dans les livres que l’une des plus anciennes universités dans l’histoire de l’humanité fut celle de Mdaourouch. La Madaure des temps anciens qui y a vu naître le père du roman universel Apulée auquel son nom est à jamais associée lorsqu’on évoque ce que la littérature de l’Homme doit à son monumental L’Âne ou la métamorphose. Apulée qui fut maître de conférences dans diverses disciplines du savoir, notamment les arts, l’astronomie et la philosophie. L’université de Madaure fut un point de convergence des savants et autres penseurs grecs et phéniciens. Saviez-vous, Madame, que le premier jumelage entre universités fut celui qui associa celle d’Athènes fréquentée, entre autres, par Platon et Socrate, et l’université de Madaure fréquentée par nos savants et érudits comme Apulée et Saint-Augustin, le penseur suprême de la chrétienté ? Nos penseurs donnaient à cette époque des conférences à Carthage, Athènes et Rome. En ces moments-là, vous n’étiez rien, vous les Francs. Comme le disait Moufdi Zakaria, le poète de nos héroïques épopées, vous eûtes faim et nous étions généreux à votre égard lorsque nous vous avions offert notre blé qui valait de l’or, de même que la corne d’abondance composée de nos fruits et légumes, de notre semoule et de nos huiles nourricières. Il nous suffit donc de vous rappeler que nous vous avons expédié, entre 1725 et 1815 ce qui est bien supérieur à deux millions de quintaux de blé (2193000) et 1434000 quintaux de fruits et légumes entre 1769 et 1795.
Madame, je vous ai rappelé ces chiffres juste pour que vous sachiez que ces exportations démontrent que nous possédions une économie en bonne et due forme, qu’il y avait une dynamique d’exportation, et que l’Algérie était de ce fait un Etat-pivot et une puissance économique qui n’attendait pas quelques offrandes de quiconque, encore moins l’aumône des colonisateurs et autres destructeurs de pays comme le prétendent Véronique et consorts.
J’ai délibérément insisté sur nos exportations de céréales en raison de la valeur symbolique que porte l’évocation de ces chiffres emblématiques. J’ai en même temps omis volontairement les quantités de viandes, d’huiles, de laines, de légumineuses, de marbre, de bois, entre autres produits nécessaires. J’ai même passé sous silence les meilleurs de nos pur-sang que Napoléon a sélectionnés pour mener ses guerres impérialistes. Je sais aussi que vos sempiternelles justifications de votre colonisation de l’Algérie sont fondées sur l’antienne de « l’incident diplomatique de l’éventail » survenu lorsque le premier maitre de la Régence d’Alger avait réclamé que la France règle ses factures de blé en souffrance. Mais nous, Algériens, savons en revanche que vos ancêtres arrogants s’étaient dérobés à leur obligation de payer leurs dettes commerciales et avaient choisi en revanche de violer les engagements et les conventions, préférant adopter ainsi la logique des coupeurs de têtes et de routes.
Il y a donc une différence majeure entre vous et nous dans la vision de la construction de la relation entre l’Algérie indépendante et la France anciennement coloniale : de notre part, nous la voulons délestée de toutes les crispations passéistes et œuvrons en même temps à ce qu’elle soit fondée sur un traitement apaisé des dossiers de la mémoire coloniale. Nous aspirons aussi à construire une relation bilatérale basée sur les intérêts mutuels bien compris, des rapports sereins avec, il est vrai, l’ensemble des peuples du pourtour méditerranéen. Mais il se trouve que certains d’entre vous, en France, n’ont pas su ou voulu transcender le « complexe du passé » colonial et s’ingénient à escamoter et étouffer la mémoire coloniale, à contrefaire l’Histoire. Mais, en un seul mot : ils ne passeront pas !
Nous sommes de retour. Maitres et souverains chez nous, car Dieu nous a créés libres. Nous sommes la seconde plus ancienne civilisation humaine sur Terre après l’actuelle Ethiopie. La localité d’Aïn Lahneche dans la wilaya de Sétif prouve, à elle seule, que nous sommes ici, chez nous, depuis au moins deux millions et quatre cent mille ans.
A bon entendeur salut !
L. O.

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