« Maximiser le recours à l’outil national et promouvoir le contenu local »

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Dans cet entretien accordé à notre magazine El Djazair.com, le directeur de la division Associations, Mourad Beldjehem, insiste sur le rôle de sa structure pour décliner les orientations du Top Management de Sonatrach, notamment celles relatives au recours à l’outil national et à la promotion du contenu local principalement au vu de la conjoncture actuelle du marché et de la crise sanitaire. « Nous travaillons actuellement avec nos partenaires pour promouvoir le contenu local, maximiser le recours à l’outil national, favoriser le paiement en monnaie nationale et réduire les coûts », prône M. Beldjehem, qui rappelle également l’importance d’associer les partenaires étrangers dans cette dynamique. Il est également très important de faire appel au partenariat pour le développement conjoint du potentiel en hydrocarbures. « Le recours au partenariat demeure une pratique internationale permettant entre autres le partage des risques, l’apport en capital et le transfert du savoir-faire », insiste le responsable, tout en précisant qu’il est primordial de maximiser les volumes produits tout en veillant au respect de la sécurité des personnes, de l’environnement et des installations.

El Djazair.com: De prime abord, merci Monsieur le Directeur de nous présenter la division Associations.

Mourad Beldjehem : La division Associations intervient dans le cadre de l’amont pétrolier et gazier.
Ses principales missions consistent à :
veiller à l’exécution des opérations pétrolières, notamment le volet production ;
s’assurer du strict respect des dispositions contractuelles et des procédures, conformément à la réglementation en vigueur ;
décliner la stratégie de l’entreprise en matière de développement des hydrocarbures aux organes conjoints d’operating ;
gérer les appels de fonds prévus au niveau des contrats d’association, représentant la quote-part de Sonatrach dans le cadre de l’exécution des opérations pétrolières ;
déterminer les droits à enlèvement des partenaires à titre de remboursement et rémunération des dépenses engagées ;
calculer la fiscalité pétrolière, notamment celles spécifiques à l’activité en partenariat (impôt sur la rémunération des partenaires) ;
consolider, selon les standards de Sonatrach, les plans et bilans des assets opérés en association.
Il est à noter que la phase de recherche d’un contrat d’association est supportée à 100% par le partenaire étranger. Elle peut aboutir, comme ne pas aboutir, à la mise en évidence d’une ou de plusieurs découvertes d’hydrocarbures. Si aucune découverte n’est mise en évidence, le partenaire étranger se retire à ses frais du contrat d’association, le cas échéant, Sonatrach, à travers sa division Associations, collabore avec son partenaire étranger pour la mise en place d’un plan de développement des découvertes réalisées. Une fois le plan de développement approuvé par l’autorité compétente, en l’occurrence Alnaft, un organe conjoint d’operating est constitué entre Sonatrach et son partenaire afin d’exécuter l’ensemble des travaux de développement et d’exploitation des champs mis en évidence. Ainsi, l’ensemble des organes conjoints d’operating créés est rattaché organiquement et fonctionnellement à la division Associations.

El Djazair.com : Mais qu’elle est la différence entre votre division et celle de Production ?

Mourad Beldjehem : Plusieurs divisions constituent l’activité exploration-production, à savoir la division Exploration, la division Production, la division Associations, la division PED et la division Forage. La division Production gère les champs d’hydrocarbures en effort propre (Sonatrach seule), tandis que la division Associations est chargée de gérer les champs en association avec les partenaires étrangers. Nous travaillons en collaboration avec nos partenaires durant la phase de préparation des plans de développement des découvertes et durant la phase d’exploitation des gisements.

El Djazair.com : Quels sont les critères de vos partenaires et sur quelle base se font vos choix ?

Mourad Beldjehem : Les partenaires activant avec Sonatrach font l’objet d’une pré- qualification par Alnaft, en tant qu’opérateurs ou/et encore en tant qu’investisseurs. La sélection pour un périmètre donné s’effectue, dans le cadre d’une compétition, sur la base de la meilleure offre proposée.

El Djazair.com : Et le rôle de votre division au sein de Sonatrach ?

Mourad Beldjehem: Dans le cadre de la stratégie mise en place par le groupe Sonatrach, la division Associations veille à sa déclinaison aux organes conjoints d’operating. Ainsi, nous travaillons actuellement, avec nos partenaires, pour promouvoir le contenu local et maximiser le recours à l’outil national, favoriser le paiement en monnaie nationale et réduire les coûts.

El Djazair.com : Pour améliorer la qualité des services et des prestations et développer les compétences, qu’a-t-il été fait par votre division ?

Mourad Beldjehem: Plusieurs actions ont été entreprises, nous citons, à titre d’exemple, l’attribution en partenariat avec ENI et en exclusivité à des compagnies nationales, à savoir ENGTP, ENGCB, Cosider et ENAC, la réalisation, en un temps record, du projet de construction d’un pipeline long de 180 km reliant, au niveau du bassin de Berkine, les champs de Bir Rebaa à MLE. Par ailleurs, pour ce qui est des opérations de forage, Enafor active actuellement au niveau du groupement Sonatrach-ENI et affiche des performances louables. Nous poursuivons l’exploration d’autres opportunités au sein de notre portefeuille, en collaboration avec nos partenaires, afin de donner l’occasion aux entreprises nationales de contribuer à l’édification nationale et au développement de leurs compétences et de leurs capacités.

El Djazair.com : Face à la situation actuelle, peut-on dire que vos objectifs sont toujours réalisables ?

Mourad Beldjehem: En termes de production, nonobstant le quota OPEP, les objectifs restent réalisables à court terme. Aussi, nous poursuivons les efforts entrepris pour optimiser les charges et réduire les coûts d’exploitation afin de dégager le maximum de valeur.

El Djazair.com : Que pensez-vous de la nouvelle loi sur les hydrocarbures ?

Mourad Beldjehem: Compte tenu des dernières dispositions fiscales, la nouvelle loi sur les hydrocarbures contribue au mieux à améliorer l’attractivité en termes d’apport en investissements étrangers. Je demeure persuadé que nous allons avoir beaucoup de partenaires étrangers qui vont investir en Algérie. Le recours au partenariat reste une pratique internationale permettant entre autres le partage des risques, l’apport en capital et le transfert du savoir-faire.

El Djazair.com : Comment qualifiez-vous le climat d’investissement et d’affaire au sein de Sonatrach ?

Mourad Beldjehem: Le groupe Sonatrach demeure la principale locomotive de l’économie nationale. Dans le business, nous essayons toujours d’être sincères et pragmatiques avec nos partenaires et d’œuvrer vers une situation gagnant-gagnant. Aujourd’hui, Sonatrach est crédible vis-à-vis de ses partenaires. Il faut faire en sorte de poursuivre le travail afin d’améliorer encore le climat d’investissement, qui doit englober également les autres secteurs économiques et administratifs nationaux.

El Djazair.com : Quels sont les grands défis à relever par votre division ?

Mourad Beldjehem : Réussir dans un esprit gagnant-gagnant les projets en partenariats déjà lancés ou à venir, tout en restant à l’écoute pour développer d’éventuelles nouvelles opportunités garantissant ainsi plus de valeur au groupe Sonatrach et au pays. Réduire la période de développement des découvertes (time to market) est aussi un axe prioritaire d’amélioration pour renforcer le partenariat et garantir la réussite et la rentabilité de nos projets. Aussi, maitriser les nouvelles technologies à travers le transfert de savoir-faire et l’amélioration du niveau de compétence de nos ressources internes pour permettre entre autres l’augmentation du taux de récupération des réserves de nos gisements d’hydrocarbures.

El Djazair.com : Peut-on avoir une idée sur votre bilan ?

Mourad Beldjehem : Je considère notre bilan positif. Au fil des années, des relations de confiance ont été bâties avec nos partenaires à travers un rapport gagnant-gagnant. L’un des principes de base du partenariat reste celui de l’intérêt mutuel entre les parties. Le domaine minier national, objet des activités de recherche et d’exploitation des hydrocarbures s’étend sur plus de 1,5 million de km². A ce jour, la plupart des travaux entrepris en partenariat ont concerné les bassins de Berkine et d’Illizi. Ainsi, plusieurs projets ont été réalisés en association et mis en production depuis 1995 ; ils demeurent en production et offrent d’excellentes opportunités en termes de synergies afin de développer et de mettre en production des gisements périphériques avec le minimum d’investissements. Les travaux entrepris sur les autres bassins ont permis également de confirmer l’existence de potentiels additionnels d’hydrocarbures à l’origine de nombreuses découvertes, à l’image des gisements du Sud-Ouest, mis en production ces trois dernières années, qui constituent un nouveau pôle gazier au niveau des régions d’Adrar, Timimoun et Reggane.

El Djazair.com : Quelles sont vos perspectives ?

Mourad Beldjehem: La Covid-19 a vraiment impacté notre business, en termes de volume et de valeur à cause de la chute de la demande et la baisse de la consommation. Mais nous continuons toujours à produire et nous espérons que les choses vont s’améliorer d’ici la fin de l’année. Nous poursuivons nos efforts, en collaboration avec nos partenaires, pour finaliser plusieurs projets en cours de réalisation, à savoir Isarène au niveau du bassin d’illizi, la quatrième phase de développement de Menzel Ledjmet Nord, la deuxième phase de développement de Rhourde El Khrouf, la mise en production du champ Hassi Bir Rekaiz, au niveau du bassin de Berkine ainsi que la deuxième phase de développement de Bir Sebaa au niveau de la région de Touggourt.

El Djazair.com : Un dernier mot ?

Mourad Beldjehem: Il faut continuer à encourager les compétences nationales, issues majoritairement des écoles algériennes et leur garantir un climat de travail marqué par la confiance et la considération, afin qu’elles puissent fournir le meilleur d’elles-mêmes et contribuer ainsi au développement de l’économie nationale. Par ailleurs, il est primordial d’expliquer à nos concitoyens que le recours au partenariat pour le développement de l’amont pétrolier demeure une pratique internationale permettant, entre autres, le partage des risques, l’apport en capital et le transfert du savoir-faire.

Y. M.

Mourad Beldjehem, directeur de la division Associations

Avec plus de 27 ans d’expérience dans l’amont pétrolier dont plus de 10 sur différents sites opérationnels de Sonatrach en effort propre et en association, Mourad Beldjehem a assuré la responsabilité aux différents paliers hiérarchiques de l’activité dans un environnement souvent multiculturel et requérant une parfaite maitrise des enjeux d’un partenariat dans ses différentes phases.
Natif d’Alger en 1967, Mourad Beldjehem est le directeur de la division Associations Sonatrach EP. Ce père de deux enfants est un ingénieur d’Etat en raffinage et pétrochimie à l’IAP, diplôme qu’il a obtenu en 1992. Notre directeur a commencé sa carrière professionnelle en 1993 au ministère de l’Energie, en tant qu’ingénieur en pétrochimie, au niveau de la Direction transformation des hydrocarbures, il était chargé d’assurer le suivi des complexes pétrochimiques ENIP et de contribuer au plan de développement de la pétrochimie en Algérie, avant qu’il ne devienne, en février 1994, chargé de la sous-direction études à la même direction où il s’est notamment occupé de la préparation du dossier du Projet de dessalement d’eau de mer d’Arzew en vue de sa présentation au conseil de gouvernement de l’époque. Le jeune ingénieur est promu, en décembre 1994, au poste du superviseur de Quart- Sonatrach, centre industriel sud – Hassi Messaoud, ingénieur Process exploitant sept stations de compression de réinjection de gaz (en travail posté 3 x 8). En mars 1998, M. Beldjehem devient chef de service exploitation – Sonatrach groupement Berkine – HBNS, chargé d’assurer la coordination des activités du service exploitation. « À Hassi Berkine, le démarrage de la première phase était avec 60 000 barils/jour, avant d’atteindre 285 000 barils/jour. J’étais en même temps le responsable de démarrage de la deuxième phase », tient à nous préciser notre interlocuteur. L’ascension professionnelle de notre directeur ne s’arrête pas là, car en 2004, il devient chef de département production, direction technique, division association, Sonatrach amont. Un poste qu’il occupe jusqu’à septembre 2015, date à laquelle il est promu au poste du directeur opérations et exploitation, division Associations, Sonatrach EP. « J’étais en charge du volet technique des projets en association, jusqu’à janvier 2020, avant d’occuper le poste de directeur des opérations au niveau de la division production, Sonatrach EP. Donc, je faisais la même chose, mais au lieu de l’association c’était Sonatrach seul, en effort propre sans partenaires. Depuis juin 2020, je suis au poste du directeur division association – Sonatrach EP », conclut Mourad Beldjehem.

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