« Notre activité représente le cœur de Sonatrach »

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Fort de son esprit pionnier, le groupe Sonatrach s’attache toujours à développer son activité exploration-production (EP). La compagnie continue de consacrer plus de 70 % de son budget annuel d’investissement à la recherche, au développement, à l’exploitation et à la production des hydrocarbures. Pour accroître la découverte de nouveaux gisements, Sonatrach a décidé de consacrer 53 milliards de dollars dans l’exploration-production sur la période 2017-2021 dont 9 milliards de dollars à l’exploration (sismique 3D, forages d’explorations, études…). L’objectif est de parvenir à forer quelque 100 puits par an. Dans le cadre de sa stratégie de croissance SH2030, Sonatrach vise un doublement du volume annuel des découvertes et une augmentation des réserves prouvées de 50 à 100 millions de TEP (tonne d’équivalent pétrole) par an.

L’activité exploration-production, est la division la plus stratégique de la compagnie nationale des hydrocarbures. C’est le cœur de Sonatrach, soit 70 % de son budget. Pour le personnel, cette activité compte 27000 permanents et 4000 temporaires. C’est cette activité qui assure les ressources pétrolières et gazières pour l’entreprise Sonatrach et pour le pays. Et pour ce faire, des processus sont mis en œuvre dont chacune de ses six divisions techniques :
Division Exploration
Division Petroleum Engineering et Développement
Division Forage
Division Production
Division Associations
Division Laboratoire
Par ailleurs, l’activité exploration-production (EP) de Sonatrach a pour mission la recherche, le développement, l’exploitation et la production des hydrocarbures. Elle s’articule autour de trois axes : le développement et l’exploitation des gisements pour une valorisation optimale des ressources ; la gestion des activités en partenariat dans les phases d’exploration, de développement et d’exploitation des gisements ; la recherche, la négociation et le développement de nouveaux projets sur le territoire national. « Pour avoir une production, nous devons commencer par les recherches et l’exploration de nouvelles ressources pétrolières et gazières qui requièrent une excellente connaissance et une compréhension du terrain. Elle doit rechercher, vérifier l’existence et évaluer l’importance et la qualité des gisements et identifier les réserves potentielles de pétrole ou de gaz techniquement et économiquement exploitables à travers des techniques de cartographie et de sismographie. Cette action est faite à travers le forage de puits, dont l’implantation est déterminée en associant géologie et géophysique. En cas de succès, ces deux phases en amont sont suivies par les phases de développement et d’exploitation. La « sismique réflexion » est la méthode principale des géophysiciens pour repérer des gisements potentiels à partir d’un choc ou de vibrations sonores ébranlant le sol, on détecte par un réseau de géophones les échos réfléchis partiellement par les couches géologiques. On obtient ainsi une échographie 2D de la structure des couches prospectées. Pour passer en sismique 3D, on multiplie les flûtes et les angles de production des ondes sismiques pour permettre de construire des images du sous-sol en volume. Beaucoup plus onéreuse, l’imagerie sismique 3D est aussi beaucoup plus précise et permet de visualiser les volumes des gisements. Par réserves de pétrole, on entend les volumes de pétrole récupérables dans des gisements exploités ou pouvant l’être au vu des critères techniques et économiques actuels », explique Mohamed Slimani, nouveau vice-président chargé de l’activité amont, à savoir exploration et production à Sonatrach. Notre interlocuteur précise également que ces réserves peuvent fluctuer, comme les réserves de gaz naturel, en fonction de la disponibilité des moyens techniques permettant l’exploitation des hydrocarbures et en fonction des cours du pétrole (avec un décalage dans le temps, les cours déterminant les investissements en exploration). Selon M. Slimani, il existe différents types de « réserves » :
Les réserves prouvées dites « 1P » qui désignent l’ensemble des quantités de pétrole dont l’existence est établie et dont les chances de récupération et de rentabilisation sont d’au moins 90 %. C’est à ces réserves que l’on se réfère en général, notamment dans les publications statistiques. Les compagnies pétrolières utilisent cette valeur lorsqu’elles veulent être certaines de rentabiliser leurs investissements.
Les réserves dites « 2P » (prouvées + probables) qui comptabilisent, pour un gisement identifié, les quantités de pétrole ayant une probabilité égale ou supérieure à 50 % d’être économiquement exploitables.
Les réserves dites « 3 P » (prouvées + probables + possibles) qui désignent le volume maximum du pétrole qui pourrait être extrait d’un gisement. Cette limite supérieure inclut toutes les ressources qui ont une probabilité supérieure à 10 % d’être économiquement exploitables.
Les réserves prouvées ont un impact sur la vie économique des sociétés pétrolières car elles influent directement sur leur valorisation boursière. Des entreprises de consulting sont payées par les entreprises pétrolières pour « certifier » leurs réserves. Certains analystes dénoncent les conflits d’intérêt potentiels induits par ce système.

Petroleum Engineering et Développement
L’exploration passe le relais à la division Petroleum Engineering et Développement (PED). C’est une structure qui gère les réserves d’hydrocarbures. « Les ingénieurs vont aller plus loin dans leurs études. Ils affinent l’étude, et déterminent exactement ce qui est récupérable. Nous ne pouvons pas récupérer à 100% tout ce que nous avons comme réserve sous le gisement. Nous pouvons atteindre 80% de récupération pour le gaz et 50% pour le pétrole. Mais avec des méthodes d’interprétation plus poussées, ils peuvent déterminer réellement la réalité du gisement qui peut être récupéré, après, ils devront tracer un plan de développement pour déterminer si le gisement est profitable pour l’économie nationale ou pas. S’il est économique, ils doivent déposer un plan de développement au niveau d’Alnaft, avec tout le processus tel que le nombre de forages de développement, combien il faut de puits pour cette zone, quel type d’installation, le débit escompté pour la production pour essayer de maintenir le plus longtemps possible le gisement, et bien-sûr la détermination des installations nécessaires. Pour aller à l’installation, nous devons effectuer des analyses du gaz ou d’huile, et sur la base de l’étude de la division PED. Au niveau commercial, le gaz doit avoir une teneur de CO2 inférieure ou égale à 2%, et tout cela, c’est la détermination de la division PED. Comme elle suit également la division de production qui arrivera après, et cela, durant toute la période de la vie du gisement. C’est la division PED qui est chargée du suivi. Elle donne ainsi des orientations pour la division production, pour assurer la continuité de la production, et en même temps le maintien du réservoir », détaille le vice-président chargé de l’activité amont.

La division « Maître d’œuvre de forage »
La Division forage a été créée en 1987, sous l’autorité de la branche des hydrocarbures. En lui attribuant le rôle de « maître d’œuvre de forage », sa mission essentielle, selon M. Slimani, est la supervision et la conduite de toutes les opérations liées au forage des puits d’exploration et de développement réalisés en effort propre Sonatrach. Elle a la responsabilité d’assurer la sécurité des opérations, la qualité des ouvrages, la préservation de l’environnement et d’optimiser les coûts de réalisation des puits.
Les missions de la Division forage se déclinent comme suit:
Dans le domaine du forage :
Contribuer à la planification des activités de forage de l’Activité E&P.
Mettre en œuvre les plans de forage approuvés en s’assurant de la préservation de l’environnement, de la sécurité des opérations, de la qualité des ouvrages et en minimisant les coûts de réalisation des puits
Superviser les activités de forage en international
Dans le domaine du Mud Logging (surveillance de paramètres du forage) lors de la réalisation des puits:
Assurer la surveillance géologique des forages
Fournir des prestations d’échantillonnage et d’analyse
Recueillir, traiter et interpréter les paramètres de forage
Participer à la réalisation de grands projets de l’Activité E&P.
Contribuer au développement du tissu national des sociétés de services aux puits.
Prendre part aux activités de recherche nationale et internationale dans ses métiers.
En somme, la division forage a été créée, dira M. Slimani, dans le but d’être le maître d’œuvre, pour assurer un suivi et jouer ainsi le rôle d’intermédiaire, entre ces deux structures, et les entrepreneurs du forage ENTP et Enafor. Cette division de forage contribue, poursuit notre interlocuteur, dans la planification des forages, en fonction de la disponibilité des appareils. Elle assure ainsi un travail de planification. Elle doit ainsi assurer tout le programme du forage communiqué soit par les structures d’exploration ou du développement, des structures qui ont des horizons à atteindre. Chaque division dispose de son programme type, et la division forage doit s’assurer que le programme établi par l’une des structures est bien réalisé, et que toutes les données doivent être communiquées à la structure concernée.

Sonatrach en effort propre
« Après le forage, nous passons à la phase production. Si c’est une unité et les puits qui sont aux alentours des installations existent, il y a juste un raccordement des installations. Et s’il s’agit d’un champ nouveau, loin des installations, nous devons réaliser de nouvelles installations. La direction centrale EPM s’occupe de la réalisation des grands projets, et il y a deux structures, division Production et Division Associations. La structure production opère en effort propre, 100% Sonatrach. Elle est structurée en 9 régions. Elle assure la purification et suit les orientations de PED concernant le réservoir pour le maintien des puits. Elle suit également l’intégrité et la maintenance des puits, et en même temps tout ce qui est en surface. Si c’est du gaz, on doit séparer l’eau de chaque lot du gisement à l’avance au niveau des installations de production, il y a séparation gaz sec, GPL, et les condensats liquides, et acheminement vers le réseau du transport le plus proche. La même chose pour le pétrole, nous devons le séparer des eaux, et l’envoyer à travers sa ligne », rappelle Mohamed Slimani. En somme, l’extraction du pétrole et du gaz nécessite des infrastructures complexes. Cependant, une fois le gisement foré, le pétrole ou le gaz conventionnel qui sont naturellement sous pression remontent facilement à la surface. Ils sont ensuite traités (élimination des eaux de gisement, séparation des produits gaz-liquide) et épurés (élimination des composés soufrés et du CO2) afin d’être commercialisés. Les puits et installations nécessitent des suivis rigoureux pour assurer un niveau de disponibilité maximum et une production stable.
Pour l’association, pratiquement c’est la même activité que la production, mais il faut travailler uniquement en collaboration avec le partenaire étranger. « Nous avons un pourcentage qui diffère d’un groupement à l’autre. Il y a des groupements où nous dépassons les 50% et d’autres où nous sommes inférieurs à ce pourcentage. Mais au niveau des groupements et d’associations, l’activité exploration engineering et production est faite au niveau de chaque groupement. La division PED travaille plus avec l’effort propre, mais au niveau des associations chaque groupement a son groupe du travail, qui fait sa propre étude », souligne le responsable.
Enfin, au vu de la diversité de ses activités sur le terrain, l’amont pétrolier dispose d’une plateforme d’analyse composée de deux pôles laboratoires (Boumerdes et Hassi Messaoud) disposant des nouvelles technologies de pointe en termes de laboratoires et équipement de simulation des conditions de fond (en température et pression). La division laboratoires dispose donc de toutes les techniques nécessaires (soit 77 workflow « flux de travaux » d’analyses différentes) afin de fournir à toutes les structures de l’amont pétrolier et même ceux qui viendront après la chaine de données nécessaires pour évaluer, tester et produire convenablement son gisement. Cette même structure accompagne l’opérationnel pour surveiller l’intégrité des installations et les indicateurs environnementaux. « La division laboratoire représente réellement un maillon important pour produire plus tout en réduisant nos coûts opératoires. Elle assure l’accompagnement des divisions au niveau de l’exploration, les analyses de la roche pour donner plus d’information sur le réservoir, s’il est profitable ou pas et même chose pour le PED. Elle assure également toutes les études environnementales, suivie de la corrosion, les traitements des eaux. Pratiquement, elle accompagne toutes nos structures », explique M. Slimani. Enfin, les autres structures au niveau de l’activité sont plus juridiques et administratives. Ainsi, la direction juridique est le garant légal de l’activité, Finance assure tout ce qui est transactions avec les entrepreneurs et le suivi des redevances , la structure ressources humaines est chargé du volet suivi des carrières et la coordination entre la Direction Centrale et les Directions RH des Divisions, la Direction HSE est chargées de suivre tout ce qui est environnement et sécurité et finalement la Direction Etude et Planification qui veille et coordonne avec les structures opérationnelles à l’échelle activité sur l’application et la mise en œuvre des stratégies de l’Entreprise.

Aucun impact sur la production
Grâce à l’abnégation et au travail de tous les employés du groupe Sonatrach, la production n’a pas été impactée, en dépit de la pandémie qui a bouleversé le plan de travail de la compagnie. « Avec la conjoncture actuelle nous n’avons pas arrêté nos installations, et nous avons maintenu notre production comme elle était. Nous avons bien géré notre personnel, et nous avons repris la relève au niveau du Sud. Au début, nous avons soumis notre personnel à une période de confinement de 14 jours, mais avec l’acquisition des tests rapides de dépistage de la Covid-19, nous avons diminué le temps du confinement à une semaine, ce que nous faisons jusqu’à ce jour », avoue notre interlocuteur.
L’orateur n’a pas manqué de rappeler les mesures prises pour qu’il n’y ait pas d’impact sur la production. « Nous avons réduit au maximum le personnel, avec la mise en congé spécial payé de 50% de nos employés, en plus du respect des règles universelles, allant de la distanciation sociale, du port des bavettes, de l’utilisation du gel hydro-alcoolique, jusqu’à l’arrêt de la restauration. Toutefois, nous avons assuré le transport de notre personnel tout en respectant la distanciation sociale,…les mêmes mesures ont été prises dans le sud avec une période de confinement nécessaire pour le personnel qui reprend, et c’est bien sûr, le médecin qui décide si le travailleur est apte, ou s’il est admis à l’hôpital. La situation est maitrisée jusqu’à présent », rassure M. Slimani. Abondant dans le même ordre d’idées, le responsable rappelle que le pourcentage de son effectif est passé de « 35% à 55%, tout en maintenant les congés des malades chroniques, des femmes enceintes et celles ayant des enfants en bas âge », précise-t-il.
Conscient de l’importance de la ressource humaine dans le développement de son entreprise, le vice-président chargé de l’activité Amont, ne lésine sur aucun moyen pour assurer une meilleure formation à sa ressource humaine. « La ressource humaine est le pilier de toute entreprise. Si vous disposez d’un personnel suffisant et qualifié votre activité va très bien marcher, et vice-versa, si vous avez une défaillance dans l’une des situations. La ressource humaine est la plus importante ressource au niveau des entreprises. A cet effet, nous accordons une grande importance à la formation, notamment celle spécialisée. Nous devons toujours assurer une bonne formation, ainsi que la sécurité des installations et des personnes. Ce sont des points primordiaux au niveau de notre société. Nous avons des centres propres à Sonatrach, et des formations qui se font en interne au niveau des unités opérationnelles », affirme le responsable. Enfin, les ambitions de l’activité demeurent indubitablement la découverte de nouveaux gisements pour assurer une rente pour l’Etat et l’entreprise. « C’est principalement notre but. Toutefois, il faut travailler en même temps pour maintenir nos gisements le plus longtemps possible, avec un niveau de production acceptable, qui peut permettre à l’Etat et à notre entreprise d’avoir une bonne santé financière. Tout le monde œuvre pour assurer une rentabilité à l’Etat», rassure enfin Mohamed Slimani.

Y. M.

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