Plus qu’une présence, une assurance

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Jeune, moderne, ferme, disciplinée, expérimentée, synchronisée et surtout prête à relever tous les défis. C’est le moins qu’on puisse dire de la police algérienne qui vient de célébrer le 58e anniversaire de sa fondation, le 22 juillet 1962 par décret. Les passations de consignes ont eu lieu au palais du gouvernement entre le premier DGSN Mohamed Medjad, et le délégué à l’ordre public de l’Exécutif provisoire, institué par les accords d’Evian et installé au lendemain du cessez-le feu du 19 mars 1962, à Rocher-Noir (Boumerdes).

La nouvelle direction devait combler le vide laissé par le départ massif des fonctionnaires de la police française qui constituaient la majorité des effectifs de la police. Les quelques éléments algériens qui restaient de cette police ont constitué le premier noyau de la police algérienne auxquels se sont joints d’autres cadres en provenance de la Tunisie et du Maroc dont le nombre ne dépassait pas la centaine.
Depuis, et en l’espace de 58 ans, la police algérienne aura parcouru un long chemin vers… l’ascension, le sommet.
« De l’avis de tous, la police algérienne a franchi de grands pas vers la modernisation. Elle a atteint cette place honorable, comme souligné par le président de la République Abdelmadjid Tebboune, dans son message de félicitation adressée au Directeur général de la Sûreté nationale (DGSN), le 22 juillet dernier, grâce aux lourds sacrifices et aux efforts dévoués consentis par ses enfants. » C’est aussi une opportunité pour se recueillir, avec respect et reconnaissance, à la mémoire de ceux qui ont payé de leur vie le prix du devoir national et pour rendre hommage à ceux qui, après des années de service, se retrouvent aujourd’hui à la retraite, une retraite bien méritée.
« Ce sont justement les sacrifices et exploits de ces aînés bâtisseurs qui ont fait de l’institution policière ce qu’elle est aujourd’hui », nous affirme d’emblée le contrôleur général de police Aïssa Naïli, directeur de la sécurité publique (DSP) auprès de la DGSN.
Le 58e anniversaire de la création de la police algérienne est également, aux dires du même officier, « une halte annuelle et une occasion pour saluer les réalisations de cette institution sécuritaire au service du peuple algérien et de la patrie ».
Ainsi, le 22 juillet 2020 est « un temps d’arrêt » afin d’évaluer ce qui a été fait jusque-là, et ce qu’il y a lieu de faire pour les années à venir. « C’est étudier le présent, pour bien rebondir dans le futur », assure encore le DSP, qui se félicite des évolutions qu’aura connues la police algérienne en près de 60 ans d’existence.
Ce corps a démontré au fil des ans des capacités avérées dans le traitement de crimes complexes ayant des ramifications internationales et ce grâce au haut niveau de performance de ses personnels et à leur maîtrise totale des méthodes de travail et de l’exploitation des moyens technologiques modernes, devenant ainsi une référence souvent sollicitée par ses pairs.
La police algérienne est effet une institution qui s’appuie sur un professionnalisme reconnu à l’échelle régionale et mondiale. Elle est l’une des institutions sécuritaires chargées de la sécurité des personnes et des biens. Elle est passée par plusieurs étapes qui l’ont menée vers la modernisation et la performance, notamment par l’investissement dans l’élément humain, le moteur du développement. « Ses hommes et ses femmes, officiers de tous les grades, agents et assimilés, peuvent s’enorgueillir des acquis qui font aujourd’hui la performance de la police algérienne, devenue un exemple en matière de professionnalisme et dont l’expérience et l’expertise sont reconnues dans notre espace régional et dans le monde », affirme le Président Tebboune dans son message de félicitation.

Une direction, des missions
La direction de la sécurité publique (DSP) est issue de la restructuration de la DGSN opérée par le décret 92/72 du 31 octobre 1992. Elle constitue l’une des plus importantes directions centrales de la Sûreté nationale en considération, d’une part, du nombre de policiers relevant de sa tutelle exerçant au sein du corps de la sécurité publique des 48 sûretés de wilaya.
Ses missions sont diverses englobant toutes les activités de la police. Au plan opérationnel, la DSP gère les services de wilaya de sécurité publique (SWSP), les brigades de sécurité publique des sûretés de daïras (SD/BSP) ainsi que les antennes de sécurité publique au niveau des sûretés urbaines extra-muros. Elle a pour mission aussi de veiller au respect des lois et règlements en matière de police administrative.
Conformément à la législation en vigueur particulièrement le décret portant sa création, la DSP est ainsi chargée de veiller au maintien de l’ordre, à la protection des biens et des personnes. D’ailleurs, ses effectifs sont visibles dans le moindre recoin notamment devant les édifices publics. « Une des missions qui nous incombent est d’assurer la sécurité de tous les édifices publics tels que ministères, administrations et de toutes les représentations diplomatiques réparties notamment à travers la capitale », nous explique à ce propos le Commissaire divisionnaire Rezkallah Khoutir, sous-directeur de la sécurité des édifices publics et des escortes à la DSP, rappelant dans ce sens que toutes les escortes des personnalités nationales et étrangères (en zones urbaines), des produits sensibles et des transferts de fonds incombent aux « unités opérationnelles » relevant de la même sous-direction.
Ce n’est pas fini. Dans l’organigramme de la DSP, on ne peut faire l’impasse sur une autre sous-direction, d’une grande importance : la police urbaine. Elle a pour rôle principal la mise en place, l’orientation et l’évaluation des dispositifs opérationnels portant sur la sécurité urbaine, la lutte contre la criminalité urbaine sous toutes ses formes ainsi que les délits en lien avec la protection de l’hygiène, l’urbanisme et l’environnement, selon son premier responsable, le contrôleur de police, Madjid Saâdi.
Autrement dit, la DSP a beaucoup plus de tâches quotidiennes qui convergent vers la prise en charge des préoccupations citoyennes.
Aussi, une des responsabilités de la DSP est de « proposer et de mettre en œuvre toutes les mesures susceptibles d’améliorer les conditions de prévention et de sécurité routière ».
Pour ce faire, dans l’organigramme de la DSP, ce rôle incombe à la sous-direction de la prévention et de la sécurité routière, chargée selon son premier responsable, le commissaire principal Rachid Ghezli, de centraliser, de coordonner, d’orienter et d’évaluer les activités liées à la prévention et à la sécurité routière dans les zones urbaines relevant des compétences de la Sûreté nationale.
L’insécurité routière dans notre pays ce sont en effet des chiffres qui ont été maintes fois énoncés mais qu’il convient de rappeler : une moyenne de 4.000 morts par an, des dizaines de milliers de blessés et des pertes économiques avoisinant cent milliards de dinars.
En chiffres, il a été enregistré durant le premier semestre de l’année en cours, sur nos routes, 8851 accidents de la circulation ayant causé 1232 décès, dont 1022 de sexe masculin et 210 de sexe féminin, et 9632 blessés.
« Ce triste bilan, bien que suffisamment édifiant, ne permet pas de renseigner sur les souffrances et les deuils dans les foyers, car derrière ces chiffres combien de drames, de familles brisées et d’espoirs anéantis », déplore le contrôleur général de police, Aïssa Naïli.
« La sécurité routière, particulièrement la réduction du nombre d’accidents de la circulation sur nos routes, de surcroit celui des décès, a toujours constitué une préoccupation, voire une priorité pour la DGSN », note encore notre interlocuteur.
Et afin de faire face à cette véritable tragédie, le DSP a rappelé que les pouvoirs publics ont déployé d’énormes efforts, à travers une révision des textes régissant le domaine de la circulation et de la sécurité routières, dans le sens d’un durcissement du système de sanctions, et partant d’une modification des comportements ainsi que la refonte des programmes d’enseignement de la conduite, l’institution du brevet professionnel pour les conducteurs de transport de voyageurs et de marchandises et la révision des conditions d’organisation des auto-écoles et leur contrôle. Il a été également créé une délégation nationale de sécurité routière. Placée auprès du ministre de l’Intérieur, elle est organisée et fonctionne en tant que service extérieur de l’administration centrale. La délégation a pour mission donc de mettre en œuvre la politique nationale de prévention et de sécurité routières dans sa partie opérationnelle. Dans le prolongement de ses missions, beaucoup d’éléments de la Sécurité publique sont mobilisés pour la régulation de la circulation routière…
« Pour nous, la gestion globale de la sécurité routière est une préoccupation quotidienne. Sans la mobilisation des capacités opérationnelles de la sûreté nationale, la situation aurait pu être dramatique si l’on évoquait aussi la question de la fluidité de la circulation. Une autre mission accomplie par nos éléments mobilisés à travers les parkings, rues et ruelles pas du tout adaptés à la croissance grandissante du parc automobile national », relève à ce propos le contrôleur général de police, Aïssa Naïli.

Le trait d’union
C’est une réalité que nul ne peut réfuter : la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a franchi durant ces dernières années des étapes considérables pour ce qui est de la consolidation de la relation entre les services de la police et le citoyen et le renforcement de l’action commune avec les professionnels des medias.
Communiqués de presse, conférences, conférences-débats et relation permanente avec la presse nationale font, en effet, partie du travail de ces institutions donnant le droit à l’information aux citoyens.
Les services de police se sont démarqués en relevant le défi de jumeler la communication avec le travail de police. Aujourd’hui, à travers les « services de communication et relations avec la presse », de jeunes officiers de police font qu’il n’existe plus « aucun barrage entre le citoyen, le journaliste et ce corps de sécurité ». Les cellules de communication font, en effet, un travail remarquable.
« La DGSN a mobilisé tous les moyens humains et matériels indispensables au service du citoyen pour la réalisation des objectifs nobles de la sûreté nationale considérant en cela le citoyen comme partenaire essentiel de l’opération sécuritaire », assure à ce propos le commissaire principal Rabah Zouaoui, responsable de la communication à la DSP.
Jeune et dynamique, il a été, faudrait-il le souligner, notre guide, disons notre trait d’union entre les différents services dans le cadre des entretiens réalisés par El Djazair.com à la Direction de la sécurité publique. Le même officier a insisté sur le fait que les portes du service communication de la DSP soient ouvertes à tous les journalistes « désirant » se référer à des sources « officielles ». « Á notre niveau, on a toujours entretenu de très bonnes relations avec les professionnels des medias locaux », relève-t-il estimant par ailleurs que les services de la police n’ont rien à cacher aux médias. En chiffres, il a été enregistré l’année écoulée 206 interventions télévisées, 173 interventions radiophoniques ainsi que 60 interventions à travers la presse écrite et électronique. « Les médias sont nos partenaires », insiste le même officier.

38 ans en uniforme
«Je me suis fait policier pour être au cœur des choses », dixit Albert Camus. Le contrôleur général de police Aïssa Naili, directeur de la sécurité publique à la DGSN, enchaîne idées, concepts et dispositions législatives et réglementaires avec une aisance remarquable dès qu’il aborde les sujets en relation directe avec l’activité de son secteur.
Pour lui, l’ordre et la discipline sont primordiaux. Par la suite viennent le savoir, le savoir-être et le savoir-faire. Il en fait le concept de la DSP depuis qu’il a été nommé à ce poste…
Dès lors, le contrôleur général de police Aïssa Naili s’investit totalement pour mettre en œuvre le processus d’une police soucieuse des préoccupations citoyennes. « Son abnégation et son sérieux conjugués à sa foi et au devoir patriotique ont façonné sa personnalité », si on reprend à juste titre les affirmations d’un officier de police abordant la carrière de celui qui a fait de la sûreté nationale sa deuxième demeure depuis qu’il a intégré ses rangs en 1982. « Sans l’ordre public, rien, absolument rien ne pourrait fonctionner», insiste-t-il.
Natif de Bordj-Bou-Arreridj, bachelier et cadre financier de formation, le contrôleur général de police Aïssa Naili, de par les débouchés que pouvait bien lui assurer son diplôme, aurait bien pu se passer de l’uniforme. Ce ne fut pas le cas. « J’ai choisi d’être policier par amour à ce métier noble », résume-t-il, lui qui comptabilise trente-huit longues années en uniforme. L’aventure commence en effet en octobre 1982, où il rejoint l’Ecole supérieure de police de Châteauneuf (actuelle Colonel Ali-Tounsi). Au grade de lieutenant de police, retour à la capitale des Hauts plateaux Sétif, qu’il connait si bien pour y avoir passé toutes les années « lycée » au lycée Ibn Rachik précisément. « L’internat nous a beaucoup appris », se remémore le contrôleur général de police Aïssa Naili qui ne quittera pas Sétif de sitôt. Il y passera en effet une dizaine d’années durant lesquelles il aura occupé bon nombre de postes de responsabilité : de chef de la 2e Sûreté urbaine de Sétif, jusqu’au chef de sûreté de daïra à Ain Arnat. « Mes longues années de service à Sétif étaient celles de la gloire de l’Entente », se souvient-il. 1990, au grade de commissaire de police, Aïssa Naili est muté à l’aéroport international d’Alger où il est nommé chef-adjoint de la 2e Brigade de police des frontières aériennes (BPFA). Deux ans après, toujours dans la police des frontières, il est muté à la 1re Brigade de police des frontières maritimes (BPFM) au port d’Alger. Il y restera jusqu’en 1997, année durant laquelle il rejoint la direction de la police des frontières (DPF), puis est « détaché » auprès des services du ministère de l’Intérieur, en tant que directeur adjoint du Centre national de la prévention et de sécurité routière (CNPSR).
Promu au grade de commissaire principal de police en 1998, puis commissaire divisionnaire, Aïssa Naili est nommé au poste de directeur de la sécurité publique en 2011. Un poste qu’il occupe à ce jour au garde de contrôleur général de police lui, qui avait été promu contrôleur de police en 2013. Simple et modeste à l’image de tous les officiers que nous avons « approchés » jusque-là, le contrôleur général de police Aïssa Naili est un « fervent » partisan du dialogue. « Nos misions sont connues et bien définies par les lois en vigueur cependant, nous ne cesserons jamais de le dire : la police algérienne est citoyenne et le citoyen est au cœur de l’équation sécuritaire ».
Le contrôleur général de police Aïssa Naili préfère clore notre entretien comme il l’a débuté. « Il n’y a pas plus noble que de servir son pays. L’Algérie nous a tout donné et il est de notre de notre devoir de lui rendre la pareille », insiste-t-il. Partant du principe que le savoir n’a pas de diplôme final, le DSP a, dans son message adressé aux nouveaux policiers, appelé ces derniers à surtout tirer profit des expériences des autres. Pour ce qui est de sa carrière et de ses aspirations, le DSP réaffirme son dévouement au pays et à l’institution « encore et toujours ».

F. H.

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